Road to the Draft : De’Aaron Fox, l’explosif outsider qui monte (top 5)

Road to the Draft : De’Aaron Fox, l’explosif outsider qui monte (top 5)

De’Aaron Fox intrigue. Fort d’une grosse fin de saison, notamment sur le tournoi final du championnat, le meneur de jeu de Kentucky commence à voir sa cote monter en flèche, pour passer d’un probable choix du milieu de lottery à un éventuel pick du top 5. Dans la lignée des grands meneurs de jeu passés entre les mains de John Calipari (Derrick Rose, John Wall, etc), Fox a-t-il vraiment les épaules pour soutenir la comparaison et justifier ce statut de très haut choix de draft qui pourrait se concrétiser en Juin ?

Jetons un coup d’œil à son profil.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

Voir aussi : Road to the Draft – Markelle Fultz

Voir aussi : Road to the Draft – Dennis Smith Jr

Voir aussi : Road to the Draft – Frank Ntilikina

Au sein d’une classe de meneur de jeu très forte, où en plus tous les gros prospects ont confirmé leur niveau de jeu entre le lycée et l’université (Fultz, Ball, Smith, et donc lui-même), De’Aaron Fox s’annonce de plus en plus, au fil des semaines, comme la wild card de cette draft alors même que la saison est bouclée. Au point même que chez DraftExpress (aka la référence des références), Johnathan Givonny le projette même devant Dennis Smith et aux portes du top 5. La réalité dépendra de facteurs bien autres (les envies très personnelles des GM’s et les besoins de leur équipe) mais le fait que Fox soit évalué de manière générale aussi bien montre tout de même qu’un potentiel certain se cache derrière sa touffe de cheveux aléatoire.

Fox n’est toutefois pas un talent transcendant comme pouvaient l’être Derrick Rose et John Wall, taillés pour être des superstars. Et si Rose et Wall ont créé cette impression dans l’imaginaire collectif que Calipari savait façonner de bons meneurs de jeu, c’est peut-être (sans doute) juste leur talent qui était hors norme quand on voit les autres prospects talentueux mais pas aussi bons qu’il n’a pas su développer : Andrew Harrison, Marquis Teague, Archie Goodwin, Isaiah Briscoe, etc. Même des Tyreke Evans et Brandon Knight ont quitté la fac sans vraiment avoir mieux appris le métier de meneur de jeu, et avec des carences encore conséquentes. Néanmoins, le cas de Fox est intéressant, en ce sens qu’il se situe entre deux eaux justement. Entre les talents sublimes de Rose et Wall, et les talents bruts à polir d’Harrison et Briscoe. A l’image de Evans ou Knight, chez Fox, ça sent le talent, mais ça sent aussi les gros défauts peut être pas surmontables : le shoot pour Evans et Fox, les qualités de meneurs pour Knight.

Fox démarre son année universitaire en étant attendu deuxième moitié de lottery, jouissant d’une certaine cote à sa sortie du lycée mais au sein d’une cuvée de draft extrêmement profonde. Sa saison est finalement très complète et un peu au-delà des attentes, et elle se finit sur une bonne note par une performance à 39pts pour éliminer Lonzo Ball et UCLA du tournoi, avant ensuite de tomber logiquement contre l’armada de North Carolina, futur champion.

Fox a reçu l’aide de Briscoe (vrai meneur de métier, également titulaire) pour gérer le collectif de Kentucky, mais là où il a été très satisfaisant c’est dans sa capacité à scorer (16.7 pts/m en 30min de jeu) mieux qu’attendu, ce qui a largement compensé le manque de scoring intérieur qu’on pouvait attendre d’un Bam Adebayo par exemple. A ce joli total de points s’ajoutent 4.6 passes de moyenne (pour seulement 2.4 tov), 1.5 interception et un solide 47 % d’efficacité générale. Kentucky termine sous sa houlette à un excellent bilan de 32-8, sans accident de parcours et en étant seulement défaits par de gros adversaires.

Une de ses premières cartes à jouer pour la NBA c’est son profil physique. Sa taille d’abord (6’4/1m93), très bonne pour le poste et au-dessus de la moyenne, mais aussi sa rapidité et son explosivité. Fox n’est pas un athlète très vertical, bien qu’il puisse claquer un dunk de temps à autres, mais horizontalement, sa pointe de vitesse est superbe. Il n’est pas très costaud mais possède une bonne largeur d’épaules (qui laisse à penser qu’elles pourront soutenir une plus large charpente), et cette légèreté semble même le servir en termes de vitesse et d’accélération, justement.

Son envergure de bras est, elle, assez solide. Initialement annoncé à 6’4/1m93  (assez moyen), elle a été mesurée au combine à 6’6/1m98 et quelques. Rien d’extraordinaire donc, mais largement de quoi faire pour défendre des meneurs de jeu NBA.

D’abord et avant tout, dans le jeu c’est sur pénétration que Fox est le plus à l’aise. Au-delà de ça même, c’est ce jeu en pénétration qui pourrait le porter très haut dans la grande ligue.

