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Comment défendre sur Luka Doncic ? Trois défenseurs All-Time donnent leurs pistes

Bien connu maintenant pour être une arme offensive léthale, Luka Doncic nous gratifie souvent de magnifiques actions en attaque. Beaucoup de défenseurs se sont attelés à essayer de le museler, mais rien ne semble y faire, le gamin semble trop fort. Un gars comme Marcus Smart, reconnu pour sa grosse défense s’est fait manger tout cru par le Slovène lors du Celtics-Mavericks le 31 mars dernier. Capable de changer de direction avec un dribble dans le dos, ou de driver tout tranquillement, voire même de changer de rythme pour au final taper un stepback à 3 pts, Doncic sait tout faire sur un parquet. Au final, la seule solution ce jour-là pour les Celtics était d’effectuer des prises à deux sur le joueur. Il faut se rendre compte d’une chose, même les meilleurs défenseurs ont du mal à contenir le slovène en un contre un tant sa palette offensive est complète. C’est avec cette conjecture qu’ESPN a demandé à trois des meilleurs défenseurs des deux dernières décennies comment ils auraient défendu dans leur prime sur Doncic. Ainsi, c’est Tony Allen, Bruce Bowen et Ron Artest qui ont été sollicités, et qui à eux trois cumulent 18 sélections en ALL-Defensive team.

« Quand je regarde Luka, je me dis toujours : “Comment aurais-je pu l’arrêter ?” A déclaré Artest. “C’est de plus en plus difficile à voir.”

Il faut dire qu’à l’époque, le tir longue distance à outrance n’était pas monnaie courante au sein de la ligue et la réponse de l’ancien DPOY 2004 est intéressante. Le stepback 3, c’est l’arme préférée du slovène. Cette saison selon les stats fournies par NBA.com, Doncic shoote à 37.2% sur des stepbacks 3. Un peu comme James Harden, Doncic a une capacité à changer de rythme assez époustouflante, notamment si on considère son gabarit de 2m01 et 104 kg. Pour créer cet espace entre le défenseur et le porteur de balle, une maîtrise quasi parfaite de son corps est nécessaire et Doncic nous le montre bien. Le joueur des Mavericks a travaillé sur son tir de manière acharnée, mais aussi sur son physique.

“Je ne lui laisserais pas l’opportunité de prendre de stepback.” A déclaré Allen. “Tout ce que tu pourras faire pour me battre ce sera d’aller vers la droite. Je sais que c’est sa main forte, mais il peut marquer neuf points en trois tirs en se servant de sa main gauche pour se créer l’espace nécessaire et faire son stepback, donc je pense que c’est ça le plus dangereux. Si tu marques sur moi, tu vas devoir bosser pour scorer. Mais il y a une chose dont je le prive, c’est ce dribble de la main gauche pour ensuite shooter. Pas de rythme, je ne te laisserai jamais être à l’aise pour exécuter ce move. Je ne te lâche pas.”

Donc si on suit le raisonnement de Tony Allen, le plus simple serait d’ouvrir la voie pour un drive plutôt que de concéder un stepback 3. Et même dans cette configuration-là, Allen sait déjà comment agir ensuite.

“Va sur ta main droite. Fais ce que tu veux.” A expliqué Allen. “Tu vas driver et aller au layup ? D’accord, je vais le contester. Est-ce que tu peux faire un stepback sur ta main droite ? OK vas-y ! Tu vas devoir tout faire sur ce côté droit. Et si tu essaies de revenir sur ta gauche ? Je suis juste là, enfoiré. Je te prends le ballon ! Il ne faut pas se décourager avec des joueurs prolifiques. Ils vont marquer, mais votre travail consiste à les contenir et à réduire leur scoring. Je peux te laisser faire certaines choses que tu vas exploiter, car de toute façon tu cas scorer. C’est à ce point-là que tu es bon, parce que tu es Luka Doncic. Mais s’il est à l’aise pour pouvoir exécuter son stepback, on se dit : ‘Merde, qui défend sur lui ? Au suivant ! Si je dois défendre sur lui, je vais me mettre à l’épreuve et dire : ‘Tu sais quoi ? Je ne te laisserai pas prendre ces stepbacks à 3-pts.”

Une approche très agressive donc pour The Grindfather qui pourrait attirer l’attention des arbitres aujourd’hui par rapport à auparavant, Allen en est conscient, mais il a une autre idée derrière la tête.

“Je peux commettre ma première pour donner le ton et dire : c’est comme ça que je vais jouer ce soir, afin qu’il puisse savoir quand et quoi ne pas demander aux arbitres comme faute.” A expliqué Allen. “Je veux gâcher ma première faute et lui faire savoir que je vais être là ce soir, en le bousculant vraiment par exemple, pour lui montrer: Je suis là ! puis dire à l’arbitre : ‘Il n’y a rien. Je suis dans la First-Team All-Defense ! C’est comme ça que je joue ! Allez, mec, laisse-moi jouer. À partir de là la bataille s’engage. Le but est simple, le faire travailler, encore et encore.”

