NBA Mock Draft by L’Echo des Parquets : N°8, Detroit Pistons

NBA Mock Draft by L’Echo des Parquets : N°8, Detroit Pistons

La draft sera commentée en direct vidéo jeudi soir par l’équipe de l’Echo des Parquets, qui a déjà traité les sept premiers picks par écrit. Les franchises les plus hauts placées dans la draft vont avoir la possibilité de se donner un énorme coup de boost jusqu’à pourquoi pas sortir leur équipe de leurs difficultés, grâce au renfort d’un des meilleurs jeunes joueurs désirant intégrer la grande ligue. Mais les erreurs seront cruelles et douloureuses dans ce moment crucial alors faire le bon choix devient une obligation qu’il n’est assurément pas facile de tenir. Voici, à moins de deux jours de la draft, le huitième, qui appartient aux Pistons

Lucas (@SwitchtoLK)

 

Seul dans son bureau, Joe Dumars lance des dés. Il est minuit passé, et seul le bruit des cubes d’ivoire roulant sur la table se font entendre. Ce n’est pas la première draft dont il doit s’occuper, non. Cela fait maintenant treize ans que la franchise dont il a porté le maillot lui a confié ce poste de General Manager, il a l’habitude d’être sur le pont à ce moment de la saison. L’apprentissage s’est fait petit à petit, chaque pick est comme une paire de dés jetée sur la table. Il en a eu des lancers foireux. Il en a eu beaucoup de réussis aussi. Au fil des années, Joe a appris à carresser ces dés, à faire en sorte qu’ils ne tombent que sur les faces qui l’intéressent. Tant et si bien qu’il sait maintenant comment faire en sorte que son lancer ait l’air de comporter une part d’aléatoire alors qu’il sait parfaitement qu’il sortira au minimum un 5 et un 6. Pourtant, ce soir, dans son bureau tristement silencieux, les dés tournent, tournent, mais ne retombent jamais comme ils le devraient.

Joe relance ses dés, toujours aussi nerveux. L’un d’eux semble tourner vers le six, mais change de direction au dernier moment et se transforme en un. Joe appelle ces lancers les Darko, comme celui qu’il a drafté numéro 2 en 2003 mais qui n’a jamais payé. Il a appris à les éviter, mais celui-ci tombe comme si l’ancien arrière des Pistons n’avait pas su voir la face de son dé au moment où il a quitté sa main. Il reprend, tentant de reproduire le même geste. Cette fois-ci, le dé part vers le deux, mais ricoche contre un stylo avant de s’arrêter sur un six. Joe n’a pas de nom pour ce genre de cas de figure, c’est un coup de chance, mais peut-être avait-il bien senti le coup en laissant traîner ce stylo à cet endroit précis. Comme il avait bien senti le coup en draftant Mehmet Okur avec le 58e choix, sans savoir que le pivot turc deviendrait All-Star. C’était en 2001, lors d’une des premières drafts qu’il a dirigées.

Depuis, Joe en a fait des drafts. Il en a lancé des dés. Mais depuis la fin de la saison des ses Pistons, Joe a beau lancer et relancer les dés, impossible de les plier à sa volonté. Alors il essaye, passe toutes ses soirées dans son bureau, à les lancer, puis à les relancer. Mais rien ne semble fonctionner comme il le veut. Déjà minuit et demie, et il n’a toujours pas avancé sur les vidéos de scouting concoctées par ses assistants. Il range soigneusement ses dés dans leur étui en ébène, qu’il dépose sur un coin de son bureau. Puis Joe prend l’enveloppe posée sur son bureau, et en sort le CD consacré à Trey Burke.

Joe Dumars a beaucoup vu jouer Burke cette année, rien ne lui apparaît comme nouveau. Le meneur sophomore joue à Michigan, et Joe est allé voir de nombreux matches des Wolverines avec sa femme. Ce shoot, il le connaît bien. Il sait à quel point il est létal en sortie de pick’n’roll, et à quel point le jeune Trey sait en faire bon usage. Il revoit des drives qu’il a vu cent fois. Toujours la même impression : oui, Burke est petit et léger, mais son toucher et sa finition près du cercle lui permettent de pouvoir rentrer des lay-ups contestés sans souffrir de son manque de gabarit. Il revoit les mêmes pick’n’rolls, d’où le Wolverine lance ses intérieurs avec sa patte experte. Il se dit qu’un tel meneur pourrait servir pendant de longues années ses deux intérieurs, Monroe et Drummond.

