BrainStorming : Les Sixers doivent-ils se séparer de Doug Collins ?

On l’apprenait hier, la situation semble se compliquer entre les Philadelphie Sixers et leur entraîneur Doug Collins, et on pourrait se diriger tout droit vers le divorce. Collins pourrait payer cash la très mauvaise saison des Sixers, malgré les circonstances atténuantes, et les facteurs indépendants de sa volonté. On parle de lui depuis un moment déjà pour prendre la tête de l’équipe Américaine, mais avant ça mérite-t-il d’être licencié par les Sixers ?
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Dire que cette saison est une déception pour les fans des Philadelphie Sixers n’est qu’un doux euphémisme. Oubliez la période Allen Iverson, depuis quelques années Phily était dans un cycle de reconstruction sain, avec un noyau dur de jeunes joueurs en progression, et surtout un niveau de jeu croissant d’année en année. Non qualifié pour les playoffs en 2010 avec un piètre bilan de 27 victoires et 55 défaites, puis petit poucet en 2011 qui tombe logiquement contre le Heat, et enfin équipe solide l’an passé. Si on peut toujours trouver à redire sur la série contre les Bulls avec les blessures de Derrick Rose et Joakim Noah, pousser Boston jusque dans ses retranchements au tour suivant est sans conteste une preuve que cette jeune équipe avait passé un palier.
Manque de chance, la bonne dynamique s’est arrêtée tout net cette année, et il va encore falloir frapper un coup cet été pour relancer la machine. 9e de Conférence, talonnés par les Raptors et hors des playoffs pour la première fois en trois ans, ça stagne à Phily. Pourtant, le premier architecte de cette belle équipe des Sixers avait été Doug Collins. Dès son arrivé en 2010, l’ancien coach de Jordan aux Bulls insuffle à cette équipe un esprit défensif qui les caractérise aujourd’hui encore. Les Sixers ne sont pas l’équipe la plus adroite en attaque, et ne sont pas très à l’aise en jouant up tempo, mais sont extrêmement difficiles à bouger sur jeu placé. De cette manière, ils peuvent battre n’importe qui…mais aussi perdre contre n’importe qui, et c’est ce qui s’est passé trop souvent cette année.

Malgré la perte d’Andre Iguodala, excellent défenseur dans le périmètre avec sa dimension athlétique et sa grande envergure, Phily demeure cette année une des meilleures défenses de la ligue. Mais là où le plan de Collins n’a pas fonctionné, c’est que tout ne s’est pas bien goupillé en attaque. Fait rare pour une équipe avec un bilan négatif, c’est l’attaque qui est défaillante alors que pour la grande majorité des mauvaises équipes c’est quasi tout le temps la défense qui fait défaut. Et il serait injuste d’incomber ce manque de points à Collins. L’échec du trade de cet été, la perte d’Iguodala non remplacé par Andrew Bynum, l’échec du plan de jeu point d’ancrage + shooteurs autour du fait de la blessure de Bynum, un Evan Turner toujours aussi irrégulier, un Jrue Holiday qui s’essouffle… Les causes sont nombreuses, et aucune n’est vraiment la faute de Collins.
L’été prochain sera cruciale pour la franchise, et il faudra faire des choix importants sur plusieurs dossiers : Doug Collins donc, mais aussi Andrew Bynum, les fin de contrat de Nick Young et Dorrell Wright, et pourquoi pas le cas Evan Turner, si les dirigeants décident de jeter l’éponge. L’un dans l’autre, et pour un deuxième été consécutif, ça sent le quitte ou double chez les Sixers. Quitte, on se sépare de Collins, et on recommence à tout reconstruire avec un nouveau coach, une nouvelle mentalité, une nouvelle méthode de travail, Bynum décide de plier bagage, ou pire, est prolongé mais fait une rechute. Double, on garde le staff en place, Bynum joue enfin à son niveau, le casting autour se sublime et on repart pour un tour. La réalité se situera sans doute entre ces deux cas de figure, mais la question de l’entraineur demeure au moins aussi importante que celle de l’ancien pivot des Lakers. Reste à savoir si la direction voudra opter pour un entraîneur moins strict avec ses joueurs et friand d’un basket plus léché, ou si Doug Collins aura droit à une autre chance.
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