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New York, les paillettes s’effritent

Jim McIsaac/Getty Images

La machine s’enraille, la magie s’estompe, et les paillettes s’effritent. Cette saison des New York Knicks, qui avait pourtant si bien commencé, pourrait bien aboutir sur une nouvelle déception pour les fans. Encore une, une de plus. Oubliez la flamboyance des premières semaines et la place de grand chef de la Conférence, les Knickebockers sont rentrés dans le rang, et pourraient même se faire dépasser dans ce peloton qui poursuit le Heat sans réel espoir de le rattraper. Est-il encore temps de stopper l’hémorragie ?

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Nathaniel S. Butler/Getty Images

Cette saison ou jamais pour les Knicks d’enfin retrouver les sommets, et briller à nouveau. Pour recommencer à faire peur, comme lors de la grande époque des 90’s, et s’emparer pour la première fois depuis 1973 du titre NBA. Pour Carmelo Anthony de prouver qu’il est plus qu’une simple machine à stats, abonné absent en défense et incapable de passer un premier tour de playoffs. Pour Amar’e Stoudemire d’honorer son statut et son contrat, qu’il n’a pour le moment justifié que pendant ses premiers mois à NY. Pour prouver que l’alchimie peut prendre entre les deux stars. Pour JR Smith de prouver sa maturité, tant dans sa tête que dans son jeu. Pour Raymond Felton de se racheter une réputation, après deux années de relative errance. Pour bien d’autres raisons encore, mais d’abord et avant tout pour redorer le blason de la plus vieille franchise de la ligue.

Et tout avait pourtant bien commencé. La patte Mike Woodson avait apporté une dimension défensive, attirant maintes louanges aux Knicks comme à Carmelo Anthony. Jeu collectif parfaitement bien huilé, toujours à la recherche de l’extra pass, un force de frappe offensive impressionnante, un groupe de caractère, plein de personnalités et de talent divers, etc. Le temps est au beau fixe sur Big Apple, qui domine de la tête et des épaules sa Conférence, y compris le champion en titre, qui passe par deux fois à la broche. Dont une fois en Floride, sans Carmelo Anthony ! Résultats, alchimie, panache, New York s’amuse, et fonde de solides espoirs pour la post season. Mais ça, c’était avant.

Elsa/Getty Images

Depuis, il y a de l’eau dans le gaz. Le retour tant craint d’Amare Stoudemire s’était révélé payant, mais le revoilà à squatter l’infirmerie pour le reste de la saison régulière au moins. Carmelo Anthony est définitivement sorti de la course au MVP, après un début de saison visiblement en surrégime, et est en plus embêté par des petits pépins physique. Et plus généralement, c’est le fond de jeu des Knicks qui en a pris un coup. Après avoir prôné et pratiqué ce jeu collectif qui nous avait tous charmé, New York demeure désormais la dernière équipe de la ligue en terme de passes décisives par match. Une statistique on ne peut plus significative. D’autant plus quand on se souvient que NY avait pour force sa circulation de balle et son catch & shoot à longue distance.

Clairement, l’attaque est en panne. L’alchimie n’est plus là, et malheureusement le jeu offensif des Knicks est retombé dans ses travers de ses dernières années : l’iso à outrance pour Melo. Une tactique qui avait pourtant fait ses preuves, lorsqu’il s’agit de perdre certains matchs, mais que NY continue de pratiquer. La Melo dépendance est redevenue trop grande, surtout que le bougre n’est vraiment pas diaboliquement efficace (43% de réussite, pour plus de 21 tirs pris par rencontre). Evidemment, dans un bon soir où tout rentre, personne ne va s’en plaindre, mais cela arrive trop peu souvent. Mauvaise sélection de tirs, parfois trop de jeu au poste, des tirs pris trop tôt ou pendant même l’exécution d’un système…Ce ne sont pas ses qualités d’attaquants qui sont à mettre en doute, mais sa capacité à être efficace.

Autre point noir, la dépendance de leur réussite à longue distance. NY est l’équipe qui prend le plus de tirs primés (derrière les Rockets), mais une nouvelle fois l’efficacité laisse à désirer. Comme dit plus tôt, moins de circulation de balle, donc moins de bon tirs, et c’est flagrant lorsqu’on regarde le NY de ces dernières semaines. Aucun joueur majeur de l’effectif n’est réellement efficace dans l’exercice. Pour Melo et JR Smith, c’est souvent une question de prendre des tirs pas forcément judicieux. Pour Raymond Felton et Jason Kidd, c’est simplement que cela ne rentre plus aussi miraculeusement qu’en début de saison (34% pour les deux…). Même Steve Novak, qui pointe à un correct 41% à longue distance, ne semble plus aussi formidable, et il n’est plus rare de le voir manquer des tirs plus ou moins ouverts, qu’il avait l’habitude d’enfiler il n’y a pas si longtemps de ça.

