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[Draft 2016] Quelle équipe pour Ben Simmons?

Le printemps arrive, et avec lui la March Madness ! Le tournoi qui clôt la saison NCAA est aussi une manière de découvrir les futurs joueurs NBA, et de se projeter sur la draft à venir. Basket-Infos vous propose donc une plongée anticipée dans la draft 2016, en trois parties. Après s’être posé dimanche 10 questions sur ce qu’on doit attendre de cette draft, puis avoir fait hier la description des meilleurs prospects, on finit avec quelques réflexions sur l’équipe la plus adaptée au probable (?) futur first pick, Ben Simmons.

 

Jusqu’à la semaine dernière, la course au first pick ne présentait guère de suspense cette année : Ben Simmons était l’immense favori pour être appelé en premier par Adam Silver, et seul Brandon Ingram semblait avoir une (petite) chance de le détrôner. Aujourd’hui, et notamment depuis la nouvelle Mock Draft de Draft Express publiée hier, Ingram a le vent en poupe, et la possibilité de voir Simmons choisi en deuxième position n’est plus absurde. Au vu du profil très atypique du jeune ailier australien, des doutes et des espoirs immenses qui l’accompagnent, on a décidé, en attendant que la lottery, encore lointaine, arrive, de se demander pour quelle équipe Simmons serait la meilleure pioche – qu’il soit choisi en première position, comme cela reste le plus probable, ou en deuxième.

Rappel : les quatorze équipes ne participant pas aux playoffs ont une chance de recevoir le first pick, chance qui va de 25 % pour l’équipe avec le pire bilan, à 0.5 % pour le meilleur. On a donc gardé ici les équipes dont on peut raisonnablement penser qu’elles sont éliminées de la course aux playoffs (même si Utah garde une vraie chance). On étudiera donc onze cas : si les Wizards manquent les playoffs, ils doivent donner leur pick à Phoenix, qui en a déjà un ; la 8e place à l’Est étant encore loin d’être prise, on laisse de côté Pacers, Pistons et Bulls ; quant à Sacramento, ils n’auront jamais Ben Simmons. Pourquoi ? Si jamais ils avaient la chance de récupérer le first pick à la lottery, ils devraient aussitôt le donner aux Sixers. Un résultat du trade de Nik Stauskas cet été, dans lequel Vlade Divac a sacrifié plusieurs assets pour libérer de l’espace salarial, avec le magnifique résultat que l’on voit cette saison. Si jamais ce cas de figure (la probabilité est mineure) arrivait, un déménagement à Seattle deviendrait franchement nécessaire.

Pour chaque équipe concernée, on note sur 10 le degré de compatibilité de Ben Simmons avec les bases qui forment le futur de chaque franchise. Rappelons le profil de l’ailier australien, développé hier : un meneur dans un corps d’intérieur, très athlétique mais dépourvu de jump shot, ce qui devrait l’amener à jouer poste 4 en NBA. Un scout parlerait de lui comme d’un « Rajon Rondo en plus grand, ou un Evan Turner en plus athlétique », sans qu’on sache trop la part du compliment et de la critique dans ce genre de comparaison ? Vous pouvez retrouver ici le profil du joueur rédigé par Guillaume.

 

Philadelphie

Avec un probable pire bilan de la ligue à venir, les Sixers auraient 25% de chances d’avoir le first pick. Autant dire que la probabilité de voir Simmons au Wells Fargo Center l’an prochain est importante. Autant dire, également, que Sam Hinkie aurait sans doute préféré tomber sur une draft dont le meilleur prospect soit un meneur ou un arrière, plutôt que cet énergumène incapable de shooter, et dont le poste et le profil ressemble étrangement à celui de Dario Saric, qui devrait débarquer cet été. Simmons serait un ajout formidable pour les Sixers, parce qu’il peut être LA star que Philadelphie attend depuis le début de The Process, et qu’il serait capable de mener une attaque qui a bien besoin d’un patron (même si on aime bien Ish Smith, hein). En même temps, son arrivée poserait toutes sortes de questions. L’avenir de Simmons en NBA est sûrement au poste 4, vu son absence de shoot. A l’intérieur, les Sixers disposent déjà de Noel, Okafor et Embiid, tous les trois des pivots dont la complémentarité reste à prouver (pour Noel et Okafor, ça semble déjà le cas : c’est un grand non). S’il faut intégrer Dario Saric et Ben Simmons à tout ça, Brett Brown risque de sérieusement s’arracher les cheveux : comment aligner Simmons sans sacrifier au moins deux des autres ? Comment l’intégrer à une attaque ayant un spacing suffisant ?

