A la découverte de l’équipe de France U17 : Killian Hayes, la dernière pépite française

A la découverte de l’équipe de France U17 : Killian Hayes, la dernière pépite française

L’équipe de France U17 masculine vient de boucler la phase de poule de son Mondial et a remporté son huitième de finale. Les bleuets ont tout simplement réalisé une démonstration de force sur les 3 premiers matchs. Large vainqueur des Philippines, de l’Argentine et de la Croatie. Les jeunes français ont remporté leurs matchs avec un écart moyen de plus 30 points par rencontres. Ils ont ensuite infligé une gifle à la Nouvelle-Zélande, +40. Parfois un peu trop faciles, ils finissent par faire la différence en seconde mi-temps.

Le groupe conduit par Lamine Kebe (entraîneur au Centre Fédéral) est excessivement talentueux. L’équipe est composée en majorité de joueurs de la génération 2001, championne d’Europe U16 l’été dernier au Monténégro. En analysant ce groupe, l’écart de talent entre les lignes arrières et le reste des positions saute aux yeux.  Le trio composé de Killian Hayes, Théo Maledon et Malcolm Cazalon est très clairement au-dessus des autres. Ils sont relayés par Timothé Crusol et Matthieu Gauzin, deux joueurs qui pourraient prétendre à une place de titulaire dans n’importe quelle équipe (sauf les USA). Ces 5 joueurs sont tellement dominants qu’ils représentent presque 80% des points français inscrits depuis le début de la compétition. Lorenzo Thirouard-Samson apporte de l’envie et du shooting. De son côté Léo Billon est très peu utilisé et navigue entre le poste 2 et 3. Il a un physique assez intéressant mais son temps de jeu devrait se réduire au fil de la compétition.

Le secteur intérieur est lui beaucoup moins étoffé mais aussi moins talentueux. On peut affirmer qu’il n’y a aucun joueur dominant sur les postes d’ailier-fort et de pivot. Essomé Miyema a pourtant un gros potentiel mais sa production est encore trop minime. De plus, son manque de dureté est criant. Samuel Eyango-Dingo, le nouveau du groupe n’est pas géant mais agile. Il a montré de bonnes choses lorsqu’il était utilisé. Le joueur de la JSF est assez mobile et possède un bon potentiel défensif. Maxime Carene est assez longiligne et athlétique à l’image de Miyem, mais ses lacunes sont similaires au pivot titulaire, voire plus inquiétantes. Pour le poste 4, les Français peuvent compter sur Victor Diallo, un ailier de petite taille utilisé comme un stretch four. Sur le même poste l’équipe de France dispose aussi de Melvyn Ebonkoli, un energizer de petite taille mais très tanké qui ne fuit jamais le combat dans la peinture.

Pour débuter notre focus sur les meilleurs éléments, qui d’autre que la star de l’équipe, celui qui fait le plus parler de lui, Killian Hayes. Le fils de DeRon Hayes est ce qu’on appelle un petit prodige. MVP de l’EuroBasket U16 2017 avec la génération 2001, il est logiquement le leader de cette équipe. Le Choletais domine en jeune depuis déjà pas mal de temps :

  • Vainqueur de la Coupe de France U17
  • Champion de France U18 et MVP du Final Four
  • MVP du Jordan Brand Classic (un match réunissant les meilleurs prospects internationaux)
  • Vainqueur trophée du Futur et MVP
  • Champion de France Espoirs et MVP
  • Titularisé à plusieurs reprises en professionnel

Killian Hayes est doté d’un physique impressionnant, parfait pour un combo-guard NBA : 1m97 (en chaussures) avec une envergure de 2m04 à 16 ans. Il est athlétique, agile et très rapide, il peut remonter le terrain à la vitesse d’un Russell Westbrook. Hayes a une belle carrure, son corps laisse présager qu’il pourra ajouter de la masse musculaire nécessaire en NBA. Ces mouvements sont assez fluides. Toutefois ce n’est pas un joueur extrêmement explosif ni très vertical. Ce qui peut le gêner à créer la différence face à des adversaires très athlétiques. Son premier pas n’est pas aussi impressionnant qu’on pourrait l’imaginer et sa détente est moyenne. Aujourd’hui, il est plus puissant que ses adversaires mais en NBA ce sera différent. Toutes ces qualités font de lui un joueur très efficace en transition. Il arrive à se créer des points faciles en contre-attaque par sa défense avec ses interceptions [3,7 interceptions Per 40 (=sur 40 minutes) lors de l’EuroBasket U16]. C’est un excellent défenseur sur l’homme et loin du ballon. Le Choletais met une grosse pression sur son adversaire,  il « l’asphyxie » complètement. Hayes a le potentiel pour défendre sans problème sur les postes 1,2 et 3. On peut noter aussi qu’il est un très bon rebondeur pour son  poste. Sur le plan offensif, Hayes est un fort scoreur (24,7 points par match Per 40 depuis le début de la compétition). Les fondamentaux sont acquis, sa palette offensive est presque complète. Excellent finisseur près du cercle, un véritable slasher. Il utilise sa taille et son envergure pour finir, il n’explose pas au contact et sait aller chercher les lancers. Le TearDrop ou l’Euro-Step sont parfaitement maitrisés comme beaucoup d’autres mouvements, son footwork est excellent. De plus son dribble est bon, il tient bien le ballon. Au niveau du playmaking le combo-guard est aussi impressionnant. C’est un facilitateur/créateur de jeu. Il a la volonté d’être toujours très précis, et dans le bon timing sur chaque passe. Sa lecture de jeu est plutôt bonne, ses instincts sont bons, ce qui donne parfois des passes décisives très spectaculaires. Enfin, son caractère dominateur le fait passer dans une autre dimension. Hayes veut marcher sur son adversaire, ne lui faire aucun cadeau. Très agressif sur le parquet, il n’hésite pas à faire exploser les défenses. Cet état d’esprit est accompagné d’un gros leadership et d’un vrai sens du collectif. Son QI basket est très bon.

Ses highlights face à l’Argentine

Cependant Killian Hayes éprouve quelques difficultés à être efficace sur demi-terrain. Lorsque les défenses se resserrent, il devient parfois prévisible et s’emmêle les pinceaux. Sa main droite n’est encore parfaite au niveau du dribble, et il ne finit pas toujours avec. Il a tendance à forcer lorsque les choses ne vont pas dans son sens, ce qui provoque des pertes de balles. Hayes utilise beaucoup le drive&kick et sans une vision d’élite ses passes finissent parfois dans les mains adverses. Killian a progressé sur ses lectures sur pick&roll mais cela reste pour l’instant insuffisant. Quant à son shoot, il n’est pas mauvais mais pas encore efficace. La forme est bonne et bien en rythme (part un peu trop bas et courbe encore un peu plate) mais cela reste encore moyen, il tourne à 25,8% derrière la ligne depuis le début de la compétition. Son tir en sortie de dribble paraît un peu plus propre, il se crée mieux l’espace. Enfin, son jeu sans ballon n’est pas encore établi, il s’oublie un peu.

Pour finir, Killian Hayes est l’un des plus gros espoirs français, au niveau de Ntilikina ou Doumbouya. Son shoot devrait progresser avec un très bon professeur, son père (DeRon Hayes 43,5% de réussite à 3-points en carrière en Pro A). Il doit encore prendre en maturité, apprendre à contrôler le tempo et devenir dangereux même quand le jeu vient à ralentir. Sans trop se mouiller, Hayes sera un Top 10 de la draft en 2020.

Ses highlights face à la Croatie

A demain pour la présentation de Théo Maledon

Leave a Reply