[Saines lectures] Jack McCallum – Les Suns, à la vitesse de la lumière

[Saines lectures] Jack McCallum – Les Suns, à la vitesse de la lumière

Ce lundi 4 décembre est sortie chez Mareuil Éditions Les Suns à la vitesse de la lumière, la traduction française de Seven Seconds Or Less, l’excellent livre de Jack McCallum consacré à la saison 2005-06 de Phoenix, avec le tandem Nash-D’Antoni aux manettes. On y découvre ou y re-découvre l’attaque de feu des Suns, leur philosophie iconoclaste qui a changé à jamais la NBA, leur parcours trépidant en playoffs, mais surtout les hommes qui ont été les visages de cette révolution basketballistique.

Plutôt que de vous raconter leur histoire moins bien que ne le fait l’auteur, ou de développer leurs concepts moins bien que ne le fait D’Antoni dans le livre, nous avons préféré vous présenter les personnages de cette épopée à travers quelques extraits. L’occasion de se familiariser avec les protagonistes avant de trouver votre livre sous le sapin le 25 décembre ou, pour les plus impatients, dès maintenant en librairies et sur internet.

Steve Nash et Mike D’Antoni :

Pendant plus de dix ans, il marqua le basket européen de son empreinte, lui, le Magic Johnson du Phillips Milan, alors l’équipe la plus cotée d’Italie. Il n’avait rien en commun avec Nash : les traits de son visage étaient bien plus masculins, et son côté brut de décoffrage typique des gars de Virginie tranchait avec la retenue éminemment plus canadienne dont ferait preuve plus tard son futur meneur de jeu. Pourtant, quelque chose d’invisible unissait profondément les deux hommes : un style.

L’Italie adorait D’Antoni. Il aimait l’Italie. Mais par-dessus tout, il adorait jouer. Son entraîneur d’alors, Dan Peterson, avait été clair quant à ce qu’il voulait voir sur le parquet : sputare sangue. Il voulait les voir se donner à en cracher du sang. Et D’Antoni crachait du sang. Nash aussi.

Boris Diaw :

« J’ai l’impression que Boris te tracasse », s’amuse Iavaroni.

« Oh que oui », confirme Gentry. « Et encore, le mot est faible. Il m’obsède. »

« Tu sais, ce n’est pas en deux jours qu’on va pouvoir juger », le rassure son collègue. « Une fois de retour à Phoenix, on le fera bosser à part et on verra bien ce qu’il donne. »

Dan n’est pas de cet avis : « Le problème avec Boris, c’est que c’est compliqué de le faire bosser sur un truc qui ne l’intéresse pas. »

« Je le formulerais autrement », tempère Weber. « Boris, c’est un joueur à qui il faut parler. » L’assistant s’est en effet déjà rapproché du Français pour le faire travailler sur sa mécanique de tir. Diaw ne sera sans doute jamais un tueur à trois points, mais le staff aimerait bien en faire une menace crédible dans le périmètre. Le souci, c’est que Diaw semble avoir sa propre vision de ce que doit être un exercice de shoot, ou n’importe quel autre exercice d’ailleurs. Mais sans doute faut-il s’attendre à ce genre d’attitude de la part de quelqu’un qui s’appelle Boris Babacar Diaw-Riffiod, comme il faudrait s’attendre à entendre « baron » ou « marquis » avant son nom quand le speaker l’annonce.

Shawn Marion :

Quand je demande à Marion s’il est heureux à Phoenix, il me répond que oui. Il ajoute même : « C’était sans doute mon destin d’arriver là. » Dix ans plus tôt, alors qu’il disputait un tournoi de jeunes dans l’Arizona, il avait pu assister à un match des Suns et avait été tiré au sort pour tenter de remporter un lot en rentrant un shoot. « C’était un tir à trois points, je n’avais jamais tiré d’aussi loin », se remémore-t-il avec le sourire. « Et c’est rentré. C’était la première fois de ma vie que je prenais un tir à trois points. Sur le coup, je me suis dit : “Je voudrais rester ici toute ma vie.” » Son voeu fut exaucé lorsque les Suns le choisirent avec le neuvième choix de la draft 1999.

Amar’e Stoudemire :

Alors que tout le monde part à la douche, Gentry plaisante avec Diaw sur la route du vestiaire. « Et une bonne journée de boulot qui se termine. On aura bien mérité nos francs, pas vrai ? » Intrigué, Stoudemire se joint à eux : « C’est quoi un franc ? C’est, genre, un dollar français ? » Diaw lui fait non de la tête avec sa nonchalance habituelle : « C’est l’inverse : c’est le dollar qui est le franc américain. Les gens payaient en francs cinq cents ans avant de payer en dollars. » Il poursuit sa route, laissant un Stoudemire perplexe méditer ces sages paroles.

Raja Bell :

Je descends vers le tunnel qui mène aux vestiaires, et y retrouve Bell, qui suit la fin de la rencontre juché sur une paire de béquilles.

« J’espère que c’est cassé », lui hurle un spectateur. La partie de la tribune qui peut voir l’entrée du tunnel se tourne immédiatement vers Bell.

L’arrière des Suns identifie rapidement le spectateur et lui adresse un grand sourire en guise de réponse, ainsi qu’un doigt d’honneur.

Eddie House :

House a toute une panoplie de tirs qu’il s’amuse à reproduire à l’entraînement en les ponctuant de ses propres commentaires.

« Magic Johnson qui pénètre… Le petit bras roulé… C’EST DEDANS ! », hurle-t-il en imitant le célèbre shoot de Magic Johnson à la fin du match 4 de la finale 1987. Fier comme s’il venait lui aussi de terrasser les Celtics de Larry Bird, il part en trottinant vers la ligne de touche en tapant dans les mains de coéquipiers imaginaires.

Leandro Barbosa :

Sur le temps mort faisant suite à l’ultime panier de Diaw, on aperçoit Barbosa s’approcher du Français et lui faire un bisou sur la joue. Diaw a l’air pour le moins surpris, alors que son partenaire le regarde avec le sourire émerveillé d’un enfant qui vient de découvrir son cadeau de Noël.

 

Les Suns, à la vitesse de la lumière

Mareuil Éditions : https://www.mareuil-editions.com/

504 pages.

Prix public : 21 euros. Vous pouvez commander le livre sur Amazon, le trouver à la FNAC ainsi que dans de nombreuses librairies, et même le réserver chez certains libraires.

 

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