Entendons-nous bien : si les Sixers ont bien le first pick, passer sur Ben Simmons serait sans doute une grosse erreur. Même si Hinkie n’est plus le seul maître à bord, on ne voit pas comment la franchise pourrait sacrifier la possibilité de récupérer une telle star potentielle. Mais son arrivée signifierait à coup sûr un grand jeu de chaises musicales, avec au moins un des trois pivots échangés, si ce n’est deux. Superbe casse-tête en perspective.

Degré de compatibilité : 7/10

LA Lakers

Sans que l’on sache exactement quelle est la marge de progression de chacun, Russell, Clarkson et Randle ont gagné le droit de réclamer les places de titulaires sur les postes 1, 2 et 4 pour le futur. Ben Simmons peut-il s’intégrer avec ce trio ? Le faire jouer poste 3 est, on l’a vu, un risque pour le spacing de l’équipe, qui peut être compensé s’il est entouré de shooteurs, vu ses capacités de playmaking. Ça tombe bien, Russell et Clarkson sont de bons shooteurs. Randle, en revanche, n’écarte que modérément le jeu, et est plus à son aise près du panier. A moins de trouver un pivot capable de shooter de loin, le pari peut paraître risqué, d’autant que Russell et Clarkson ont besoin du ballon, et seraient sans doute plus efficace avec un ailier shooteur à leurs côtés (tiens, Brandon Ingram). Cela dit, Simmons a une marge de progression plus importante que Randle : échanger ce dernier pour laisser la place au prodige australien pourrait être aussi une solution, susceptible d’accélérer la reconstruction des Lakers s’ils parviennent à récupérer un solide vétéran par ce biais.

Degré de compatibilité : 7/10

Phoenix

Avec EricBledsoe, Brandon Knight et Devin Booker, les Suns ont déjà un backcourt bien (trop ?) plein. Avec Alex Len, ils ont un prospect à développer au poste 5. Restent deux gros trous sur les postes d’ailiers, où seul TJ Warren est une solution d’avenir. Ben Simmons serait dans cette équipe, une solution parfaite : adapté au traditionnel jeu rapide des Suns, capable d’écarter le jeu à la mène pour la gâchette redoutable qu’est déjà Devin Booker, compatible avec Bledsoe, qui a pris l’habitude de jouer avec un deuxième playmaker à ses côtés. Le trio Bledsoe-Booker-Simmons ferait instantanément passer Phoenix dans les équipes les plus sexys de la ligue. On en salive d’avance.

Degré de compatibilité : 10/10

Boston

Récupérer le first pick via un échange hisserait définitivement Danny Ainge au rang de génie (et Billy King au rang de GM le plus minable de l’histoire). D’autant que l’idée de voir Ben Simmons coaché par Brad Stevens est l’une des perspectives les plus excitantes qui soient, lorsque l’on voit ce que ce dernier a réussi à faire d’Evan Turner, dont le jeu n’est pas si éloigné de celui de Simmons. La conjoncture serait presque parfaite pour Boston : avec Simmons, ils pourraient avoir leur future star sans même dépenser leur collection d’assets, qui pourrait donc servir à recruter de très solides joueurs de complément. Avec sa polyvalence et son intelligence de jeu, Simmons ne devrait pas avoir trop de mal à s’intégrer dans le système de Stevens, d’autant que le poste 4 est occupé par des joueurs intéressants, mais pas absolument indispensables (Olynyk, Sullinger, Jerebko). Son profil de playmaker prendrait la place d’Evan Turner, avec un rôle plus important, évitant ainsi aux Celtics de surpayer l’ancien Sixer cet été. Et défensivement, Simmons aux côtés de Bradley, Crowder ou Smart pourrait faire très mal.

Degré de complémentarité : 10/10

Minnesota

Petit à petit, les Wolves dégagent l’ossature de leur équipe du futur : Rubio à la mène (avec des rumeurs de transfert, néanmoins), Wiggins à l’aile, Towns pivot. LaVine semble s’imposer au poste 2. Reste le poste d’ailier-fort, où ni Gorgui Dieng, ni NemanjaBjeliça ne semblent des solutions évidentes sur le long terme. Vous nous voyez venir ? L’arrivée de Ben Simmons, au-delà de l’invraisemblable chance qui permettrait à une équipe d’aligner les trois derniers n°1 de la draft, viendrait presque idéalement apporter une réponse au gros point d’interrogation du complément de Towns pour le futur. Towns-Simmons : une raquette futuriste, avec deux joueurs rapides, à l’intelligence de jeu exceptionnelle, capables de jouer smallball sans sacrifier l’aspect défensif. Par ailleurs, le dribble très hésitant de Wiggins rend nécessaire la présence d’un deuxième playmaker aux côtés de Rubio – d’où le processus un brin laborieux de développement de LaVine au poste 1. Simmons corrigerait idéalement ce défaut. Deux ombres au tableau, néanmoins : avec Rubio et Wiggins, Minnesota a déjà deux shooteurs extérieurs médiocres, même si une amélioration progressive du Canadien n’est pas à exclure. L’arrivée de Simmons pourrait donc entraîner à terme le trade de Rubio, remplacé par un meneur moins playmaker (avec Simmons, le besoin est moindre) mais plus adroit. Deuxième réserve, plus sérieuse : qui coachera cette équipe l’an prochain ? Le playbook complètement vieillot de Sam Mitchell serait le meilleur moyen de gâcher des talent saussi atypiques, et d’enfermer Simmons dans son défaut principal, le manque de shoot extérieur.

