Analyse Vidéo : Kevin Love est-il le meilleur ailier fort de NBA ?

Analyse Vidéo : Kevin Love est-il le meilleur ailier fort de NBA ?

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Suivant les modèls de Denver et Orlando pour Carmelo Anthony et Dwight Howard, les Minnesota Timberwolves ont donc préféré transférer un Kevin Love déterminé à partir un an avant qu’il ne le fasse sans aucune contrepartie. Un mouvement autant regrettable pour Minny qu’il est profitable pour les Cavaliers, qui peuvent ajouter à leur escouade un joueur au profil on ne peut plus rare et précieux. Alors, Kevin Love est il tout simplement le meilleur ailier fort de NBA à l’heure actuelle ?

Jetons un coup d’oeil à son profil.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

D’un point de vue physique, Kevin Love est finalement un athlète assez moyen pour les standards de la NBA d’aujourd’hui. Il n’est en effet pas un athlète explosif ni vertical, ni n’est extrèmement costaud ou vif. Love possède cependant de bonnes mensurations pour le poste 4, mesuré à 6’9,5 (2m07) avec une envergure de 6’11 (2m10), et une plutôt bonne agilité pour un joueur de sa taille, d’autant plus depuis qu’il a retrouvé un poids plus idéal ces dernières saisons.

En attaque, Love demeure d’abord et avant tout un jump-shooteur (64% de ses tirs sont en effet de cette nature). Plus précisément un des meilleurs si ce n’est le meilleur parmi les intérieurs de la ligue, faisant admirer une superbe et rapide mécanique de tir ainsi qu’une excellente prise d’appuis et capacité à conserver un très bon équilibre durant le tir. La majorité de ses paniers dans l’exercice viennent sur du catch & shoot (Pick & pop, spot-up, etc) mais il est également capable de dégainer en sortie de dribble à l’occasion.

Particulièrement, Love est extrêmement à l’aise et efficace pour scorer en sortie d’écran, démontrant toute son intelligence de jeu pour lire les intentions du défenseur, savoir utiliser l’écran à bon escient, puis établissant de très bons appuis et s’alignant bien avec le panier avant de shooter. Également, Love est un très bon shooteur à longue distance, là encore parmi les meilleurs (et peut être le meilleur) stretch 4 de la ligue (37% sur 6.6 tentatives/m).

De manière plus générale, Love connaît malgré tout une efficacité moyenne dans l’exercice (un moyen 37% de réussite sur 12 jump-shots/m), qui ont plus à voir avec sa sélection de tir et sa tendance à se contenter de longs tirs extérieurs plutôt qu’avec ses excellentes capacités techniques. Néanmoins, on peut légitimement espérer que son efficacité pourra augmenter dès la saison prochaine, évoluant aux cotés de Lebron James et Kyrie Irving et n’ayant plus à assumer des responsabilités de go-to-guy qu’il n’a jamais semblé totalement maîtriser à Minnesota.

Love est également un bon scoreur intérieur. Malgré son manque d’explosivité et le fait qu’il joue majoritairement sous le cercle, il s’avère un très bon finisseur (66% au panier) notamment de par son excellent toucher de balle. Sur Pick&Roll, c’est avec une bonne agilité et un très bon timing qu’il compense ce manque de verticalité et la capacité à exploser au cercle qu’il ne possède pas.

Également, Kevin Love est un bon joueur au poste. Excellent sur face-up jumpers, il est en revanche plus limité par son manque de vivacité et de puissance dos au panier, ayant de ce fait du mal à créer une séparation suffisante avec son défenseur et ne pouvant pas tout le temps scorer par-dessus de grands et longs défenseurs.

Love possède un superbe QI basket, et un sens du jeu très développé en attaque. D’une part, il est très actif et très intelligent sans le ballon, pour couper vers le panier dans le bon timing, savoir lire les défenses, ou simplement s’obtenir des tirs ouverts dans le périmètre. D’autre part, c’est un des tous meilleurs passeurs de la NBA parmi les intérieur (4.4 ast/m). Particulièrement redoutable depuis le poste haut (dans la High Post Split Offense si chère à Rick Adelman), Love est un passeur très altruiste, avec une très bonne vision de jeu et un superbe sens pour les passes à terre. Il s’est de plus fait connaître pour ses fameuses passes très rapides vers l’avant, pour lancer la contre-attaque immédiatement après qu’il ait gobé le rebond ou juste après que l’équipe adverse ait marquer.

