Damian Lillard : « La plupart sont plus tendus à ce moment-là… et je le sais »
C’est la main droite dans la glace et un sweatshirt en hommage au boxeur Marvin Hagler (décédé le 13 mars) sur les épaules que Damian Lillard a répondu aux questions des journalistes, mardi soir. Une image symbolique pour celui qui venait de cogner les Pelicans avec 50 points (et 10 passes) dont 20 dans le dernier quart… dans un match encore mené de 17 points par New Orleans à 5 minutes et 55 secondes de la fin !
« Je ne dirais pas que le jeu ralentit à ce moment-là pour moi non, je pense qu’une fois que ce moment arrive, je sais que la plupart des joueurs sont un peu plus tendus, pas forcément nerveux, mais un peu plus tendus. Ils ne veulent pas faire d’erreurs, ils ne veulent pas rater leur tir… et je le sais. Donc dans ces moments-là, je suis encore plus agressif, j’essaie de m’imposer plutôt que de la jouer safe et de me demander ce qui pourrait mal se passer. Quand ce moment arrive, je me dis ‘Ok si ça se passe mal, je suis prêt à assumer, et si ça se passe bien, retour au boulot et on recommence la prochaine fois que ça arrive’. C’est ma mentalité. » Damian Lillard
Le meneur a planté 4 lancers-francs dans les derniers instants pour offrir la victoire 125-124 à Portland. À 7.2 secondes de la fin, Brandon Ingram n’a pas eu autant de sang-froid avec un 0/2 sur la ligne alors que NOLA menait de 3 points.
« Après qu’il ait raté les deux lancers-francs, je me suis dit ‘J’envoie ce match en prolongation’. » Damian Lillard
« Je savais que si on récupérait le ballon, il allait aller gagner le match, et il l’a fait. » C.J. McCollum, de retour pour la première fois depuis le 16 janvier et une fracture du pied (10 points à 3/11).
Même pas eu besoin d’aller chercher l’OT puisque Lillard a dû se diriger tout de suite sur la ligne sur la possession suivante (2/2), et les Pelicans ont perdu le ballon sur leur remise en jeu dans la foulée. Au final, Portland a fait la différence sur un 25-7.
« On a continué à se battre, ils ont mis deux 3-points et à chaque regroupement pendant les temps-morts on se disait : ‘On est une équipe avec de l’expérience, on est l’équipe la plus expérimentée, c’est le genre de matchs qu’on est capables de gagner’. On a fait preuve de beaucoup de résilience, d’unité. On a commencé à mieux communiquer, tout particulièrement en défense. » Damian Lillard
Avec 1.2 seconde au compteur, le n°0 n’a pas tremblé après la faute d’Eric Bledsoe non loin de la ligne à 3-points : 2/2 encore une fois. Zion Williamson a ensuite manqué une dernière occasion précipitée au buzzer. Au final Lillard, auteur de son record en saison avec ses 50 points, a terminé à 13/20 dont 6/13 à 3-points et 18/18 aux lancers-francs (record en carrière égalé, et un 31/31 pour l’équipe). C’est la 12e fois de sa carrière qu’il atteint la barre des 50, ce qui lui permet de prendre la 4e place all-time depuis la fusion ABA-NBA de 1976-77 devant Allen Iverson, et d’être désormais à égalité avec LeBron James.
Porland reste néanmoins la 29e défense de NBA au defensive rating avec 116.4 points pour 100 possessions encaissés par match.
« Vous ne faites pas un tel comeback sans bien jouer des deux côtés du terrain. Il faut bien défendre, c’est une certitude. Il y avait une part de ‘désespoir’ aussi. Peut-on jouer comme ça pendant 48 minutes ? Je ne sais pas. Mais ça a eu un grand rôle ce soir. » Terry Stotts
« On en parle, on doit mieux défendre et être réguliers, il faut le faire, c’est tout. On doit s’y engager et s’y tenir. Tant qu’on ne le fera pas, qu’on ne passera pas cette étape collectivement, on sera l’équipe qu’on a toujours été, on gagnera des matchs, mais sans pouvoir dire ‘On a gagné ce match de 15 points’ ou ‘On a gagné ce match de 18 points’. Les gens attendront beaucoup de nous en playoffs, c’est de là que viendra le vrai respect, quand on pourra tenir un certain niveau défensif de façon régulière. » Damian Lillard
En interview avec Shaquille O’Neal puis Dwyane Wade au bord du terrain après la rencontre, Lillard a expliqué l’importance du travail dans sa réussite en tant que professionnel, alors qu’il n’était a priori pas destiné à devenir une star NBA.
« Tout cela ne serait pas possible sans le travail. Je n’étais pas le joueur que tout le monde encensait, que ce soit au collège ou au lycée. J’ai dû bosser en coulisse, comme toi (Wade), j’ai dû mériter ma place. Et je ne savais pas si ça payerait un jour. Je sais ce que c’est d’être inconnu, de ne pas avoir les projecteurs sur toi, de vouloir être vu, de vouloir décrocher une bourse dans une grosse école. Je bossais en coulisse et je n’oublie pas les étapes par lesquelles je suis passé pour arriver ici. Donc même si j’ai une famille et que je fais toutes ces pubs, je n’oublie pas tout ce qui a rendu ça possible : le travail, la discipline, l’humilité, la compassion. Ça fait partie de qui je suis et je sais que c’est en partie grâce à ces choses que j’ai pu avoir tout ce que j’ai aujourd’hui. Si je m’éloigne des choses qui m’ont amené ici, je fais du tort à ma famille et à toutes les personnes qui m’ont aidé à en arriver là. Donc avant tout je reste fidèle à ça parce que ça a toujours payé pour moi, donc pourquoi changer ça ? Et au fil des années je me renforce dans chacune de ces choses, je deviens plus discipliné, je travaille plus dur, plus intelligemment, j’aime mes proches plus fort, je fais toutes ces choses à un niveau plus élevé et ça contribue à améliorer tout le reste pour moi, encore et encore. » Damian Lillard
[…] (sur son shoot) C’est simplement beaucoup de temps passé à bosser dessus. On a beaucoup de super shooteurs en NBA, on pense tout de suite à Steph Curry bien sûr, car c’est le meilleur de l’histoire, mais il vous dira la même chose, ça vient avec la répétition, beaucoup de répétitions. Que les gens te regardent ou pas et que tu sois reconnu ou pas, quand tu passes du temps à bosser ton tir sur un rythme de match, en étant concentré, avec des objectifs que tu te fixes comme mettre 10 shoots de suite de chaque spot à la fin de ton workout, quand tu es fatigué et que tu n’as probablement pas envie de le faire… c’est ce genre de choses répétées encore et encore sur des années qui va te faire progresser sur ton shoot en lui-même, mais aussi physiquement et mentalement, car tu seras plus confiant. Tu sais au fond de toi que tu n’as pas triché, tu as passé des heures et des heures dessus, tu mérites de les mettre. » Damian Lillard
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— Portland Trail Blazers (@trailblazers) March 17, 2021
via ESPN