Sam Greenwood/Getty Images

Et plus généralement, c’est l’adresse générale qui fait faux bond à New York. Le 43% de Melo paraît presque excellent, comparé à l’efficacité des JR Smith, Raymond Felton, Steve Novak, ou même Jason Kidd et Iman Shumpert, qui tous les deux plafonnent à un horrible 36% pour l’un et 34% pour l’autre. Encore une fois, il n’y a pas de secret, manque de mouvements, manque de création d’espaces, des tirs plus difficiles et ainsi une réussite en berne. Dans le même temps, New York demeure tout de même l’équipe qui perd le moins de ballon en NBA…et n’y arrive pourtant pas. L’explication ? On n’essaye pas de forcer les choses ou tenter de passes compliqués, on prend le shoot, qu’il soit ouvert ou non. Résumé très grossier et très caricatural, mais qui malheureusement colle bien trop à la réalité sur de nombreux matchs.

Mais si encore les maux des Knicks pouvaient s’arrêter là. Non seulement d’avoir un secteur extérieur qui n’arrive pas à régler la mire, la majorité de leur jeu se repose là-dessus. Vous comprenez donc pourquoi NY patauge de plus en plus. Clairement, ça penche trop vers l’extérieur, et ça manque cruellement à l’intérieur. Tyson Chandler à beau évolué à un niveau monstrueux, il ne peut pas à lui tout seul combler toutes les brèches, et la blessure de Stoudemire n’arrange certainement pas les choses. Il faut dire que le plan de la direction était simple : apporter du muscle et de l’expérience (comprenez : des vieux) dans cette raquette. Problème ? Les Marcus Camby, Kurt Thomas, ou Rasheed Wallace partagent leur temps entre parties de bridge et dialyses, à l’infirmerie des Knicks. Apporter des vieux briscards, c’est bien. Ne miser que sur ça, c’est insensé. Malgré le fait d’avoir le meilleur défenseur et rebondeur de NBA en la personne de Tyson Chandler, New York demeure la pire équipe de la ligue en terme de défense dans la peinture et de contres par match, et également 27e équipe au rebond. C’est dire à quel point le bonhomme est seul, et le mal profond.

McIsaac/Getty Images

Ceci étant dit, on s’explique plus facilement les résultats récents. Contre des mauvaises équipes (et mauvaises défenses par prolongement), ça arrive à passer, mais contre des gros ça coince. Detroit, Cleveland, Washington, Minnesota, Orlando, Sacramento, NY est arrivé à faire le boulot contre ces équipes. Mais pour trouver la dernière grosse écurie que les Knicks ont battu, il faut remonter au 3 Janvier contre San Antonio. Depuis, tous les gros que New York a joué (Heat, Pacers, Thunder, Clippers…), ce fut une défaite au bout. De quoi avoir des gros doutes pour les playoffs, où il ne sera plus question de faire le boulot contre des franchises en reconstruction, mais d’aller taper du gros. Autre fait significatif de cette baisse de forme : depuis le début du mois de Février, la barre des 100 points n’a été franchie que cinq fois (sur 20 matchs), alors que cela demeurait une simple formalité en début de saison.

Est-il donc trop tôt pour déclarer l’état d’urgence à Big Apple ? Certainement pas. Désormais 3e à l’Est, ils ne sont qu’à deux petites défaites devant leur rivaux de Brooklyn (c’est dire à quel point cette conférence est morose, quand on sait que les Nets sont loin de réaliser une excellente saison…). Certains points positifs sont tout de même à mettre au crédit de la bande à Mike Woodson : peu de turnovers donc, mais aussi une bonne défense dans le périmètre. Le souci est donc qu’une fois ce premier rideau passé, c’est portes ouvertes ou presque, lorsque Chandler prend quelques minutes de repos. Également, on se doit de souligner les progrès et l’excellente saison de JR Smith, qui en plus de s’être calmé, est vraiment devenu un meilleur joueur. Quelques soucis d’efficacité, mais c’est à l’image de l’équipe, et Smith a surtout répondu présent en tant que leader à chaque fois que les Knicks ne pouvaient pas compter sur Melo. Le souci, c’est que pour gagner, ce n’est pas JR Smith qui doit se sublimer, mais bien Carmelo Anthony.

