Jrue Holiday : « Ça valait le coup »
Jrue Holiday est un homme heureux. Après avoir vécu des moments compliqués avec sa femme, malade il y a 5 ans, avoir été transféré avant le début de saison de New Orléans à Milwaukee et avoir essuyé bon nombre de critiques lorsqu’il était en difficulté avec son shoot, il est champion NBA. Un titre qui vient couronner une saison où il a aussi été élu au sein du meilleur cinq défensif de la ligue. Une campagne qui devrait donc rester dans les annales du meneur des Bucks. Certains le comparent même à Oscar Robertson. En effet, en 1971, année du dernier titre de la franchise, les Bucks avaient déjà fait venir un meneur expérimenté via un trade en la personne de Robertson. Alors si la comparaison entre les deux devrait s’arrêter là, Jrue Holiday accepte volontiers cet honneur.
“J’ai l’impression que quand j’entends ce nom, c’est légendaire. Je ne dis pas que je le suis, mais être de sa compagnie, c’est une bénédiction. Je ne joue pas au basket pour les honneurs, je joue parce que j’adore ça et j’adore gagner. Mais, d’être mentionné aux côtés d’Oscar Robertson c’est une bénédiction.”
Et justement ce trade, c’est l’une des principales réussites du management de Milwaukee cette saison. Holiday a remplacé Bledsoe pour accéder au trophée Larry O’Brien parce que les Bucks croyaient en lui pour y accéder aux côtés de Giannis et de Middleton. C’est chose faite et avec la manière. Alors quand on évoque avec lui ce sentiment à l’égard du front-office, Holiday se montre reconnaissant.
“Je ne vais pas mentir, ça fait du bien. J’ai dit à Jon (Horst), j’ai dit à Bud (Mike Budenholzer) que quand ils ont tradé pour moi, que je les appréciais et que c’était bon de se sentir nécessaire. Ça a été comme ça toute la saison. Ils ont compté sur moi, ils m’ont mis de la pression, mais je pense que venir de mon ancienne équipe et ensuite me faire confiance, ça signifie tout.”
En NBA, être tradé signifie bien souvent faire ses bagages en vitesse et partir à l’autre bout d’un pays grand comme un continent. Et Jrue Holiday n’a pas dérogé à la règle, la distance entre le Wisconsin et la Louisiane est colossale et c’est un total dépaysement qui attendait Holiday. Ce même Holiday qui venait tout récemment d’être père pour la deuxième fois. Vous le comprendrez aisément, beaucoup de changements sont arrivés dans la vie du meneur et dans celle de sa famille en très peu de temps. Mais selon lui, la finalité en valait la peine. Même au milieu d’une saison perturbée par le COVID.
“Je veux dire, ça valait le coup, tout valait le coup. Avoir un enfant, le déplacer alors qu’il n’avait que 4 semaines, venir à Milwaukee, déplacer ma famille, comme vous l’avez dit, être dans cet endroit (New Orleans) pendant 7 ans et arriver ici avec de nouveau de la pression, arriver dans cette situation où l’équipe est établie et possède de hautes ambitions. Passer par le COVID, avoir le COVID, avoir le vaccin, avoir ce variant Delta, il y a eu tellement de choses pour nous arrêter cette saison. Mais on est au top. Donc ça valait le coup.”
Mais les vacances ne sont pourtant pas au programme de Jrue Holiday, du moins, par dans l’immédiat. En effet, direction Tokyo pour le numéro 21 des Bucks. Avec là aussi un sacrifice qui pourrait largement en valoir la peine. Alors, le menu des célébrations s’annonce modéré.
“Premièrement, je vais juste aller dormir. J’ai beaucoup couru dans cette série. Je ne vais pas mentir. Je vais dormir. Je vais célébrer avec ma famille et célébrer avec mes coéquipiers et ensuite partir pour un nouveau combat. C’est une histoire totalement différente. C’est quelque chose qui, je ne sais pas. Oui je ne sais pas mon gars. Je n’ai pas les mots. Je dois célébrer ça et ensuite prendre un vol et représenter mon pays.”
Dans la ligue depuis 12 saisons, Jrue Holiday sait à quel point rejoindre les finales et gagner un titre est compliqué. Lui qui n’avait jusque là jamais connu de campagne de playoffs aussi victorieuse. Alors en 12 ans, beaucoup d’observateurs ont peu voir son jeu évoluer. Il y a donc eu des critiques, mais pas que. Pourtant, cela ne l’importe que très peu. Pour Holiday, l’important reste et restera l’équipe, qui doit être au centre des débats, peu importe les réussites individuelles. Chacun connaît son rôle et respecte le travail d’équipe.
“Oui, je pense que quand on en arrive là, je pense que je ne porte même pas attention à comment les gens voient mon jeu. Je pense que c’est à propos de l’équipe. On a une super équipe. Comment ils ont rassemblé tout ça, on a deux superstars qui nous ont portés pendant toute cette série et pendant tous les playoffs. On a des super role players. On a l’énergie. On a Bobby (Portis). On a des shooters. C’est juste un super puzzle. Je pense que chaque pièce de ce puzzle a tellement contribué depuis le rookie, depuis Jordan Nwora jusqu’à Giannis Antetokounmpo. Ça a été un sacré voyage.”
Être une franchise qui vise le titre au sein d’un petit marché en NBA, cela n’a rien d’évident. Il est plus compliqué d’attirer les superstars dans le Wisconsin qu’en Californie. Alors à Milwaukee, on a choisi de réunir une équipe de guerriers, de travailleurs, mais surtout, de revanchards. Entre joueurs mis de côté par leur franchise ou dans l’impasse dans un système le front office des Bucks a su réunir les meilleurs atouts possibles ensembles pour en faire une armada en route vers le titre et composée de joueurs qui se tirent vers le haut.
“C’est sûr, je pense qu’au final, tout le monde sait ce qu’il vaut. Peut-être que si ça ne se passe pas bien dans une situation, il se peut qu’il y ait la lumière au bout du tunnel ou alors que l’herbe soit plus verte ailleurs. C’est juste une déclaration sur le fait que ces gars, ces gars ont un bon caractère. Tout le monde dans mon équipe est humble. Tout le monde dans mon équipe baisse la tête et travaille. Tout le monde dans mon équipe soutient les autres. Il n’y a pas d’envieux ou de jalousie. Tout le monde aime voir les autres réussir et je pense que c’est la principale raison pour laquelle nous en sommes là.”
Et alors qu’il a déclaré que c’était la première fois qu’il achevait une saison de basket par une victoire, il corrige la mire.
“J’ai remporté trois championnats d’État au lycée.”
Via NBA.com