Nikola Vucevic : “Un game winner, surtout un buzzer beater, c’est un feeling unique”
Auteur de trois game winners (tirs pour la gagne) depuis le début de la saison, Nikola Vucevic s’est confié dans le vestiaire des Bulls à Brooklyn, au micro de Basket-Infos, sur ses sensations dans ces moments. Une plongée, intime, dans le fantasme ultime.
Nikola, tu avais déjà eu 3 game winners dans ta carrière, mais là, 3 en trois mois, c’est un peu fou, non ?
Oui, puis ils sont tous différents en plus !
Oui justement, pas un ne se ressemble, c’est même un peu les trois scénarios possibles… On commence par le premier (le 4 novembre) contre Philly. Il reste du temps sur l’horloge, c’est pour ça que tu as le visage figé en revenant sur le banc, ou parce que tu es un peu frustré des fins de matchs pas bien gérées par l’équipe dans cette période ?
Non, non, c’est juste qu’il reste du temps. T’es content mais tu vas te concentrer. Tu restes focus. Il restait 2 ou 3 secondes, un truc comme ça (3.2 secondes). Je suis content, c’est un gros tir pour nous, mais tant qu’il y a du temps, tu ne peux pas célébrer. C’est sympa, mais… (il penche la tête sur le côté pour accompagner le propos) après le match .
Le deuxième, (buzzer beater à Portland, le 20 novembre), là c’est ultime, non ?
Clairement ! Quand tu mets un tir de l’extérieur, tu vois la balle partir tout le long, t’as le son du buzzer et la lumière rouge autour de la planche… c’est hyper excitant ! Puis t’es à l’extérieur, tu as les habitants de Portland debout et tu leur dis “c’est fini”, c’est le game winner ultime.C’est un feeling complètement différent. Donc c’est très unique. Puis c’est celui que tu prends quand t’es petit, que tu comptes “3, 2, 1…” dans ta tête, à l’école, dans ta chambre… Tu rêves de ces moments-là ! Et quand ils arrivent, c’est vraiment spécial. Parce que, déjà, grâce à mon tir, vous gagnez le match (assis dans l’angle du vestiaire visiteur à Brooklyn, il scrute ses coéquipiers de droite à gauche). T’as tout le monde qui est hyper content, toute l’équipe qui court vers toi, qui saute, c’est vraiment unique. C’est vraiment une sensation superbe.
Le troisième,
(il coupe) Puis aussi, ce qui était sympa, même si moins important, c’est qu’il y avait un fan de Portland juste derrière notre banc, qui disait plein de trucs juste avant la fin du match. Il n’arrêtait pas de parler. Tout le match même. Donc en fait, quand je mets mon tir, je me retourne vers lui, et je lui envoie une petite bise (il mime le geste de sa main et lance un clin d’œil) !
Et le troisième (mercredi contre Utah), c’est le truc hyper chaotique qui tombe d’un coup ?
Ouais ! C’est un lay-up, d’une action un peu folle… Je suis tout seul près du panier, donc ça me tombe un peu dessus… et il y a encore du temps. Bien sûr ça reste un game winner, mais moins excitant.
After tonight, Nikola Vučević has 3 game-winning shots this season for the @chicagobulls!
11/4/25: GW vs. PHI
11/19/25: GW vs. POR
1/14/26: GW vs. UTA pic.twitter.com/RDZ1nnQvT2— NBA (@NBA) January 15, 2026
Avant de rentrer sur le terrain, il y en a un des trois où le système était pour toi ?
Non, sur aucun des trois, je ne suis vraiment la 1ʳᵉ option. Le premier, c’est (Josh) Giddey, qui me trouve dans le corner. Moi je suis dans le corner à chaque fois, parce que ça va faire hésiter le grand qui est sur moi : est-ce qu’il va aider pour protéger le panier, ou est-ce qu’il reste à l’extérieur ? Sur le deuxième, le buzzer, Coby (White) fait une vraie bonne passe. C’est une action pour lui, mais mon gars, il aide, donc moi je change de position pour me mettre dans la vision de Coby et il me l’envoie. C’était pas vraiment des systèmes… mais je suis une option, parce que les grands ils ont l’habitude d’aller aider. Quand t’es grand, t’as toujours l’habitude d’aller protéger le panier. Puis le troisième, mercredi, contre Utah, c’est une action un peu folle où je pense qu’il faut donner plus de crédit à (Isaac) Okoro et à Tre Jones que moi. J’ai le job le plus facile ! Il faut juste mettre un petit lay-up. Okoro met un effort de fou pour déjà “tip” (taper la balle au rebond) et puis après la sauver ligne de fond… Tre réussit à l’attraper sur le côté, à garder son équilibre (sur un pied, le long de la touche) et à me voir, dans toute la folie de ce qui se passe. Parce qu’il reste quelques secondes juste ! C’est la folie au United Center, on essaye de gagner le match… Et en fait il fait une passe magnifique. Je l’ai en plein dans mes mains (un poil au-dessus de sa tête et tout près du panier), y’a juste à la poser. Le seul truc, c’est que moi je savais pas s’il y avait un gars derrière moi, puis je savais pas combien de temps il restait exactement non plus (il laisse 4 secondes sur l’horloge), du coup je voulais juste aller vite. Donc quand tu la vois rentrer… c’est bien ! Après, allez, je prends le crédit pour le game winner bien sûr. Mais bon, pour être honnête, c’est eux qui devraient le recevoir (sourire et regard dans leur direction).
Interview réalisée par Antoine Bancharel, à Brooklyn