Enfin en bonne santé, Killian Tillie commence à trouver sa place à Memphis : « Je n’ai pas pensé que les blessures pourraient me stopper »
Avec un seul Did Not Play (n’a pas joué) depuis le début de mois de décembre, il est opportun de dire que Killian Tillie fait aujourd’hui pleinement partie de la rotation des Grizzlies. Dans son deuxième contrat two-way consécutif avec Memphis, le français semble enfin prendre son envol dans la ligue. Depuis la fin novembre, les coéquipiers de Ja Morant en sont à 11 victoires pour 3 défaites, une série au cours de laquelle Tillie a joué en moyenne 12,8 minutes par match et a obtenu un vrai rôle en sortie de banc. Au total cette saison, il cumule 3,4 points, 1,3 rebond, 0,4 passe en 11,4 minutes sur les 20 matchs qu’il a disputés. Alors qu’il avait manqué 31 des 70 derniers matchs qu’il aurait pu jouer à la fac sur blessure et qu’il a aussi été touché par les pépins physiques l’année dernière, il n’a jamais lâché et ça commence à payer.
« J’y ai cru en permanence. Je n’ai pas pensé que les blessures pourraient me stopper. » Killian Tillie
Face à Sacramento le week-end dernier, il a même obtenu son plus gros temps de jeu de la saison avec 27 minutes, tout en ayant un plus/minus de +17 sur le terrain. Preuve qu’il est forme, il vient de s’offrir deux places dans le top 10 NBA en back-to-back, d’abord avec un gros gros contre sur Richaun Holmes, puis en dunkant méchamment sur Jalen Smith, après avoir déposé Chris Paul ligne de fond. De quoi montrer également qu’il est en confiance.
Son contre contre Sacramento :
Son poster face aux Suns :
Si la période actuelle est aussi faste pour le frenchie, c’est aussi que son corps le laisse tranquille pour la première fois depuis un bout de temps. En effet, depuis son arrivée à Gonzaga, il a enchaîné les blessures au pied, à la cheville, au genou, aux hanches, aux mains, au dos et aux ischio-jambier. De quoi faire chuter sa côte à la draft notamment. Et Tillie n’a rien oublié.
« Oh, je me souviens de toutes, mais il y en a beaucoup. Nous n’avons pas toute la nuit. (il le dit en rigolant) » Killian Tillie
Pour lui, qui de son propre aveu, a beaucoup travaillé sur le bas du corps pour se renforcer cet été, toutes ces blessures lui ont permis de se forger une certaine force de caractère, mais aussi de grandir et de devenir plus mûr dans l’adversité. Ajouté à toutes ses expériences dans le monde du basket, Tillie est aujourd’hui un homme différent qui regarde vers l’avant.
« Ça m’a appris à être plus sérieux concernant mon corps et à plus travailler dessus. Evidemment, j’ai eu de sales blessures dans le passé, mais ça va beaucoup mieux. Je fais ce qu’il faut, je travaille dans cette optique et ça m’a définitivement appris à être plus mature sur ça et ça m’a aussi un peu endurci. C’est clairement frustrant. Vous devez juste être patient et penser à la suite. » Killian Tillie
Avec seulement 57 matchs joués lors des trois dernières saisons, Tillie n’a pas vraiment pu enchainer les parties depuis quelque temps. Sauf que cette saison, il est parti jouer les 50 matchs de son contrat two-way, qui s’arrêtera avant les playoffs. Une situation contractuelle qui ne le préoccupe pas, lui pense avant tout à sa place dans le groupe et à la façon dont le voit son coach. Surtout qu’il est l’un des joueurs les plus démonstratifs de l’effectif depuis le banc de touche, pour célébrer ou pour encourager ses coéquipiers.
« Je ne me sens pas vraiment comme un two-way. J’ai l’impression de vraiment faire partie de l’équipe, surtout ici. Le coach ne porte pas d’intérêt à cela. Il a confiance en moi, il aime mon jeu et il a me fait confiance en me faisant entrer en jeu. Donc j’essaie d’être sérieux et je fais en sorte d’être bon. » Killian Tillie
En arrivant aux Grizz, Tillie a aussi eu la chance de retrouver son ancien coéquipier à l’Université, Brandon Clarke. Un atout de poids pour le français qui a pu compter sur les conseils d’un joueur arrivé dans la ligue un an plus tôt. Et Clarke ne fait d’ailleurs pas de secret sur ce qu’il apprenait à Tillie et qui sont les piliers de beaucoup de joueurs tentant de se faire leur trou dans la ligue.
« C’est une longue saison, il faut prendre soin de sa santé, prendre vraiment soin de son mental. C’est une saison très longue, dure, et vous ne savez vraiment pas si votre nom va être appelé ou quand l’on va avoir besoin de vous. Il y aura des blessés dans la saison, donc chaque joueur sera nécessaire à un moment donné, donc il faut juste travailler en permanence, être reconnaissant d’être à notre place et continuer à travailler. » Brandon Clarke
D’autant que Clarke connaît le niveau de Tillie et quel type de joueur il peut être, une fois en bonne santé.
« A chaque fois que j’ai vu jouer Killian, quand il était en bonne santé, il a toujours été un très bon joueur. Donc c’est bon de le voir en bonne santé et en capacité d’être le Killian que je connais, que l’on connait. » Brandon Clarke
Pour les plus intéressés, vous pouvez retrouver notre interview de Killian Tillie réalisée avant le début de saison.
Via The Spokesman