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Difficile donc de retrouver le sourire du côté des Knickebockers. L’équipe est de plus en plus sur la pente descendante, quelque chose semble s’être cassé. On ne demande pourtant qu’à revoir cette splendide équipe qui avait bluffé le microcosme NBA en Novembre dernier. Résultats inquiétants, fond de jeu qui laisse à désirer, franchise player qui patine, il ne manquerait plus que les Knicks se fassent sortir dès le premier tour des playoffs, pour parachever un decrescendo spectaculaire en l’espace de quelques mois seulement. Espérons simplement que le temps printanier du mois d’avril fera retrouver toutes ses couleurs et tout son goût à Big Apple.

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11 réflexions sur “New York, les paillettes s’effritent

  • Lucas

    Le probleme de cette équipe c'est Mélo, mais c'est aussi leur point fort

  • Blockorama

    ca sera dur de passer le premier tour si ca continue comme ca … le jeu est devenu tant previsible, c'est comme si les joueurs avaient pris le dessus sur Woodson

  • Guillaume (BI.com)

    Je suis bien d'accord malheureusement. Encore qu'ils ont la chance que la Conférence Est soit médiocre, mais pour moi il y a danger.

    Contre Atlanta ou Boston, je dis attention à l'élimination prématurée !

  • Guillaume (BI.com)

    Le problème d'une équipe ou le problème est également la solution, c'est que ça gagne rarement le titre.

    Les champions NBA sont toujours des équipes avec un FP plein de certitudes, pas un leader branché sur courant alternatif qui peut prendre feu mais le lendemain arroser et ne rien rentrer comme tirs.

  • Bane

    Je trouvais leur équipe très belle en début de saison, monté pour un one shot mais très belle comme même et les premiers mois c'était du bonheur a regarder.
    pour moi le soucis c'est pas forcément Melo mais plus un état d'esprit qu'a souligner Stoud dans un interview, ils sont redevenu arrogant.
    Début de saison c'était "on a quelque chose à prouvé", et puis c'est devenu "woot on a tapé 2 fois le champion en titre, New York baby !!".
    Melo refait de l'iso à outrance, JR shoote n'importe comment, Stoud et la majeur des papys sont à l'infirmerie et on trade Brewer, l'une des grosses pièces du bon début de saison selon moi.
    Ce fut sympa le temps que ça a duré mais NY retombe dans ses travers.

  • mano_(S.A nd N.Y.K)

    Tres bon article , on a plus que à esperer que la magie reprenne… De toute façon l'infirmerie est pleine avec plus de 60million dedans pour le moment –'

  • Guillaume (BI.com)

    En effet, peut être également que ça leur est monté à la tête. Après tout, taper le Heat chez lui sans Melo, c'est fort, mais justement les vétérans étaient là pour apporter cette expérience nécessaire pour éviter ça…Bon et puis, tu as aussi Felton qui joue plus aussi bien, Kidd qui y arrive plus, alors qu'en début de saison tout rentrait.

    Pas trop d'accord pour Brewer, si il est sortit de la rotation et de l'équipe, c'est aussi parce que Iman Shumpert est revenu, et qu'il est quand même un peu meilleur, ou en tout cas plus jeune et plus mobile en défense sur l'homme.

    Et puis, si les Knicks déjouent parce que Ronnie Brewer est plus là, c'est que c'est vraiment grave.

  • Guillaume (BI.com)

    Certes. Mais une fois que c'est dit, que Stoud est surpayé ou que tu es bloqué avec lui, comme avec d'autres, faut passer à autre chose et voir que sur le terrain il apportait vraiment un gros plus.

    Mais oui, y a de la malchance aussi en raison des blessure, évidement.

  • Bane

    Nan nan, je ne dit pas que les Knicks déjouent suite au départ de Brewer, mais c'est plus un symbole. Très bon défenseur et opportuniste en attaque, à l'image de cette nouvelle équipe des Knicks.

  • Guillaume (BI.com)

    Oui oui, on est d'accord.

  • Ben

    "Ce n’est pas JR Smith qui doit se sublimer, mais bien Carmelo Anthony' je dirais l'équipe en général et le collectif qu'ils doivent retrouver ! Très bon article et je suis plus ou moins d'accord la dessus. Mais ce n'est pas finit ! Attendons de voir ce qu'ils vont faire en playoff et voir contre qui ils vont tomber. Martin est une bonne recrue quand même, et leur mental et donc par conséquent leur adresse peut revenir pour les plus maladroits ! Mais svp, changez la mentalité de Melo et qu'il tienne ce qu'il disait en début de saison : "j'ai changé mon jeu" …

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