George Hill raconte l’origine du boycott : « Je ne voulais pas mettre cette pression sur mes coéquipiers »
Mercredi soir avant le Game 5 entre les Bucks et le Magic, George Hill n’avait pas du tout la tête au match, préoccupé par le nouveau drame qui s’est produit dans le Wisconsin, impliquant Jacob Blake, qui a reçu 7 balles dans le dos de la part d’un policier.
« J’étais dégoûté. J’avais le sentiment qu’il fallait que les choses changent. J’en avais marre de tous ces meurtres, de cette injustice et ce genre de choses. » Hill
Il a décidé qu’il n’allait pas jouer ce match et l’a confié à Mike Budenholzer, et l’équipe a donc décidé de le placer sur la liste des joueurs inactifs. Ses coéquipiers l’ont appris 20 minutes avant le coup d’envoi et sont allés voir quelle en était la raison. Hill ne voulait pas prendre les devants et leur dire afin de ne pas leur mettre le couteau sous la gorge.
« Je ne voulais pas mettre cette pression sur mes coéquipiers. Je ne voulais pas qu’ils aient à prendre cette décision à moins de le vouloir. Donc je ne leur ai pas dit. C’est peut-être un peu ma faute de ne pas leur avoir dit. Mais je ne voulais pas qu’ils prennent une décision sous le coup de la pression, et parce que nous avons une bonne relation. Avant la rencontre les gars ont voulu savoir pourquoi je ne jouais pas. Et nous en avons parlé. Sterling (Brown) en a parlé et il voulait aussi rester dans le vestiaire. Puis ça a eu un effet boule de neige : tous les gars dans le vestiaire se sont tenus à mes côtés et ont dit : ‘si mon frère ne joue pas, alors nous ne jouerons pas.’ Et nous avons pris la décision. Rien n’était prémédité. Rien de tout ça. Comme je l’ai dit, nous le faisons pour avoir un impact. C’est venu de notre coeur, de nos tripes. Et il faut féliciter tous ces gars et comme je leur ai dit aujourd’hui : ‘Construisons sur ça. Continuons de faire une différence. Continuons d’en parler. Continuons de faire les choses que nous pouvons faire dans notre ville de Milwaukee.' » Hill
Brown, victime de violences policières en 2018 à Milwaukee, a rejoint Hill, puis le reste des Bucks, dont leur leader Giannis Antetokounmpo, ont tous fait de même.
« George a décidé de ne pas jouer le match et il n’a mis la pression sur aucun de ses coéquipiers. Pas sur moi ni sur le coach, mais nous avons décidé de faire la même chose. Il est venu dans le vestiaire pour nous parler et j’ai décidé en tant que leader, en tant que Giannis, et c’est ce que je suis. Je me suis dit: ‘Je ne pas joue pas ce match.’ Je ne voulais pas jouer ce match, et je ne pouvais pas laisser mon coéquipier comme ça, lui qui avait le sentiment que ce n’était pas le moment de jouer ce match, et je l’ai soutenu à 100%. En toutes circonstances. » Giannis
Si certains joueurs d’autres équipes n’étaient pas très contents d’avoir été pris par surprise et qu’il n’y ait pas de véritable plan avant de prendre cette décision, Hill a expliqué qu’il avait simplement écouté son cœur, le reste de l’équipe aussi.
« Ce que nous avons fait n’était pas pour avoir de la notoriété. Ce n’était pas pour un coup de pub. C’est quelque chose que nous avons fait avec notre cœur. Nous en avions marre des différentes choses qui se passent actuellement dans le monde. Nous voulions des actions. Nous voulions que des gens rendent des comptes. Et nous avons décidé de faire ça en équipe. Avant de le faire, nous avons dit ‘Nous devons faire avec les conséquences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.’ Et tous les gars sont restés à mes côtés. Mais de voir comment cela a eu un effet domino dans tous les sports, cela a vraiment entraîné une prise de conscience dans tous les sports dans le monde et ça leur a montré que nous sommes sérieux. Nous avons besoin d’un changement. Nous avons besoin d’amour dans le monde et nous essayons de rendre le monde meilleur. » Hill
Après le Game 4 Hill avait déclaré, sous le coup de l’émotion :
« Je ne pense pas que nous aurions dû venir dans ce putain d’endroit » Hill
Il a hésité à quitter la bulle, a discuté avec les assistants Darvin Ham et Vin Baker à ce sujet, leur expliquant qu’il voulait rentrer pour aider les gens à Kenosha. Mais au vu du soutien de ses coéquipiers, il a décidé de les soutenir lui aussi en retour.
« C’est ce que mon cœur me disait. Mes coéquipiers se sont ralliés autour de moi toute la journée hier. Ils étaient là, ils m’ont parlé, ils m’ont passé le bras autour du cou, ils m’ont dit à quel point je suis important pour eux et à quel point ils m’aiment. Je ne peux pas les abandonner. Ils sont très importants pour moi, en tant que coéquipier et personne. » Hill