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George Hill : « Le basket est le dernier de mes soucis »

C’est non sans une certaine émotion dans la voix que George Hill s’est exprimé vendredi au cours d’une conférence vidéo organisée par Amp Harris Production sur la situation vécue par les personnes noires au sein de la société américaine actuelle.

« Si je n’avais pas eu le talent, j’aurais pu être ce George Floyd. J’aurais pu être comme tous les membres de ma famille qui ont été abattus dans les rues d’Indianapolis. Donc oui, pour moi cela a encore plus d’impact parce que j’ai vu ces meurtres, et j’ai vu la brutalité policière. J’ai vu mon cousin allongé au sol pendant une heure et demie avant qu’un autre policier arrive. J’ai vu ça. Cela m’émeut parce que ça fait vraiment mal. J’ai des enfants métisses et j’aurai peur toute ma vie.

[…] Quand tu vois tout ça tu te dis : ‘Je dois me protéger moi-même, je ne peux pas attendre qu’ils le fassent pour moi. Je vois ce qu’ils font, ils n’en ont rien à foutre de nous’. Si tu es capables de poser ton genou sur la gorge de quelqu’un pendant 8 minutes et 46 secondes, c’est que tu n’as pas de cœur. Pas de pouls. Si tu peux sourire, mettre ta main dans ta poche et que ceux autour de toi ne font rien, c’est qu’ils ne sont pas humains non plus.

Même s’il a tout fait pour être préparé à une reprise (prévue le 30 juillet), le basket est clairement passé au second plan dans l’esprit du meneur des Bucks, originaire d’Indianapolis.

« Pour moi oui c’était beaucoup de frustration de voir ça oui. Est-ce que ça me donne envie de sortir tous les pistolets que je possède ? Oui. Mais est-ce que ça va aider ? Non. Ça fait 400 ans que ça dure, c’est toujours pareil. Ils sont censés nous protéger et ce n’est pas le cas. Quand est-ce qu’on en aura marre de ça ? C’est une question difficile, surtout quand on entend des : ‘Tais-toi et dribble’. Non, je ne vais la fermer et dribbler. Je m’en fous que vous preniez mon contrat, que vous disiez que je suis ci ou que je suis ça, je suis humain. J’ai un cœur, un pouls, des émotions. Je  suis un homme. J’ai des enfants, je suis un père. J’ai une femme. Des amis. Des proches. Je ne vais pas me contenter de jouer et de la fermer.

[…] Je bosse sur mon jeu, mon corps et ce genre de choses depuis le premier jour que tout ça a commencé, mais en ce moment, je me fiche du basket. C’est le dernier de mes soucis. Je suis béni de pouvoir jouer au basket. Et quand le ballon s’élève, je suis prêt à jouer, j’aime l’aspect compétition, mais ce n’est pas qui je suis. Donc le basket est la dernière chose que j’ai en tête. Je me fiche de tout ce qui se passe. Je pense qu’il y a des soucis plus importants et de plus grandes choses à aborder dans la vie actuellement qu’un match de basket. Mais ça reste mon opinion personnelle. » Hill

La légende WNBA Tamika Catchings, le coach de l’université de Butler LaVall Jordan et le linebacker des Indianapolis Colts Anthony Walker Jr. ou encore Myles Turner (Pacers) ont également participé à la discussion intitulée « The State of Black America: A Discussion with Representatives from Sports & Entertainment« .

« Je ne sais pas comment cela va m’affecter sur le terrain de basket. Je sais que physiquement j’ai bossé très dur durant toute la suspension. Je n’ai pas pris un jour de repos. Je me démène. Je suis en très grande forme physique, mais mentalement, j’ai encore un peu de boulot à faire. Je suis payé des millions pour aller sur un parquet et jouer à haut niveau, donc il y a un côté : ‘Man, tu dois prendre sur toi, tu es payé pour aller sur le terrain et faire ce pour quoi tu es payé.’ J’adore le basket, c’est en partie ce qui fait que je suis moi, mais en tant que jeune athlète noir, j’ai une responsabilité pour participer au changement. » Myles Turner

via ESPN

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