Kent Bazemore, vétéran parfait pour les Warriors
Arrivé cet été aux Warriors, Kent Bazemore est un vétéran doté d’une bonne défense, faisant de lui un ajout parfait sur le papier. De l’expérience, de la défense, du shoot, rien de mieux en sortie de banc du côté de Golden State. Décrié par moments, car le joueur est capable de commettre de grosses erreurs, Bazemore reste tout de même un apport efficace en sortie de banc avec ses 41,2 % de réussite derrière la ligne à 3-pts. Pour compléter cela, l’arrière tourne en carrière à 35,5 % de réussite à 3pts, ce qui constitue en soi une belle amélioration pour l’année en cours et qui a certainement du l’aider à s’intégrer à l’équipe. Mais alors, quand on rejoint une équipe avec un palmarès comme celle-là sur les dernières années, et qu’on côtoie des joueurs comme Stephen Curry ou Draymond Green, il faut réussir à comprendre sur quelle longueur d’onde ils sont pour se mettre au diapason.
« Oh, ces garçons, ils veulent simplement gagner. » A déclaré Bazemore. « Ils veulent juste gagner. Je veux dire, ils ont participé à cinq finales consécutives. Il n’y a jamais de doute quand ces gars-là sont sur le terrain sur leur état d’esprit. Draymond met son corps en jeu tous les soirs, Steph met son corps en jeu tous les soirs. Vous devriez voir Klay, combien il est impatient de revenir. Ces gars-là veulent gagner. Je veux gagner aussi. C’est juste une certaine mentalité. C’est difficile à expliquer. Mais quand ces gars sont sur le terrain, le rythme auquel ils jouent, leur capacité à sentir le jeu est différente. Je pense que lors du match contre Denver lundi dernier, au troisième quart-temps, nous sommes entrés sur le terrain en 3ème quart et nous avons vu qu’ils sentaient l’odeur du sang. Et Cela se voit, il n’y a pas besoin d’en parler. »
S’il n’est pas le seul joueur de rotation a avoir un bon impact cette saison chez les Warriors, Bazemore demeure tout de même plus avantagé que n’importe qui lorsqu’il est arrivé ici. Pourquoi me direz-vous ? Pour la simple et bonne raison qu’il connaît déjà bien Stephen Curry et Draymond Green. Il faut dire que l’arrière est arrivé dans la grande ligue en même temps que Draymond Green, en 2012-2013. Green venait d’être drafté, et Bazemore avait obtenu son premier contrat au sein de la NBA.
« Voir Baze revenir ici, un gars non drafté, listé 499e sur 500 parmi les joueurs NBA et qui est encore dans la ligue après neuf ans est un accomplissement en soi. » A déclaré Green. « Mais il a continué à travailler. Vous le voyez aujourd’hui, il est l’un de ces vétérans clés qui est sur le parquet avec nous. La seule chose qui n’a pas changé, c’est qu’il est un défenseur hors pair. Il était le même quand il est arrivé dans la ligue. Il est toujours le même, avec peut-être quelques nuances supplémentaires et plus d’expérience qu’il a acquises au fil des ans. Mais il a la même énergie et la même intensité qu’au premier match de la Summer League. Il est évidemment un bien meilleur joueur offensif. »
S’il est un gars non-drafté, Bazemore a tout de même réussi à faire son trou dans la ligue, pourtant il n’en oublie pas pour autant là d’où il vient. C’est d’ailleurs en guise de motivation supplémentaire que Kent grave le numéro « 499 » sur ses chaussures. Mais pourquoi ce chiffre ? Comme l’a expliqué Draymond Green, en 2012, Bazemore n’a pas été drafté et il était classé 499ème meilleur joueur NBA (sur 500) par ESPN. Aujourd’hui, il est un vétéran confirmé en NBA et a gagné plus de 75 millions de dollars en carrière. S’il est arrivé cette saison à Golden State, il arrive tout de même a trouver sa place sur le terrain quand d’autres vétérans passés par les Warriors se sont totalement effacés.
« Vous parlez de gars qui se mettent en retrait, c’est en grande partie par respect pour ces deux-là. » A déclaré Bazemore. « Ils jouent ensemble depuis si longtemps qu’ils disent parfois aux autres gars d’aller dans le corner. Ca permet que le premier domino tombe. Il faut juste être opportuniste, mec. Il faut sentir le jeu. »
Certains joueurs peuvent interpréter ce message d’une autre façon, un peu comme s’il s’agissait d’un « restez en retrait et laissez-nous faire » alors qu’il n’en est rien, du moins pour Bazemore. Selon lui il est important de créer du spacing quand vous avez un joueur comme Curry, et c’est dans cette optique-là qu’il faut entrer sur le parquet selon le vétéran. Se tenir prêt à recevoir le ballon et rentrer ses shoots.
