Les anecdotes de Gary Vitti en 32 ans aux Lakers
Voilà 32 ans que Gary Vitti travaille pour les Lakers en tant que préparateur physique. Kareem Abdul-Jabbar, Magic Johnson, Kobe Bryant, tous ont défilé sous ses yeux au fil des années. Alors il a forcément quelques anecdotes intéressantes à raconter à l’aube de sa retraite…
Octobre 1984 : training camp au College of the Desert (Palm Springs). Magic Johnson, James Worthy et Kareem Abdul-Jabbar s’entraînent à traverser le terrain en 3 passes. Le ballon ne touche jamais le parquet. « Ils étaient comme des biches. C’est la première fois de ma vie que j’étais en admiration comme ça ».
Novembre 1984 : dans le vestiaire du Forum. Magic n’adresse toujours pas la parole au nouveau préparateur moustachu et aux cheveux bouclés qui vient de l’université de Portland. Magic marmonne une insulte inintelligible dans sa barbe et Vitti lui lance un regard qui en dit long. Magic craque, il soulève Vitti au-dessus du sol avant de lui crier : « Je te chambre ! ».
Décembre 1987 : bus de l’équipe, Washington D.C. Pat Riley, head coach, veut déplacer le shootaround plus près de l’hôtel des Lakers, situé au centre ville et plus éloigné du Capital Centre. « On ne peut pas faire ça », lance Vitti. « Il est 1h du matin et le shootaround est à 10h ». « Retire « on ne peut pas » de ton vocabulaire », lui répond alors Riley.
[Retrouvez ici notre interview de Nicolas Batum]
Juin 1989 : boot camp pré-Finales au Westmont College à Santa Barbara. Kareem-Abdul Jabbar fait du yoga pendant que tout le monde s’étire. « Il faisait toujours du yoga alors qu’à l’époque personne n’en faisait. Il parlait de gainage quand personne ne parlait encore de gainage. Il utilisait des « rollers » pour ses exercices d’abdos. Maintenant tout le monde fait ça. Il était en avance sur son temps ».
Octobre 1991 : vestiaire de Loyola Marymount University (Los Angeles), Magic croise Vitti avant l’entraînement. Depuis 2 semaines Vitti cache son secret (il est atteint du SIDA) aux Lakers, leur disant que le meneur a la grippe. « Ca va ? », demande Vitti. « Car moi, non ». Magic sourit : « Je vais bien. Quand Dieu m’a donné ça, il l’a donné à la bonne personne. Je vais faire quelque chose de bien avec ça. ». Vitti pleure, pas Magic.
Février 2016 : Staples Center, Kobe Bryant se disloque le majeur droit contre les Spurs. Vitti se souvient des Finales 2000 à Indiana, lorsqu’il avait remis en place l’os cuboïde du pied gauche du joueur, mais aussi des Finales de Conférence 20002 à Sacramento, lorsqu’il est à son chevet dans sa chambre d’hôtel après une intoxication alimentaire, ou encore une soirée à San Antonio l’hiver dernier, lorsqu’il arrive à le convaincre de se faire opérer de l’épaule pour réparer sa déchirure de la coiffe des rotateurs. « Il voulait jouer ». Retour en 2016. Il remet le doigt de Bryant en place avant de lui donner une tape amicale sur la tête, l’air de dire : « C’est bon, vas-y gamin ».
via ESPN