[Interview 2/2] Jaylen Hoard : « J’ai pu me montrer »

[Interview 2/2] Jaylen Hoard : « J’ai pu me montrer »

Après avoir été leader de son équipe au score en première mi-temps au Jordan Brand Classic, le Français n’a pas eu l’occasion de poursuivre en deuxième. Qu’importe, le principal a été fait, surtout en vu du Hoop Summit, comme il l’analyse justement.

Jaylen, un bon bilan du coup, même si on aurait voulu te voir plus en deuxième mi-temps, vu ta belle première ?

Oui, en deuxième mi-temps je n’ai pas trop eu d’opportunité, alors que bon, en première mi-temps… Sinon c’était une expérience fantastique, vraiment. C’était un de mes objectifs. Je l’ai atteint et j’ai pu me montrer. C’était fun, pas trop de dépense physique en plus, je me suis bien amusé. On a rencontré beaucoup d’athlètes qui sont sponsorisés Jordan, qui nous ont donné des conseils pour plus tard. Ça va nous aider pour la suite.

Ray Allen notamment ?

Oui, il y avait Ray Allen par exemple. Jabari Parker est venu nous voir à l’hôtel aussi. Ils nous ont donné des conseils de vie, tout ça, qui pourront nous aider pour la suite. Sur le terrain et en-dehors. Il faut maintenir la balance un peu. Penser à la carrière basket et à l’après-basket. La carrière sportive va s’arrêter un jour, donc ils nous ont donné des conseils sur la suite. Et aussi, pendant que l’on joue, les choses à faire et à ne pas faire.

Justement, la scolarité pour l’après-basket, cela faisait aussi partie de tes motivations à venir ici ?

Oui. Moi je voulais avoir mon diplôme universitaire. C’est important. Parce que mes deux parents ont leur diplôme. Donc on en a toujours parlé, c’est quelque chose qui m’intéressait. Je pense que d’avoir un diplôme universitaire ici, ça va m’aider pour après, la carrière après le basket. Les Américains, après leur carrière – s’ils font tout comme il faut – leur reconversion est plus facile. Donc moi aussi je voulais ça.

« Ray Allen et Jabari Parker nous ont donné des conseils  »

Si on revient au match, au final tout ce qui compte c’est déjà d’avoir pu montrer une ou deux choses ?

Oui, et c’est un All Star Game de toute façon. Ce n’est pas parce que l’on joue bien dans ce match là que l’on va forcément percer [quelques MVP passés : Cliff Alexander, Rodney Purvis ou encore Renardo Sidney…]. Du coup j’avais déjà ça en tête, et au final je ne suis pas mécontent. Parce que j’ai pu me montrer aussi [il était leader de son équipe au scoring en première mi-temps]. Je me suis bien amusé tout le weekend en plus… Je suis content.

Ce n’est effectivement pas forcément clé de bien jouer ici…

Oui, même D’Angelo Russell nous l’a dit : à ce match, il n’avait mis que 3 points, or derrière il a été deuxième choix à la draft. Ça ne veut rien dire. Il faut juste s’amuser, profiter.

Tu t’inspires de certains joueurs NBA d’ailleurs ?

Il y en a beaucoup en fait. J’aime bien regarder tout le monde. Il n’y a pas un joueur précis. Je regarde vraiment différents joueurs, différents aspects de leur jeu… Un petit peu comment ils se comportent aussi. En-dehors du terrain et sur le terrain.

«Le Hoop Summit est beaucoup plus important »

Un match qui compte beaucoup plus, c’est le Hoop Summit par contre…

Le Hoop Summit, pour moi c’est vraiment important. Il y a des gens qui pensent que ce n’est qu’un match, qu’un All Star Game en plus, mais c’est vraiment important. Il y a beaucoup de joueurs qui ne sont pas connus, et qui après le Hoop Summit arrivent sur les « draft boards » [les prédictions]. C’est vraiment important. On a l’opportunité de jouer devant les scouts NBA, se montrer. C’est très important.

Venir ici, c’était donc surtout une manière de te remettre en jambe, après un mois et demi sans match ?

Oui, en venant ici, je me suis dit que juste l’histoire de jouer ce n’était pas que ça. Je voulais bien jouer, mais je me suis dit que même si je n’avais pas très bien joué, ça m’aurait mis en jambe pour le Hoop Summit, qui est beaucoup plus important. Mais j’ai quand même réussi à bien jouer, et du coup je crois que ça va bien me lancer.

Tu as pu échanger avec des joueurs, notamment français, qui y sont passés ?