« Il faut simplement perturber les adversaires défensivement. Écarter un peu le jeu. Courir, aller dans les corner, et trouver Steph. J’essaie de faire un écran pour lui, de le chercher. » A déclaré Bazemore. « Il faut être opportuniste offensivement. Nous ne voulons pas en arriver au point où nous cherchons juste à ce qu’il soit chaud, nous essayons de lui enlever un peu de pression, en marquant quelques paniers ici et là, en marquant occasionnellement un 3 points. Au bout du compte, je veux qu’il gagne, je veux gagner, et c’est tout ce qui compte vraiment. »
Si on se réfère aux plus-minus des joueurs de Golden State, c’est logiquement que Stephen Curry arrive premier avec +143, Green est troisième avec +110, et le second n’est autre que Kent Bazemore, avec +126. Une stat qui montre parfaitement l’impact du vétéran en sortie de banc pour les Warriors et qui n’étonne guère Draymond Green.
« Cela ne me choque pas parce que lorsqu’il est en jeu, de bonnes choses se passent. » A déclaré Green. « Il comprend vraiment le spacing en attaque et fait en sorte que les choses se passent bien. Et comme je l’ai dit, sur le côté défensif, la pression qu’il met généralement sur le meilleur joueur, le meilleur meneur ou l’ailier de l’autre équipe, cela contribue à faire une grande différence pour nous. »
Si on prend donc en compte cela, mais aussi le fait qu’il se coltine souvent les gros meneurs adverses et souvent rapides et prolifiques comme De’Aaron Fox, Jamal Murray, etc, Bazemore est clairement l’un des joueurs qui s’est le mieux acclimatés au style de jeu des Warriors. Ce n’est certainement pas Aaron Miles, l’un des assistants de Steve Kerr qui dira le contraire.
« Tout d’abord, avec lui, c’est juste un gars avec plein d’énergie, mais pas seulement. » A déclaré l’adjoint Aaron Miles. « C’est une partie importante de sa personnalité. Même lorsqu’il ne jouait pas en tant que rookie ou autre, on parlait toujours de ses célébrations sur le banc et de choses de cette nature. Ce type d’énergie. Mais sur le terrain, son énergie, surtout en défense, il est vraiment actif, il est vraiment agressif et il comprend que c’est là qu’il doit s’accrocher. C’est toujours important, surtout évidemment quand vous avez Steph, qui va être le point central de l’attaque, et Draymond qui mène la danse. Le fait qu’il comprenne cela est capital. »
Il y a tout de même un point à soulever vis-à-vis de la défense de Bazemore. S’il est tout de même un bon défenseur, il commet de nombreuses fautes. 4,5 fautes de moyenne en 36 minutes, soit le 11ème joueur à commettre le plus de fautes au sein de la ligue.
« Vous essayez de trouver un équilibre. » A déclaré Bazemore. « Il y a un peu d’excitation et d’anxiété. Je suis juste très heureux d’être sur le terrain, et parfois je me sens comme un taureau dans un magasin de porcelaine. Mais quand vous êtes à l’aise, vous trouvez cet équilibre de ne pas faire de faute, de mettre en place une défense solide, de faire confiance à vos coéquipiers derrière vous et de simplement jouer de la bonne façon. »
« Il essaie de se battre sur les écrans, il fait ce genre de choses. » A déclaré Miles. « Je lui dis : “Que tu reçois une faute pour avoir essayé de venir aider sur un écran ou peut-être un contre ou quelque chose comme ça, et bien on pourrait éventuellement faire avec. Les problèmes surviennent lorsque tu mets les mains et que ça se termine en fautes. Soit tu commets une faute, soit tu ne tentes pas le diable. Ce sont les problèmes dont nous parlons. Si tu es battu, tu dois essayer d’avoir la discipline de dire : “Je ne vais pas le toucher”. Je l’ai forcé à aller dans la peinture et maintenant il va affronter Draymond ou Looney ou Wise ou Juan T ou quelqu’un dans la peinture qui va faire un excellent travail en défense. Laisse cette personne prendre un tir difficile. »
Quoi qu’il en soit, s’il doit résumer son retour au sein des Warriors, l’équipe qui l’a lancé dans le grand bain, il est surtout question de nostalgie.
“C’est vraiment bien d’être de retour avec ces gars.”