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Desmond Bane, la nouvelle pépite des Grizzlies, « Il ne fait que gratter la surface »

Drafté en 30ème position de la draft 2020, Desmond Bane n’était clairement pas satisfait de sa sélection. Non pas qu’il n’appréciait pas le fait d’être choisi par Memphis, mais plutôt d’avoir été oublié par les scouts et d’avoir attendu aussi longtemps pour entendre son nom appelé, lui qui sortait de quatre belles années à TCU. Alors depuis, c’est une éternelle revanche sur les équipes qui ont décidé de ne pas le choisir. Début décembre, les Grizzlies affrontent Dallas. En 2020, les Mavs ont sélectionné Josh Green en 18ème position. Le problème pour Bane, c’est qu’ayant le même profil que Green, il ne le considère pas meilleur que lui. Résultat, 29 points et 9 rebonds pour le Grizzly, mais surtout une petite pique envoyée plutôt au front office des Mavs, puisqu’il assure n’avoir aucune dent contre Green.

« Je n’ai rien contre lui.[…] Je ne sais s’il a joué ce soir (Green). » Desmond Bane

Evidemment, Green n’était pas sorti du banc ce soir-là, alors que Bane avait eu un impact considérable sur la victoire des siens. Alors il aime bien rappeler que les scouts se sont trompés à son sujet.

« Je n’oublierai jamais. J’ai le sentiment que les équipes ont eu leur chance de me sélectionner et qu’ils savaient qui j’étais. Je n’étais pas un one-and-done (joueur qui n’a fait qu’un an à la fac). Vous aviez quatre ans pour faire vos recherches sur moi. Tous mes antécédents ont été vérifiés. C’est leur faute. » Desmond Bane

Une rancœur qui ne passe pas, alors qu’il a connu un parcours semé d’embûches avant d’arriver en NBA. Elevé par ses grands-parents parce que ses parents n’étaient pas en capacité de le faire, il n’a jamais non plus été un grand prospect. Et alors qu’il jouait au lycée dans l’Indiana, il doit sa carrière à TCU en grande partie grâce à la persévérance de son grand-oncle qu’il l’a poussé à faire des tests dans la fac et a aussi poussé pour qu’il y soit recruté. Résultat, quatre très belles années et une place de titulaire dès sa saison sophomore. Pourtant, lorsqu’il débarque à TCU, Bane est un peu gras et n’est clairement pas en forme. Mais au fur et à mesure des saisons, il a su franchir les paliers, jusqu’à scorer 15 points par match lors de sa saison junior. Et cela, grâce à son travail sur le terrain et d’observations à la vidéo. Il a notamment beaucoup étudié le shoot de Klay Thompson et sa capacité à tirer en catch and shoot. Résultat, 44,2% à longue distance sur ses trois dernières saisons en NCAA. Ancien assistant coach à TCU, Ryan Miller était convaincu qu’il pouvait devenir un excellent shooteur en NBA.

« Il peut être un shooteur d’élite en catch and shoot. La NBA recherche des joueurs comme cela. » Ryan Miller,

Mais ce n’est pas tout, car Bane a aussi beaucoup analysé le jeu de Devin Booker, notamment sur pick and roll. Et lors de sa dernière saison, il tournait à 3,9 passes par match. Des caractéristiques que l’on retrouve désormais dans la ligue. Il tourne à 42,4% à trois points et 2,3 passes, mais porte beaucoup le ballon dans ce genre de situation avec les Grizzlies. Et lorsque Ja Morant s’est blessé en début de saison, il a participé à la reprise du flambeau à la mène, a scoré 21 points ou plus lors de la moitié des matchs et Memphis a signé 10 victoires en 12 matchs. Auteur d’une sacrée saison, Bane pourrait d’ailleurs être dans la discussion pour le MIP avec ses 17,4 points, 4,4 rebonds, 2,3 passes et 1 interception de moyenne à 46,7% au tir. Il a notamment signé de jolies performances contre les Suns avec 32 points ou contre les Nets avec 29 points et une belle défense sur James Harden, limité à 19 unités. Un aspect sur lequel les recruteurs doutaient alors qu’il était encre jeune, et sur lequel les scouts NBA ont aussi douté au moment de sa draft. Et il en bien conscience, notamment pour une raison d’ordre physique. Alors quand il répond cette question, sa réponse est laconique.

« Vieux. Petite envergure. On ne savait pas si mes aptitudes sur le ballon se traduiraient sur le terrain (en NBA). » Desmond Bane

Dès cet été, les Grizzlies ont décidé de lui donner plus d’opportunités via la Summer League, notamment à la mène. En ont résulté de la confiance, de bonnes performances et surtout beaucoup de volonté et d’assurance. Quelques éléments qui ont plu à son coach.

« Il était agressif dans sa volonté d’être dans cette position. » Taylor Jenkins

Et des responsabilités, Bane en a maintenant beaucoup plus en NBA. Bien plus solide et musculeux qu’à son arrivée en NCAA, il est la caution défensive du backourt qu’il forme avec Morant. Mais en attaque, il a aussi franchi de nombreux paliers sans perdre pour autant en adresse. Certains chiffres sont d’ailleurs très parlants pour témoigner de sa confiance et de son rôle grandissant à Memphis. Sur l’ensemble de la saison dernière, Bane avait tenté 92 tirs en sortie de dribble, cette saison il en a déjà loupé 93. En 68 rencontres l’année dernière, il avait tenté 499 shoots, cette saison et avec un temps de jeu certes augmenté, il en a tenté 556 en 39 matchs, qu’il a tous disputés comme titulaire au passage. Et pour le principal concerné, cela découle aussi de sa capacité à se fondre dans le décor, à assimiler les choses et donc à bien s’intégrer dans un collectif.

« C’est une qualité aussi. Parfois les gens arrivent en NBA en venant d’un endroit où ils mettaient 20 points par match et vous arrivez dans une équipe avec 3 ou 4 stars et vous devez trouver un moyen de jouer un rôle. Certains gars ont du mal à trouver cela. J’ai compris comment être le gars qu’il fallait et comment m’intégrer. » Desmond Bane

Et malgré tous ses progrès déjà effectués, son coach voit en lui un potentiel encore plus grand. Notamment parce qu’il a cette qualité de pouvoir impacter le sort d’un match avec une variété d’options. Contre Brooklyn il avait par exemple déroulé toute une panoplie offensive pour faire tomber Kevin Durant and co.

« Il ne fait que gratter la surface de ce qu’il est capable d’être et de faire avec consistance, ce qui est phénoménal. Nous savions qu’il serait un gars avec un impact pour gagner de plein de façons différentes et qu’il ne serait pas relégué à un simple rôle. » Taylor Jenkins

Aujourd’hui quatrième à l’Ouest avec 25 victoires pour 14 défaites, les Grizzlies sont clairement dans le wagon de tête et le regard porté sur la franchise et sur leurs ambitions ne cessent d’évoluer. Si la saison est encore longue, tout porte tout de même à croire que la reconstruction entamée à Memphis il y a quelques années commence à porter ses fruits. Et l’un d’entre eux se prénomme Desmond Bane.

Via The Athletic

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