Ce n’est pas que Fox est d’ores et déjà un slasher accompli. A l’inverse de Tyreke Evans par exemple, dont on savait dès son arrivée en NBA qu’il serait un des meilleurs à attaquer le cercle, Fox est, lui, beaucoup moins consistant pour le moment. Avec par contre un énorme potentiel. Le problème (ou la différence, en tout cas) c’est qu’il doit encore gagner en régularité pour faire de cette arme une véritable force, plutôt que seulement un gros potentiel.

En effet, Fox possède tout pour être un slasher d’élite en NBA. L’explosivité et la vitesse de propulsion, les variations de dribble, de vitesse, de direction, des petits moves intéressants, et un gros potentiel de finisseur au cercle. Seulement il n’est pour l’instant très bon dans aucun de ces domaines.

Au démarrage par exemple. S’il est indéniable que le garçon est explosif, comme en attestent ses superbes envolées John Wall-esque sur contre-attaque, c’est une tout autre affaire sur du jeu posé où il a du mal à mettre à profit cette explosivité. C’est son manque de technique, de savoir-faire dans ses mouvements et ses appuis qui l’empêchent d’exploiter la dynamite de ses jambes. Il ne place pas le bon pied en premier, il enchaîne les petits pas plutôt que de grandes et rapides enjambées, il n’attaque pas toujours le défenseur de la bonne manière, ou tout simplement il essaye beaucoup trop souvent d’agrémenter (voire remplacer) la pure vitesse de son premier pas par un petit move balle en main. Il n’a que très rarement essayé de passer le défenseur exclusivement sur sa rapidité.

Or, les rares fois où Fox a bien fait les choses, cette explosivité au premier pas est apparue beaucoup plus évidente et perforait de manière beaucoup plus létale les défenses ennemies. Une petite hésitation, un simple temps d’arrêt, une brusque accélération en plaçant bien ses appuis, et le défenseur était débordé. C’est une question pour lui de savoir reproduire cela de manière bien plus régulière, et rien que ça, ça suffit à faire d’un joueur un très bon slasher généralement (Wall, Westbrook).

Il en va de même pour ses variations pendant le drive. Fox a démontré toute une panoplie de moves réellement excellents pour perdre le défenseur en cours de route. Des dribble In & Out, des crossovers (différents types de crossovers même), des changements de vitesse et de direction, etc. Fox a tout, en termes de variation et de palette technique, ce qui n’est pas souvent le cas chez un joueur aussi jeune et aussi explosif. Reste à bien s’en servir tout le temps, et qu’on n’aperçoive pas chaque move une à deux fois sur l’intégralité de la saison.

A terme, c’est précisément ce combo unique de variation et d’explosivité (au démarrage notamment) qui pourrait vraiment faire de Fox un joueur unique en son genre. Ces deux qualités sont intimement liées et le niveau de l’un affecte directement l’autre. Plus un joueur peut surprendre par des variations (en changeant de direction par exemple) pendant le drive, plus le défenseur doit se tenir prêt à se réorienter également, et donc moins il est prêt à se jeter corps et âme sur une percée dans une direction particulière. Également, plus un joueur est explosif au démarrage, plus le défenseur va justement avoir tendance à se déplacer brusquement pour le suivre, et sera donc moins en position ou prêt à changer de cap si l’attaquant varie son drive. L’un complète l’autre, et vice versa. Là où le potentiel est réellement intéressant c’est que Fox possède déjà de très belles variations, et un niveau technique au-dessus de la moyenne des joueurs ayant ce profil physique. Il sait déjà s’arrêter presque complètement avant de repartir en avant, là où chez la majorité des joueurs rapides on ne voit que de très subtils changements de rythme et de vitesse.

Reste que, en plus de son irrégularité pour faire la différence sur ses drives, Fox n’est pas non plus un très bon finisseur pour concrétiser les opportunités qu’il pourrait avoir.

Son toucher de balle au cercle s’est avéré moyen, même carrément mauvais par moment. Il ne dépose pas son ballon en finesse pour qu’il rentre dans l’arceau, il n’a pas le doigté et le bon dosage du ballon sur lay-up pour concrétiser des bonnes positions de tir au niveau du cercle (ou plus loin) en panier. Également, Fox est un gaucher et un finisseur presque exclusif de cette main-ci. Il refuse souvent des lay-ups main droite, quitte à mal utiliser la gauche dans des positions très peu académiques et inefficaces (le corps complètement tordu et/ou en déséquilibre). Et les fois où il se décidait à utiliser sa main droite, son toucher de balle s’est avéré encore plus fruste.

Au-delà de ça, c’est même la qualité de ses tirs au cercle qui est très imparfaite. Fox ne fait tout simplement pas l’effort d’avoir une bonne extension au cercle, c’est à dire qu’il ne cherche pas à s’allonger de toute sa longueur en ajoutant les centimètres de sa taille et de ses bras pour tendre au plus vers le cercle et avoir un tir au maximum proche du panier. C’est une question de logique : plus le joueur a une belle extension, plus le ballon est proche du cercle au moment du lay-up, donc moins il a de distance à parcourir pour aller jusque dans le cercle, et donc plus petite est la marge d’erreur potentielle.

