Zeljko Obradovic : « En NBA ils ne font pas confiance aux entraîneurs européens, c’est évident. »
Nous ne sommes pas prêts de voir Zeljko Obradovic en NBA. L’entraîneur le plus titré de l’histoire de l’Euroleague – avec cinq clubs différents ! – a écarté toute possibilité de rejoindre le championnat américain. Un an après avoir quitté le Fenerbahçe, la légende serbe n’a toujours pas de club, mais il assure qu’il n’ira pas dans la grande ligue. Pour lui pas question d’intégrer une ligue qui n’offre aucune chance aux coachs européens.
« Certainement pas en NBA », a déclaré Obradovic sur sa future destination « Je pense que c’est un cercle vicieux qu’il sera très difficile de briser (à propos du manque de confiance dans les coachs européens). Ils ne font pas confiance aux entraîneurs européens, c’est évident. Même aux entraîneurs qui sont Américains comme David Blatt, qui a commencé comme entraîneur en Israël. » Zeljko Obradovic
Rappelons que David Blatt avait rejoint les Cleveland Cavaliers à l’été 2014 et qu’il s’y était maintenu une saison et demie. Il a par la suite été limogé alors même qu’il affichait un bilan largement positif (83v40d) auréolé d’une participation aux Finales NBA 2015. L’avis tranché d’Obradovic au sujet de la NBA n’est donc pas dénué de sens.
D’autres professionnels du coaching comme l’assistant des Raptors Sergio Scariolo nous avertissent sur ce problème. L’assistant italien regrette que les entraîneurs européens soient limités dans leurs choix et leur perspective d’avenir en NBA. Il évoque même un « plafond » imposé aux Européens contre lequel il serait inutile de se battre.
« Il est clair pour moi que la NBA n’est pas du tout prête à miser sur un entraîneur européen comme head coach. On dirait que l’entraîneur européen ou le manager ou directeur sportif européen a un plafond. Il y a beaucoup de respect et de considération, mais il y a un point à partir duquel c’est comme si ce n’était pas fait pour nous. Il faut l’accepter ou cesser de l’accepter, mais se battre contre cela n’a pas beaucoup de sens ». Sergio Scariolo
En comparant la trajectoire des entraîneurs américains et européens, Obradovic met en lumière le traitement de faveur dont font l’objet les premiers.
« Le seul Européen qui y a travaillé toute sa vie était notre Igor Kokoskov« , a mentionné Obradovic « Quin Snyder, l’actuel entraîneur du Jazz de l’Utah, était assistant d’Ettore Messina il y a quelques années au CSKA. Il a saisi l’opportunité et son travail est vraiment excellent. Mais Ettore a été entraîneur adjoint aux États-Unis pendant sept ans, il a essayé, ils l’ont appelé pour des ‘entretiens’ et n’a jamais eu sa chance. » Zeljko Obradovic
D’ailleurs Kokoskov, après avoir été assistant en NBA pendant 17 ans, n’a eu l’opportunité de coacher qu’une seule petite saison avec les Suns en 2019 (19v-63d). Viré de Phoenix, on l’avait retrouvé dans son rôle d’assistant à Sacramento avant de signer au Fenerbahçe. Zeljko Obradovic révèle pour sa part n’avoir reçu presque aucune offre sérieuse de la part d’une franchise NBA.
« Je n’ai jamais eu d’offre sérieuse de là-bas, sauf de la part des Pistons de Détroit en 2013 », a ajouté Obradovic.
La NBA n’a jamais été aussi cosmopolite et ouverte sur le monde. L’influence du basket européen sur le championnat américain est indéniable et de plus en plus de joueurs internationaux brillent. Néanmoins, le petit monde du coaching NBA ne semble pas encore prêt à une telle ouverture.
Via Eurohoops