Zach LaVine et Draymond Green, une amitié forgée dans l’or olympique : « Sans Dray, nous n’aurions pas gagné »
Récemment, Giannis Antetokounmpo évoquait la bromance nouvelle entre Jrue Holiday et Khris Middleton issue de leur participation commune aux Jeux olympiques. Et bien semble-t-il qu’il ne soit pas les seuls membres de Team USA à avoir tissé des liens très forts durant les deux semaines passées à Tokyo. Et parmi ces joueurs, on retrouve Zach LaVine et Draymond Green qui s’affrontaient hier soir. Au Japon, les deux joueurs se sont énormément rapprochés et s’influencent maintenant dans leur vie quotidienne. Si par exemple, Zach LaVine a rejoint Klucth Sports et Rich Paul dernièrement, l’intérieur des Warriors n’y est pas pour rien.
« Je parle de beaucoup de choses avec lui. De choses de la vie. De l’éducation. J’ai fait le choix d’aller chez Klutch et avec Rich Paul et il était avec eux. Et je pense que ça m’a aidé pour me guider dans ma réflexion pour savoir ce que je voulais et pour finalement prendre ma propre décision. » Zach LaVine
A 31 ans, Green a choisi de prendre sous son aile Zach LaVine de 5 ans son cadet. S’il a l’habitude de faire cela aux Warriors, avec Team USA, c’est une première. Et cette attitude, Draymond Green la doit à Pete Myers, assistant-coach de Mark Jackson aux Warriors lorsque Green a été drafté. En effet, ce dernier lui a appris deux choses. Les vétérans sont payés pour que les futures jeunes soient un jour payés. Sous-entendu, les vétérans doivent former les jeunes de l’effectif. Et deuxièmement, il faut laisser le basket dans un meilleur état que celui dans lequel il était à ton arrivée. Un mantra qui n’a jamais quitté Green, qui a vu en LaVine le joueur parfait pour ce schéma de pensée. Il a endossé ce rôle de grand frère au sein de Team USA, parce que LaVine en valait bien la peine, et qu’il n’a pas eu de vétéran dans sa carrière.
« Lorsque vous regardez un gars aussi talentueux que Zach LaVine, la réalité, c’est que personne ne lui a appris comment être Zach LaVine et personne ne l’a traité comme un jeune joueur qui arrive dans la ligue et essaye de trouver les codes de la ligue et trouver comment devenir un bon joueur. C’est un putain de All-Star. Il a trouvé la solution. Il mérite ce respect. Et surtout, il a le respect de ses pairs. Incarne cela. Car si tu ne l’incarnes pas, les gens s’en serviront pour l’utiliser contre toi. » Draymond Green
Alors qu’il adresse un petit tacle indirect aux Wolves, où LaVine a commencé sa carrière, il veut surtout mettre en avant les qualités de LaVine. Car pour lui, le joueur des Bulls fait inévitablement partie des meilleurs joueurs de la ligue. Il a simplement besoin de le savoir et surtout, qu’on lui indique comment le devenir.
