Isiah Thomas : “Il y a forcément un côté activiste qui rentre en compte quand vous parlez de GOAT”

Isiah Thomas : “Il y a forcément un côté activiste qui rentre en compte quand vous parlez de GOAT”

Le fameux interminable débat du GOAT est en ce moment, plus d’actualité que jamais. Chacun a son avis, le fait évoluer, le transforme et tente de trouver des arguments pour se justifier. On ne peut pas en vouloir aux personnalités liées au basket tellement ces derniers temps, les journalistes insistent avec cette question. Aujourd’hui Isiah Thomas essaie de voir les choses de façon plus globale, à l’échelle du sport, mais aussi des à-côtés.

On dirait que le basket est le seul sport dans lequel vous voulez que cette distinction soit plafonnée et que celui qui la détient reste le même pour toujours. Dans le Foot US, vous aviez différents GOATS, puis Tom Brady est passé devant Joe Montana. Dans le baseball, on parle du fait que Barry Bonds soit passé devant Hank Aaron, il y a quelques controverses à ce sujet, mais globalement c’est okay pour tout le monde. Dans le hockey, Mario Lemieux dépasse Wayne Gretzky. La seule ligue où vous avez un plafond qui ne peut pas être dépassé, c’est la NBA. Je sais que je suis enregistré quand je dis ça, et à la base, Kareem est le meilleur joueur, il a le statut de GOAT. Regardez ce qu’il a fait en dehors du terrain, regardez ce qu’il a fait sur les parquets du lycée, à la fac, à la NBA. Personne ne peut rivaliser avec ses stats, ses victoires ou ses plus de deux décennies de domination dans son sport. Si vous comptabilisez ses années fac, ça fait même trois décennies de domination de son sport. Personne n’a fait mieux que Kareem en ce sens. Parallèlement, si vous regardez ce que LeBron a fait pendant ces 17 dernières années, dans, disons, six ans, les gens se rappelleront de ça avec beaucoup d’émotion aussi. Regardez ce qu’il a fait et les joueurs contre qui il a joué… Vous savez c’est rigolo d’écouter les gens parler. Personne ne veut dire qu’il est le meilleur, car ils sont en compétition contre lui. Mais je sais qu’ils réalisent au fond d’eux qu’ils jouent contre quelqu’un de différent.” Isiah Thomas

Sans non plus se mouiller, Zeke affirme que son GOAT de base, c’est Kareem Abdul-Jabbar et que LeBron semble peu à peu le dépasser. Il semble volontairement écarter Michael Jordan de ces discussions. Pourquoi pas ? Mais dans ce cas-là, il faut expliquer ses critères, se justifier. Il se prête au jeu.

Nous avions des critères pour mesurer qui était le GOAT. Dans notre communauté pour l’être, il faut non seulement être un champion sur le parquet, mais aussi en dehors. Regardez, LeBron James, Kareem Abdul-Jabbar, Bill Russell… Non seulement ils ont impacté leur sport, mais ils ont aussi impacté la société afin de réduire les injustices sociales et lutter contre les inégalités raciales. Ils se sont impliqués dans l’éducation et ont parlé de tout ce qui entravait le développement de notre société d’un point de vue politique. Il y a forcément un côté activiste qui rentre en compte quand vous parlez de GOAT. Si Muhammad Ali n’avait pas parlé pour nous et n’avait pas porté vers le haut notre communauté est-ce que l’on dirait qu’il est le plus grand ? Je ne suis pas sûr… Quand on parle du GOAT, notamment dans la communauté des gens de couleur noire, le champion est celui qui parle pour ceux qui n’ont pas l’occasion de le faire. C’est de sa responsabilité.” Isiah Thomas

L’ancien meneur des Pistons enchaîne ensuite en affirmant qu’il est probablement normal que les gens de couleur blanche voient les choses de façon différente. LA communauté noire est représentée à l’échelle du sport, par des personnalités indéboulonnables selon Thomas, et MJ n’en fait pas partie.

Dans le foot US, Tom Brady ou Joe Montana n’ont jamais eu besoin de parler pour la communauté blanche et tenter d’élever leur rang dans la société américaine. Dans la communauté noire, c’est différent. On retient Joe Louis et l’importance de son combat contre Max Schmeling. On retient Jesse Owens qui se battait pour la médaille d’or en Allemagne et l’importance que ça avait. Regardez Muhammad Ali. S’il est le plus grand, ce n’est pas juste parce qu’il pouvait assommer des gens, il est le plus grand pour ce qu’il a fait en dehors de son terrain de jeu, en dehors du ring. Les plus grands champions ont toujours enfilé ce costume, notamment en NBA. Bill Russell a porté ça sur ses épaules, Kareem aussi, puis Dr. J a pris le relai et maintenant c’est LeBron qui s’en occupe. Quand on parle de GOAT, il faut réfléchir à quelqu’un qui permet à notre communauté d’avoir une voix et d’élever notre rang dans la société. Vous pouvez être un champion sur le terrain et un champion en dehors. Puis, regardez les stats de celui que l’on a en ce moment : les chiffres ne mentent pas. Mais regardez ce qu’il a fait en dehors des terrains aussi, les actes ne mentent pas non plus. En termes de polyvalence, de passes, de dribble, de shoot, de rebonds… Personne n’a jamais fait ça dans chacune des catégories statistiques. Bien sûr nous avons eu des joueurs plus dominants si vous isolez une catégorie, mais nous n’avons jamais eu un joueur qui pouvait dominer autant dans toutes les catégories que ce que le fait LeBron James.” Isiah Thomas

Thomas a probablement raison quand il dit que le GOAT doit également agir en dehors des terrains. Pour lui (qui comme tout le monde a droit à sa part de subjectivité), LeBron James et Kareem Abdul-Jabbar semblent indiscutablement se rejoindre sommet. Mais, hiérarchiser les critères est un exercice aussi interminable que compliqué qui fait appel à la sensibilité de chacun. Pour pousser la réflexion plus loin à ce propos, nous vous conseillons la vidéo du 6e homme qui, à son tour, essaie de débroussailler tout ce débat.

Via Heavy

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