Infos NBA

Quelle place pour les femmes en NBA ? « L’attente sera tellement plus grande »

Enfin ! La NBA pourrait être sur le point de devenir la première ligue américaine de sport professionnel masculin à engager une femme comme entraîneur principal. Avec le nombre d’assistantes sur les bancs en NBA, et les liens très forts qu’entretiennent NBA et WNBA, il serait temps qu’une femme devienne entraineur principal de la plus grande ligue de basket au monde. Si rien n’est encore fait, la tendance est à l’optimisme. D’ailleurs, les joueurs eux-mêmes ont plusieurs fois affirmé leur envie d’être dirigés par des femmes. Alors que des postes se sont libérés, à Orlando, Indiana, Portland ou encore à Boston, des femmes ont été sollicitées, ce qui constitue un changement véritablement radical. Une femme coach en NBA, cela finira par arriver. Si ce n’est pas cet été, ce sera l’an prochain, ou l’année suivante.

Pour autant, une femme à la tête d’une équipe, est-ce briser définitivement le plafond de verre pour les femmes ? Pas encore en réalité. Tout du moins, pas tant que des femmes seront régulièrement embauchées à de tels postes. Toutefois, une femme nommée comme coach enverrait un message fort à la ligue, aux femmes et au monde du sport dans son entièreté.

« Ce serait énorme », s’avance Dawn Staley. « Nous avons juste besoin de la bonne opportunité. »

Après une carrière de joueuse remarquable à bien des égards (intronisée au Hall of Fame), Dawn Staley est l’actuelle entraineuse de l’équipe olympique féminine des États-Unis, ainsi que la coach  de l’équipe féminine de basket de l’Université de Caroline du Sud. Elle estime « qu’il y a suffisamment de femmes compétentes pour coacher une équipe NBA ». On peut penser entre autres à Becky Hammon, actuelle assistante chez les San Antonio Spurs : elle a donc côtoyé le légendaire Gregg Popovich. Autre prétendante à un poste de coach principal : Kara Lawson, de Duke. Cette dernière, ancienne assistante de Brad Stevens à Boston est dans le viseur de… Boston, pour récupérer le poste laissé vaquant par Stevens. Dawn Staley, elle, est éventuellement pressentie à Portland, tout comme Becky Hammon, pour remplacer Terry Stotts.

Une des rhétoriques préférées de ceux réfractaires à la présence de femmes en NBA est, sans aucun doute, la question de l’expérience. Pourtant, nombre de coachs masculins ont obtenu un poste sans quelconque expérience dans la ligue, en témoigne Brad Stevens, nommé coach des Celtics après une carrière exercée uniquement dans le basket universitaire. Interrogée sur la question, Dawn Staley répond sans détour :

« Je n’ai pas entraîné dans la ligue », confie-t-elle. « Mais vous savez quoi ? J’apprends vite. J’apprends vite. »

Dawn Staley, par ailleurs, estime que la première femme à coacher en NBA sera scrutée comme jamais un homme n’a été scruté :

« Beaucoup de gens seraient là, attendant simplement que vous fassiez une erreur, que vous vous trompiez », a-t-elle déclaré. « Il y a toute une dynamique à laquelle les hommes, blancs ou noirs, n’ont pas à penser. C’est une affaire de femmes. L’attente sera tellement plus grande que pour un entraîneur masculin. Tellement plus grandes. »

En effet, les entraîneuses, à tous les niveaux et dans tous les sports, sont habituées à faire l’objet d’une surveillance injuste, qu’il s’agisse de leur apparence, de leur façon de parler ou de leurs tactiques. Celle qui sera pionnière devra faire face à des obstacles qui rappellent ceux d’autres « premiers » qui ont fait tomber les barrières dans le sport. Barrières qui seront d’autant plus importantes si la coach en question se trouve être une femme de couleur. Il faudra alors vaincre une double dynamique : le sexisme et le racisme. Mais ce combat ne concerne pas toutes les femmes. Surtout pas Muffet McGraw, elle aussi hall of fameuse, qui ne veut pas voir des femmes coacher des hommes :

« Je veux que des femmes entraînent des femmes », a-t-elle ajouté. En ce qui concerne le basket-ball professionnel masculin, « je veux voir ces femmes partir en NBA, et devenir d’excellentes assistantes, puis revenir et prendre en charge les postes féminins dans les universités et chez les professionnels. »

Le combat de McGraw n’est pas nouveau : elle promeut le sport féminin, dirigé par des femmes. Mais McGraw a souligné l’ampleur du travail qui restait à accomplir. En 1972, à l’aube de Title IX, la loi historique qui a créé une voie pour l’égalité des sexes sur les campus universitaires, 90 % des entraîneurs dans les sports universitaires féminins étaient des femmes. Puis, lentement mais sûrement, à mesure que la renommée des sports féminins augmentait, ainsi que les salaires, les hommes ont commencé à occuper ces postes. Autre exemple, non moins pertinent, celui de la WNBA : sur 12 équipes, seules 5 sont coachées par des femmes.

On comprend donc que les plafonds de verre sont partout pour les femmes. Les briser dans le basket professionnel masculin serait un début important pour les briser tous.

Via The New York Times

Envie de vivre la NBA au plus près, partez vivre une expérience inoubliable avec notre agence de voyages Trip Double. C'est par ici !

Laisser un commentaire