« C’est l’un de ces gars, extrêmement talentueux, extrêmement confiant dans son jeu, mais qui ne sait pas vraiment à quel point il est bon et ce qu’il peut apporter. Donc il faut essayer de lui apprendre cela. Tu es le visage d’une franchise mon frère. Comment peux-tu incarner ça ? Il n’a jamais été dans une équipe où quelqu’un a vraiment pu lui apprendre ça. Sinon, il l’aurait été. »
Si LaVine avait sûrement le potentiel pour être la star et le leader à Minnesota, il est malheureusement passé au milieu d’autres jeunes au potentiel certain. Que ce soit Karl-Anthony Towns, Andrew Wiggins ou même Ricky Rubio, mis à part KAT, aucun des trois ne peut se targuer d’avoir un jour atteint le niveau qui est aujourd’hui celui de Zach LaVine. Echangé aux Bulls alors qu’il avait été victime d’une rupture des ligaments croisés, il est arrivé dans une franchise qui a eu le mérite de croire en lui en matchant l’offre des Kings lors de la free agency 2018. En lui offrant un contrat à hauteur de 78$ millions sur 4 ans, les Bulls ont fait de lui un élément central de leur reconstruction. Qui porte aujourd’hui ses fruits, puisque si Chicago gagne aujourd’hui, et a pu attirer de gros joueurs cet été, c’est aussi grâce à son arrière/ailier. Entre l’année de la signature de son contrat et l’année dernière, il est passé de 23,7 points à 27,4, tout en devant un joueur bien plus complet. Et s’il est retombé à 25,9 points par match cette saison, c’est aussi parce qu’il joue maintenant avec des joueurs du calibre de DeMar DeRozan. Pour Draymond Green qui a connu une lente montée en puissance en NBA, venir de loin et s’imposer en NBA marque le respect. Et ce, même si LaVine été drafté en 13ème position en 2014.
« En tant que joueur qui est arrivé dans cette ligue via le second tour de la draft et qui a eu à grandir pour arriver dans la position où je suis, je comprends ce qu’il en est d’être ce jeune gars qui essaye de construire sa voie en NBA. Et une fois que vous y êtes, de quelle façon vous ajustez-vous ? Et ce n’est pas un ajustement facile. » Draymond Green
La rencontre, pour la première fois en tant que coéquipiers, de Green et LaVine cet été, a donc accouché d’une relation profonde. Dotés d’une admiration mutuelle l’un pour l’autre, ils ont pu passer du temps ensemble, que ce soit travailler au niveau basket, ou même pour profiter de bons moments ensemble, autour d’un verre de vin par exemple. Et Zach LaVine compte bien mentionner le rôle de Green dans le titre olympique obtenu cet été. Car ce sont justement tous ces moments hors du terrain qui ont façonné le succès américain au Japon. Et l’hommage est appuyé.
» Il était le meilleur coéquipier qu’on aurait pu avoir dans notre situation. C’était le leader de l’équipe. Évidemment, on connait KD (Kevin Durant), qui était le meilleur joueur. Mais sans Dray, nous n’aurions pas gagné. C’est celui qui rassemblait, donnait tout à chaque entraînement, qui regardait des vidéos avec les gars, qui faisait les ajustements, qui donnait confiance aux gars pour qu’ils jouent leur jeu et c’est lui qui gardait tout le monde concerné. Vous pouvez vraiment voir pourquoi les Warriors sont si bons. C’est le gars qui fait le lien. C’est celui qui fait tout fonctionner correctement. Du moins, c’est mon opinion. Il fait attention à tout le monde avant de penser à lui. » Zach LaVine
Et c’est empli de fierté que Green voit LaVine et les Bulls exploser cette saison. Lui qui ne loupe pas une miette de la saison de son protégé. En voilà peut-être une nouvelle raison pour laquelle Green reprend du plaisir à regarder la NBA.
« Tu deviens exactement le Zach LaVine que tu étais censé être. Et c’est quelque chose de magnifique. » Draymond Green
Et si LaVine est aussi en train de devenir un grand joueur, c’est parce qu’il ne se résume pas qu’au terrain et aux 48 minutes de chaque match. Alors Green définit ce qu’est selon lui un grand joueur. Qu’il est heureux de voir grandir en LaVine.
« La grandeur ne se produit pas seulement sur le terrain. La grandeur c’est aussi la façon dont tu te comportes. Comment tu es en interview. La grandeur c’est comment te vois les gens. Ce n’est pas seulement le fait de scorer 30 points sur le terrain. La grandeur dépend de la façon dont les autres réagissent à ta grandeur, et si tu ne demandes pas aux autres de réagir à ta grandeur, ils ne le feront pas. » Draymond Green
Sur ce point-là, à défaut de scorer 25 ou 30 points par soir, Green est sans aucun conteste, lui aussi un grand joueur, tout comme son ami LaVine.
Via The Athletic