Cole Anthony : « Quand vous arrivez à ce niveau, vous vous rendez compte que tout le monde ne veut pas être un grand joueur »
Avec 20,5 points, 6,1 rebonds et 5,6 passes, Cole Anthony réalise pour l’instant une saison sophomore de très belle facture pour Orlando. Mieux encore, il est pour l’instant en train de rejoindre Penny Hardaway lors de la saison 1994/1995, comme l’un des deux seuls joueurs de l’histoire de la franchise à réaliser une année à 20 points ou plus par match à 50% à l’effective field goal, qui tient en compte du fait qu’un trois points soit plus important au score qu’un deux points. En effet, avec 42,5% et 37,6% à trois points, son effective field goal pourcentage est de 51,2% compte tenu du nombre conséquent de trois points qu’il rentre par soir (2,9). Un nouveau nom dont il marche dans les pas. Quelque chose loin d’être inconnu pour Anthony, fils de Greg Anthony, ancien basketteur NBA. Pourtant, cela n’a jamais dérangé Anthony, au contraire. Il s’en est largement servi.
« Jai toujours eu mon père avec moi, je le voyais comme une ressource plutôt que comme quelqu’un dont je devrai à avoir à porter le nom toute ma vie. Ce n’est pas quelque chose sur lequel j’étais concentré. J’ai toujours aimé le basket et j’aime toujours vraiment ça. Je jouais, peu importe si j’étais son fils ou non. Mes parents et mon père ne m’ont jamais forcé à jouer au basket. Je prends toujours de ses conseils chaque jour. Et je vais probablement continuer à le faire pour un bout de temps. L’une des meilleures choses qu’il m’ait dites c’est de profiter de l’instant et de ne pas me précipiter. Parce que si je précipite les choses, je ne vais pas profiter de l’instant présent. »
Drafté en 15ème position de la draft 2020, Anthony a vu son nom descendre peu à peu dans les mocks draft. Mais s’il y a bien un endroit où il était heureux d’atterrir, c’est Orlando. Pourquoi ? Tout simplement parce que s’y trouve l’un de ses meilleurs amis avec Mo Bamba, qui a grandi aussi à New York. Il n’a oublié aucun des noms des joueurs draftés avant lui, ni même les franchises ayant fait l’impasse sur lui, et s’en sert simplement comme d’une motivation, pour lui qui a travaillé d’arrache-pied cet été.
« J’ai vraiment passé tout l’été à chercher à progresser en étudiant le jeu, à travailler sur chaque aspect de mon jeu, de ma détente à mon dribble, et à apprendre le jeu NBA. Aujourd’hui je suis heureux que le travail commence à se voir. Je travaille encore beaucoup. Je fais partie de ceux qui pensent que le travail de l’ombre finira par sortir à la lumière. Je suis content qu’une partie du travail commence à fonctionner. Je suis performant et j’espère que je pourrai aider cette équipe à s’améliorer. »
Des progrès qu’il essaie évidemment de mettre à profit avec le Magic, surtout dans les moments chauds qu’il affectionne tout particulièrement. Et à l’écouter, le quatrième quart temps est son jardin.
« Vous passez les trois premiers quarts temps à faire en sorte que votre équipe soit performante. Vous essayez de garder votre équipe dans le match et d’avoir une chance de gagner dans le quatrième quart. Lorsque le dernier quart temps arrive, c’est le moment de partir au boulot, que ce soit par du scoring ou en créant pour mes coéquipiers. Je me sens à l’aise avec la balle en main dans ce genre de situations. Avec l’arceau on a une très bonne relation. Dans le quatrième quart temps, j’ai l’impression qu’il y a un aimant dans mes mains, la balle et l’arceau. J’ai travaillé toute ma vie pour avoir l’opportunité de jouer ce genre de situations dans les quatrièmes quarts temps.
Avec tous ses progrès déjà enregistrés, il est certain que quelques fins de matchs bien senties et des matchs arrachés grâce à ses performances auraient fière allure sur son CV en fin de saison. Et cela pourrait lui permettre de candidater au titre de meilleure progression de l’année, récompense qu’il a déjà évoquée avec ses coéquipiers.
« Au début de saison, c’est un trophée qu’on évoquait pour le gagner avec mon équipe et moi. C’est un trophée que j’adorerais gagner, mais au final, si ça arrive, ça arrive. Je veux être sûr que mon équipe fonctionne bien, que tout le monde s’améliorer, ce serait une plus grand victoire pour moi. Ceci étant dit, je ne serai pas mécontent de gagner ce trophée. Ça serait plutôt cool d’être récompensé pour tout le travail effectué. J’ai encore beaucoup de pain sur la planche. »
Il voit grand sur le long terme
J’ai tellement d’objectifs pour moi-même. Ces objectifs viendront avec les victoires. Je veux être un All-Star. Je veux être All-NBA. Je veux être un grand joueur. Je ne veux pas juste être bon. Quand vous arrivez à ce niveau, vous vous rendez compte que tout le monde ne veut pas être un grand joueur. Je veux être un grand joueur. Pour que je le sois, il faut que mon équipe réussisse et gagne. Je suis un joueur d’équipe, et je veux voir cette équipe réussir. Avec ça, les objectifs de chacun dans cette équipe deviendront réalité.
