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[Interview] Steve Kerr : « Michael Jordan et Steph Curry : des tueurs surhumains ! »

Avant d’aller à la Maison Blanche, les Warriors sont restés un peu à New York, le temps d’aller s’entrainer sur le campus de St John’s – dont l’ex-gloire de Golden State Chris Mullin est désormais le coach. Avec moins de médias présents qu’au Madison Square Garden dimanche, Steve Kerr s’est confié plus en profondeur. Notamment sur les comparaisons entre Stephen Curry et Michael Jordan… Basket Infos était sur place.

On vous a vu vous énerver un peu sur le banc dimanche, c’est signe que vous êtes de retour ?

Je n’y avais pas pensé mais c’est vrai que tant que je me mets en colère, que je crie et que je commence à balancer des trucs, c’est bon signe ! Soyons clair : ce n’était pas prémédité. Ils l’ont vraiment mérité hein…

L’ambiance est très détendue là par contre…

Bon entrainement, on a bien sué. Pas de vidéo, ni de match entre les deux squads ou autre. On s’est juste défoulés et on a bossé quelques trucs en défense. Tout le monde est de bonne humeur. (Il pause puis lance dans un clin d’œil) Ils ont pu sortir dans New York hier soir…

Le fait d’être sur un campus universitaire, ça joue aussi ?

C’est toujours sympa de venir dans une école, sur un campus, voir les gamins, les coachs. Chris Mullin a une place vraiment spéciale dans l’histoire des Warriors en plus. On adore le voir et c’est marrant de rencontrer les joueurs de St John’s aussi. Ils ont pu assister à l’entrainement et ça fait du bien de voir leurs réactions. L’expression d’admiration totale sur leurs visages, c’est assez cool.

C’est une atmosphère que vous recherchez souvent ?

On était à UCLA au training camp. On a fait plusieurs endroits comme ça, même si ça dépend avant tout des salles disponibles dans les villes où on vient. Là c’était vraiment naturel avec Chris. Personnellement, j’adore visiter les campus et je n’étais jamais venu à St John’s. Ça permet d’apprécier l’histoire de cette fac.

Si on compile le PER (player efficiency rating), le « true shooting percentage » et les parts de victoire, Stephen Curry est peut-être en train de réaliser la meilleure saison de tous les temps pour un joueur extérieur. Vous y pensez parfois ?

Non (il rit). Je n’y pense pas en ces termes. J’y prends du plaisir à le regarder et à l’entrainer, mais après, ça, c’est votre boulot. Après, oui, ça peut être valide, mais il faut faire attention avec le PER. On peut aller chercher dans les livres d’histoire et trouver des gars dont le PER était vraiment gonflé. Le « true shooting », ça c’est plutôt bien. Ce qui rend celui de Steph encore plus impressionnant, c’est qu’il prend des tirs compliqués et il a pris peut-être 25 tirs du milieu de terrain en fin de quart-temps. En n’en mettant qu’un seul. Donc quand on regarde tout ça et qu’on élimine ces tirs-là, c’est encore plus impressionnant. Mais le PER, il faut faire attention avec ça.

Sans vouloir comparer les deux, vous avez été le coéquipier de Michael Jordan auparavant, observez-vous des ressemblances ?

C’est similaire dans la réaction des gens quand Michael ou Steph sont là. Michael attirait des foules partout où il allait. Quand on prenait un hôtel, il y avait tout le temps 50 à 100 personnes devant, dehors, en plein milieu de la nuit, à deux heures du matin, dans l’espoir d’obtenir un autographe. Les gens viennent avant le début des matchs pour voir ces mecs-là s’échauffer aussi. C’est ce qui se passait avec Michael et c’est ce qu’il se passe avec Steph. Il y a une forme de fascination avec Steph qui me rappelle l’adulation qu’il y avait pour Michael.

On a pu observer aussi que, malgré une mauvaise sortie au tir dimanche, Stephen Curry ne semblait pas trop affecté…

Non. Et c’est l’une des choses que j’adore avec Steph. Et si on doit faire la comparaison avec Michael, oui, c’était pareil. Les matchs où il n’était pas bon au tir, ça n’avait aucun effet sur lui. Ça ne changeait jamais ses expressions, son visage. Par exemple, je me rappelle d’un match de play-offs avec Michael, à Miami. Il commence le match, loupe tout et se retrouve à 1/19 au bout de trois quart-temps. Je n’exagère pas, c’était vraiment 1/19 (il sourit) ! On était tous choqués, mais lui, son visage n’a jamais changé. Et derrière, il a mis 25 points dans le quatrième quart-temps ! Il a fait un 7/8 et il a rentré un paquet de lancers… Ça, ce n’est pas humain ! La plupart des gars, s’ils font un 0/5, ils paniquent. : « oh mon dieu, je risque de ne jamais rentrer un autre shoot de ma vie ! »… Lui non. Et c’est pareil pour Steph. Il peut en louper 5 ou 10 d’affilée, ça ne l’atteint pas. Et c’est une des choses qui fait qu’il est grandiose.

On pense souvent que Stephen Curry n’a pas la même férocité dans la compétition que Michael Jordan. Qu’en dites-vous ?

Steph est un tueur. Les gens le voient et se disent qu’il doit avoir treize ans… Il a un super sourire, il joue avec tellement de joie. Mais c’est un tueur ! (Il marque une pause et son regard se fixe) Faites-moi confiance.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York

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