Kobe Bryant : « Je pouvais claquer des 360 en sortant de mon lit, aujourd’hui je dois m’étirer pour toucher la planche »
À l’époque où il claquait encore des windmills, le temps consacré par Kobe Bryant aux étirements, bains glacés et autres massages était de « zéro » selon sa propre estimation. Aujourd’hui âgé de 37 ans et dans son ultime saison NBA, le Laker s’entretient comme une précieuse horlogerie mécanique, qui a besoin de beaucoup de temps et d’attention pour se maintenir à niveau.
C’est qu’il compte tout de même plus de 56 000 minutes au compteur. Certains préparateurs physiques, kinés ou experts divers (dont un thérapeute neuromusculaire et deux chiropracteurs dont un à Orange County où il habite), s’occupent d’ailleurs exclusivement ou presque de Bryant à Los Angeles. L’envers du décor pour permettre à la star de dire au revoir à ses fans à travers le pays, 20 ans après ses débuts dans la ligue. Certains professionnels ont d’ailleurs « toujours » connu ce jeune gamin débarqué de Philadelphie.
C’est difficile. Il veut s’infliger le haut niveau, pas d’une façon agréable, mais à haut niveau. Ce n’est pas assez pour lui de simplement être là. Il a besoin de jouer de la façon dont il joue. Sinon il se dit à quoi bon ? Judy Seto, kiné en chef
Son corps, Bryant le surnomme souvent « le puzzle ». Préparer son corps pour un jour de match lui prend la journée. Une journée qui commence bien avant son arrivée à la salle en milieu d’après-midi, où il fait le point avec son préparateur personnel. Durant les matchs, le but est d’absolument éviter de se refroidir.
Pendant un match, j’essaie de bouger le plus possible. Normalement quand vous êtes assis sur le banc, vous essayez de reposer vos jambes. Je dis fuck à ça. Le repos ne fera aucune différence. Si je ne peux pas bouger, aucune puta** d’importance.
Après les matchs, les séances sont plus courtes et légères, l’objectif étant de relaxer les muscles plutôt que de les activer. Et comme il le fait après les entraînements, place à la glace sur les genoux et les épaules. Sans oublier la boisson secrète des Lakers pour aider à récupérer. Bryant passe également plus de temps dans les bains glacés. Un temps consacré à la préparation et à la récupération qui peut paraître conséquent pour 30 minutes de jeu par match mais qui se révèle d’autant pus efficace les années passant.
Les bénéfices, conséquences et effets s’en ressentent davantage. En vieillissant, cela fait une énorme différence. Ces 2 ou 3% de différence sont énormes. Grâce au temps qu’il a passé à travailler quotidiennement dans le passé, cela prend moins de temps pour le préparer aujourd’hui. Judy Seto
Bryant aime recevoir l’avis de plusieurs spécialistes pour prendre soin de son corps, qu’il connaît particulièrement bien.
Au fil des années, il a fait attention à ce que les gens lui ont dit. Il sait ce que c’est qu’un syndrome de la bandelette ilio-tibiale, il connaît le muscle carré des lombes, le muscle érecteur du rachis. Il vient et il demande à ce qu’on lui débloque ça. Beaucoup de gars ne veulent pas savoir tout ça… Lui si. Il demande toujours ce qu’on est en train de faire. Il travaille très intelligemment actuellement. Je suis à 100% derrière lui dans sa façon de s’entraîner à l’heure actuelle et cela n’a pas toujours été le cas. Travailler plus dur, plus dur plus dur, plus dur, plus maintenant. Si vous continuez à vous entraîner malgré la fatigue, cela devient plus difficile à traiter. Gary Vitti
Travailler avec Kobe Bryant était également souvent synonyme d’appels à 2h du matin pour une petite séance de travail…
Avant j’arrivais à la salle et je claquais un windmill sans effort. Aujourd’hui je dois m’étirer rien que pour toucher la planche. Je pouvais sortir du lit et faire des 360. C’est pas dingue ?
Pour durer dans le métier, Bryant n’a eu d’autre choix que d’évoluer.
Je pense que c’est un tout. Sur une longue période, être régulier dans ses étirements, son hydration, sa nutrition, les bains d’eau glacée, les soins, etc. La combinaison de toutes ces choses mettra votre corps dans une solide position, dans laquelle je suis actuellement et où j’espère rester.
Les jours de repos, Bryant (très heureux de n’avoir jamais beaucoup souffert du dos) se concentre sur les étirements et court pendant 5/6 minutes sur un tapis de course, juste pour activer la circulation et rappeler à ses jambes qu’il reste encore un peu de chemin à parcourir. La musculation, c’est 3 à 4 fois par semaine. Des séances silencieuses et appliquées de 20 à 40 minutes. Le bon vieux temps est bel et bien passé mais le n°24 va apprécier chaque jour qui le sépare de sa nouvelle vie sans basket, dans quelques mois.
via ESPN