Mais Joe se dit aussi qu’il a 23 millions sous le cap à dépenser, et que des meneurs qui jouent le pick’n’roll, il en trouvera sans doute beaucoup, et peu chers. Il se dit qu’il a perdu Tayshaun Prince, son ailier de toujours, en qui il avait cru dès la draft 2002, pour aller chercher Calderon. C’était d’ailleurs Prince qui le lui avait suggéré. Dumars sort le CD de son ordinateur. Même s’il adore voir jouer Burke, il trouvera sans doute un free agent pour tenir efficacement la mène sans avoir besoin de dépenser son huitième pick pour ça. Alors qu’il allait ranger le CD dans sa pochette, il voit au mur une photo de l’équipe de Michigan dans un cadre rouge et bleu. Combien de fois aura-t-il l’occasion de ramener dans son équipe l’enfant du pays, l’idole de toute la région?

Il se rappelle des soirées enflammées passées au Palace, lorsqu’il était joueur, et lorsque l’équipe qu’il avait constituée enchaînait les tours de Playoffs comme sa fille a enfilé les perles de ce bracelet qu’elle lui a offert pour la fête des pères. Il n’est pas très beau, mais il sait qu’elle y a mis tout son coeur, ce qui le rend beau à ses yeux. Puis il repense à cette équipe des Pistons. Elle n’est pas très belle, et personne ne la trouve belle. Drafter Trey Burke permettrait de recréer ce lien avec le public, qui s’est tant affaibli depuis le départ de Billups. Comme quand les Bulls ont drafté Derrick Rose, l’enfant de Chicago. D’ailleurs, est-ce qu’une équipe NBA s’est déjà bâtie autour de joueurs de la région?

Larry Bird Joe DumarsJoe fait une rapide recherche sur son ordinateur, puis raye le nom de Burke sur son calepin. Le dernier dirigeant à avoir tenté de construire son équipe avec une base de joueurs issue du même Etat que sa franchise, c’est Michael Jordan. Hors de question de laisser l’envie de chercher l’union avec les fans le guider, comme MJ s’est laissé aveugler par son amour de la Caroline du Nord. Joe Dumars repose son calepin, et sort son dossier Free Agency 2013. Il gribouille un rapide “Point Guard” tout en se rappellant qu’il a vingt-trois millions à dépenser cet été, et que le poste de meneur est le mieux fourni de la ligue. Trey Burke ira jouer le pick’n’roll ailleurs, tant pis pour le Michigan.

Un autre CD se trouve dans l’enveloppe, portant l’étiquette “Otto Porter”. A quoi bon, soupire Dumars, en aucun cas il ne sera encore disponible pour mon huitième choix. Et puis cette équipe n’a pas besoin d’un super role player, mais bien d’une star capable de marquer des points, si possible à l’extérieur. Greg Monroe est un des tous meilleurs à son poste, et il aurait du être All-Star lors de sa saison sophomore, mais Brandon Knight n’est décidément pas taillé dans le bois dont on fait les superstars. Il ne sera jamais un super distributeur en tant que meneur, et jamais un super scoreur en tant qu’arrière. Mais aucun des joueurs draftés après lui non plus, c’était donc le meilleur choix à faire à cette époque, se rassure Dumars.

Alors qu’il se rappelle qu’en 2011, personne ne voyait Knight tomber aussi bas que le 8e pick avec lequel il l’avait drafté, Dumars jette un oeil à son dossier Draft 2014. Là, il y en aura, de la superstar en devenir. Mais aura-t-il lui un pick suffisamment haut placé? L’année prochaine, la conférence Est devra faire avec des Celtics sans Doc Rivers, des Hawks sans Josh Smith, et des Bucks sans Ellis ou Jennings. Il y aura de la place pour ses Pistons, et Greg Monroe, qui sort de la plus mauvaise saison de sa jeune carrière, aura remis le bleu de chauffe pour enfin aller chercher cette sélection All-Star qu’il mérite tant. Parce qu’il l’avait mauvaise, le grand Greg, de voir les deux maçons Noah ou Chandler faire mumuse au match des Etoiles pendant que ses mains en or ne lui servaient qu’à se toucher la nouille.

