[Interview] Kevin Durant : « Il n’y a que Michael Jordan qui reste numéro un » 

[Interview] Kevin Durant : « Il n’y a que Michael Jordan qui reste numéro un » 

Ce soir à Boston, ce sera le premier match de l’ailier dans une ville qu’il a refusé cet été. Il est donc revenu sur l’entrevue avec les Celtics et sa relation spéciale avec Avery Bradley, ses sensations actuelles aux Warriors et le record de dunks qu’il devrait battre, sans oublier les discussions sur sa place dans l’histoire du jeu.

Kevin, c’est votre premier match dans une ville à qui vous avez dit non cet été, vous attendez-vous à un accueil particulier ?

Je ne sais pas, je m’attends à ce qu’ils supportent leur équipe, comme d’habitude, mais en dehors de ça je ne sais pas trop. Je vais surtout me concentrer sur mon équipe et le match. Les fans, ça restent les fans, en fonction du match ils vont encourager ou huer…  C’est comme ça.

A quel point avez-vous été proche de signer ici, à Boston ?

Ils ont vraiment été très bons. Quand je les ai rencontré, j’étais vraiment impressionné par leur présentation. Mais c’est dur pour moi de dire à quel point on était proche ou pas de signer ensemble. Je préfère ne pas trop en parler en fait.

Certains étaient surpris que vous ayez un meeting avec les Celtics, alors que vous aviez refusé les Knicks, les Nets, les Lakers et les Wizards par exemple. Est-ce que cela témoigne du respect que vous avez pour cette équipe et leur possibilité de se hisser au sommet ?

J’ai beaucoup de respect pour toute cette équipe. Je connais « AB » (Avery Bradley), Isiah (Thomas), Marcus Smart, Jae Crowder… On a eu une bonne discussion et, vraiment, c’était très impressionnant comme présentation. Boston est une des meilleures villes de la ligue en plus. Et puis j’ai énormément de respect pour leur approche du jeu. Le tout mis ensemble, c’était impressionnant. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais c’était vraiment pas mal.

Comment cela s’est-il passé avec Avery Bradley, sachant que vous êtes très proches ?

Il n’a pas cherché à me pousser dans une direction ou une autre. Au final, c’était mon ami avant tout ce qui s’est passé cet été, et il le sera toujours après. Du coup, il ne voulait pas s’en mêler. Il ne m’a rien demandé et il ne m’a rien dit non plus, il n’a pas essayé de me vendre l’article. Je connais le respect qu’il a pour cette organisation, mais au final, le fait que je sois son ami comptait encore plus. C’est le genre de chose qui s’apprécie. On se connaît depuis la première, au lycée. Quand il est venu à (University of) Texas, on s’est calé ensemble en quelque sorte, pendant l’été aussi, tous les jours. C’est mon gars, je suis vraiment excité pour lui qu’il joue bien dans cette équipe, avec un rôle important. Beaucoup le voient comme un défenseur, mais il est bien plus que ça.

Y a-t-il encore une période d’ajustement, des choses qui vous surprennent depuis que vous êtes aux Warriors ?

Non, rien de surprenant. C’est juste le fait de rentrer sur le terrain avec des coéquipiers différents par exemple. Apprendre de nouveaux systèmes aussi, mais au final, ça reste du basket. Je crois qu’en fait la plus grosse différence c’est les possibilités de voir mes amis et ma famille ou pas. Là, le vol est plus long depuis le Maryland. Donc c’est vraiment plus sur l’aspect personnel que ça a fait une différence.

Steve Kerr a indiqué qu’il allait continuer de vous faire jouer ailier-fort assez souvent, c’est une perspective intéressante pour vous ?

J’avais essayé de jouer un peu de small-ball, au poste 4, déjà ces dernières années et c’est plutôt sympa je trouve. J’ai l’impression de connaître les systèmes offensifs sur quatre positions du coup. En défense aussi. Mais en même temps, je me rends compte tous les jours que je continue d’apprendre dans ce système, et j’essaie juste de m’améliorer.

Retrouvez ici notre interview de Timothé Luwawu Cabarrot

Vous allez très certainement battre votre record personnel de dunks en saison. Pourquoi à votre avis ?

Ah oui ? Je ne savais pas ! J’ai toujours essayé de finir au panier. Je ne suis pas vraiment excellent sur tout ce qui est acrobatie ou improvisation dans la finition, comme Kyrie Irving ou Steph (Curry). Avec ma taille, j’essaie juste de finir au-dessus du panier du coup. On obtient peut-être plus de rebonds offensifs aussi, je trouve que j’ai pas mal la balle en transition en tout cas. Et puis on a tellement de shooteurs que cela me donne beaucoup d’espace. Il faut que je sois plus agressif par contre, je pense pouvoir aller plus souvent sur la ligne des lancers notamment.

Votre décision cet été s’est évidemment faite sur vos chances de gagner un titre, avez-vous une certaine pression quant à votre héritage après votre passage en NBA ?

Mon jeu parle de lui-même. Ces listes de « qui est le meilleur », etc., c’est subjectif au final. Il n’y a que Michael Jordan qui reste numéro un, pour tout le monde, en gros. Tous les autres, ça bouge pas mal en fonction de qui répond. Ça n’a vraiment pas d’impact sur mon jeu en fait. Je ne peux vraiment pas me préoccuper de savoir ce que les autres peuvent penser. Je veux gagner tous les jours, chaque bataille, même si je ne suis pas au mieux, ou qu’un coéquipier est en difficulté. Je pense que c’est en gagnant toutes ces petites batailles que l’on remporte le trophée à la fin de l’année. Tant que j’ai du respect pour le jeu, que j’aime jouer et que ça me procure de bonnes sensations, c’est tout ce qui compte.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à Boston

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