Fox se jette carrément dans les airs, en plein sur le défenseur qui campe sur le panier, sans véritable plan et finit par devoir balancer la balle vers l’arceau alors qu’elle se trouve bien en dessous de celui-ci. Au contraire, les rares fois où Fox a fait preuve d’une belle extension au cercle, on a pu le voir s’allonger du mieux qu’il pouvait et complètement exploiter sa grande taille pour le poste et sa détente pour déposer des lay-ups à hauteur du cercle. Des tirs à un bien plus haut pourcentage de réussite.

C’est toutefois à noter que Fox ne craint absolument pas le contact au panier, et ne le fuit pas pour un sou. Il termine d’ailleurs de manière incroyablement efficace malgré les contacts pour un joueur aussi frêle, un testament de son excellent contrôle du corps. Plus généralement, il se montre agressif et n’hésite pas à venir percuter un mur de défenseurs si cela peut lui procurer quelques lancers francs. Il pose d’ailleurs une excellente statistique dans ce domaine avec ses 6 lancers/m, qui ne sont pas si impressionnants à première vue mais qui le deviennent largement lorsqu’on prend en compte le fait qu’il ne monopolise pas du tout la balle dans un système où au contraire la gonfle circule d’un joueur à l’autre. Ramené en lancers par possession jouée balle en main (statistique que nous n’avons pas), Fox doit être dans les tous meilleurs meneurs de cette draft, si ce n’est le meilleur.

Son agressivité n’est toutefois pas encore parfaite, et il pourrait l’être encore plus. Dans les faits, lorsqu’il attaque, il ne refuse effectivement pas le contact et vient s’y frotter avec plaisir. Mais il y a encore pas mal de fois où il ne va pas jusqu’au cercle, et ce même lorsque la voie est libre. Il y a des fois où il préfère encore déclencher son petit tir à quelques mètres du panier plutôt que de continuer à progresser en terre ennemi jusqu’à sous l’arceau, même quand la peinture est dégagée.

L’une des grandes forces de Fox en ce qui concerne la finition et le jeu en pénétration, c’est son floater (main gauche). Contrairement à beaucoup de jeunes joueurs (les autres gros meneurs de cette draft par exemple), il maîtrise ce tir si important à avoir dans son arsenal pour tromper les défenses. Ce n’est pas un floater dans la continuité de la course et utilisant l’énergie générée durant cette course, mais c’est un floater qui puise sa puissance de propulsion dans un mouvement de levier du coude en l’air. Cela lui fait perdre un peu de précision (théoriquement) mais ça lui confère une portée de tir bien plus grande, et on l’a déjà vu mainte fois cette saison déclencher ce floater depuis la tête de raquette ou même plus loin. Dans une NBA où les protecteurs de cercles sont à la fois plus longs, plus grands, plus athlétiques et apporteront des aides dans un meilleur timing que les jeunes joueurs de NCAA, posséder ce floater pour scorer par-dessus eux est une arme qui peut s’avérer extrêmement précieuse. Comme dit juste au-dessus, il doit encore apprendre à ne pas se reposer trop dessus lorsqu’il a l’occasion d’aller jusqu’au cercle, mais la maîtrise de ce tir à son âge est un gros point fort.

De manière plus générale, Fox possède un superbe potentiel de finisseur au cercle. Il n’a pas encore la technique, ni le toucher de balle, mais avec ses atouts physiques très intéressants, ses qualités athlétiques, son excellent contrôle du corps et sa capacité à effacer son adversaire pendant le drive (une capacité à confirmer et étoffer), Fox pourrait tout simplement devenir un des tous meilleurs slashers de NBA. On parle là du scénario idéal qui serait la somme de pleins de conditions difficiles à réunir toutes ensemble, mais on ne peut pas coller cette étiquette à beaucoup de jeunes prospects. Cette combinaison de (potentielle) technique et physique, à la fois pendant le drive et dans la finition, c’est quelque chose d’assez rare, et d’assez alléchant.

Un domaine où Fox ne brille pas, c’est le jump-shot. Et dans une NBA où cette arme est non seulement capitale mais aussi indispensable, c’est sans doute ça qui fait plafonner sa cote dans les mock draft. Le même joueur avec un shoot fiable, on a peut-être un prospect meilleur que Lonzo Ball, mais en l’état, il devrait se contenter du top 5.

Là où le bât blesse d’autant plus, c’est que Fox est tombé dans une classe de draft très dense en meneurs de jeu, et où il est le seul à ne pas être bon dans l’exercice. Markelle Fultz à le jump-shot calibré superstar (volume de jeu et efficacité), Ball et Nitlikina ont prouvé être efficaces dans des rôles plus sobres (on ne sait pas s’ils pourront se créer leur propre tir mais au moins ils créeront du spacing en catch & shoot), et même Dennis Smith Jr possède des fondations très intéressantes (volume de jeu sans une très bonne efficacité). Clairement, les limitations multiples de Fox sur le jump-shot ne sont pas un bon point pour lui dans une draft ou les équipes du top 10 auront du choix.