Kevin Love est aussi un rebondeur exceptionnel, parmi l’élite de la ligue. Plus précisément, ce sont ses remarquables instincts de positionnement et de placement préférentiel avant que le ballon ne ricoche sur l’arceau qui impressionnent. Et qui compense parfaitement les qualités athlétiques et la verticalité qu’il n’a pas (14.8 rbs/40min en carrière, 15.2/m en 2011 pour mener la ligue). Il manque quelquefois de force ou d’intensité lorsqu’il réalise certains boxouts, mais pense toujours à bloquer son homme avant d’aller chercher le rebond. De même, Love est un superbe rebondeur offensif (4.8/40min) là encore de par son flair pour le ballon et sa capacité à se positionner idéalement avant le rebond.

Défensivement en revanche, Kevin Love est beaucoup moins performant, à la fois sur le ballon comme dans sa défense collective.

En effet, Love n’a jamais semblé tiré de fierté dans sa défense d’homme à homme et se montre très régulièrement fautif d’efforts insuffisants et/ou d’une implication bien trop irrégulière. Au poste, il semble montrer un plutôt bon footwork mais ne tient pas son territoire ni même ne tente de contester les tirs, autorisant ainsi l’attaquant à shooter librement par dessus lui. Également, sa vitesse latérale reste moyenne et il se montre incapable de contenir efficacement les pénétrations. Enfin, sa défense sur Pick&Roll est également très moyenne du fait qu’il se retrouve trop souvent hors de position (trop haut/trop bas, n’essaye pas réellement de contenir le ballon, ne conteste pas tout le temps les tirs, etc).

Loin du ballon, ses performances sont également assez médiocres. Son attention et sa discipline sont clairement mauvaises, le rendant incapable d’aider efficacement, et démontre ici aussi de trop mauvais efforts. Plus encore, c’est un médiocre protecteur du cercle qui n’essaye d’ailleurs pas beaucoup de le faire (autorisant un grand nombre de lay-up ouverts plutôt que d’aller au contre) et qui, lorsqu’il s’y essaye, est limité par son manque de mensurations idéale, d’explosivité et d’attention.

On peut toutefois espérer que dans un meilleur environnement à Cleveland, Love cherche à plus s’impliquer et à améliorer son niveau défensif, lui qui malgré ses limitations athlétiques était décrit comme un défenseur intelligent et volontaire lors de son année universitaire à UCLA. Le succès ou non des Cavaliers passera de toute façon par là d’une manière ou d’une autre (difficile d’imaginer une équipe championne avec un tel handicap défensif dans l’équipe, surtout sur un des postes les plus fournis de la ligue).

L’un dans l’autre, Kevin Love présente un profil réellement unique et intéressant. Un rebondeur d’élite qui est à la fois un des meilleurs passeurs et shooteurs de toute la NBA sur son poste, clairement quelque chose que l’on ne voit pas tous les jours.

Reste néanmoins que ce poste 4 présente à l’heure actuelle certains des tous meilleurs joueurs de la ligue tous postes confondus. Blake Griffin ou LaMarcus Aldridge, dans des profils différents sont par exemple similairement efficaces et productifs, tout en ayant mené leur équipe jusqu’au second tour des playoffs (quand Love n’y a encore jamais été) tout en étant plus solides défensivement que ne peut l’être le neo Cavalier. Toujours est-il qu’il reste un talent offensif de haute volée pour David Blatt (top 5 des meilleurs scoreurs NBA ces deux dernières saisons), un défenseur capable lorsqu’il le veut, et qu’il devrait enfin pouvoir démontrer tout son talent en playoffs dès cette saison.

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2 Comments

  1. C'est difficile de désigne LE meilleur ailier fort tellement il y en a. Il fait partie des meilleurs mais je le mettrais derrière Duncan, LMA, Griffin et Davis.

  2. Griffin na pas la qualité de shoot de Love. Anthony Davis a encore beaucoup a prouver et progresser. Mais il sont tous leurs points fort. Je mettrai Blake Griffin, LeMarcus Aldridge, Kevin Love au même niveau. Mais Anthony Davis peut tous les dépasser dans 1ou 2 ans et Duncan…trop vieux pour encore prétendre à ce titre.

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