L’anecdote culte de Tariq Abdul-Wahad sur son 1er match face à Michael Jordan : « Il dit au coach : ‘fais rentrer le petit français' »
Tès rare dans les médias, le Français Tariq Abdul-Wahad, premier joueur français de l’histoire en NBA, était l’invité de Greg Arkhurst dans l’émission All the TALK. Il a raconté une anecdote croustillante sur Michael Jordan lors de son tout premier affrontement face à la légende en novembre 1997.
« Un truc de malade. Chicago Sacramento lors de mon année rookie en 1997-1998. Chicago arrive à Sacramento, Eddie Jordan (coach des Kings), annonce avant le match – je ne sais pas si tu te rends compte de la scène – il annonce avant le match que tout le monde va jouer. Ça veut dire que le gars sait à quel point historiquement le moment est important. Donc il annonce à tous les joueurs de son équipe que tout le monde va rentrer sur le terrain. Tu vois un peu ? Ça veut dire que… mon gars, de toute façon aujourd’hui on ne va pas gagner. Donc, tout le monde va jouer. Tu mesures la chose ?! Eddie Jordan savait très bien que c’était une équipe historique contre laquelle tu allais jouer. Il explique aux gamins, aux gars de son équipe, que tout le monde va rentrer sur le terrain : ‘vous allez rentrer sur le terrain, quoi qu’il arrive.’ Parce que jouer contre Jordan, jouer contre Pippen, jouer contre Ron Harper, jouer contre une équipe qui va perdre entre 9 et 15 matchs sur l’année, c’est quelque chose qu’il faut vivre.
Donc le match commence et Jordan lui-même, en personne, pendant le match, il dit au coach : ‘Fais rentrer le Français là, fais rentrer le petit français là… Get the Frenchy in ! Get the Frenchy in !’ C’est tendu. Le gars il te dit : ‘fais rentrer lui là.’ C’est lui qui dit qui doit jouer dans l’équipe adverse ! Si ça, ce n’est pas des moves de boss, je ne sais pas ce que c’est être un boss. Ça, c’est des trucs de scénario de film. Donc je rentre sur le terrain, bien sûr je défends sur Jordan. Tac-tac, il me fait un petit move, tac-tac, j’ai rien compris. Deuxième fois, je me dis : ‘son petit fadeaway, ça fait quand même 5-6 ans que je regarde ça à la télé.’ Même si on est seulement des fans, on sait quand même quel sens ça va partir, on sait ce qu’il va se passer. Donc je me dis : ‘au lieu d’essayer de le contrer main droite, parce que je sais qu’il part ligne de fond sur le fadeaway et qu’il va tourner son épaule gauche, je vais y aller main gauche. Comme ça je vais avoir une bien meilleure extension et je vais peut-être avoir une chance de le contrer.’ J’y vais main gauche, il fait ses deux dribbles, tac-tac, il fait son fadeaway, j’y vais main gauche, j’effleure la balle main gauche, du bout de mon doigt. Je viens de contrer le fadeaway de Michael Jordan. Écoute la scène : je touche la balle et il shoote littéralement dans ma main (il mime les deux mains qui s’entremêlent), et l’arbitre ne siffle pas parce que ça va trop vite. Je fais l’écran de retard et je dis ‘short (court) !’ Parce que tu sais que tu as contrat donc tu cries ‘court’ parce que le shoot va être court pour annoncer aux gars d’aller au rebond. Et la balle rentre directe dans le cercle. Elle est rentrée directe. Et le mec il part à reculons en roulant les épaules et sa petite tête. Il a une toute petite tête en comparaison de son corps. Il te regarde genre : ‘Mais t’as cru quoi ? Tu crois que ton doigt va effleurer la balle et va changer la trajectoire de mon tir.’ Avec des histoires comme ça, c’est là que tu comprends qu’il y a différents niveaux. »
Ce soir-là les Bulls se sont imposés à Sacramento 103-88 avec 33 points à 11/19 et 5 passes de Michael Jordan alors que Tariq signait 4 points à 2/3 et 1 passe en 10 minutes. Le match en intégralité et les images de la perf’ de Jordan.
L’intégralité de son interview