Sa mécanique est assez moyenne. Elle a pour qualité d’être très régulière, ce qui est déjà différents de certains non-shooteurs dont on a l’impression qu’ils essayent de composer en route et qui sur le moment doivent essayer de penser à tout ce qu’il faut faire (sans y arriver). Au contraire, Fox, possède cette bonne régularité d’un tir à l’autre, et il arrive à garder un excellent équilibre tout le long du tir.

En revanche, ses mouvements de bras sont déjà un peu plus imparfaits. Il ramène bien trop le ballon vers lui pendant le tir (avant de le relâcher) ce qui créé ce petit effet de catapulte résultant sur des trajectoires de tirs assez plates. Et donc avec moins de chances de rentrer dans l’arceau.

Ce que ce petit mouvement de ramener le ballon vers lui entraîne aussi, c’est le fait que Fox, en conséquence, relâche le ballon extrêmement bas. Tellement bas que même les défenseurs NCAA (plus petits que leurs aînés de NBA) arrivaient à très bien contester ses tirs. Et ce sur catch & shoot comme en sortie de dribble. Une limite loin d’être négligeable pour lui, et pas forcément tangible.

Également, Fox n’est tout simplement pas assez puissant, et ça se voit très clairement sur le terrain. Il manque de puissance dans ses jambes, mais aussi et surtout dans ses bras, ce qui l’empêche donc de transmettre une grande énergie dans la balle. Et le fait de ramener le ballon vers lui plutôt que de garder une transmission d’énergie linéaire et fluide n’aide évidemment pas. Bon nombre de ses tirs finissent courts (le ballon tape le devant du cercle), et il semble clair que Fox n’avait pas cette année une très bonne portée de tir.

Le problème, c’est qu’on a pu observer ça en NCAA où la distance entre la ligne à trois points et le panier est plus petite que celle en NBA. Or, Fox shootait carrément collé à la ligne à trois points NCAA, et manquait quand même pas mal de force pour ajuster ses tirs, autant dire que ce n’est guère de bonne augure pour la grande ligue. Fox tentait parfois de compenser son déficit de testostérone dans les bras en poussant encore plus sur ses jambes et/ou avec un mouvement d’élan, mais c’était alors trop d’énergie générée pour arriver à garder en précision (précision qu’il n’avait pas trop de base, déjà), et il avait clairement du mal à s’adapter et ajuster le tir, au sens propre.

Fox termine son unique saison universitaire avec un petit 29 % de réussite à trois points. En-dessous de la barre symbolique des 35 % qui le classerait comme shooteur respectable que la défense ne peut pas laisser le risque de shooter. Un faible pourcentage donc, avec en plus le différentiel de distance avec la NBA que l’on a évoqué, mais aussi sur un assez petit nombre de tentatives (seulement 2 par match, les autres meneurs de cette année tournant autour de 5/m).

L’un des soucis que son manque de jump-shot cause est le suivant : non seulement de ne pas créer de spacing, cela ferme aussi son jeu de manière considérable. Toute la saison les défenseurs NCAA n’ont pas hésité à l’inciter à shooter afin de récolter le rebond défensif derrière. Que ce soit en lui laissant un bon mètre d’espace pour qu’il pense avoir tout l’espace disponible pour son shoot, ou que ce soit en contournant sans cesse les écrans pour couvrir l’intérieur et l’inviter à shooter tout en tuant dans l’œuf toute possibilité de passe. Si les jeunes défenseurs NCAA ont réussi toute cette année à appliquer cette stratégie avec réussite, ça semble assez évident que les professionnels plus intelligents, expérimentés et plus informés en feront tout autant en NBA.

C’est d’ailleurs un des facteurs qui a fait que Fox n’a pas pu être aussi productif qu’on aurait pu le croire sur pénétration malgré sa bonne palette technique. Le défenseur n’étant pas obligé de craindre un jump-shot, il pouvait rester en retrait pour d’une part l’inviter à prendre un tir (qu’il avait de grande chance de louper) mais aussi avoir le temps et l’espace de le voir venir et de ne pas se faire attaquer si Fox tentait une percée balle en main.

A longue distance donc, Fox fut très peu rassurant, en sortie de dribble (assez peu de tentative) mais surtout en catch & shoot. A côté de son 29 % de réussite, l’irrégulier Dennis Smith (36 %) passerait presque pour fiable, et les Fultz, Ball et Ntilikina, tous au-dessus de la barre des 40 %, paraissent encore plus loin.

A mi-distance, Fox s’est montré intéressant, ou en tout cas capable. Sur isolation mais aussi sur Pick & Roll, il arrivait à se trouver un peu d’espace pour dégainer un tir à une distance où il était bien plus à l’aise.

Néanmoins, il lui reste encore pas mal de progrès à réaliser dans la création de son tir, et ce même à mi-distance. Un des problèmes majeurs qu’on a pu observer reste son footwork très moyen (pour ne pas dire mauvais). Non pas pour prendre appui pour le tir, mais pour se créer de l’espace. Il se contente en fait quasiment tout le temps de planter ses appuis et de s’élever pour le tir, sans même chercher à se décoller du défenseur. Autrement dit, la caractéristique des joueurs pouvant shooter par-dessus leur défenseur et qui n’ont pas à s’embêter avec de la création d’espace. Sauf que ce n’est pas le cas du tout de Fox, qui relâche son tir très bas. Au contraire, Fox aurait très bien pu se créer une quantité de tirs d’une qualité très supérieure ne serait-ce qu’en réalisant un simple step-back, ou side-step, pour essayer de perdre le défenseur. Au lieu de ça, ce même défenseur se trouvait toujours très proche de lui au moment où Fox commençait à tirer, et de ce fait, même des intérieurs (plus lents et moins mobile) arrivaient très bien à le contenir et le contester sur des tirs en isolation.

