Jared Dudley : « Je comprends le point de vue de Dwight Howard »
Avec la reprise de la NBA, une question se pose : est-ce que la situation favorise les équipes les plus expérimentées, capables de mieux gérer le contexte particulier, où les plus jeunes, dont les joueurs peuvent enchaîner les matchs et se maintenir plus facilement en forme. L’ailier des Lakers Jared Dudley a un avis là-dessus, et il estime que c’est les vétérans qui vont le mieux s’en tirer.
« Parce que c’est une pandémie. Donc même si les gars plus jeunes ont travaillé, ce n’était pas comme du travail d’été, où vous pouvez vous entrainer six jours par semaine, faire du travail vidéo. Il fallait rester chez soi, et on n’a pu rien faire pendant deux ou trois semaines, il a fallu prendre quelques tirs et recommencer à jouer. Il y a certains gars comme Nikola Jokic ou Marc Gasol qui se sont dit : « OK, j’ai besoin de perdre du poids ». C’est facile de faire ça, vous avez juste à utiliser vos appareils de muscu et moins manger. Pour moi, les playoffs favorisent toujours les vétérans. Parce qu’ils savent quand il faut passer la seconde. Vous savez, quand une bonne équipe se met en mode playoffs, qu’il faut se concentrer, que les gars se rendent compte qu’ils jouent des matchs importants. Et les vétérans savent ce qu’ils ont besoin pour être en forme. LeBron James et Anthony Davis savent ce qu’ils doivent faire pour être performants. Donc oui, peut-être qu’un jeune joueur, un gars de 24 ans, a progressé aux tirs. Mais à choisir, je prends l’équipe de vétérans, tous les jours, pour faire les playoffs. » Jared Dudley.
Et ça tombe bien, parce que les Lakers ont une équipe de vétérans justement, et qu’ils ont pour but de remporter le titre. Mais pour ça, il ne va pas falloir que la bulle explose. Heureusement, pour le moment les consignes sanitaires sont bien respectées.
« 98% du temps, les gens portent des masques. Peut-être pas dehors, s’ils marchent pour aller quelque part, qu’ils sont sur un vélo ou quelque chose comme ça. Mais principalement… Imaginez, vous êtes dans un hôtel, en sortant de votre chambre, vous êtes dans l’ascenseur pour descendre, vous mettez votre masque. En arrivant à la cantine, vous l’enlevez. Vous le mettez pour aller à l’entrainement, et vous l’enlevez une fois arrivé. C’est pour cinq dix minutes. Les gens le font, je dirais que les joueurs prennent la situation au sérieux, mais pour être honnête, on ne fait pas du zèle non plus. Vous avez dû voir des photos de personnes qui sont parties pêcher. Dans ce cas-là, ils enlèvent leur masque. Mais quand ils sont avec d’autres gens, surtout quand ce ne sont pas leurs coéquipiers, ils ont leur masque. » Jared Dudley.
La NBA a aussi mis en place une sorte de petit service de conciergerie, pour que tout le monde respecte les consignes.
« On a eu un entrainement mardi, et j’ai voulu aller aux toilettes. Un gars m’a dit de mettre mon masque, même pour ça. J’ai dû retourner dans la salle et le prendre avant d’aller aux toilettes. La NBA a fait un bon boulot, et les coachs et les General Manager mettent l’accent dessus. Les joueurs respectent les consignes. Il y a des gars comme Dwight Howard qui se demande pourquoi il faut suivre toutes ces règles alors que tout le monde est négatif, mais c’est normal. Il y aura toujours des gens qui vont être contre ce genre de mesures. D’ailleurs, je comprends son point de vue dans un sens. On a des tests chaque jour. Tout le monde dans la bulle est négatif. Donc, pourquoi prendre tout ce mal ? D’accord, c’est par précaution, je comprends. On s’entraine les uns contre les autres, donc on essaie de limiter les risques. Mais comment quelqu’un pourrait avoir le coronavirus ici ? C’est une question à se poser. » Jared Dudley.
À voir aussi comment les joueurs supporteront la bulle dans plusieurs semaines. Parce que Jared Dudley a pointé du doigt un problème, qui pourrait vite soûler certains joueurs.
« Le fait de ne pas avoir de compagnie féminine. Il y a des joueurs qui sont mariés. Personnellement, je ne vais pas voir ma femme pendant sept semaines. Je ne me rappelle pas la dernière fois que c’est arrivé. On ne va pas faire la guerre en Iraq ou un truc du genre, mais ne pas voir sa famille, c’est un choc. Même dans le circuit jeune, on part pour une semaine et on revient après. Je m’en fiche comment vous gérez votre vie, certains ont une femme, une copine, d’autres papillonnent. Ne pas avoir ça pendant aussi long, ça va être dur. Soyons honnêtes, après le premier tour, des gens extérieurs pourront arriver. Mais ils devront suivre une quarantaine d’une semaine. Qui voudra être tout seul dans une chambre d’hôtel pendant une semaine ? » Jared Dudley.
Second problème, les équipes qui ne s’entendent pas bien pourraient exploser.
« On aura passé au final trois mois ensemble potentiellement. Et la manière dont vous sortez avec vos coéquipiers, dont vous vous parlez, est importante. Les salles seront silencieuses, donc on verra comment les joueurs se parlent, comment ils gèrent l’adversité. Si vous vous entendez bien avec quelqu’un, que vous jouez aux cartes avec, buvez du vin ensemble… Vous devriez pouvoir vous parler sur le terrain, en étant agressif, sans vous mettre en colère. Parce que vous savez que vous vous entendez bien. » Jared Dudley.