Degré de compatibilité : 8/10

New Orleans

L’avenir des Pelicans est quelque peu brouillé par cette saison calamiteuse, et il est difficile de deviner qui fera encore partie de l’effectif l’an prochain (Gordon et Anderson sont free agents). Quand on a un franchise player qui a tout pour être un futur MVP, drafter un joueur dont le poste idéal est le même ne semble pas l’idée du siècle. Cela étant, Davis et Simmons n’ont pas du tout le même profil, et une gamme de talents telle que leur association n’est pas absurde. Alvin Gentry est un coach défensif médiocre (qui a dit catastrophique ?) mais il ne manque pas d’idées en attaque : on pourrait tout à fait imaginer une raquette smallball Simmons-Davis, avec l’Australien jouant un peu le rôle que Gentry donnait à Green aux Warriors. Sur 10 ou 15 minutes par match, c’est envisageable, surtout avec l’adresse grandissante de Davis derrière l’arc. On n’ira pas jusqu’à dire que Simmons est la recrue parfaite, mais vu l’incertitude qui entoure cet effectif, il y aurait moyen de créer quelque chose de très intéressant.

Degré de compatibilité : 7/10

Denver

Les Nuggets continuent tranquillement leur reconstruction, et ont semble-t-il trouvé leur meneur (Mudiay) et leur pivot (Jokic plus que Nurkic, sans doute), tout en ayant des solutions intéressantes sur les postes 2 et 3 avec Gary Harris et Gallinari (même si sa fragilité est un vrai bémol). Poste 4, Kenneth Faried est disponible anytimepour un transfert, ce qui ne manquerait pas d’arriver en cas de débarquement de Ben Simmons dans les Rocheuses. L’Australien pourrait former une raquette à l’intelligence de jeu supérieure avec Jokic, d’autant que le pivot est capable, lui, de tirer de loin. Simmons et Mudiay se marcheraient peut-être un peu sur les pieds, mais récupérer le first pick serait un moyen idéal pour les Nuggets d’échapper à un destin d’équipe remplie de joueurs intéressants, mais sans star, un chemin qu’ils semblent bien partis pour emprunter. Qui plus est, Mike Malone est un coach intelligent, qui saurait sans doute développer Simmons de manière satisfaisante. En bonus, les Nuggets pourraient progresser dans la constitution d’un roster sans aucun joueur américain.

Degré de compatibilité : 9/10

Toronto

Récupérer un pick haut placé lorsqu’on est dans les premières positions de sa conférence, c’est un peu avoir le beurre et l’argent du beurre. C’est aussi se retrouver, quoi qu’on en pense, dans une situation délicate : comment mener de front le développement d’une future star et l’exigence de victoire immédiate ? C’est bien pour cela que l’arrivée de Ben Simmons causerait sans doute de sacrés maux de tête à Masai Ujiri. D’un côté, son équipe est 2e de la conférence Est, a une fenêtre de tir limitée pour jouer le titre, et doit absolument se renforcer avec des éléments pouvant apporter une contribution sans attendre. De l’autre, il est fort possible que cette équipe ait déjà atteint son maximum, et Toronto pourrait peu à peu décliner si son GM ne fait pas un move important. Avec Simmons, les Raptors auraient de quoi remplir un poste 4 un peu léger (Scola, Patterson) et s’assureraient un futur ; mais dans quelle mesure serait-il compatible avec Lowry et DeRozan, surtout depuis que ce dernier prend de plus en plus en charge la création sur pick& roll ? Ne serait-ce pas gâcher le talent de Simmons, et prendre le risque de bouleverser l’harmonie de l’équipe ? Un sacré cas de conscience, qui reste de toute façon de l’ordre du peu probable vu la future hauteur du pick.