Une raison qui explique cela est, sans doute, son manque de force. Comme expliqué plus haut, Fox n’a pas la musculature adéquate dans le haut du corps notamment pour tirer de manière totalement fluide et aisée. Aussi, il ne réalise pas des petits pas de cotés ou vers l’arrière qui pourrait créer une séparation parce que justement, ces petits mouvements se feraient à l’opposé du panier. Partir sur un step-back, c’est générer une force vers l’arrière, qu’il faut ensuite arriver à compenser pour bien tirer (il faut mettre alors plus d’énergie dans la balle). Au contraire, Fox préfère ne pas devoir compenser, ou carrément utiliser un moment de force vers l’avant pour envoyer plus facilement la balle vers l’arceau.

En l’état, tel est le constat du jump-shot de Fox. Il y a fort à parier que le garçon va gagner en masse musculaire, d’une part parce qu’il est pour l’instant très jeune, et d’autre part parce que c’est souvent ce qui arrive lorsqu’un joueur rejoint un environnement professionnel très cadré. Néanmoins, aucune garantie ne nous permet d’affirmer que gagner en puissance le rendre meilleur sur jump-shot. Cet exercice n’est d’ailleurs pas qu’une question de puissance. Fox, comme presque tout le monde, possède les muscles nécessaires pour envoyer la balle vers le panier sans faire de air ball, même depuis la ligne médiane ou la ligne des lancers francs adverse. Le jump-shot consiste plutôt en un art de puissance dans la précision, et cette dernière notion est clé. C’est grâce à cela que Stephen Curry marche sur la ligue depuis trois ans, la puissance dans la précision, la portée de tir illimitée tout en restant précis et régulier. Ce ne sont pas les plus costauds qui sont les meilleurs shooteurs mais bien les plus précis. Or, si on peut avoir bon espoir que Fox gagne en puissance, rien ne nous dit qu’il va gagner en précision. On ne sait pas à quel point ses soucis de précision sont due au fait qu’il n’a pas la puissance naturelle et doivent forcer au détriment du contrôle du ballon.

Les fondations sont toutefois intéressantes. Selon le point de vue, il y a par exemple de meilleurs espoirs dans son tir en sortie de dribble qu’en celui d’un Lonzo Ball (qui semble limité par la forme de sa mécanique en elle-même), voire celui de Frank Ntilikina (ses appuis sont-ils assez explosifs pour la NBA ?). Mais on ne sait pas quel niveau maximum il pourrait atteindre. Et c’est d’ailleurs pour ça que la capacité à créer est si précieuse dans l’évaluation des scouts, c’est parce que c’est une caractéristique fondamentale en attaque, et qu’elle est en plus très dure à développer. C’est pour ça que Fultz est le numéro un, et de loin.

En ce qui concerne la distribution du jeu, Fox n’est pas le plus brillant des cinq meneurs de jeu principaux de cette draft mais n’en demeure pas moins un très bon passeur, à qui il ne serait pas trop osé du tout de confier les rênes d’une équipe NBA dès sa saison rookie.

C’est sur Pick & Roll que Fox est le plus performant actuellement pour distiller de bons ballons. Il possède déjà une belle variété d’angles de passe différents, pouvant à la fois glisser de petites passes à terre entre deux défenseurs, réaliser une passe lobée par-dessus eux ou trouver l’intérieur qui s’écarte pour le Pick & Pop. Plus encore, si la défense le couvre bien lui et son coéquipier, il lit le positionnement des adversaires et sert alors la deuxième option du Pick & Roll, un shooteur ouvert dans le périmètre.

Étonnement, Fox a très peu réussi à créer pour autrui sur pénétration. Sa vitesse et même son impact global sur pénétration laissent penser que le garçon pourrait et devrait être très performant dans ce domaine, utilisant ses atouts pour perforer les défenses et servir ses coéquipiers. Dans les faits cependant, cela n’a pas été le cas. Bien qu’on l’ait vu à l’occasion délivrer de bonnes offrandes sous le cercle ou ressortir dans le périmètre, ce ne fut pas à une très grande fréquence. Fox pourrait peut-être faire preuve d’un peu plus d’attention et mieux anticiper les rotations défensives, pour lâcher la balle vers autrui lorsque l’étau se resserre autour de lui. Mais la principale raison de cette faible production n’est sans doute pas ça, mais plutôt le manque de spacing de son équipe et le peu d’espace à sa disposition pour opérer. Nul doute qu’en NBA, dans une équipe mieux organisée, et sur un terrain aux distances et aux espaces plus grands, Fox parviendra à impacter le jeu de cette manière. La preuve en est qu’en transition, sur des contre-attaques où il a le temps et l’espace pour évoluer, il sert de très bons caviars en mouvement à ses coéquipiers.

