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Le surpoids des joueurs en NBA, un sujet épineux et un problème difficile à résoudre

Zion Williamson, James Harden, Luka Doncic, Glen Davis il y a quelques années. Tous ces joueurs NBA, pour ne citer qu’eux, ont déjà été liés à des controverses sur le poids et sur leur état de forme. S’ils ne sont pas les seuls, ils symbolisent, surtout par leur statut dans la ligue, la difficulté pour les joueurs de rester en forme en quasi permanence mais aussi de garder la ligne, même lorsqu’ils ne jouent pas. Alors que Zion fait la une des rubriques poids en ce moment, HoopsHype est parti à la rencontre de plusieurs dirigeants et d’un agent pour en savoir plus sur le sujet en NBA. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un sujet très complexe.

Et la première des choses dans tout cela, c’est que via son management, le surpoids ne sera pas toléré de la même façon dans chaque franchise. Quand certains vont prendre le problème à bras le corps, d’autres vont simplement attendre de leur joueur qu’il continue à être performant.

« Vous devez chercher à comprendre votre joueur et la situation qui l’entoure et vous adapter en fonction de cela. Il peut y avoir des discussions compliquées avec certains gars. Parfois vous allez même plus loin en mettant des clauses dans leur contrat avec des bonus pour les pousser à rester au poids. Il faut chercher la meilleure façon de programmer ce gars au succès dans votre franchise. » Un membre d’un front office NBA

« Si un gars peut faire son travail à 105, 110, 115 kilos, je m’en fiche. Je me fiche de savoir à quel poids il joue tant qu’il peut faire son travail de la meilleure façon qu’il soit. Si un gars fait 3 kilos en trop et saute moins haut au cercle, ou se fait battre deux fois de plus par match en transition que l’année d’avant, alors là, c’est un problème. » Un autre membre d’un front office NBA

La question aussi se pose au moment d’aborder le sujet avec le joueur en question. Et la question du dialogue est primordiale, puisqu’il faut réussir à accéder au joueur sans le brusquer, mais tout en réussissant à atteindre un objectif de forme précis. Plusieurs stratagèmes peuvent alors se mettre en place, du choix des personnes allant parler au joueur, aux mots et expressions utilisées pour le convaincre. Mais en tant que joueur, il n’est pas toujours aisé d’entendre de telles paroles de la part d’officiels généralement en costume et pas souvent sur les parquets. Alors de temps en temps, ce sont des vétérans ou les membres du staff liés à la performance qui sont les premiers dépêchés sur la situation. Mais s’il y a une chose sur laquelle les cadres s’accordent, c’est qu’il ne fait jamais bon ménage de tancer indirectement un joueur via le GM, lors de déclaration publique aux médias ou même devant tout un groupe.

« Vous allez voir directement le joueur, vous vous asseyez avec lui, que ce soit le coach ou le président. Cela dépend des circonstances, il n’y a pas de système. Vous n’allez pas voir le GM en lui disant,  » Okay, j’ai un joueur gros, qu’est ce que je fais ? ». Ça va dépendre de votre relation avec le joueur. » Un dirigeant NBA

« Nous ne pouvons pas faire grand-chose en temps que coach ou en temps que manager. Même si nous avons l’autorité de mettre certaines choses en place ou de déclencher certaines choses, nous n’avons pas la crédibilité pour dire, « Hey, j’ai été dans cette situation, je l’ai fait. » Les joueurs l’ont. Ils ont joué avec les meilleurs. Ils sont restés en forme, donc on leur demande, « Hey, tu peux apprendre à ce gars comment le faire ? » Un cadre d’une franchise

Si le coach est généralement la meilleure alternative dans ce genre de situations, le soutien des experts de la franchise dans le secteur est essentiel, puisque leur lien avec les joueurs est basé sur la surveillance de leur physique.

« Le coach a toujours ces conversations. Le coach laisse entendre qu’il y a besoin d’avoir les joueurs à un bon poids. Les joueurs connaissent leur poids de forme. L’équipe a ce genre de statistiques et d’informations aussi parce que vous pesez constamment les joueurs. » Un des dirigeants NBA interrogé

Mais ce qui peut inciter le plus fortement un joueur à faire des efforts, c’est certainement de lui offrir une carotte, généralement sous la forme d’un bonus. Et les franchises NBA utilisent ces techniques bien plus qu’on ne le pense selon ces responsables de franchises. Surtout lors de l’intersaison et encore plus avec les jeunes joueurs. Des pratiques régulières notamment dans les petits marchés. Une façon aussi parfois d’entourer le plus tôt possible les jeunes avec les vétérans. Pour créer des habitudes saines et pérennes.

