Joel Embiid mange de la prise à deux
Décevants cette saison et après des échecs au second tour des playoffs ces deux dernières saisons, notamment en raison de difficultés sur attaque placée, les Sixers questionnent. On ne sait pas du tout quel visage montrera la franchise, avec en plus un jeu qui devrait un peu évoluer avec des rôles différents, notamment pour Ben Simmons et Al Horford. Et qu’en est-il de Joel Embiid, qui a la capacité de dominer au poste bas, comme personne d’autre en NBA, ce qu’il n’a pas encore vraiment réussi à montrer en playoffs.
Pour Brett Brown la clé c’est sa capacité à gérer les prises à deux, nombreuses en playoffs.
« Il va être pris à deux plus souvent qu’il sera défendu individuellement. Vous pouvez le noter. Quand il se retourne, toute la salle arrive, peu importe qui nous jouons. Ce qui se passe en playoffs, c’est qu’ils vont sur lui plus souvent dans une série en 7 matchs. Voilà l’attention qu’à un joueur en NBA first team et qui est All-Star. Et lors de ce training camp, ce que je fais c’est qu’à chaque fois qu’il attrape le ballon, nous faisons une prise à deux. Il a fait du très bon boulot pour ressortir le ballon. » Brown
Dominateur à l’intérieur, comme l’attestent ses stats avec 429 actions au poste cette saison, ce qui le place 4ème de la ligue, il a généré 397 points, ce qui le place second et il marque en moyenne 1.099 point par possession au poste bas (4ème en NBA). Mais en playoffs son efficacité chute. Sur les deux derniers playoffs il est à 0.907 point par possession.
Cela peut s’expliquer bien sûr par le manque de spacing de l’équipe, à des adversaires plus prêts tactiquement et qui usent plus de la prise à deux. Deux solutions pour le pivot, travailler les prises à deux, et varier les endroits où il touche le ballon.
« Si les équipes me font des prises à deux à chaque possession, je ne devrais pas me contenter d’aller chercher le ballon ailleurs. Il y a tellement de façons de m’impliquer dans l’attaque. Je peux attaquer depuis la ligne à 3-pts, en courant en transition. Les coachs peuvent dessiner n’importe quel système pour que j’obtienne un shoot où je n’ai pas vraiment à batailler, donc c’est bien. C’est bien que nous fassions ça et que nous m’habituons aux prises à deux parce que cela va arriver à chaque action en playoffs. Donc je dois être prêt. Je pense que j’ai progressé et tout est une question de patience, soit je peux l’être, soit je ne peux pas l’être. Si je ne peux pas l’être, je dois ressortir et faire confiance à mes coéquipiers pour qu’ils mettent ces shots. Et si j’en ai l’opportunité, je dois prendre ma chance. » Embiid
Brown souhaite que le Camerounais tente un minimum de 10 lancers par rencontre en playoffs. L’an passé en saison régulière il tournait à plus de 10 tentatives, mais a vu ce nombre descendre à 8.7, ce qui reste tout de même 6ème en NBA. Mais en playoffs lors des deux dernières campagnes, il en prenait encore moins, 7.6 et 8.2. L’objectif d’en tenter 10 semble réaliste.
« C’est déjà ce que je fais. Mon nombre de lancers tentés est un peu en baisse cette année, mais quand vous regardez l’an passé ou il y a deux ans, j’y vais environ 10 fois par match. C’est vraiment mon jeu. Être physique, et soit scorer ou provoquer des fautes. Beaucoup de gens peuvent voir ça comme ça: ‘Il est toujours en train de chercher la faute.’ Mais c’est comme ça, c’est tout. Je pense que je suis un bon shooteur de lancers, donc je choisis ça sans souci. L’important c’est que je sois agressif et comme je l’ai dit je dois être agressif qu’il y ait des prises à deux ou non, pour scorer ou aller sur la ligne des lancers. J’ai toujours mis l’accent sur ça et je compte bien continuer. » Embiid
A noter que le Camerounais bosse également beaucoup son fadeaway depuis la suspension de la saison et il s’est montré satisfait de ses progrès.
« Mon fadeaway va vraiment bien. J’ai bossé dessus lors des derniers deux mois et demi, six fois par semaine, afin de perfectionner mon jeu par tous les moyens, et je suis content de ça. C’est quelque chose dont je vais beaucoup avoir besoin, surtout quand les équipes font prise à deux systématiquement sur moi. Je ne peux pas les laisser dicter la façon dont je joue. » Embiid