Road to the Draft : De’Aaron Fox vs UCLA

Road to the Draft : De’Aaron Fox vs UCLA

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Plus qu’un énorme choc entre deux des plus grosses écuries de la NCAA (Kentucky 1e du top 25 avant la match, UCLA 2e après le match), ce match fut aussi et surtout l’affrontement entre deux excellents meneurs de jeu. Tout comme pour Lonzo Ball, le test fut assez bien réussi par De’Aaron Fox.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

Auteur d’un excellent début de saison contre des facs de seconde zone (des doubles-doubles points passes, et même un triple-double, le deuxième de l’histoire de UK seulement), Fox se présentait confiant sur cette rencontre, lui le meneur de la meilleure équipe du pays à l’aube de cet affrontement. D’assez bonne taille (entre 6’3/1m91 et 6’4/1m93 selon les sources), Fox semble néanmoins petit pour son poste, pas en termes de taille, mais pour tout le reste. Il est extrêmement fin et léger, à la Brandon Ingram ou Lonzo Ball justement, que ce soit au niveau du torse, des bras, mais surtout des jambes (qui ressemblent à de véritables fils de fer). Son envergure est également petite pour la NBA (6’4/1m93) et ne permet pas de compenser un peu sa taille. Bien qu’il fasse la taille d’un Russell Westbrook, il n’est tout simplement pas assez grand, gros, imposant, et il apparaît même plus petit qu’il n’est vraiment de ce fait.

Contre UCLA, Fox fut incapable d’apporter la victoire aux siens, et Kentucky dut s’incliner à la maison pour la première fois depuis Février 2014. Néanmoins, sur le plan individuel il livre une performance tout à fait honorable.

Au shoot, tout d’abord. Pas en très grande réussite sur ce match, il est toutefois parvenu à planter quelques tirs à mi-distance comme il les aime tant, pour punir les défenseurs qui contournent l’écran plutôt que de le marquer à la culotte. Sa mécanique est assez bonne et régulière, et il n’a aucun problème pour dégainer en sortie de dribble. En revanche, il relâche son tir très bas, rendant extrêmement facile pour le défenseur de bien le contester. L’angle de son coude est très petit au moment du tir (plutôt que les 90 degrés recommandés, ce qui positionnerait le ballon bien plus haut), et ses bras ne sont pas très grands, résultant de ce fait de cette incapacité à relâcher son ballon très haut. Plusieurs fois, le défenseur, même en étant en retard, fut à même de bien contester le tir du fait que Fox relâchait son ballon très bas. Il est vrai qu’il est capable de scorer par-dessus les défenseurs, de rentrer des tirs bien défendus, mais qu’en sera-t-il au niveau NBA quand ces tirs seront encore plus contestés, voire même contrés ?

Plus encore, il ne semble pas posséder une énorme portée de tir. N’étant pas très costaud (dans ses jambes pour pousser et prendre le plus d’énergie possible avant de sauter, et dans ses bras pour envoyer le ballon vers l’arceau), il semble limité en termes de puissance, et pas très à l’aise pour tirer depuis très loin. C’est d’ailleurs pour cela en partie qu’il effectue ce mouvement de catapulte (angle du coude très petit, pour mieux pousser la balle au moment du tir, plutôt que de garder l’avant-bras bien vertical et n’utiliser que l’énergie générée par la poussée de ses jambes). Conséquence de tout cela, ses trajectoires de balle sont très plates, souvent trop courtes, il est moins précis et il ne semble pas très à l’aise pour tirer à trois points. Il a d’ailleurs refusé quelques opportunités de trois-points ouverts ou semi-ouverts pour jouer dans la mi-distance.

Néanmoins, Fox possède une belle confiance et se montre très incisif dans ses choix. Ses appuis sont très explosifs, et il s’élève pour prendre le tir sans même une once d’hésitation dès qu’une minuscule fenêtre semble s’ouvrir dans la défense. Il punit régulièrement les défenseurs qui contournent les écrans, et utilise d’ailleurs très bien les écrans, une fois, deux fois, ou plus, pour travailler et retravailler son homme et obtenir son tir ouvert. De plus, c’est un excellent dribbleur. Son contrôle du ballon est superbe, et il possède des moves très rapides pour pouvoir se créer bien et régulièrement de l’espace pour son propre tir.

Il en va de même pour son jeu en pénétration. Fox est incisif, et ne refuse aucune opportunité qui se présente. En première mi-temps par exemple, il est défendu par un intérieur qui lui laisse une ouverture ligne de fond, Fox s’engouffre alors. Plus tard, Lonzo Ball anticipe trop un écran, Fox place un magnifique crossover et le prend  à revers pour ensuite finir sur floater. Il ne refuse absolument pas le contact, et possède même une bonne détente et un bon contrôle du corps, mais il n’est tout simplement pas assez puissant. Il ne peut donc pas tout le temps absorber les contacts, ou même dégager du chemin un défenseur bien placé. Si l’on peut s’en rendre compte au niveau NCAA, qu’en sera-t-il au niveau NBA face à des athlètes bien plus grands et costauds ?