« Typiquement, le corps d’un gars ou sa condition physique dépendent de ses habitudes. Dans les contrats des très jeunes joueurs, beaucoup d’équipes vont essayer d’attirer les joueurs sur le développement de bons comportements. C’est pour ça que dans beaucoup de contrats rookie, vous allez avoir des bonus d’intersaison pour des programmes de condition physique ou d’entraînement. Tout ce qu’ils doivent faire, c’est de faire ces entraînements ou ces programmes physiques avec l’équipe, parce que ça donne, en gros, 2 à 4 semaines à l’équipe pour avoir accès aux joueurs à l’intersaison pour vraiment aider ce jeune joueur à s’auto discipliner, à s’auto entraîner, à bien manger et à bien dormir. Les joueurs sont incités à participer à ces programmes. » Un dirigeant d’une franchise NBA

Un agent NBA ne cache d’ailleurs pas que c’est aussi l’attrait du gain qui aide son joueur à respecter le deal. Tout en gardant une certaine malice.

« Il obtient toujours son bonus. Ça a aidé. Je l’emmène au restaurant chaque fois qu’il est au poids. » Un agent NBA

Mais au final, malgré les bonus et les incitations, les franchises arrivent souvent par mettre les joueurs face à leurs responsabilités. Et c’est là aussi à l’agent de jouer son rôle de conseiller auprès de son joueur pour lui faire comprendre que la situation nécessite du changement. Mais là encore, la conversation n’étant pas d’athlète à athlète, la discussion peut devenir encore plus difficile.

« Je pense que c’est plus facile d’intéresser un joueur lorsqu’il est incité à le faire (avec un bonus). Je pense que ça rend la discussion plus simple. Lorsque vous n’avez pas ce bonus, la conversation est plus compliquée. Pour être honnête, ne pas être un athlète rend la chose encore plus compliquée. Je pense que ce sont des personnes normales qui ont des problèmes pour réguler leur poids, que ce soit pour des raisons mentales ou d’insécurité. Vous dites aux gars,  » Regardes comment ça va affecter ta carrière. Ça va affecter ce qui va se passer avec toi maintenant, dans la futur; et la façon dont tu seras payé. Il faut te reprendre en main. » Un agent NBA

Dans cette histoire où il est parfois dur de définir qui a le mauvais rôle, les franchises font aussi des pas vers leurs joueurs, en les accompagnant où en les aidant. Avec des menus préparés, des chefs ou des accompagnements nutritionnels. Les options sont en tout cas nombreuses et les franchises ouvertes à la coopération. Mais cela nécessite des efforts des deux côtés.

« Nous avons découvert d’un joueur ne mangeait que des saletés et nous avons dû lui dire, « Tu ne peux plus continuer ». Nous avons essayé de le faire manger uniquement dans nos infrastructures et de lui prescrire des fruits. Nous lui avons obtenu un nutritionniste. Nous ne lui avons pas fourni de chef, mais nous lui avons dit d’y penser. A un moment, c’était sa responsabilité. Nous n’allions pas faire tout le boulot. » Un dirigeant d’une franchise

Enfin, et c’est sûrement la partie la plus complexe du problème, c’est que les joueurs NBA, malgré leur popularité et leur exposition, restent des humains qui peuvent avoir des problèmes avec leur poids pour une variété de raisons. Alors les dirigeants NBA prennent parfois du recul ou font front contre un potentiel tribunal populaire à l’encontre de leur joueur. Et qu’importe s’ils sont très grassement payés et que les gens ne comprennent pas leur poids, les raisons n’ont parfois pas à être explicitées.

« Je pense que les gens seraient surpris de voir combien d’équipes et de joueurs essayent. Ils vont toujours dire « Pourquoi Zion ne trouve-t-il pas de solution ? » La plupart du temps, les joueurs et les équipes essayent. Les détails ne sont pas forcément toujours publiés. Parfois, le problème est vraiment dur. Certaines personnes ne sont juste pas génétiquement prédisposées à cela. C’est compliqué, soit les gars se blessent soit ils dépriment. C’est plus dur que ce que l’on croit. Nous avions un joueur qui avait un problème de nutrition et qui clairement avait un vrai problème psychologique avec ça. Je pense que combiné à la génétique, c’est un vrai problème pour beaucoup de gars. C’est tout simplement vraiment difficile. Vous essayez littéralement de ne pas manger quelque chose que vous aimez. » Un dirigeant NBA

Alors l’un des cadres de franchise appelle finalement les gens à se mettre dans la peau des joueurs NBA, leurs privilèges et leur salaire mis à part.

« Pensez aux mêmes problèmes que nous avons tous. Nous disons, » Je vais perdre ces 2/3 kilos. Je vais être en forme cette année. » Puis, vous ne faites rien. Ce n’est pas très différent selon moi. C’est facile pour nous de dire que c’est leur travail. Ils sont payés des millions de dollars, mais ça ne change pas le fait qu’ils restent des êtres humains. » Un autre dirigeant NBA

Quoi qu’il en soit, le débat sur le surpoids des joueurs est loin d’être terminé, et les détracteurs loin de se taire. Les solutions existent, mais il faut bien se rendre compte que pour les joueurs, rien n’est parfois évident quand il s’agit du poids.

Via HoopsHype

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