Duncan Robinson : « Oui j’ai déjà connu ces situations, mais au final ça ne rend pas les choses plus faciles »
Après une élimination en finale de conférence, Duncan Robinson s’est exprimé sur ce run, sur son ressenti et ce qu’il a appris. Dans son podcast « the long shot », présenté par Davis Reid, l’un de ses anciens coéquipiers, le shooteur de Miami a pu revenir sur sa situation personnelle qui n’a pas été la plus évidente lors de ces playoffs. Après un premier match contre Atlanta où il a shooté à 8 sur 9 derrière la ligne à 3pts, l’arrière à ensuite vu son temps de jeu diminuer drastiquement pour ne jouer que 19 minutes sur la totalité de la série contre les Philadelphie 76ers. Il avait finalement pu regagner quelques minutes de temps de jeu contre Boston suite à la disette à 3pts de son équipe et « grâce » à l’absence de Tyler Herro. Même s’il n’a pas eu le temps de jeu qu’il aurait souhaité, il reste fier du parcours de son équipe, car il sait que rien n’est garanti en NBA.
« Globalement, durant notre run de play-offs, en tant qu’équipe, on a eu des périodes où on a joué du très bon basketball, et juste faire partie de ça, c’est déjà spécial. Tout ce run, finir à une victoire des finales NBA. C’est sûr, j’ai déjà joué une finale, mais c’est quelque chose que tu ne dois jamais, jamais prendre pour acquis. Tout dépend du rôle que tu as, mais c’est forcément quelque chose que tu veux jouer en tant que compétiteur, ce sentiment de combattre au meilleur des niveaux, de faire partie des deux dernières équipes à jouer quand les 28 autres sont assises à la maison. Prends l’exemple d’Al Horford, on en parlait hier en regardant le match, quand tu vois la carrière qu’il a eue, incroyable carrière, incroyable joueur, plusieurs fois all-star, il a été dans de très bonnes équipes, qui ont fini première de leur conférence, et pourtant il joue ses premières finales à 36 ans. Pour moi, être dans ma 4ème année, et être à la porte de ma deuxième finale, ce n’est pas quelque chose que je prends pour acquis, car j’ai entendu beaucoup d’histoire. J’ai la chance de ne pas avoir vécu ces situations, car j’ai joué dans de très bonnes équipes depuis que je suis en NBA. Mais c’est quelque chose qui est loin d’être garanti […] c’est très rare que tout fonctionne et que tu sois aussi proche des finales que nous. »
Même si Duncan Robinson semble être content du parcours collectif de son équipe, il ne peut pas se satisfaire des performances personnelles qu’il a réalisées. Le joueur a en effet rencontré l’adversité des playoffs en étant mis sur le côté, et certains spécialistes pointaient ses prestations défensives qui pénalisaient les hommes d’Erik Spoelstra.
« Du point de vue du collectif, je suis juste reconnaissant d’avoir pu faire partie de cette expérience, d’avoir pu apprendre, de le voir, le vivre, de rencontrer de l’adversité. En tant qu’équipe, de voir comment on se rassemble pour trouver des solutions et gagner des matchs, c’est tout ce qui compte en playoffs. D’un point de vue personnel, faire face à l’adversité, à soi-même, et faire face à une situation que je n’avais pas encore connue depuis ma première année, ça m’a énormément appris. Évidemment c’est quelque chose que je ne vais pas oublier de si tôt, mais je pense que c’est une bonne chose à bien des égards, c’est en quelque sorte un apprentissage des playoffs, ça va me motiver pour toujours, car j’ai compris que c’était une situation personnelle que je ne voulais pas revivre. »
Le shooteur a donc dû placer ses désirs personnels au second plan pour aider son équipe de n’importe quelle manière. Tout le concept de ce podcast est basé sur le parcours tumultueux qu’a rencontré Duncan Robinson au long de sa carrière, ne pas être drafté, faire ses débuts dans la ligue avec un contrat « two-way », pour finalement signer sur 5 ans pour un total de $90 millions, ce qui fait de lui, le joueur non-drafté le mieux payé de l’histoire de la NBA. Son ami le questionnait donc pour savoir si cette situation n’était pas plus simple à gérer lorsque l’on a déjà connu un voyage compliqué.
« Ça ne rend pas les choses plus faciles, on va dire que c’est plus familier, car ce n’est pas un territoire inexploré. J’ai eu cette conversation l’autre jour avec des gars qui ont été dans des situations similaires durant leur carrière, je l’ai déjà dit, ce ne change rien que tu joues en JV basketball (Equipe B), au collège, au lycée ou en NBA au plus haut niveau. Ne pas jouer, ça craint ! Surtout quand on sent qu’on est capable et qu’on sent qu’on peut aider à gagner. C’est un sentiment très, très difficile à combattre. Surtout lorsque vous êtes sur le point de réussir et au milieu d’une série de matchs où votre équipe joue vraiment bien. Il faut combattre beaucoup d’émotions et d’excitations différentes, car tu as tellement sacrifié pour l’équipe, et dans ta vie personnelle pour être dans cette situation. Mais, tu comprends aussi qu’avec ses sacrifices, tu as des attentes, et je ne suis pas quelqu’un qui veut être le centre d’attention, je suis conscient de ma place dans la hiérarchie de la NBA. Mais juste sentir que tu as un rôle ou tu aides l’équipe à gagner, c’est là que ça devient stimulant.
Donc oui j’ai déjà connu ces situations, ou j’ai dû sortir du 5 majeur , ou j’ai vu mon rôle changer en cours de saison, mais au final ça ne rend pas les choses plus faciles. Et c’est quelque chose qui revient tout le temps lors de la composition d’une équipe, tout est question de sacrifice, c’est ce qu’il faut pour gagner. Le sacrifice, c’est facile en théorie, mais c’est quelque chose qui est plus facile à dire qu’à faire. C’était vraiment un point important dans ma carrière où j’avais le fardeau du sacrifice, j’étais celui qui devait en faire, je n’étais pas le seul évidemment, les autres gars aussi en ont fait. Je n’ai pas toujours été parfait, mais je suis fier de comment j’ai géré « l’adversité ». […] il m’a fallu comprendre aussi qu’une partie de ce qui m’arrivait n’était pas en mon contrôle. Tout ce que je peux gérer, c’est comment je relève ces défis et comment je les gère avec le reste de l’équipe. Car quand tu veux créer quelque chose de spécial avec un groupe, tu ne peux pas te permettre des distractions ou des guerres d’égo. Donc ce que j’ai essayé de faire, c’est de me verrouiller mentalement, je devais me faire à l’idée que c’était mon nouveau rôle. Et aussi cliché que ça puisse paraitre, je devais faire tout ce que je pouvais pour bien le faire. C’est donc très difficile et c’est la loi du sportif professionnel, mais la grande leçon à retenir c’est que j’ai beaucoup appris de cette expérience et que je dois en revenir plus fort. »
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Duncan Robinson semble être un joueur qui à la tête sur les épaules et qui sait se mettre au service d’un collectif. Il n’est pas avare d’apprentissages, peu importe que la situation soit bonne ou mauvaise. Dans tous les cas, cette expérience compliquée fera de lui un coéquipier modèle dans le futur, pour l’instant, la prochaine étape pour le shooteur est de se renforcer physiquement pour ne plus être une cible défensive en playoffs.