Du côté de Bruce Bowen, triple champion NBA avec les Spurs, c’est une approche bien plus physique qui est proposée, un peu comme la défense rugueuse qu’il mettait en place contre Steve Nash à l’époque. Cependant, on n’est pas bien sûr que les arbitres d’aujourd’hui apprécieraient bien longtemps ce petit jeu.

“Même si ce n’est pas un joueur à qui on peut mettre la pression, je vais te prendre sur tout terrain autant que possible et te faire travailler, t’orienter d’un côté à l’autre, encore et encore pour qu’une fois arrivé en zone d’attaque tu n’aies déjà plus les idées très claires.” A déclaré Bowen. “Si je peux être un peu physique avec lui et le faire travailler un peu plus, c’est un peu comme défendre Steve Nash. De ce fait en fin de possession il n’est plus dans d’aussi bonnes dispositions pour finir l’action qu’il ne l’était au début, parce qu’il a été sous pression. Désormais, il doit s’inquiéter de ce que je fais pour le faire travailler quand il remonte le ballon. Lui faire payer mentalement et physiquement sur chaque possession. Ce n’est pas quelque chose de confortable. Bien sûr, il peut le faire. Mais est-ce qu’il veut le faire ? Probablement pas.”

Bowen souligne que chaque détail compte lorsqu’il s’agit de défendre un joueur aussi habile et talentueux que Doncic, qui expose facilement les erreurs des défenses adverses. Il cite d’ailleurs le floater que Doncic a rentré après avoir battu Paul George lors de la victoire des Mavs sur les LA Clippers le 17 mars. Bowen note que George s’est trop engagé sur l’action, ce faisant piégé par Doncic sur un dribble croisé et a arrêté de défendre une fois que Doncic a créé un avantage. La mission de Bowen serait de contester chaque dribble et de contester chaque tir sans sortir du plan de jeu.

« Il est si bon que je veux essayer de créer une diversion autant que possible, parce que je respecte tellement son talent. Cela me fait travailler encore plus dur. Tout d’abord, il faut le respecter et respecter ce qu’il fait. Deuxièmement, il faut y mettre l’énergie nécessaire, qu’elle soit à la hauteur de ce respect pour vous assurer de faire ce qu’il faut pour suivre le plan de jeu.”

Le plan de Ron Artest maintenant ? Jouer sur le cardio du slovène. Faire en sorte qu’il soit fatigué au maximum avant les moments décisifs. S’il est connu pour sa défense, Artest dans son prime était aussi un solide attaquant, et c’est bien sur ce point qu’il pense pouvoir impacter encore plus Doncic. En attaquant sur le slovène et en le défendant ensuite, il pense pouvoir être capable de l’épuiser assez pour qu’il perde en lucidité dans le 4ème quart-temps.

“Je pense que l’une des choses intéressantes aurait été que lorsqu’il drive, et alors que généralement il capable de pousser son défenseur, là ça aurait été plus difficile avec moi.” A expliqué Artest. “Je pèse entre 120 et 125 kg, donc cela aurait probablement été difficile. Mais il est vraiment rusé. Pendant les trois premiers quarts-temps, il aurait été très difficile pour lui de shooter, à moins que ce ne soit en sortie d’écran. C’était ce que je me disais lorsque je défendais. Tu vas devoir drive. Et ça ne me dérange pas qu’un gars mette 15 ou 20 points dans le premier quart-temps. Si tu arrives à marquer autant contre moi dans le premier quart-temps, t’es probablement cuit. »

Artest pense qu’il aurait pu plus que tenir son rang en tant que défenseur isolé contre Doncic. Il n’est pas sûr qu’il aurait réussi à perturber Doncic sur pick-and-roll si des écrans solides étaient installés.

 “La plupart du temps, les gens font de mauvais écrans. Surtout s’ils doivent me percuter. Les gars ne voulaient même pas me poser un écran, parce que je suis plus costaud que les ailiers forts.” A déclaré Artest. “Beaucoup de gars vont arrêter de poster des écrans sur moi. Kendrick Perkins le faisait, mais je fais 120 kg et je vais à toute vitesse. Je les dégagerais de mon chemin. Tu vas te prendre mes hanches, mes cuisses, mes genoux. Tu ne vas pas vouloir continuer de me poser des écrans et de prendre des coups. Souvent, les gars ne voulaient pas vraiment faire d’écran, et si tu fais la passe à celui qui fait l’écran, tu risques des pertes de balle. »

Metta Sandiford-Artest, comme il se fait appeler désormais, est impressionné par le talent du Slovène.

“Ce gamin est spécial. Je ne vais pas vous mentir, défendre sur lui aurait été difficile. Ce qui m’impressionne le plus, c’est qu’il agit comme un vétéran alors qu’il n’a que 22 ans. La façon dont il voit et ressent les choses, c’est quelqu’un avec qui j’aurais eu des problèmes, parce qu’il aurait pensé à des solutions. Il aurait eu une longueur d’avance. Il n’est pas unidimensionnel. J’aurais été prêt à relever le défi. Je pense que certains gars abandonnent tout simplement aujourd’hui.”

Via ESPN

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