Rudy Gobert : « Depuis le début de ma carrière, les gens célèbrent mes échecs et sont très silencieux quand de bonnes choses se produisent »
2 fois All-Star, 4 fois All-NBA, 5 fois All-Defensive et surtout 3 fois défenseur de l’année, Rudy Gobert évolue cette saison à son meilleur niveau en carrière, et ça ne fait aucun doute. Malgré ça le pivot français continue d’être régulièrement la cible des critiques, que ce soit de la part des fans, des observateurs, et même des joueurs NBA. Ca a été encore le cas dernièrement lors d’une victoire écrasante face aux Wolves, lors de laquelle Patrick Beverley et Anthony Edwards ont critiqué le Français, des critiques qui avaient peu de sens.
Le Français fait abstraction de ces critiques et se concentre sur lui.
« J’encaisse les critiques tout le temps, tous les jours, » a déclare Rudy Gobert à The Athletic. « C’est comme ça depuis le début de ma carrière, les gens célèbrent mes échecs et sont très silencieux quand de bonnes choses se produisent. Donc j’essaye de me concentrer sur le plaisir de jouer et ma progression. Et j’espère que nous gagnerons bientôt un titre. Pour moi, il s’agit de s’améliorer, d’en profiter et d’apprécier le processus, que vous gagniez ou perdiez. Vous essayez d’en tirer des leçons et d’y trouver de la joie. J’avais l’habitude de me comparer aux autres. Maintenant, je ne me compare plus à personne. J’essaie juste d’être le meilleur Rudy Gobert que je puisse être ».
Il espère quand même que les gens mesurent le chemin qu’il a parcouru et son énorme progression depuis sa draft. Il faudrait une sacrée dose de mauvaise foie pour ne pas voir ses progrès, ne serait-ce qu’un année sur l’autre.
« J’espère simplement que les gens se rendent compte que je ne suis pas le joueur que j’étais lors de mon année rookie », a déclaré Gobert. « Je veux continuer à évoluer, à m’améliorer. Je veux gagner. Je me fiche de savoir qui met des tirs, tant que nous jouons de la bonne manière. »
Le titre, c’est son obsession ces dernières années alors que le Jazz multiplie les échecs en playoffs, malgré deux dernières saisons régulières prometteuses. Pour aider son équipe à y arriver, il se démène et cette saison il est meilleur rebondeur de la ligue, second contreur, meilleure adresse et tourne à 15 points par rencontre.
« J’ai beaucoup travaillé pendant l’été », a déclaré Gobert. « Je voulais juste continuer à m’améliorer, et à l’heure actuelle, je sens toujours que je peux jouer beaucoup mieux. J’essaie de jouer aussi dur que possible pour mon entraîneur et mes coéquipiers. J’ai l’impression que ce pour quoi j’essaie de jouer en ce moment, ce n’est pas l’argent. Il s’agit d’essayer d’accomplir quelque chose que nous voulons depuis toujours. En tant qu’équipe, nous voulons accomplir des choses dont les gens se souviendront dans 20, 30 ou 100 ans. »
Pour guider les siens vers les sommets, il y a un élément de son jeu dont on parle peu, mais auquel il accorde une importance capitale, c’est sa condition physique. Dernier rempart de la défense du Jazz, il rode près du cercle pour aider comme personne ses coéquipiers, et en attaque, s’il touche très peu de ballons, il a une énorme activité, notamment sur les écrans, lui qui est considéré comme un des meilleurs poseurs d’écran de la ligue, si ce n’est le meilleur.
« Il est vraiment le centre de tout ce que nous faisons », a déclaré Mike Conley. « Il en fait tellement sur chaque possession, des deux côtés du terrain. Il a un impact dans tous les domaines. Il a une incroyable caisse. Il est en grande condition physique et ça aide. »
« C’est super importante et je prends ça vraiment au sérieux, » a expliqué Rudy Gobert. « Si tu n’es pas en forme, alors peut importe à quel point tu es un bon joueur. Tes compétences n’ont alors aucune importance. Si tu n’es pas en forme, comment peux-tu aider votre équipe ? C’est là toute ma motivation. Je veux juste être présent et disponible pour mon équipe et mes coéquipiers. »
C’est un travail quotidien, à la salle, mais aussi chez lui. Il a une hygiène de vie irréprochable.
« En fait je suis vraiment passionné par mon régime alimentaire et ce que je mange », a confié Rudy. « J’essaye de manger des choses qui te donnent le plus d’énergie. J’essaye d’écouter en toutes circonstances ce que me dit mon corps. »
Par exemple, une de ses routines, et ça a été le cas lorsque le Jazz est revenu de San Antonio lundi, il va courir sur sa montagne favorite, pour faire notamment quelques séries de sprints. Cela met sa respiration et ses poumons à rude épreuve en cette période, mais il en verra les bénéfices ce soir face aux Blazers.
« J’essaye de faire ça à chaque fois que nous revenons d’un trip. C’est peut-être difficile, mais le jour de match, tu te sens bien mieux et tout est plus facile. » Rudy Gobert
Via The Athletic