Ja Morant, les clés de son entrée dans une nouvelle dimension
Rookie of the Year en 2019, Ja Morant avait continué à progresser l’année dernière, amenant ses Grizzlies jusqu’en playoffs, après avoir remporté un play-in face aux Warriors. Mais cette année, il a passé un cap encore plus conséquent et il joue comme une superstar. Au point même d’être évoqué par certains dans la course au MVP. Sans même parler de celle pour la meilleure progression de l’année, tant il fait déjà partie des favoris. Il a progressé dans quasiment toutes les catégories statistiques, et affiche largement ses plus hautes marques en carrière. Avec 25,9 points (19,1 l’année dernière), 6,4 rebonds (4), 7,3 passes et 1,6 interception (0,9), il est hyper influent dans le jeu et partout sur le terrain. Surtout, il a gagné en efficacité, avec 49,3% au shoot contre 44,9% l’année et a gagné 7,9 % d’adresse longue distance pour atteindre 38,2%. Même chose aux lancers francs où il affiche un joli 77,5 en comparaison de ses 72,8% de l’année dernière. Mais pour le principal concerné, la raison première de cette progression, c’est l’enchaînement des matchs et l’expérience qui en découle.
« L’expérience est le facteur numéro 1. Juste d’avoir beaucoup joué et vu différentes défenses. Une fois que je vois comment joue la défense sur moi, je sais comment attaquer et où je peux prendre mes shoots et où l’équipe peut prendre ses shoots. Ça fonctionne dans notre plan de jeu et je le mets juste en exécution sur le terrain. Avoir quelques années d’expérience m’a permis d’être meilleur cette saison et de très bien commencer. » Ja Morant
En effet, avec déjà 141 matchs joués, malgré une saison rookie raccourcie par le Covid et une deuxième saison à 72 matchs, il a déjà pu jouer une campagne de playoffs, perdue face au Jazz, mais où il a tout de même tourné à 30,2 points par match face à l’une des meilleures défenses de la ligue. Et pour son coach Taylor Jenkins, ses progrès récents sont issus d’un gros travail cet été, peut être déclenché par une grosse prise de conscience de son potentiel en fin de saison dernière. Qui a conduit à ce qu’il travaille parfaitement son jeu pour s’adapter à la NBA.
« Il a évidemment passé un cap dans son jeu. Il était très motivé durant l’intersaison pour comprendre où il pouvait s’améliorer. Déjà sur la fin de saison dernière, nous avons vu son jeu atteindre un niveau supérieur. J’ai toujours dit que c’était un gars qui apprenait avec l’expérience, en regardant des vidéos et qui pouvait s’adapter très rapidement, en comprenant où il peut être une menace, évidemment en tant que scoreur, mais aussi en tant que créateur et distributeur. Très motivé comme il l’a toujours été, il a été capable de mettre en place un plan d’une année à l’autre. Et il en a pleinement des bénéfices de son été. » Taylor Jenkins
Avec déjà 5 matchs à 30 points ou plus cette saison, les progrès sont indéniables. Il est très adroit proche du cercle et dans ses shoots pris à moins d’un mètre cinquante du panier, avec plus de 65% d’adresses dans ces deux zones. Il a ainsi développé un très bon floater qui impressionne même ses adversaires comme Wes Unseld Jr., le coach des Wizards qui ne tarit pas d’éloges sur l’ancien de Murray State, même si Morant avait été bien contenu avec seulement 11 points lorsque les Wizards avaient largement battu les Grizzlies plus tôt dans la saison.
« Schématiquement, vous voulez encourager certains types de shoots. Il les met. C’est un peu effrayant lorsque vous pensez à sa capacité à finir. » Wes Unseld Jr.
Si son coach relève son caractère studieux, ses coéquipiers aussi. En effet, Morant est une bête de travail et s’attelle à développer son intelligence basket. Alors il regarde beaucoup de vidéos, assimile des actions pour faire en fonction des défenses. Et ce sont ceux qui jouent avec lui qui en profitent selon Jaren Jackson Jr..
« Il regarde beaucoup de vidéos et joue plus avec la défense. Il nous trouve tout le temps. Il distribue vraiment bien la balle. C’est vraiment agréable de jouer avec lui tous les jours. Ça nous donne juste de la confiance. On prend beaucoup de plaisir sur le terrain. » Jaren Jackson Jr.
Des propos soutenus par Jenkins qui loue aussi l’état d’esprit de son joueur qui n’a pas qu’une influence sur ses partenaires de jeu, mais sur l’ensemble de ceux qui composent l’équipe.
« L’état d’esprit de Ja est l’un des meilleurs que j’ai jamais vu. Il est contagieux pour ses coéquipiers, pour le staff. » Taylor Jenkins
Mais pour Ja Morant, tout cela n’est dû qu’à deux choses, son éducation et le fait de jouer au basket. Une explication assez simple, mais qui trouve des résultats plus que concluants.
« J’aime juste le basket. En grandissant, mes parents me disaient toujours, « Lorsque tu joues au basket, tu dois toujours prendre du plaisir. Tu ne peux pas jouer au basket en étant frustré. » C’est comme cela que j’attaque chaque match. Prendre du plaisir, profiter. Et juste être moi même sur le terrain. » Ja Morant
Avec un Ja Morant exceptionnel, les Grizzlies sont pour l’instant en 9ème position de la conférence Ouest avec un bilan de 7 victoires pour 7 défaites. Mais du côté du Memphis, on doit sincèrement se féliciter d’avoir choisi Ja Morant en deuxième position en 2019, alors que dans le même temps, Zion Williamson galère toujours avec ses pépins physiques pour New Orléans.
Via USA Today