Au-delà de ça, Fox est bien évidement un joueur altruiste. Il possède une bonne vision de jeu, quoique pas extraordinaire, qui couplée à sa bonne taille pour le poste lui permet de délivrer des ballons de pleins de manières différentes. Son total de passe décisive cette saison (4.7/m) n’est pas impressionnant, mais il faut nuancer ce jugement par le fait que Fox partageait le backcourt avec Isaiah Briscoe, véritable meneur de jeu organisateur-passeur, et plus encore, que le système de jeu de Kentucky n’est pas bâti autour d’un seul porteur de balle dominant mais sur une circulation constante de la gonfle.

Sans avoir des instincts de création géniaux ou très au-dessus de la moyenne, Fox a tout ce qui faut pour être dès les premiers matchs un créateur fiable et régulier dans une équipe NBA. C’est en revanche une autre histoire pour la gestion du jeu.

Fox est un meneur de jeu de métier et de mentalité, mais certaines erreurs très grossières viennent noircir ce tableau. Bien que capable de fluidifier le jeu et de réaliser l’extra pass, Fox a parfois du mal à réaliser la passe simple, la passe basique. Comme par exemple la première passe pour lancer un système de jeu, ou la passe pour transmettre le ballon à un joueur poste bas. Le genre d’erreur grossière qui fait tâche, car sur des actions censées être maîtrisées à la perfection par le meneur de jeu. De plus, il lui arrive encore de se retrouver carrément hors de contrôle en voulant accélérer une situation de jeu sans avoir de solution, ou en tuant son dribble sans option de passe viable. Également, sa prise de décision est encore contestable, et il paraît évident qu’avec un peu plus de métier et d’expérience Fox serait mieux armés pour essayer de faire de meilleurs choix et d’être plus lucide dans les passes qu’il tente.

De manière un peu surprenante, ces défauts de gestion du jeu ne se retranscrivent pas tant que ça dans les statistiques. Et avec ses 2.4 tov/m seulement, sur un temps de jeu conséquent (30 min/m), Fox pointe même en tête des meneurs de cette classe de draft. En termes de tov % (nombre de turnovers par 100 possessions) il se classe 2e derrière Markelle Fultz. Mais là encore, le contexte est à prendre en compte : il jouait à côté d’un vrai meneur de jeu en la personne de Briscoe, un meneur de métier plus expérimenté qui veillait à ce que la boutique tourne bien et par qui passait pas mal de ballons. Et en plus de ça, le gonfle n’était pas tout le temps dans ses mains non plus du fait du système de Kentucky. Son 13.7 tov % se comptabilise sur 100 possessions où il est sur le terrain, mais si on faisait le calcul sur 100 possessions où il a la balle entre les mains, ce pourcentage serait sans doute plus élevé et moins flatteur.

De ce fait, on peut en toute légitimité (et on doit même, peut-être) se poser des questions sur la transposition de ses qualités en NBA. Par sur ses qualités intrinsèques, mais sur le rôle qu’il avait en NCAA et le rôle qu’il aura en NBA.

En effet, Fox a pu évoluer à Kentucky dans une équipe où la balle tournait beaucoup, et où il avait la chance d’avoir à ses coté un « vétéran » et deuxième vrai meneur. Ce concours de circonstances favorables à peut-être caché des faiblesses de Fox, en l’occurrence tout ce qui est prise de décision sur le terrain, veiller à l’équilibre d’une équipe, donner le tempo, etc. Peut-être que s’il avait été plus exposé et avec plus de responsabilités (et plus de ballons à gérer) le bilan final de sa saison aurait fait ressortir en quantité beaucoup plus grande de mauvais choix, et peut-être donc que l’évaluation aurait mentionné un équilibre bon choix/mauvais choix plus contestable encore. Là, à Kentucky, il a réalisé des mauvaises passes basées sur des mauvaises décisions, mais pas non plus en quantité importante, et donc pas dans des portions inquiétantes.

Mais s’il avait été ailleurs, dans une autre configuration ? S’il avait dû plus porter l’équipe sur son dos ? Peut-être que la quantité de déchets que l’on aurait pu observer nous aurait fait dire (nous, comme les autres observateurs) que Fox est intéressant mais avec une lucidité un peu inquiétante, et de ce constat-là, sa côte n’aurait pas été aussi élevée qu’actuellement sans doute. A la limite, cette question n’a pas d’importance puisqu’elle traite d’une réalité parallèle et d’une équipe NCAA différence dans laquelle il n’a pas évolué. Mais la question qui se pose, c’est celle-ci : qu’en sera-t-il en NBA ? Si, de manière très concrète et plus du tout dans la fiction mais dans le futur, Fox se retrouve dans une franchise de type Kings, Magic ou autre qui lui confie les clés du camion, que sera le résultat ?

