[Série de l’été] New York Streetball : Dyckman !

[Série de l’été] New York Streetball : Dyckman !

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Après une trêve olympique, vivez les playgrounds new yorkais comme si vous y étiez. Cette semaine : Dyckman, un tournoi à ne pas manquer.

 

Il y a des endroits, comme celui-ci, où l’évidence se fait désirer. Le Dyckman, déjà, il faut y aller. C’est sur la 204e rue, tout en haut de Manhattan, loin, très loin de toutes les zones fréquentées par les touristes – ou même la plupart des habitants du centre-ville. L’histoire n’y est pas aussi longue et riche qu’au Rucker ou à The Cage, puisque le playground et le tournoi datent surtout des années 90, bien que dans les années 70 le site a hébergé une des summer leagues organisée par Holcombe Rucker (oui, celui dont le Park porte le nom, un des founding fathers du streetball). Lorsque Complex a sorti un classement des 10 meilleurs public courts de la ville, basé sur des critères de qualité de l’équipement et d’espace, il n’y figurait même pas – ce qui est d’ailleurs totalement bullshit, le terrain est très bien, l’arbre géant aligné derrière un des paniers est magnifique et le métro aérien qui passe en permanence apporte un cachet fabuleux. Après, c’est sûr, ce n’est pas forcément une ambiance pour petits bourgeois…

 

Mais si vous voulez vivre le meilleur du basket de rue à New York, c’est juste incontournable. Chaque été, beaucoup des toutes meilleures équipes s’y inscrivent, au niveau lycée comme adulte (dont joueurs NCAA). Parfois, les joueurs NBA se joignent aussi à l’aventure : Kemba Walker, Corey Brewer, Brandon Jennings, sans oublier ceux qui ont foulé son bitume avant de passer pros, comme Ron Artest (devenu Metta World Peace, ou encore Joakim Noah. Le nouveau pivot des Knicks n’a d’ailleurs pas manqué d’y faire référence lors de son introduction, lui qui y a participé en 2005, avant d’exploser à Florida, en déclarant notamment : « cela fait partie de mon ADN ». (interview à lire ici) .

Attention cependant, simplement venir avec son matricule de l’Association ne suffit pas : « j’ai vu des joueurs NBA se faire sortir sous les huées ici », nous raconte Richie Parker, ex-star du streetball et de la NCAA – qui aurait dû atterrir dans la grande ligue sans ses déboires judiciaires. Il décrit aussi ce que ces compétitions représentent pour les joueurs du cru : « en grandissant ici, tu rêves plus de jouer dans ces tournois qu’en NBA, car c’est là que tu vas te faire un nom, que les gens de NYC vont te connaître ». Pour obtenir cette reconnaissance, il faut cependant être équipé pour. « Les joueurs de New York jouent avec un certain swag, ils vont au un-contre-un, ils montrent une agressivité supérieure », explique « The Believer », un surnom qu’il a acquis après avoir inscrit pas moins de 45 points pour ses débuts au Rucker…

Dave « Super Dave » Seagers, qui avait été élu MVP au Dyckman en 2013, après avoir remporté le tournoi avec ses Body Snatchers, s’accorde avec son ainé : « c’est important pour moi si je fais une bonne performance dans ce tournoi, c’est le meilleur de la ville », assure celui qui passe son été à écumer les terrains, en 5 x 5 ou 3 x 3, aux Etats-Unis comme dans d’autres pays tels le Mexique, le Brésil ou même en Europe. « Petit, je voulais déjà y participer, c’est l’équipe de ma famille, j’ai des oncles, des cousins qui ont porté ce maillot… », détaille-t-il, en nous glissant qu’il aimerai bien faire le Quai 54 s’il en a l’opportunité.

Si l’on revient encore un peu en arrière, à l’été 2011, on se rappelle que Nike avait décidé d’investir les playgrounds de la ville avec plusieurs joueurs pros, autour de la Team Nike. Forcément, le Dyckman faisait partie de cette épopée – dont on parle toujours à travers la ville. C’est là que Kevin Durant y avait signé une action encore tonitruante. Opposé à Michael Beasley, les deux ailiers s’échangèrent une paire de drives pas dégueux mais basiques. Puis Durantula, sur le côté gauche, enchaine une série de dribbles, hésitations et feintes. Beasley s’accroche mais commet l’erreur de laisser la ligne du fond ouverte, comptant sur un intérieur pour fermer l’accès au cercle. Sauf que KD s’engouffre et monte pour l’un des dunks les plus rageur qu’on ait jamais vu à Big Apple… La vidéo tourne encore.

 

11 (après fenêtre youtube dunk Durant, qui sera la 10)

Le public avait peut-être galvanisé le néo-Warrior. Moins surveillé que le Rucker (l’alcool et la fumette y sont tolérés), l’atmosphère au Dyckman y est un tout petit peu moins bon enfant et un peu plus edgy. Attention, on se marre aussi. Notamment grâce à l’annonceur, Joe Pope, que certains considèrent comme le meilleur de Gotham. L’atmosphère dans les stands est également à vivre, particulièrement grâce à la #1800 Section…, qui occupe invariablement la même tribune et se lâche pas mal. Comme sur beaucoup de terrains, dès que ça devient plein, mieux vaut oublier les trois-points dans le corner : il y a tellement de foule que ces coins du parquet sont absolument submergés. Mais au final, c’est justement ce cachet qui en fait l’intérêt, loin des salles souvent trop sages de la NBA, qui perdent chaque saison un peu plus leur côté populaire et sont inondées par les animations, divertissements et distractions en tout genre depuis les 90s. D’autant que les playgrounds savent aussi se tourner vers le futur. Rendez-vous la semaine prochaine à Brooklyn Bridge Park – Pier 2 pour en attester.

Retrouvez les précédents volets ici

Antoine Bancharel, à New York

 

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