Sentant qu’il s’énerve tout seul, Dumars se sert un verre d’eau, et reprend ses dés. S’il réussit sa draft jeudi soir, ses Pistons auront toutes les cartes en main pour aller chercher les Playoffs l’an prochain. Le huitième spot, au pire, le sixième, au mieux. Il n’aura de toute façon pas de choix haut placé en 2014, donc sa superstar, il faut qu’il se la trouve dès cette année. Et dans son esprit, les vingt-trois millions qu’il a à dépenser n’iront ni à Josh Smith, ni à Monta Ellis. Pas même à Dwight Howard, s’il a réussi à mettre sur pied une raquette Monroe-Drummond, ce n’est pas pour la faire sauter. Il s’est renseigné sur Brandon Jennings, mais ce dernier veut trop de pognon, et la perspective de présenter un backcourt Jennings-Knight ne le réjouit guère, lui qui a formé avec Isiah Thomas le duo de défenseurs le plus craint de l’Histoire de la ligue. On est à Detroit, merde.

Le premier lancer de Joe semble déjà moins hasardeux que les précédents, il a le six qu’il espérait, et le deuxième affiche un satisfaisant quatre. Cette draft n’est pas nulle, pense-t-il, elle est juste incertaine. Aucun potentiel n’est vraiment clair, et son huitième choix ne lui met pas la pression. Si dans quatre ans le joueur qu’il aura drafté devient une star, il sera félicité par tous ses pairs, et s’il doit le laisser partir dans deux ans parce qu’il n’aura rien prouvé, il pourra mettre ça sur le compte de cette draft faible. Mais Joe est quelqu’un d’exigeant, et veut le meilleur pour son équipe. Comme quand il avait réussi à mettre la main sur Monroe, alors que le pivot n’avait pas vu sa place dans les mocks tomber jusqu’à Detroit avant le soir de la draft.

Rassuré par cette perspective, et par les trois doubles successifs qu’il vient de lancer, Joe range ses dés et se remet au travail. Cette idée de récupérer un joueur qu’on n’attendait pas aussi bas a fait naître dans son esprit des pistes qu’il n’avait pas envisagées. Pourquoi ne pas se mettre en quête d’un Ben McLemore, histoire de l’associer avec Brandon Knight? Les deux ont une bonne compréhension du jeu, ne sont pas avares quand il s’agit de partager la balle, et le shooteur de Kansas présente des capacités athlétiques intéressantes qui pourraient lui permettre de réussir là ou Ben Gordon a échoué. Mais même si la cote de McLemore baisse de jour en jour, du fait de workouts ratés et d’une confiance en lui affirmée qui ne semble pas faire l’unanimité, les chances pour qu’il tombe en dehors du top 5 restent quasi nulles. Et Washington, qui sera un concurrent direct pour les derniers spots de Playoffs à l’Est, ne voudra jamais échanger son pick avec les Pistons.

Tant pis pour McLemore, donc, se dit Joe. Pourtant, l’envie de récupérer un joueur avec un pick inférieur à ce que son talent suggère continue de trotter dans sa tête. Il rouvre son dossier Draft 2013 et sort l’intercalaire “Small Fowards”. Il sait qu’à part McLemore ou Oladipo, aucun arrière ne vaut le coup, et qu’aucun des deux ne sera disponible avec son huitième choix, la cote du second ne cessant de monter. Donc autant garder Brandon Knight à l’arrière, signer un meneur avec cette enveloppe pour la free agency, et se concentrer sur la recherche d’un ailier via la draft.

Un dossier jaune et taché de café retient son attention. Il se rappelle qu’il avait renversé un gobelet d’infâme arabica sans sucre acheté à la machine d’un lycée du Nevada quand il était allé superviser le joueur, il y a déjà plusieurs années de ça. Shabazz Muhammad était alors classé deuxième meilleur lycéen du pays par ESPN et Scout.com, et même premier chez Rivals. On parlait de lui comme d’un potentiel numéro un de draft, et il est vrai que Joe lui-même avait été impressioné par sa capacité à scorer de n’importe quel endroit du terrain. Qu’est-ce qui a pu provoquer une telle chute du joueur dans les mock drafts?