La transition NCAA/NBA est déjà difficile pour n’importe quel joueur, puisque le différentiel de niveau global de jeu est énorme. On passe deux, trois, voire quatre crans au-dessus d’un coup en termes d’athlètes à affronter, d’esprits expérimentés à affronter et de forces collectives à affronter. Pour n’importe qui, l’adaptation est compliquée. Mais si en plus, Fox passe d’un environnement idéal qui permettait de limiter ses déchets à une équipe NBA où il doit gérer à plein temps le jeu et jouer deux fois plus de possessions offensives, évidement que le risque de voir augmenter la quantité de déchets est important.

Défensivement à présent, Fox présente un très fort potentiel sans pour autant être tout le temps arriver à le montrer ou à le concrétiser sur le terrain à Kentucky.

Sur l’homme, Fox possède à peu près tous les atouts pour exceller même au niveau supérieur. Mis à part son envergure pas aussi grande qu’on l’aurait souhaité, il possède du reste une très bonne taille pour un meneur de jeu et une vivacité et mobilité splendide. Il bouge ses appuis explosifs de manière très rapide, et il utilise cette superbe vitesse latérale pour rester bien en face de son attaquant et empêcher la pénétration jusqu’au panier. Plus encore, il ne fait pas que coulisser et défendre les percées, il peut aussi passer à l’offensive et se montrer harassant : capable de harceler l’attaquant, il possède la rapidité d’appuis pour mettre la pression dans la zone de confort de l’adversaire sans pour autant se faire prendre à revers. En NCAA, on l’a vu mainte fois déranger la remontée de balle adverse et gêner le porteur de balle sur la totalité du terrain.

Néanmoins, Fox demeure assez irrégulier dans sa défense sur l’homme. Pleins de petites sautes d’attention ou manque de concentration lui valent encore de se faire prendre à revers de manière assez fréquente, ou en tout cas beaucoup plus que ce qu’il pourrait et devrait l’être. Notamment, Fox a du mal à tout le temps rester dans une bonne posture défensive très bas sur ses appuis. Au contraire, il relâche parfois son attention et se retrouve haut sur ses appuis, les genoux non pliés, le centre de gravité haut et il n’est donc pas prêt à coulisser et suivre son attaquant.

De plus, au-delà de sa posture défensive aléatoire, Fox n’a pas toujours un haut niveau d’intensité. Il ne fait pas toujours l’effort de boucher les angles, de bien se positionner en face de l’attaquant, au départ du drive ou pendant le drive, donnant cette impression singulière « d’arrêter » de coulisser en plein milieu de l’action.

D’un point de vue quantitatif, ce genre d’erreurs sont apparues au-delà de l’anecdotique, et il pourra d’ailleurs moins se rattraper en NBA face à des attaquants plus vifs et plus forts. Rien d’inquiétant pour un joueur aussi jeune, d’autant qu’il a les qualités pour être un superbe défenseur de un contre un dans la grande ligue. Mais cela passera par un niveau d’intensité et d’attention plus grand.

Dernier point loin d’être négligeable : son manque de puissance pure. Fox s’est fait bouger à Kentucky, et même lorsqu’il était en bonne position il lui arrivait de se faire dégager du chemin en un bon coup d’épaule. En l’état, c’est donc on ne peut plus inquiétant pour la transition dans la grande ligue puisque les attaquants NBA sont évidemment beaucoup mieux bâtis et dotés d’une musculature bien plus grande que celle des jeunes athlètes moyens universitaires. A terme, Fox arrivera sans doute à solidifier cette charpente, et à gagner en kilos de muscles, mais dans un premier temps, durant ses premières saisons en NBA, il pourrait être handicapé.

C’est un peu la même histoire sur Pick & Roll. Son bon footwork et surtout sa grande vivacité lui permettent de bien suivre son vis-à-vis à travers les écrans et de vite retrouver bonne position. Néanmoins, il demeure là encore irrégulier, par manque d’efforts ou d’attention, ou tout simplement parce qu’il n’est pas assez solide pour résister aux écrans et se retrouve parfois prit dans ceux-là.

En ce qui concerne la capacité à contester les tirs adverses, Fox est sans doute un peu meilleur qu’attendu. C’est évident que son envergure de bras (6’6) n’est pas idéale (c’est pas les 6’11 d’élite de Ntilikina, ou les bras tentaculaires de meilleurs défenseurs NBA) et de manière logique il lui arrive de se faire tirer par-dessus sans pouvoir trop affecter le tir. Il devrait avoir du mal à défendre autre chose que des meneurs de jeu une fois en NBA avec cette envergure.

Pourtant, Fox est arrivé à très bien compenser ce petit déficit avec d’autres éléments. En l’occurrence une belle détente pour ajouter quelques centimètres cruciaux à l’obstacle qu’il constitue, mais aussi et surtout un temps de réaction extrêmement court. Fox est très rapide et réagit du tac au tac lorsque l’adversaire dégaine, ce qui fait qu’il saute quasiment en même temps et arrive de ce fait à offrir une contestation et une opposition très tôt dans le tir, suffisamment pour affecter le résultat.

