Isaiah Stewart, l’outsider au mental d’acier
Sélectionné à la 16e position par les Portland Trail Blazers avant d’atterrir aux Detroit Pistons, Isaiah Stewart est devenu l’une des bonnes pioches de cette Draft. L’enfant de New York a compilé de bons chiffres (7.9 pts, 6.7 rbs, 1.3 blk, 55.3% FG, 69.6% FT) et séduit son entraîneur. Au point d’être nommé dans le deuxième cinq des rookies 2020-21. Néanmoins, tout n’a pas toujours souri à Stewart. Derrière ce parcours sans accros se cache le travail acharné d’un jeune sous-estimé. La gloire et la blessure du lycée, les doutes sur ses capacités, son arrivée « chaotique » en NBA et, finalement, l’affirmation aux Pistons, tel est le chemin parcouru par Stewart.
Blessure, doutes et Draft : Un parcours semé d’embûches
En 2016, alors qu’il participait à un match de préparation pour l’équipe des moins de 16 ans de Team USA, Isaiah Stewart s’est gravement blessé au niveau du coccyx. Cela ne l’a pas empêché de briller lorsqu’il jouait au lycée (New York et Indiana). Les fans se bousculaient pour le voir jouer et il avait acquis une grande renommée nationale. En 2019, la plupart des médias spécialisés (ESPN, 247Sports, Rivals, VC) le plaçaient dans le top 4 des meilleurs lycéens du pays. C’est lors de son année universitaire que les premiers doutes sont apparus. Certains recruteurs voyaient en lui un joueur unidimensionnel, incapable de défendre dans la raquette et au-delà. De plus, son équipe, les Washington Huskies, a beaucoup déçu et a fini la saison 2020 avec un bilan négatif (15v17d). Toutes ces critiques l’ont aidé à rebondir.
« À l’université, tout le monde a commencé à dire que j’étais un joueur unidimensionnel, qu’il y avait beaucoup de choses que je ne pouvais pas faire sur le terrain, que je ne protégeais pas le cercle, que je ne pouvais pas défendre au large. (Les médias et les recruteurs) commençaient même à se demander si je pouvais défendre sur des gars qui jouaient au même poste que moi. J’ai pris tout cela en compte, j’en ai pris note. » Isaiah Stewart
Arrivé à la Draft 2020 avec le statut d’intérieur rugueux, Stewart devait être sélectionné en fin de premier tour selon de nombreux médias. C’est Portland qui l’a finalement choisi à la 16e place. Mais l’aventure ne s’arrête pas là. Quatre jours plus tard, il est transféré à Houston avec Trevor Ariza en échange de Robert Covington. Deux jours après, une nouvelle transaction incluant Isaiah Stewart est annoncée : il part à Detroit aux côtés de Trevor Ariza en échange de Christian Wood et deux picks de Draft. Le point final de cette intervient fin novembre 2020 quand il signe enfin son contrat rookie avec Detroit (2+2).
La boxe comme moteur et le paternel comme modèle
Dans un long entretien avec The Athletic , le pivot des Pistons est revenu sur son passé. On y apprend que son père et la boxe ont joué un rôle déterminant dans sa trajectoire sportive. Fils d’un ouvrier jamaïcain, Stewart a été élevé dans un milieu populaire où la valeur du travail était considérable. Voir son père rentré du travail en étant exténué a forgé l’âme de Stewart qui en faisait son héros.
« J’ai simplement vu mon père travailler si dur. À un jeune âge, il m’a montré ce qu’est le travail acharné, ce qu’est l’éthique du travail. C’est juste quelque chose en moi, et c’est la façon dont je vis ma vie. » Isaiah Stewart
Son père l’a toujours encouragé à entretenir son corps, à pratiquer une activité sportive. Ayant débuté par le soccer, c’est avec la boxe que le jeune Stewart a pu canaliser son énergie. Kevan Sheppard, un ami de la famille, raconte même qu’il collait des raclées à des ados plus âgés que lui.
« Il a toujours dû boxer contre des gars plus âgés pour être sur un pied d’égalité », a déclaré Sheppard. « Ces gars ne savaient pas comment se calmer (après une défaite face à Stewart) quand ils sortaient du ring. Ils perdaient contre un gars trois ans plus jeune qu’eux. Ils étaient encore en colère après coup ». Kevan Sheppard
On peut ressentir la force brute de Stewart dans ses duels face aux intérieurs de la ligue. Tout en muscle, il est une véritable boule d’énergie contre laquelle il faut lutter pour chiper le moindre rebond. D’ailleurs, son caractère lui a valu une expulsion face aux Nets après un coup de coude sur Blake Griffin. Il assure vouloir travailler sur sa capacité a garder son sang-froid.
« Je dois apprendre à mieux comprendre le moment et la situation, les choses à faire et à ne pas faire, et c’est quelque chose que j’ai retenu de cette année. » Isaiah Stewart
« J’ai dû apprendre le jeu en NBA. Il y avait plein de choses que j’ignorais »
En parlant d’apprentissage, Isaiah Stewart est un basketteur studieux. Jamais rétif pour apprendre quelque chose, il n’hésite pas à prendre conseil auprès de ses coachs. Il faut dire que le niveau de jeu en NBA est plus intense et complexe qu’en NCAA. Même un athlète de l’envergure de Stewart en témoigne.
« Évidemment, le jeu se déroule à un rythme plus rapide qu’à l’université. Au départ, je devais améliorer mon QI basket, ma compréhension du jeu… il y avait beaucoup de choses à faire, mais au fur et à mesure que la saison avançait, et que je regardais chaque match, que j’étudiais les films, que je prenais des notes, je commençais à comprendre le jeu. » Isaiah Stewart
Sur le plan technique, Beef Stew a rassuré les fans en montrant qu’il était capable d’évoluer au large (33% 3PT). Cet été lui servira à franchir un nouveau palier en travaillant sa lecture du jeu en sortie de dribble.
« C’est une chose sur laquelle je vais travailler cet été. Je vais passer l’été à travailler avec Sean Sweeney (assistant-coach) et mon entraîneur personnel. Nous savons tous ce que je dois travailler et m’améliorer, et c’est ce que nous allons faire, c’est sûr. » Isaiah Stewart
Il peut compter sur la présence de plusieurs anciens comme Mason Plumlee, Wayne Ellington ou encore Jerami Grant. Ce dernier a tronqué son costume de role-player contre celui de star cette saison. Ayant augmenté sa moyenne de points de plus de dix unités, il est assurément un modèle pour les jeunes de l’équipe. Il n’est pas étonnant que Stewart soit attentif à son parcours dans la ligue.
« C’était génial parce qu’il a vraiment beaucoup de connaissances. En plus de cela, je me souviens avoir observé Denver et le rôle qu’il jouait. Maintenant, c’est un autre type de joueur. Son jeu a évolué depuis qu’il est entré dans la ligue. Je lui tire mon chapeau pour tout le travail qu’il a accompli. Cela montre simplement que si vous continuez à travailler dur, cela peut arriver. Ce genre de choses peut arriver. L’avoir autour de nous, dans l’équipe, c’est génial. Il a beaucoup de choses à partager avec nous – ses histoires dans la ligue, comment il est arrivé ici et où il en est. » Isaiah Stewart
Isaiah Stewart s’est déjà imposé dans la rotation de Motown. A seulement 20 ans, il est tout à fait possible qu’il intègre le cinq majeur de la franchise. L’année prochaine sera une nouvelle étape dans son apprentissage et on espère qu’il continuera à nous épater.
Via The Athletic