Place aux Playoffs

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Golden State Warriors v San Antonio Spurs

Tim Duncan ne cilla pas face au terrifiant spectacle qui se déployait devant lui. Posté depuis l’aube au sommet d’une haute colline herbeuse aux côtés de ses deux hommes de confiance, il attendait patiemment ce moment.

Sans qu’il eu besoin de faire le moindre signe, les deux lieutenants se lancèrent à pleine vitesse en direction de la gigantesque armée. Les deux flèches noires et argent atteignirent la première rangée de soldats en quelques instants.

La Lame de Glace, Tony Parker, se faufila entre les lignes ennemies comme une ombre invisible, tranchant tous les jarrets, tendons, poignets et artères qui se trouvaient à portée de sa courte épée. De nombreux guerriers s’écroulèrent sans que personne ne put réellement apercevoir le chevalier texan.

L’armée ainsi harcelée n’eut cependant pas la possibilité d’élaborer une stratégie pour arrêter ce qu’elle ne pouvait pas voir. Car simultanément l’autre lieutenant du Seigneur Duncan tailladait sans vergogne ses entrailles. Loin de la discrétion meurtrière de son alter ego, le Prince venu des lointaines terres du Sud, Emmanuel Ginobili, enchaînait les arabesques et les mouvements aussi insensés que spectaculaires au milieu des rangs adverses. Son exceptionnel maîtrise de ces gestes impensables et l’imprévisibilité totale qui en découlait semaient panique, terreur et colère dans l’esprit de ses opposants. Rapidement, ces derniers durent surveiller leurs pas pour éviter de trébucher sur les corps de leurs frères d’armes.

Les deux hommes causèrent ainsi de nombreux dégâts. Toutefois cela ne suffit pas à convaincre la puissante armée de renoncer à ses ambitions carnassières. Tim Duncan allait devoir prendre part à la bataille.

Il arriva à hauteur de ses adversaires, son expression flegmatique toujours plaquée sur le visage. D’un grand geste de son épée paraissant beaucoup plus lent qu’il ne devait l’être en réalité, il faucha une bonne dizaine de soldats. Aussitôt la masse ennemie se jeta sur lui. Il para la plupart des attaques -à chaque fois sans faire beaucoup plus que lever un bras ou avancer une épaule cuirassée-, pris quelques coups sans broncher aussi. Mais un observateur extérieur aurait remarqué que la foule d’assaillants devenait toujours plus clairsemée à mesure que les minutes s’égrenaient.

Duncan demeurait debout et stoïque au milieu de la frénésie adverse quand les soldats battirent en retraite de quelques pas pour reprendre leur souffle. L’espace ainsi libéré mis à découvert des dizaines de cadavres. L’air de rien, avec une économie de mouvement infinie et la maîtrise qui a fait sa légende, le vénérable seigneur de guerre a décimé la plus grande partie des guerriers qui s’étaient abattus sur lui de concert.

L’armée venue ravir de force les honneurs des Texans se battit jusqu’au dernier de ses hommes.

Le soleil était désormais bien haut dans le ciel. Tim Duncan traversa la terre battue jonchée de corps sans vie, toujours emprisonnés dans leurs armures d’acier. Il s’arrêta devant l’un deux, un peu plus volumineux que les autres. Une impressionnante hache demeurait coincée dans la main du guerrier mort. Il connaissait bien cette arme, elle avait emporté beaucoup de vies jusqu’à présent. Il tendit la main vers son ancien ennemi et souleva la visière qui lui recouvrait le visage. Il reconnu les traits larges et légèrement enfantins de Zach Randolph. Son double à la peau blanche et à la barbe hirsute, le géant Marc Gasol, ne devait pas se trouver loin.

Sans qu’aucun signe de joie ou de soulagement ne défasse son visage de pierre après cette victoire sans appel, le légendaire chevalier de San Antonio retira son regard du corps inerte et le porta vers l’horizon. Gagner cette bataille n’était rien. Un simple droit de poursuivre sa route, tout au plus.

La guerre ne commencerait que plus tard. Et elle s’arrêtera loin à l’Est, sur les terres de la péninsule floridienne, lorsque la dépouille fumante du Roi-Dragon s’étendra à ses pieds.

StillBallin (http://unlimitednba.blogspot.com/)

3 Comments

  1. Quel plaisir à lire (en espérant que ce soit prémonitoire)

  2. C'est frais, ça fait plaisir un bon petit "papier" comme ça (je sais même pas si on peut appeler ça un papier, plutôt une superbe métaphore filée joliment narrée)

  3. Basket-Infos a les mêmes rédacteurs que posésie.org ?
    Très bon article, merci ! (heureusement qu'il est en lien avec l'echo des parquets, je l'avais loupé)

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