La bulle, théâtre de situations cocasses; Frank Vogel : « Je ne lui ai pas parlé, j’ai juste tracé ma route »
S’il y en a un qui pense bien que cette saison, c’est LeBron James qui doit remporter le trophée de MVP, c’est Frank Vogel, le coach des Lakers. Sauf que quand il balance ça à tous les médias et qu’il croise Giannis Antetokounmpo dans les minutes qui suivent, on comprend que ça puisse faire bizarre.
Je ne lui ai pas parlé, j’ai juste tracé ma route. Je venais de dire au monde entier que LeBron devait être le MVP, du coup c’était un peu bizarre. La NBA peut être étrange parfois. » Frank Vogel
Et oui, forcément, partager les mêmes installations que ses adversaires dans quelque chose qui ressemble plus ou moins à un grand village olympique en mode The Truman Show, on comprend que ça puisse être chelou. Croiser constamment des gars de l’équipe adverse quand en parallèle, on se concentre sur l’obtention d’un titre doit vraiment faire bizarre quand l’histoire de la NBA a habitué tout le monde à tout sauf à ça. Donovan Mitchell et Jamal Murray, qui se sont livrés une incroyable duel au premier tour, n’ont cessé de se croiser.
Vogel continue à livrer quelques anecdotes à ce propos.
L’autre jour, Jimmy Butler m’a demandé si je voulais prendre une tasse de ce café qu’il fait. Je lui ai dit que je le ferai, mais je n’ai pas encore tenu mes engagements pour le moment. » Frank Vogel
Brad Stevens, homologue de Stevens à Boston explique que les interactions inattendues avec des adversaires sont plus que fréquentes.
Tout ça a lieu à chaque minute de chaque jour. Entre adversaires, on se croise énormément. » Brad Stevens
Mike Malone lui, a pris l’habitude de faire des tours de vélo dans DisneyWorld chaque matin, et lors de ces tours il croise fréquemment ses homologues qui eux aussi, sortent pour prendre l’air.
Ça me plait mais c’est aussi très bizarre. Brad Stevens et moi avons partagé plus de choses sur les 60 derniers jours que dans toute notre vie parce que nous sommes ensemble ici et que nous sommes dans le même bateau. C’est assez unique et nous essayons de tirer le meilleur de ça. » Mike Malone
Nous apprenons même que certains tacticiens son trèst chambreurs. Doc Rivers par exemple adorerait aller prévenir Mike Malone (et ses Nuggets qu’il affronte en ce moment avec les Clippers) que ses joueurs allaient gagner le prochain match… Tout comme Mike Malone le faisait au premier tour avec Quin Snyder. Puis évidemment, si cette situation étrange concerne les coachs, elle concerne aussi les joueurs, même si une grande partie d’entre eux ne se balade pas beaucoup. Danny Green par exemple a pu dire qu’il avait été étonné de voir Jamal Murray et Donovan Mitchell passer énormément de temps à discuter ensemble à la suite du match 7, alors que quelques heures avant, ils étaient adversaires.
Je pense qu’ils ont essayé de profiter de ça au maximum. Ils reparlaient de ce qui s’était passé et se souhaitaient bonne chance pour le futur. » Danny Green
Les joueurs originaires d’Europe de l’Est prennent également beaucoup de plaisir à se retrouver régulièrement. Lors du premier tour Nikola Jokic, Luka Doncic, Boban Marjanovic, Ivica Zubac et Goran Dragic se réunissaient fréquemment pour manger ensemble lorsqu’ils le pouvaient. Et si beaucoup d’entre eux ont été éliminés, ceux qui sont encore là, comme Jokic, Zubac et Dragic, perpétuent la tradition. Cela peut paraître d’autant plus surprenant lorsque l’on sait que les deux premiers s’affrontent actuellement dans une série de playoffs très disputée.
Quand le match commence nous nous affrontons, mais en dehors du terrain, nous sommes amis. On peut partager un dîner, un petit déjeuner, un déjeuner, peu importe… Mais nous n’oublions pas notre boulot. Nous voulons tous les deux gagner ! » Nikola Jokic
Au final, c’est tout de même à Brad Stevens qu’appartiendront les mots de la fin.
Nous avons énormément de respect les uns pour les autres ici. Tout le monde a déjà passé beaucoup de temps dans cette bulle. » Brad Steven
L’expérience est cocasse, inhabituelle, étrange, tout ce que vous voulez, mais au moins elle aura permis aux joueurs et aux coachs de se rencontrer autrement et nul doute que cela doit quelque peu embellir cette situation inédite.
Via USA Today