Degré de compatibilité : 5/10

Milwaukee

S’il y a bien une équipe où Ben Simmons ne serait pas du tout à sa place, c’est celle-là. Les Bucks ont déjà deux possibles (super ?)stars aux postes 3 et 4, dont l’une (Antetokounmpo) a de belles qualités de playmaking, et l’autre (Parker) n’a pas (encore) de shoot extérieur, et ne peut pas jouer pivot dans un 5 smallball. A l’heure actuelle, les Bucks n’ont que deux choses à faire : trouver un meneur capable de shooter à 3-pts, et régler la question de Greg Monroe. Pas de place pour Ben Simmons dans ce plan-là.

(Entre parenthèses, on se demande bien ce que ferait les Bucks s’ils récupéraient le first pick. Un échange ? Prendre Brandon Ingram, mais pour le faire jouer où ?)

Degré de compatibilité : 1/10

Orlando

Le roster du Magic n’est pas très compréhensible, et cela ne va pas en s’arrangeant. Après quatre ans de reconstruction sans playoffs, la qualification sera essentielle pour Orlando l’an prochain. Plus le temps d’accumuler les jeunes, d’autant qu’il y en a encore beaucoup à développer. Aaron Gordon semblant être le poste 4 du futur pour le Magic, l’arrivée de Simmons ne ferait sans doute qu’augmenter la confusion permanente dans les rotations. Quant à ajouter un énième playmaker à un 5 où tout le monde veut le ballon (Payton, Oladipo, Fournier, Hezonja) et où le shoot extérieur n’est pas une force évidente, il y a là de quoi être perplexe. En même temps, Simmons permettrait peut-être au Magic de s’arracher à la médiocrité et d’avoir enfin la star qu’aucun des joueurs de l’effectif actuel semble capable d’être. Ce qui signifierait, inévitablement, se lancer dans une grande entreprise de réaménagement de l’effectif.

Degré de compatibilité : 6/10

Utah

Bof. Il ne manque pas grand-chose à Utah pour passer un palier, ce pas grand-chose étant, tout le monde s’accorde à le dire, un vrai meneur. Au poste 4, Derrick Favors est un très solide titulaire, complémentaire de Rudy Gobert. Au poste 3, Gordon Hayward est le leader de l’équipe, quasiment inéchangeable. Hayward comme Hood sont capables de relayer leur meneur pour lancer les pick&rolls, ce qui rend les qualités de playmaker de Simmons moins intéressantes. Bref, on ne voit pas trop comment ce dernier pourrait apporter une réelle solution d’avenir au Jazz. Point positif : il retrouverait ses compatriotes Dante Exum et Joe Ingles. (Comment ça, ce n’est pas un argument ?)

Degré de compatibilité : 3/10.

 

Bilan

Pour les fans de trades : Simmons aux Sixers, Hinkie fait exploser la planète NBA en tradant tous ces pivots le soir de la draft.

Pour les fans des top 10 : Simmons aux Suns, pour le voir jouer avec Bledsoe et Booker. Et PJ Tucker, aussi.

Pour les fans du beau basket : Simmons aux Celtics, pour le voir coaché par Brad Stevens.

Pour les fans de l’équipe d’Australie : Simmons à Utah.

Pour le fan que je suis : Simmons à Minnesota.

Pour les fans des surprises : Ingram first pick. L’ailier de Duke collerait aux besoins de pas mal d’équipes ci-dessus, à part Milwaukee et Utah. La course à la place de n°1 va peut-être s’avérer intéressante à suivre, finalement.

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2 réflexions sur “[Draft 2016] Quelle équipe pour Ben Simmons?

  • Droopy_yessah

    Décidement! Jonathan Givony ne doit porter Simmons dans son coeur! J'ai lu son article très critique envers l'australien quant à son statut de N°1! Lorsqu'un NBA Exec. parle de comparaisons, on y voit un Royce White amaigri!! WTF!!!
    http://sports.yahoo.com/news/why-ben-simmons-isn-

    Il démonte son caractère sur le terrain, il ne semble pas assez concerné par la victoire, il ne prend pas les choses en main, une défense sur l'homme moyenne, son shoot, et son jeu sur demi-terrain…

    En fait, les gros points faibles de Simmons se révèlent être des atouts chez Ingram. Je pense quand même qu'Ingram profite de l'excellent travail de Grayson Allen en attaque qui permet de créer des décalages et des positions ouvertes pour Ingram.

    Sinon, je vois bien Philly drafter Simmons en N°1 puis Boston faire le forcing pour le récupérer en échangeant des picks + des joueurs ;)

  • Rapha

    Givony est vachement sévère sur Simmons je trouve…
    Il va forcément y avoir des échanges à la draft, avec cette concentration de picks plus la situation particulière de Phila, ça va dégainer dans tous les sens!

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