Il y a eu cette inderdiction de jouer en NCAA car il aurait reçu des produits de luxe de la part d’agents. L’enquête dévoilerait plus tard qu’il s’agissait en fait de cadeaux de sa soeur, joueuse de Tennis professionnelle. Quelle bandes d’ordures, ce comité NCAA, peste Dumars, alors qu’il jette un regard au poster délavé du Fab 5 de Michigan punaisé sur la porte du bureau de son assistant. Mais bon, le garçon n’y a pas mis du sien non plus, puisque qu’il s’était permis de gratter une année à sa date de naissance lors de son inscription. Après, bien qu’annoncé comme né en 1993, les papiers de Shabazz indiquaient tous qu’il avait vu le jour en 1992, s’il avait vraiment essayé de brouiller les pistes, il aurait fait beaucoup mieux. Et puis un an, ce n’est finalement pas grand chose. On est loin des joueurs de soccer qui présentent de faux certificats de naissance pour se faire passer pour des écoliers alors qu’ils ont de la barbe, s’amuse le GM des Pistons.

Il ouvre la pochette consacrée à l’ailier de UCLA, et jette un oeil à ses statistiques. Bien qu’il n’ait pu jouer qu’à partir de janvier, Muhammad a marqué 18 points de moyenne, et perdu moins de 2 ballons par match en plus de 30 minutes. Pas mal pour un jeune qui a du faire face à la pression des médias et de la NCAA, se dit Joe, alors que s’affiche le détail des matches du scoreur sur son écran. Là encore, Dumars voit que son instinct ne l’avait pas trompé quand il avait vu jouer le lycéen Shabazz. A la fac, il n’a marqué moins de dix points qu’une seule fois, et a passé la barre des 20 points lors de quasiment la moitié de ses matches. Dumars, qui cherche un joueur capable de scorer de façon régulière pour soulager Brandon Knight, commence à se dire qu’il tient une piste intéressante.

Shabazz Muhammad DunkAvec Knight et Muhammad, il tiendrait deux scoreurs extérieurs très propres. Le sophomore des Pistons perd peu la balle, et Shabazz n’a lui perdu plus de trois fois la balle qu’à deux reprises lors des 32 rencontres auxquelles il a pris part. Un duo aussi efficace dans la conservation du ballon permettrait de développer un jeu d’attaque varié pour servir Monroe, scorer dehors ou ouvrir des espaces pour aller chercher des lancers. Tout en ayant avec Muhammad un joueur capable de se créer son propre shoot si aucune des solutions précédentes ne collent. Joe reprend le calepin où il avait barré le nom de Trey Burke plus tôt, et y inscrit celui de Muhammad, avec une petite étoile. Il faudra qu’il en parle avec Maurice Cheeks, le nouveau coach.

Cheeks s’était montré intéressé dans l’ajout d’un scoreur extérieur, et c’est sous ses ordres qu’Allen Iverson avait connu sa meilleure année au scoring. Avec Muhammad, Cheeks retrouverait un joueur au shoot fiable, capable de marquer de n’importe où, et de provoquer des lancers. Du moins c’est l’impression que Dumars avait eue lorsqu’il l’avait vu jouer. Il vérifie sur les fiches que ses scouts lui ont transmises, et note que Shabazz provoquait 5.6 lancers par match au cours de ses 30 minutes de jeu. Seuls six joueurs NBA ont un tel rapport minutes jouées/lancers tentés. Dumars, un peu intrigué par une telle statistique, retourne sur son ordinateur vérifier les données de son assistant, et réalise que le chiffre avancé est on ne peut plus correct. Il sort alors un surligneur de son pot à crayons et colorie la ligne où se trouve la statistique.

Il démarre la vidéo envoyée par son scout sur le campus de UCLA. Décidément, ses impressions ont été les bonnes. Muhammad n’a rien perdu de sa capacité à finir au cercle, son jeu de transition est resté intact puisqu’il marque sur presque chacune des contre-attaques auxquelles il prend part, et son shoot est toujours aussi soyeux. Il parvient à se créer son tir dès qu’il en a envie, et la plupart du temps il le rentre. Même à trois points, où il affiche un coquet 38% sur 3.3 tentatives. Dumars coupe la vidéo, il ne découvre rien qu’il ne sache déjà, et elle ne répond en rien à sa question. La même interrogation demeure dans sa tête : pourquoi est-il tombé si bas dans les mock drafts, au point d’être parfois en dehors de la lottery?