Pas encore, mais je vais parler à des joueurs qui y sont allés, ou d’autres qui me parlent en général. La semaine dernière, j’ai fait beaucoup de tir. Je suis allé énormément à la salle pour tirer, pour m’entrainer beaucoup. Parce que cette année j’ai joué 5 et du coup il y a plein de choses sur lesquelles je n’ai pas pu m’exprimer comme je voulais. Je n’ai pas perdu, mais il fallait que je relance un peu certaines choses, comme mon tir. Vous l’avez vu aujourd’hui d’ailleurs : j’ai pu mettre mes tirs extérieurs. Des choses que je n’ai pas trop pu montrer cette année. Même dribbler, défendre les extérieurs, tout ça, c’est vraiment des choses que j’ai travaillé la semaine dernière.

Que veux-tu montrer du coup ?

Ma qualité offensive et aussi mon habileté à défendre n’importe quelle position. Enfin, poste 4, 3, 2… Même s’il faut « switcher » sur un 1, je peux montrer ma polyvalence.

«Baptiste Tchouaffé et moi, on va s’entraider »

Tu vas retrouver Baptiste Tchouaffé aussi…

On va s’entraider. Moi et Baptiste, on été à l’INSEP ensemble. J’en parlais justement avec mon parrain. C’était drôle, parce que Baptiste, on avait fait un tournoi ensemble. L’Euroleague Junior. C’était en Lituanie je crois. Ouais, Lituanie. Et Baptiste m’avait donné beaucoup de conseils, parce que j’étais quelqu’un qui était assez stressé avant les matchs, tout ça. Il m’a donné beaucoup de conseils pour vraiment me calmer, avoir confiance en moi. Et du coup là, moi je pense que je vais pouvoir l’aider, vu que j’ai joué aux États-Unis pendant deux ans. Et comme il est un peu plus âgé que moi, il va sûrement pouvoir encore me donner d’autres conseils.

C’est intéressant que tu dises que tu étais stressé avant les matchs, parce que maintenant ton visage est absolument imperturbable à l’échauffement. Tu t’y es forcé?

Non, je n’ai pas forcément travaillé ça, mais je pense que je me suis habitué en fait. Par exemple en AAU, pendant l’été, quand je jouais avec des équipes en section Regional, je jouais devant tous les coaches universitaires : des Coach K (Mike Krzyzewski), John Calipari… des coaches comme ça. Et du coup je me suis habitué. Avant, j’étais assez stressé avant les matchs quand je voyais des grands coaches ou des grosses personnalités sur le côté du terrain. Mais maintenant ça ne me perturbe plus.

« Ici, je me suis habitué à être médiatisé »

Tu es hyper à l’aise devant nous aussi. Le fait d’être ici t’a aidé à répondre aux médias, vu que la culture est très différente là-dessus ?

Oui, ici, ils ont vraiment l’habitude en fait. Tout est médiatisé, chaque seconde de ta vie. Donc des joueurs comme Shareef O’Neal, ou des gars comme ça, ils ont vraiment beaucoup de hype ! Et moi, quand je suis arrivé aux États-Unis, étant Français, nouveau, les gens se sont intéressés à moi : qui j’étais, tout ça. Et je me suis habitué, pareil. À tout le temps être devant la caméra, tout le temps être interviewé…

Ça te va bien du coup ?

Honnêtement, moi ça me plait. Ça peut un peu être une contrainte, quand des journalistes posent des questions un peu piège ou quoi, mais ça n’arrive pas souvent, du coup j’aime bien les interviews. Un de mes objectifs, c’était aussi de montrer aux jeunes français que peu importe où tu es, en Europe ou aux États-Unis, tu peux réussir. Donc je préfère que ce soit un peu médiatisé, parce qu’au moins ils voient ce que je vis ou des choses comme ça. Et peut-être que cela pourra les inspirer pour la suite.

Frank Ntilikina était là pour te soutenir…

Oui, je vais le voir après. On s’était parlé il y a deux semaines en gros, quand ils ont joué à Charlotte [le 26 mars], je suis allé le voir jouer. Sinon on n’a pas parlé depuis, mais on va parler ensuite. Et il y a Yves aussi qui est là.

Tu vas retrouver Olivier Sarr aussi à Wake Forest. Qu’as-tu pensé de sa saison ?

Je pense que déjà, le fait qu’il ait joué cette année, c’est un plus. Parce que les deux dernières années à l’INSEP, il n’a pas beaucoup joué. Donc de le voir sur le terrain, ça m’a fait plaisir, et je pense que l’année prochaine il va être beaucoup plus fort. En général, la première année aux États-Unis est une année de transition. Donc je pense que l’an prochain il va jouer beaucoup plus et montrer beaucoup plus. Je pense qu’il va bien jouer.

Tu nous as déjà parlé de Wake Forest hier, donc juste une dernière question : comment analyses-tu leur jeu et comment t’y projettes-tu ?

Leur jeu est vraiment basé sur la polyvalence. Les 2, 3 et 4 font un peu la même chose. Du coup moi je pense que ça pourra m’aider, je suis un joueur polyvalent, je peux jouer plusieurs positions sur le terrain. Du coup je pense que cela va me mettre en situation pour bien jouer.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à Brooklyn

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