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Scottie Pippen se confie dans son livre : « Michael Jordan n’aurait pas pu être plus condescendant s’il avait essayé »

Scottie Pippen va bientôt sortir ses mémoires (9 novembre) et forcément ça devrait faire parler. C’est même déjà le cas puisque GQ a mis la main sur un extrait consacré à The Last Dance. À la sortie du documentaire, il y avait eu pas mal de rumeurs sur le fait que Pippen avait moyennement apprécié la façon dont il était dépeint, ce qu’il avait d’abord démenti après des semaines de silence, avant finalement de concéder que cela ne lui avait pas plu. Dans son bouquin il y revient aussi :

J’ai reçu un texto de Michael (Jordan). Il ne me contacte pas souvent.

Comment ça va mec ? J’ai entendu dire que tu étais en colère après moi. J’aimerais qu’on parle si tu as le temps.

[…] Michael avait raison. J’étais en colère contre lui. C’était à cause de The Last Dance, le documentaire d’ESPN en dix parties sur la dernière saison des Chicago Bulls (1997-98), que des millions de personnes ont regardé pendant les premières semaines de la pandémie. […] Les deux derniers épisodes ont été diffusés le 17 mai. Comme les huit précédents, ils ont glorifié Michael Jordan sans faire suffisamment d’éloges à mon sujet et mes fiers coéquipiers. Michael méritait une grande partie du blâme. Les producteurs lui avaient accordé le contrôle éditorial du produit final. Le documentaire n’aurait pas pu être diffusé autrement. Il était l’acteur principal et le réalisateur.

Je m’attendais à beaucoup plus. Lorsqu’on m’en a parlé pour la première fois, il y a plus d’un an, j’étais impatient de regarder le doc, sachant qu’il comporterait des images rares.

Mes années à Chicago, qui ont débuté en tant que rookie à l’automne 1987, ont été les plus gratifiantes de ma carrière : douze hommes réunis pour ne faire qu’un, réalisant les rêves que nous avions enfants sur les playgrounds à travers le pays, lorsque tout ce dont nous avions besoin était un ballon, un panier et notre imagination. Faire partie des Bulls dans les années 1990, c’était faire partie de quelque chose de magique. Pour notre époque et dans toute l’histoire.

Sauf que Michael était déterminé à prouver à la génération actuelle de fans qu’il était plus grand que tout à son époque – et encore plus grand que LeBron James, le joueur que beaucoup considèrent comme son égal, voire supérieur. Michael a donc présenté son histoire, et non pas l’histoire de la « dernière danse », comme notre coach Phil Jackson a qualifié la saison 1997-98 lorsqu’il est devenu évident que les deux Jerry (le propriétaire Jerry Reinsdorf et le directeur général Jerry Krause) avaient l’intention de briser la bande quoi qu’il se passe. »

[…] Même dans le deuxième épisode, qui s’est concentré pendant un moment sur mon enfance difficile et mon chemin improbable vers la NBA, le récit est revenu à MJ et à sa détermination à gagner. Je n’étais rien de plus qu’un accessoire. Son « meilleur coéquipier de tous les temps », comme il m’appelait. Il n’aurait pas pu être plus condescendant s’il avait essayé.

En y réfléchissant bien, ce n’était pas surprenant. J’ai passé beaucoup de temps avec cet homme. Je savais ce qui le faisait tiquer. Comme j’étais naïf de m’attendre à autre chose.

Chaque épisode était pareil : Michael sur un piédestal, ses coéquipiers secondaires, plus petits, le message n’étant pas différent de celui qu’il nous adressait à l’époque en nous appelant son « supporting cast ». D’une saison à l’autre, nous n’avions que peu ou pas de mérite quand nous gagnions, mais le gros des critiques quand nous perdions. Michael pouvait shooter à 6 sur 24, perdre 5 ballons, il était toujours, dans l’esprit de la presse et du public d’adorateurs, le Jordan qui ne fait pas d’erreurs.

J’étais là, dans ma cinquantaine année, dix-sept ans après mon dernier match, à nous regarder être rabaissés une fois de plus. Le vivre la première fois était déjà assez insultant.

Au cours des semaines suivantes, j’ai parlé à un certain nombre de mes anciens coéquipiers qui se sont sentis tout aussi méprisés que moi. Comment Michael osait-il nous traiter de la sorte après tout ce que nous avions fait pour lui et sa précieuse marque ? Michael Jordan n’aurait jamais été Michael Jordan sans moi, Horace Grant, Toni Kukoc, John Paxson, Steve Kerr, Dennis Rodman, Bill Cartwright, Ron Harper, B. J. Armstrong, Luc Longley, Will Perdue et Bill Wennington. Je m’excuse auprès de tous ceux que j’ai oubliés.

Pour ne rien arranger, Michael a reçu 10 millions de dollars pour son rôle dans le doc alors que mes coéquipiers et moi n’avons pas gagné un centime, un autre rappel de la hiérarchie de l’époque. Pendant toute une saison, nous avons autorisé les caméras à pénétrer dans le caractère sacré de nos vestiaires, de nos entraînements, de nos hôtels, de nos réunions… de nos vies.

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