Toutefois, comme il le dit si bien, son objectif principal est de voir son équipe remporter un maximum de matchs. Actuellement 14ème à l’Ouest avec 5 victoires et 24 défaites, le Magic n’est pas armé pour aller en playoffs ou remporter assez de matchs pour espérer s’y qualifier. Mais Cole Anthony est plein d’ambitions pour sa franchise et s’il nous rappelait qu’il fallait vivre l’instant présent, il doit avouer qu’il a aussi un œil vers l’avant et le futur d’Orlando. Alors si les défaites actuelles sont parfois frustrantes, il espère surtout qu’elles seront les pierres bâtisseuses des futurs succès floridiens.
« Nous aurions tous aimé gagner plus de matchs, mais nous sommes en pleine reconstruction actuellement. Je pense que c’est assez évident. C’est juste une question de développement en tant qu’équipe, d’apprendre à jouer ensemble et comment jouent les autres. Il nous faut des petites victoires. Ça ne sera pas forcément des matchs gagnés, mais nous devons voir si nous nous améliorons sur cet aspect du jeu, pour pouvoir au final gagner plus de matchs. Si nous finissons par gagner plus de matchs maintenant, je ne pense pas que quiconque s’en plaindrait. Je pense juste que l’on doit être réaliste avec nous même et nous donner à 125% chaque soir et essayer de gagner autant de matchs que possible. Nous avons beaucoup de gars blessés. Nous avons deux gars que sont Markelle Fultz et Jonathan Isaac, qui font partie de nos meilleurs joueurs, qui n’ont toujours pas joué. Nous avons Michael Carter-Williams et E’Twaun Moore qui sont out. Jalen Suggs a été absent. Les blessures n’ont pas été nos meilleures amies. »
Et les ambitions ont le mérite d’être claires, dans quelques années, le Magic sera compétitif en playoffs.
« Je pense que nous pouvons être une vraie équipe de playoffs. Si je regarde notre potentiel, je nous vois potentiellement être bien mieux classés à l’Est. Évidemment, j’annonce de grandes choses, mais Rome ne s’est pas faite en un jour. Nous avons beaucoup de chemins à parcourir, mais je pense que lorsqu’on aura fait le nécessaire, nous aurons une chance d’être l’une des meilleures équipes de l’Est. Je pense que l’on a des bons gars. Je pense que nous aurons une réelle chance d’être des prétendants à l’Est.
Pour Anthony, l’effectif est aussi très bien ficelé. Avec énormément de jeunes joueurs et quelques vétérans pour les encadrer, la symbiose semble parfaite et les jeunes pousses peuvent se concentrer sur le fait de découvrir le jeu NBA et de découvrir les attitudes de jeux de leurs coéquipiers, avec qui ils doivent faire grandir la franchise. Et pour l’instant, Anthony se montre satisfait. Pas avare de compliments envers Franz Wagner ou Wendell Carter Jr., impatient de voir Markelle Fultz rejouer, il est dithyrambique à propos des qualités défensives de Jonathan Isaac ou de Mo Bamba, qu’il voie un jour devenir encore meilleur que Rudy Gobert. Mais les principaux coéquipiers avec qui il devra s’habituer à jouer, ce sont Jalen Suggs, RJ Hampton et Markelle Fultz. A eux quatre, ils doivent former le backourt amené à porter le Magic dans les hautes sphères de la ligue. Et Anthony se montre plutôt positif sur les capacités de quatuor à jouer ensemble.
« Je pense que nous sommes tous des guards très talentueux. Je ne pense pas qu’à un seul moment, avoir beaucoup de talent est une mauvaise chose. Je nous vois apprendre. Jalen et moi apprenons à jouer ensemble, avec RJ aussi. Markelle et moi n’avons pas beaucoup joué ensemble, mais j’ai hâte. Je suis excité de le revoir sur le terrain. Je sais qu’il est proche et qu’il a hâte de revenir lui aussi. Je pense que ça va fonctionner. Markelle et Jalen peuvent défendre sur des plus grands et RJ aussi. Moi, je suis un peu petit. Je pense qu’1m90 c’est grand, mais dans la NBA actuelle, je suis le plus petit de mon équipe. Tout le monde va devoir se sacrifier. Au final, si nous pouvons gagner, tout le monde en récoltera les fruits. »
Via HoopsHype