Toute la question sera évidemment de savoir quel Fox on aura en NBA, ou plutôt, à quel point il arrivera à compenser ses mensurations non idéales avec son sens du timing. Cela marchait assez bien NCAA, mais en NBA où les athlètes sont plus grands et plus longs et relâchent donc le tir bien plus haut, peut être que le fait de réagir très tôt ne suffira pas à affecter le tir. De plus, pour compenser son manque d’envergure, Fox devait réagir très tôt mais aussi être en parfaite position, sans quoi il ne pouvait pas bien altérer le tir. Chez les pros, face à des attaquants plus redoutables, ce sera aussi plus difficile d’être en parfaite position à chaque fois.

Fox est également un bon défenseur collectif. Il est intelligent et apporte des bonnes aides, tout en ayant l’air de maîtriser les principes fondamentaux d’une défense d’équipe. Particulièrement, Fox est performant sur des dig steal, le genre d’aide à apporter sur un joueur qui pénètre, et qui consiste à jaillir très rapidement sur ce joueur pour lui dérober le ballon des mains.

Fox concrétise sa défense collective avec une bonne quantité d’interceptions (1.5/m) qui se font au moyen de ses mains rapides, de son attention, de ses instincts pour les prises à deux, ou de sa capacité à jaillir très rapidement sur les trajectoires de passe.

Il lui reste toutefois pas mal de chemin à accomplir pour être considéré comme un défenseur accompli loin de l’action. En effet, Fox a été capable d’apporter de bonnes aides mais on l’a aussi fréquemment vu se manquer sur d’autres. Il manque en toute logique d’expérience et de savoir-faire pour réaliser la bonne action dans le bon timing et de la bonne manière. Plus encore, son attention pourrait aussi être largement meilleure, puisqu’il laisse régulièrement son joueur ouvert dans le périmètre pendant que lui est attiré à l’intérieur ou du côté de l’action. Un défaut qui n’est pas définitif ni inquiétant mais qui demande tout de même à être corrigé.

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Difficile donc de ne pas aimer De’Aaron Fox. L’un dans l’autre le meneur de jeu de Kentucky propose un profil de jeu extrêmement intéressant pour le monde professionnel, puisque à de bonnes qualités physiques et athlétiques s’ajoutent de belles qualités basket également. Le potentiel est palpable.

Plus encore, Fox s’est mué petit à petit en un élément très important pour Kentucky jusqu’à même devenir le meilleur joueur des Wildcats sur la fin de saison lorsque Malik Monk commençait à baisser de rythme. Fox est devenu bon quand les choses sérieuses sont arrivées, dans la partie la plus importante de la saison. Notamment sur le tournoi final du championnat il réalise quelques grosses performances, parmi les meilleures de sa saison universitaire. Il a aussi réussi à produire, à impacter le jeu et à aider à faire gagner son équipe. Parmi les cinq gros prospects sur le poste de meneur, il est d’ailleurs celui dont l’équipe est allée le plus loin dans le championnat NCAA, tout en étant une des causes principales de ce bon parcours.

Le seul point d’interrogation, et pas des moindres, c’est son jump-shot. A quel point pourra-t-il le développer, impossible de le savoir, mais son niveau de jeu et son statut dans la ligue sera indéniablement lié très intimement à son jump-shot. Fox peut très bien devenir le meilleur défenseur et/ou le meilleur slasher du groupe, si son tir ne s’améliore pas, difficile de l’imaginer dans un rôle majeur ou dominant chez les pros.

Mis à part cela, mis à part cette arme indispensable qu’est le jump-shot, Fox présente un profil très NBA-friendly finalement : de la défense, un profil physico-athlétique dans les standards de la grande ligue, de l’impact en pénétration et notamment en contre-attaque, de la création balle en main pour autrui, du potentiel, tout cela colle bien avec ce qu’on recherche sur le poste de meneur. Pour peu que certains GM’s croient en son tir extérieur et au développement de ce dernier, ce ne serait pas étonnant du tout de le voir atterrir dans le top 5 de la prochaine draft.

Fox n’est pas un talent transcendant, et il ne faut pas s’attendre à le voir devenir une véritable star dans la grande ligue, un go-to-guy ou autre. Il n’est pas de la trempe des Kyrie Irving, John Wall et compagnie. On est jamais à l’abri de surprises, comme le démontrent quelques exemples récents (Kawhi Leonard), mais si un potentiel superstar était palpable chez lui en l’état, ce n’est pas au top 5 mais au top 2 qu’il pourrait prétendre.

Cela dit, le fait qu’on ne l’attende pas comme un meneur du premier chapeau (Irving, Curry, Wall, etc) ne veut pas dire qu’il n’a pas un très haut potentiel. Des joueurs du second chapeau (Lowry, Conley, etc) représentent exactement le potentiel maximum qui semble être celui de Fox. Le genre de second ou troisième couteau très précieux et très complet, mais qui a besoin d’une superstar à ses côtés pour que son équipe prétende au titre. Après, si Fox va chercher le scénario « jackpot » à la Kawhi Leonard tant mieux, mais c’est le genre de scénario très rare, improbable et franchement très peu pertinent à utiliser en tant que référence.

Possédant de bonnes qualités et ayant prouvé pouvoir produire, De’Aaron Fox, fort de sa fin de saison en boulet de canon et d’une année universitaire très complète, s’annonce comme la grosse wild card de cette draft 2017.

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