NBA Free Agency : Focus sur le Thunder; Paul George (et une facture monstre) ou rien ?
La Free Agency NBA démarre dimanche et d’ici là nous allons faire un tour d’horizon des principales franchises pour en savoir plus sur leur situation financière et ce qu’elles peuvent
Après les Houston Rockets, les Golden State Warriors, et les Boston Celtics, focus sur une équipe qui a déçu cette saison et dont la free agency pourrait être compliquée : le Thunder d’Oklahoma City.
Pour être le plus clair possible dans cette jungle infernale que sont les finances NBA, nous vous présentons l’effectif de chaque franchise en distinguant 3 catégories
- les salaires engagés, c’est-à-dire le total des salaires des joueurs sous contrat pour l’année prochaine, plus le montant du contrat des futurs rookies. Sur le tableau ci-dessous ce sont les joueurs dont le salaire n’est pas surligné pour 2018-19
- les salaires potentiellement engagés, qui recouvrent tous les contrats qui ne sont pas encore garantis pour l’an prochain. Cela concerne les Player Option (salaire surligné en vert), qui permettent à un joueur de mettre fin à son contrat un avant son terme, les Team Option (salaire surligné en bleu), qui sont l’équivalent pour les franchises, et les contrats non-garantis (salaire écrit en rouge).
- les joueurs libres (free agents), qui n’ont pas de contrat pour l’an prochain. Ceux-ci peuvent être free agents restrictifs (salaire surligné en rouge), ce qui donne la possibilité à leur franchise de s’aligner sur n’importe quelle offre de contrat qui leur est faite, ou free agents non-restrictifs (Salaire surligné en jaune), c’est-à-dire libres de signer où bon leur semble.
- Les franchises NBA ont le droit de recruter autant qu’elles veulent tant qu’elles ne dépassent pas le Salary Cap, une limite qui devrait être fixée cette année à 101 millions de dollars.
- Si elle est au-delà de cette limite avant la free agency, la franchise peut tout de même recruter, mais avec des limitations. Elle utilise pour cela des exceptions : la Mid Level Exception (MLE), d’un montant de 8,6 m$ ; la Bi Annual Exception (BAE), d’un montant de 3.4 m$, disponible un an sur deux ; et la Minimum Exception, qui permet de signer autant de joueurs qu’elle le souhaite au contrat minimum.
- Une autre limite existe en NBA, la Luxury Tax. Il s’agit du palier au-dessus du Salary cap, fixé à 123 m$. Toute équipe dont la masse salariale dépasse ce montant paye une taxe et est encore plus limitée dans son recrutement, puisqu’elle ne peut plus signer de free agents qu’avec les contrats minimums et la mini-MLE, une réduction de la Mid Level Exception à un montant de 5.3 m$.
- Il existe aussi la Room Mid Level Exception, disponible pour les équipes en-dessous du salary cap. Elle permet à des équipes de dépasser le salary cap après avoir utilisé leur espace sous le cap. Elle est d’au maximum 2 ans pour 4.4 m$.
- Grâce à des droits que l’on nomme les Bird Rights, toute franchise a le droit de resigner ses propres free agents, même en dépassant le salary cap. Mais une équipe n’a pas le droit de signer des free agents grâce à l’espace libéré par le départ de ses joueurs, puis de resigner ces derniers juste après en utilisant les Bird Rights. Le salaire des free agents continue en effet de peser dans les comptes tant qu’une équipe n’a pas renoncé à ses Bird Rights : c’est ce qu’on appelle le cap hold (Salaire surligné en jaune).
Si vous n’y comprenez rien, ou que vous avez des doutes sur telle ou telle situation, je vous conseille de vous référer au guide des finances réalisé par Basket Infos en 2011, cela devrait clarifier les choses pour certaines notions même s’il y a eu des évolutions dans le fonctionnement.
Voici donc la situation pour le Thunder, et dés le premier coup d’œil, on se dit que ce n’est pas encourageant. (A noter que Melo a activé depuis sa player option et Paul George l’a déclinée)

L’été du Thunder est lié à deux joueurs, Paul George et Carmelo Anthony, et à leur décision. Pour Melo c’est déjà réglé, il a décidé sans trop de surprise d’activer sa player option de 27.9 millions de dollars, ce qui n’arrange pas du tout OKC au vu de son rendement cette saison, très loin d’un joueur de ce salaire. Quant à Paul George, le sera free agent après avoir décliné sa player option de 20.7 millions de dollars.
Bien sûr le dossier Paul George est la priorité et l’équation semble simple et on peut penser que cela va se résumer à ça : soit Paul George signe au max avec le Thunder, soit il signe au max avec les Lakers. La seconde option serait un énorme coup dur sportivement pour OKC, pas besoin de s’attarder là-dessus, c’est une évidence. L’avantage pour les dirigeants d’OKC c’est qu’ils peuvent lui offrir un contrat de 175.7 millions de dollars sur 5 ans contre 130.29 millions de dollars sur 4 ans pour les autres équipes. Impossible de dire pour le moment où il signera mais au fil de la saison les chances d’OKC auraient augmenté. Suffisant ?
Une chose est certaine c’est que si OKC tire le gros lot, les propriétaires auront une facture de luxury tax astronomique ! En effet ils pourraient se retrouver avec une masse salariale de 148 millions de dollars et pas moins de 85.2 millions de dollars de luxury tax avec seulement 10 joueurs ! S’il n’y a pas de titre au bout, surtout dans un petit marché comme OKC, ce serait dur à avaler pour les proprios.
Il faudra en plus ajouter des joueurs au roster et même au minimum cela coûtera une blinde au final en prenant en compte la luxury tax. Il va y avoir le cas de Jerami Grant à régler, lui qui a été un élément important de la rotation cette saison et qui sera free agent. Si George re-signe, chaque dollar qui sera donné à Grant en coûtera en fait 4.75 dollars à OKC. EN gros s’il signe pour 8 millions de dollars, ce à quoi il peut prétendre sur le marché, cela ferait 43 millions de dollars au final. Forcément cela va refroidir les dirigeants même si le garder serait une belle affaire sportive au vu des qualités athlétiques et défensives de l’ailier.
Pour le reste du roster il faudra offrir des contrats au minimum et sans doute signer un ou plusieurs extérieurs en utilisant la mini mid-level exception (ils sont déjà au-dessus de la luxury tax, soit 5.3 millions de dollars). Utiliser la mini MLE coûtera encore une fortune et il faudra bien l’utiliser s’ils décident de le faire, et pas facile de trouver un excellent joueur avec ce salaire, encore moins si elle est divisée en 2. Corey Brewer et Raymond Felton pourraient eux re-signer au minimum.
Si George ne re-signe pas, au final ça ne changera pas grand-chose, cela coûterait juste un peu moins notamment s’ils ne tentent pas de le remplacer, mais l’addition sera tout de même salée. Par exemple, re-signer Grant à environ 8 millions de dollars mettra OKC au-dessus de la luxury tax et ils n’auront toujours aucune flexibilité si ce n’est d’offrir des contrats pour le minimum ou la taxpayer mid-level de 5.3 millions de dollars. En conclusion, l’effectif sera moins bon mais encore très cher, avec une probabilité de remporter le titre sans doute nulle. La pire situation possible, demandez aux Nets, qui eux au moins ont eu au début un petit espoir sur le papier.
A noter que Carmelo Anthony et OKC pourraient négocier un buyout, ce qui allégerait la facture pour les dirigeants de quelques millions, mais ne changerait rien vis-à-vis du salary cap.
A choisir, il vaudrait mieux que Paul George re-signe…