Joe reprend ses dés, et alors qu’il réfléchit à cette question, il lance deux doubles cinq d’affilée. Il se souvient de ce numéro de Sports Illustrated, où il avait lu un article sur le déclin de UCLA, fac de Muhammad, et le fait que depuis cinq ans le programme Basket n’était plus que l’ombre de ce qu’il fut avec Kareem Abdul-Jabbar, ou même de ce qu’il était encore il y a cinq ans avec Kevin Love et Russell Westbrook. Malgré le recrutement de Jrue Holiday, la gestion de l’équipe par Ben Howland était calamiteuse, et le coach contribuait aux tensions au sein d’un groupe d’étudiants en pleine implosion.

Certains joueurs préféraient faire la teuf au point d’arriver défoncés à l’entraînement, et les joueurs plus professionnels comme le petit Jrue en pâtissaient. Des tensions sont logiquement apparues dans l’équipe, et Ben Howland n’a pas sur les juguler. Pire, il excusait certains écarts de conduite de ses chouchous au détriment des élèves plus sérieux qu’il aimait moins. Pas étonnant que plus personne ne veuille aller jouer à UCLA, se dit Joe, étrange qu’un gars comme Muhammad ait décidé d’aller se foutre dans un merdier pareil.

Il reprend la fiche de l’ailier, et y découvre que Shabazz a grandi en Californie, qu’il a choisi de rester proche de chez lui et surtout de sa famille. Un garçon avec des valeurs, donc, décidément il me plaît de plus en plus, se dit Joe. Et puis somme toute, réussir à aligner de telles performances pour sa première saison au niveau NCAA dans un programme aussi mal géré, et avec les controverses qui l’ont entouré, voilà un joueur avec du caractère, qui sait faire face à l’adversité. Le GM des Suns a dit qu’après son entretien avec Shabazz, il avait vu un garçon avec la tête sur les épaules et peut-être la meilleur éthique de travail au sein de cette draft, il a sans doute raison. C’est un ancien scout de Danny Ainge à Boston en plus, il sait de quoi il parle.

Joe jette un coup d’oeil à la pendule de son bureau où Ben Wallace, cerné d’un slogan “Big Ben Rings” lui jette un regard belliqueux. Il est déjà deux heures, il avait promis à sa femme qu’il rentrerait tôt. Il range ses dossiers, et se dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Si Muhammad a été annoncé comme top pick potentiel, il en vaut sans doute la peine. Sa cote a baissé, mais son talent est resté intact. Plus encore, il a su se construire dans l’adversité et pourra s’épanouir pleinement dans l’environnement professionnel d’une franchise NBA, un environnement qu’il n’a jamais connu jusque là. Puisqu’il est annoncé en fin de lottery, le huitième pick permettra amplement de le sélectionner. Dumars repense aux exemples récents de Harrison Barnes et Brandon Jennings, et se dit que dans cette draft sans trop de talent, récupérer le joueur le plus talentueux avec un huitième choix serait un coup de maître.

Il se rappelle aussi qu’avant de prendre sa retraite, il avait conseillé à ses dirigeants de drafter Paul Pierce avec leur 11e choix pour prendre sa relève. Pierce était un joueur talentueux mais controversé, ce qui l’avait amené à tomber jusqu’au 10e choix de la draft ’98 (les Pistons avaient le 11e) alors qu’il avait été annoncé largement plus haut.

Joe Dumars enfile son manteau, range ses dés dans leur étui, puis quitte son bureau. Mais soudain, il fait demi-tour, rouvre la porte, et ressort ses dés. Il ferme alors les yeux, carresse les angles des deux petits cubes d’ivoire, et les lance contre le bois du bureau. Puis il jette un coup d’oeil rapide au résultat, laisse échapper un petit rire, et reprend sa route.

 

With the Eighth pick in the L’Echos Des Parquets’ NBA Mock Draft, the Detroit Pistons select…

Shabazz Muhammad, from UCLA

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1 Comment

  1. La fin est presque poétique lol, en tout cas c'est joliment raconté. Et qu'elle chance de se mettre dans la peau d'un GM!!! en tout cas, tu m'as redonné une bonne image de ce joueur. très bon article^^

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