Fox possède un répertoire de mouvements balle en main très largement suffisant pour se créer un chemin jusqu’au panier. Que ce soit ses crossovers, ses dribbles In & out, et bien d’autres, combinés à ses appuis explosifs et sa grande vitesse, Fox est insaisissable. Il possède d’ailleurs un assez bon floater pour scorer à quelques mètres du cercle quand le protecteur de cercle est trop gros ou trop grand pour lui. Son toucher de balle pour finir n’est en revanche pas si exceptionnel que ça (sur ce match en tout cas, manquant quelques lay-ups/floaters assez faciles). Egalement, par trois fois il a pénétré sur sa droite puis tenté de finir de sa main gauche, résultant logiquement sur de très mauvais tirs en déséquilibre. Ce sera à surveiller sur tout le long de la saison, plus que sur un match seulement : est-il complètement réticent à utiliser sa main droite ? Si c’est le cas, c’est dommage, vu qu’il n’a aucun problème pour pénétrer sur sa droite comme sur sa gauche.

Son match à la passe fut une grande réussite, un sans-faute même.  Fox est un bon meneur passeur (7.4 ast/m depuis le début de saison NCAA), et a bien su distribuer le jeu sans faire aucune grosse erreur dans ses choix. Il a fait les bons choix, se montrant patient balle en main et punissant les défenseurs hors de position de manière très fréquente. Egalement, il reconnait les situations de jeu et les exploite immédiatement : sur une action, Isaiah Briscoe (un excellent slasher) a une ouverture pour aller jusqu’au cercle où ne se trouve aucun intérieur d’UCLA, Fox transmet de suite, panier. Sur une autre, Bam Adebayo (intérieur ultra athlétique de UK, attendu top 15) est en très bonne position proche du panier, il lui transmet sans attendre pour qu’Adebayo joue au poste. D’autres fois, il attire vers lui un défenseur adverse et donne à son coéquipier ouvert. D’autres fois, il lit la trajectoire d’un défenseur qui triche sur un écran, et transmet bien à son coéquipier.

De manière générale, son timing, sa lecture du jeu et sa précision de passe furent réellement excellents sur ce match, comme sur le reste de la saison. Il donne le ballon à bonne hauteur, dans les mains du shooteur en sortie d’écran, au bon moment dans la course d’un coéquipier lancé, etc. En transition, il a su accélérer le tempo pour trouver des ouvertures avant que la défense ne revienne, lancer une contre-attaque juste après un rebond défensif, ou au contraire ralentir le rythme, attendre qu’un tir ouvert apparaisse clairement puis l’exploiter.

Au rayon des moins bien, sur une action il fut incapable de transmettre à un coéquipier ouvert, malgré avoir bien lu l’action, du fait de son incapacité à pouvoir passer par-dessus les défenseurs. Peut-être un motif d’inquiétude pour la NBA aux plus grands défenseurs, si tant est que ce genre d’action venait à produire régulièrement. Egalement, sur Pick & Roll, il a passé vers Adebayo sans avoir réellement fixé l’intérieur d’UCLA, qui était alors assez bien placé pour rendre le tir d’Adebayo très compliqué. Sur l’action précédente cependant, Fox avait montré la patience nécessaire et avant passé au bon moment pour un alley-oop d’Adebayo.

Défensivement en revanche, les performances de Fox (et les aptitudes qu’il a démontrées) furent plus mitigées. Il y a eu du bon bon, mais aussi du moins bon, voire du rédhibitoire en se projetant pour son futur en NBA.

Fox possède une très bonne vitesse latérale, mais s’est tout de même fait dépasser un nombre conséquent de fois sur ce match, et parfois par des athlètes peu spectaculaires. Bien que coulissant rapidement latéralement, il ne couvre pas assez de terrain en un temps rapide, et ne représente pas un obstacle infranchissable. Plus encore, il s’est fait siffler des fautes largement évitables en tentant de contenir des pénétrations, notamment pour avoir essayé de coller de trop près l’attaquant.

En revanche, Fox est un défenseur intelligent, qui sait bien orienter le drive du bon côté (là où l’aide peut venir, plutôt que du côté vide du terrain), effectuant de bons closeouts (bien que hors de contrôle par deux ou trois fois), et étant capable de réagir très vite pour s’arrêter et contester le tir adverse. Néanmoins, son envergure courte l’empêche d’affecter beaucoup le tir de son vis-à-vis, même au niveau NCAA.

Loin du ballon, Fox commit quelques petites erreurs, certaines cruciales. En première mi-temps il laisse Steve Alford (le shooteur attitré de l’équipe, 41% à 3pts en 6 essais/m) seul dans le corner et concède le 3pts. En seconde mi-temps, sur un tir de Malik Monk, il se rue au rebond offensif sans raison, alors qu’il était en excellente position pour être le premier joueur revenu en défense (résultat : Lonzo Ball lance la contre-attaque, panier facile pour UCLA). Enfin, en toute fin de match, il est trop lâche dans son marquage de Ball, contourne un écran et le perd complètement, laissant Ball tout seul pour inscrire le 3pts décisif qui décidera du sort du match.

Ce match fut un excellent test pour Fox, qui s’en sort très bien (21 points, 7 passes pour 2 turnovers seulement), malgré la défaite. Son explosivité, son dribble, sa très belle capacité de passe et son bon potentiel d’attaquant (shoot, un peu moins en drive mais tout de même) en font un prospect très intéressant qui pourrait finir top 15, voire même top 10 s’il confirme ses performances et que Kentucky va loin dans la March Madness. En revanche, ce match a aussi affiché au grand jour les faiblesses de Fox (défense, relâche son tir très bas, impact physique), des faiblesses qu’il pourrait payer très cher dans le rude monde de la NBA, et qui explique qu’il ne soit pas considéré comme un talent calibré top 5 cette année. Quand bien même, selon qui le drafte, il ne serait pas étonnant de parler de lui en tant que meneur titulaire en apprentissage d’une équipe NBA dans 365 jours après aujourd’hui.

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