[Interview] Timothé Luwawu-Cabarrot : « J’ai cru que je n’allais pas marquer de l’année »

[Interview] Timothé Luwawu-Cabarrot : « J’ai cru que je n’allais pas marquer de l’année »

Les premiers pas en NBA d’un rookie sont souvent compliqués et le Français Timothé Luwawu-Cabarrot n’a pas dérogé à la règle. Il a peu joué pour le moment et a dû attendre plusieurs matchs avant de faire trembler les filets. Depuis, il le fait plus régulièrement, même si on a eu peur lorsqu’il a été brièvement envoyé en D-League cette semaine. Retour sur son début de carrière NBA à notre micro

Un passage éclair en D-League où tu as été rétrogradé pour seulement une journée…

Déjà je n’ai pas été rétrogradé parce que c’était juste pour un entraînement. Tout le monde s’est un peu enflammé à propos de ça mais il n’y a vraiment rien à craindre. Les 76ers étaient obligés d’annoncer ça via communiqué pour que je puisse m’entraîner et c’était à l’occasion d’un scrimmage. C’était juste l’occasion de courir et d’être en opposition 5-contre-5, vu qu’on a pas vraiment l’occasion d’en faire à l’entrainement, et que je n’ai pas vraiment l’occasion pour l’instant d’être sur le parquet et de pouvoir maintenir mon cardio.

Donc il n’y avait pas de peur que ce passage en D-League se prolonge pour toi…

Non. Mes coachs m’ont même demandé si ça ne me dérangeait pas de le faire. Et moi je trouvais que c’était une bonne idée car, l’équipe de D-League s’entraînait dans notre centre d’entrainement. Après c’était compliqué parce que c’était le matin quand on revenait de Houston. On est rentré à 4h du matin et je n’ai dormi que 5 heures avant d’aller faire le scrimmage…

Tu es encore très jeune, comment tu maintiens ton niveau de jeu et comment progresses-tu avec le peu que tu as ?

Je pense que ça aide à réfléchir et à être vraiment prêt quand tu rentres. Ça me fait aussi beaucoup travailler mentalement car c’est la première fois de ma carrière que je suis benché comme ça. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi en plus parce que je sais que j’ai le niveau et que je peux montrer ce que je sais faire sur le terrain. Mais tout le monde m’a dit que c’était normal, qu’il fallait passer par-là, que c’était vraiment un passage obligatoire. Au final j’ai fini par l’accepter et j’essaye d’être prêt à chaque fois que le coach m’appelle que ce soit lorsque l’on travaille à l’entraînement ou lors des matchs, même si c’est pour le garbage time. Montrer tout ce que je sais faire offensivement et être présent défensivement, même si on sait qu’on a déjà perdu ou gagné. J’essaye de jouer juste et de faire les bons choix.





Quand je te vois rentrer, justement j’ai l’impression que tu es plus à l’aise en défense que en attaque ?

Oui, la défense ça n’a jamais été très dure pour moi. J’ai toujours été un bon défenseur donc c’est quelque chose que je fais plus naturellement. Après l’attaque, vu que je ne joue pas beaucoup, j’essaye vraiment de ne pas faire d’erreurs, de ne pas perdre la balle. Minute par minute et petit à petit j’aurais plus de liberté et je ferais plus de choses.

Tu as mis un superbe premier panier en plus avec un gros dunk face à Utah, il a pourtant mis du temps à arriver ?

(Fou rire) J’ai cru que je n’allais pas marquer de l’année. C’est comme ça quand tu rentres que 2-3 minutes, il suffit que tu n’aies pas la balle une seule fois. Tu cours juste pendant ce petit laps de temps et voilà c’est fini et tu n’as pas touché la balle.

En plus tu loupes deux lancers-francs coup sur coup avant ce dunk…

(Rire) Je ne voulais pas que mon premier panier en NBA soit un lancer franc.

Tes coachs t’ont-ils dit ce qu’ils prévoyaient pour toi dans le futur notamment au niveau du temps de jeu, est-ce que celui-ci va augmenter ?

Je ne pense pas que ce sera comme ça toute l’année, je pense qu’à un moment dans l’année ça va évoluer, qu’il va se passer quelque chose. Pour l’instant je ne peux pas dire quand ni comment. Tout ce que j’ai à faire c’est d’être patient, montrer que je suis là, arriver en avance, travailler dur, rester plus de temps à la salle, et montrer que je suis sérieux.

On est très impressionné par Joel Embiid. Toi qui le vois jouer au quotidien est-ce qu’il t’impressionne autant ?

Je le vois tous les jours à l’entrainement donc pour moi c’est devenu normal. C’est un bon joueur et je pense qu’il va devenir très bon par la suite. Ca fait quand même deux ans qu’il ne joue pas de matchs, qu’il s’entraîne beaucoup. Du coup, je pense que c’est normal qu’il soit prêt comme ça.

Propos recueillis par Arthur Heuzard à Philadelphie

 

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