« Il joue aux échecs, pas aux dames, » un nouveau Giannis Antetokounmpo : « Tu réalises que tu peux te tuer »
Les Milwaukee Bucks ont connu un saison de saison difficile, handicapés par les nombreuses absences dans l’effectif. Giannis Antetokounmpo a ainsi été souvent le seul rescapé du trio de stars de l’équipe, Khris Middleton et Jrue Holiday ayant manqué pas mal de matchs. Mais dans cette situation, le Grec a adopté une attitude nouvelle. On connaissait le Giannis si déterminé qu’il portait son équipe sur ses épaules, mais en ce début de saison, malgré les absences, il a adopté une philosophie un peu différente, dont il espère qu’elle l’aidera sur le long terme.
« Lors de mes premières années, quand nous commencions à perdre, j’étais là : ‘putain. Pas moyen de perdre.’ Donc j’endossais énormément de responsabilités et de poids du jeu sur mes épaules pour remporter le 13ème match de la saison régulière, » déclare Giannis Antetokounmpo à The Athletic. « Mais qui se souviendra de ça ? Vous ne vous en souviendrez pas. Désormais j’ai réalisé qu’il faut juste construire de bonnes habitudes. Construire de bonnes habitudes avec ton équipe et quand tu es à l’extérieur, que le match est serré dans les dernières minutes, c’est là qu’il faut enclencher la mentalité : ‘Nous n’allons pas perdre. Je vais faire tout ce qu’il faut.’ Mais au bout du compte, tu réalises que tu peux te tuer. Jrue était out. Khris était out. Brook était out. Donte est out. Et je vais me tuer à faire ça, mais j’ai eu une discussion avec le coach. Il m’a dit : ‘Joue simplement de la bonne façon. Peu importe le résultat, joue juste de la bonne façon.' »
Le Grec, qui n’a plus la même pression de gagner puisqu’il a remporté tout ce qu’il était possible de remporter dans la ligue, a décidé de s’appuyer plus sur ses coéquipiers
« Avant il y avait en quelque sorte cette pression : ‘Je dois le faire. Je dois le faire tout seul. Je veux être champion NBA. Je veux gagner. Je veux gagner. Je veux gagner.' » Explique Giannis. « Et désormais il n’y a plus cette pression. C’est comme s’il fallait juste faire la bonne action, trouver tes coéquipiers et les gars vont mettre des shoots. Il faut s’appuyer sur eux. Il y a moins de poids sur les épaules. J’essaye de lire le jeu, de faire la bonne passe, la bonne action, de trouver le joueur ouvert et de vivre avec le résultat. »
En gros, plutôt que de s’user à attaquer sans cesse le cercle, de faire face à un mur de joueurs, et de ressortir sur ses coéquipiers souvent en dernier ressort, Mike Budenholzer souhaite qu’il ralentisse et qu’il observe plus ce qu’il se passe autour de lui, et cherche à servir ses coéquipiers. Comme sur cette première possession face aux Pistons récemment
Ou encore ici où il prend son temps alors que la prise à deux vient
« Je pense qu’il a beaucoup grandi et j’espère que nous avons beaucoup grandi dans notre capacité à gagner, à scorer et à exécuter sans qu’il soit juste obligé d’être dans ce mode ultra-agressif pour attaquer le cercle », a déclaré Mike Budenholzer à The Athletic. « Nous avons besoin de lui dans ce mode, mais il peut trouver des opportunités de passer la balle sur son spin, quand l’aide vient, jouer du main à main, faire différentes choses. Je pense qu’il a simplement plus de variété dans son jeu et, espérons-le, nous avons plus de variété. Et c’est quelque chose qui est assez naturel, c’est la progression logique d’une équipe, d’un joueur et des coachs. »
Cette capacité à créer dans ces situations, où il n’est pas en mouvement, est une nouvelle corde à son arc.
« LeBron c’est LeBron grâce à sa capacité à impliquer les autres, et Giannis a la capacité de faire la même chose, » explique Pat Connaughton. « Je pense que c’est juste qu’il voit de plus en plus les adversaires défendre sur lui comme on défend sur un MVP, un MVP des finales, et il commence à anticiper comment il peut impacter le jeu sans scorer. Au fur et à mesure qu’il s’améliore dans ce domaine, il va pouvoir s’imposer dans cette ligue. Je veux dire, nous avons vu les trucs monstrueux qu’il fait, mais cette capacité de passe et cette capacité à lire une défense et à avoir presque une longueur d’avance sur une défense, on voit qu’il joue aux échecs, pas aux dames. »
Cette façon de jouer est forcément moins usante, même s’il ne se prive pas de martyriser les adversaires en transition.
« L’an passé et lors des années passées, lorsque le match était fini, mon corps était tellement abimé, mais maintenant, j’ai l’impression que je peux refaire un match, » confie Giannis. « Ça vient avec la maturité. Ça vient avec la connaissance du jeu, en se mettant en position d’avoir du succès sans vivre une guerre chaque soir. »
Alors que les Bucks ont de nouveau leur big 3 et enchaînent les victoires, cet ajustement pourrait être payant sur le long terme pour l’ailier, qui a été mis énormément à contribution ces derniers mois.
Via The Athletic