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Playoffs Preview : New York Knicks (2) vs Indiana Pacers (3)

Jim McIsaac/Getty Images

Amis amoureux des années 90’s, vous serez sans doute d’accord si l’on vous dit que cet affrontement entre les New York Knicks et les Indiana Pacers sent à plein nez la Conférence Est comme on l’aime ! Pour la première fois depuis presque 13 ans, New York a enfin passé un tour de playoffs, et ils retrouveront sur leur passage des Pacers eux aussi en pleine renaissance depuis quelques saisons. Ca va jouer dur, ça va défendre, ça va s’embrouiller aussi un peu sans doute, en hommage à l’époque de la rivalité des 90’s, ou tout simplement parce que l’affrontement est des plus disputés et l’enjeu des plus importants qu’il soit. Soyez sur vos gardes, la hache de guerre vient d’être déterrée.

Bilan du premier tour

Jim Rogash/Getty Images

Pour l’une comme pour l’autre, le premier tour fut des plus compliqués, mais pour New York, on n’est pas passé si loin que ça de la catastrophe au final. Une avance de 3 manches à zéro, face à des Celtics amorphes et pour le moins inoffensifs, puis Boston qui revient à 3-2, et connaissant la légendaire loose des Knicks en playoffs depuis quelques années, et le bilan de Carmelo Anthony en post season, on commence à penser au pire. Fort heureusement, les Celtics retombent dans leurs travers, et c’est sans hésiter que New York en profite pour obtenir son ticket pour les demi finales de Conférence.

Même si Boston a su redresser la barre, avec ces deux victoires consécutives, dont une au MSG, les Celtics n’ont pas proposé l’opposition attendue sur cette série, de quoi peut être rester assez méfiant sur la capacité de ces Knicks à développer leur jeu durant ces playoffs. D’autant plus que le coup de mieux d’avant la post season, ce renouveau du jeu collectif, de l’extra pass et de l’altruisme qu’on a revu en avril et qu’on avait pas pu admirer depuis novembre, soyons clair : on ne l’a pas vu du tout face aux Celtics. La qualification est là, mais il y a toujours certaines inquiétudes par rapport au fond de jeu. Pas assez de mouvement de balle, pas assez de ce qu’on aimait voir de cette équipe, un Melo et un JR qui se sont relayés l’arrosoir en main tout le long de la série, etc. Néanmoins, New York peut tout de même se réjouir d’un certain nombre de choses : malgré l’état de forme moyen d’un Tyson Chandler blessé, Kenyon Martin s’est montré totalement au niveau avec une excellente activité dans la raquette, Pablo Prigioni a confirmé sur cette série son intelligence de jeu et ses qualités de basketteur confirmé (attaque comme défense), prouvant au passage son importance dans la rotation. Même Raymond Felton, qu’on pensait un peu à bout de souffle après un gros départ cette saison, s’est montré tout simplement excellent, très incisif en attaque, précis dans ses passe, efficace en pénétration et à longue distance, et même très performant en défense face à un Paul Pierce pourtant plus grand et plus lourd.

Scott Cunningham/Getty Images

A l’inverse, on a déjà eu l’occasion de voir ces Pacers là aller puiser dans leurs ressources sur ce premier tour. Série snobée et moquée par les médias dans le paysage NBA, il n’en demeurait pas moins un affrontement passionnant, au cours duquel on a eu droit à une belle conclusion en 6 manches grâce à un excellent coup tactique de Larry Drew, le coach des Hawks. Après deux lourdes défaites, Drew a réajusté son 5 de départ pour jouer avec trois Big Men, Korver en sortie de banc pour dynamiter une second unit des Pacers moins performante défensivement que les titulaires, et un Josh Smith qui a beaucoup gêné Paul George dans son match up direct.

Et malgré ça, les Pacers sont tout de même arrivés à trouver des solutions. La bonne nouvelle de ces playoffs pour Indiana, c’est qu’après une saison très critiquée, Roy Hibbert retrouve peu à peu un très bon niveau, se montrant toujours très précieux au rebond et en défense du cercle, mais aussi rendant des copies toujours très propres en réussite aux tirs, demeurant très performant poste bas. David West a semblé également en jambe sur les derniers matchs, George à en un peu de mal sur la fin mais a tout de même réalisé de grosses performances dans la série. Autre bonne nouvelle, en plus d’un George Hill lui aussi très propre au jump shot, DJ Augsutin a apporté avec régularité une capacité à dégainer à trois points, à une équipe qui en manque un peu. Les inquiétudes ont été sur cette série, et seront sur le futur à propos de l’attaque, mais en défense les boulons sont bien resserrés.

Les Clés de la série pour New York

Jared Wickerham/Getty Images

– Retrouver un bon jeu collectif : Contre un Boston assez mal en point, passe encore de ne pas proposer le meilleur jeu possible pour l’emporter, mais ce sera sans doute une toute autre histoire face aux Pacers. Sans doute aussi que par moment, les Celtics étaient tellement à la ramasse que New York n’avait pas forcément besoin de joueur au mieux de leur forme, et on peut tolérer que Melo soit le catalyseur offensif dans le money time (même s’il y a toujours moyen de faire mieux que ça). Face à une aussi bonne défense (la meilleure de la ligue), il faudra montrer un peu plus que beaucoup d’isolations, et le meilleur moyen de déstabiliser cette défense et de mettre les opposant hors de position, et de retrouver du bon mouvement de ballon et des nombreux mouvements de joueurs également, dans le périmètre comme en coupant dans la raquette pour des paniers faciles. D’autant qu’Indiana est sans doute avec Memphis la meilleure défense de NBA dans le périmètre, et pourrait donc prendre le dessus si New York ne fait pas bien les choses.

– Aller chercher des rebonds offensifs : Plus facile à dire qu’à faire, mais ce sera forcément un domaine où New York devra être performant pour espérer quelque chose dans cette série. Du fait de leur style de jeu, une équipe qui se base énormément sur du tir extérieur, et Tyson Chandler est un rebondeur offensif confirmé, pas forcément pour capter le ballon, mais pour le dévier assez vers un coéquipier. Problèmes : Chandler n’est pas au mieux physiquement, et en face les Pacers sont la raquette qui prend le plus de rebonds défensifs en NBA. Même avec Chandler, et un Kenyon Martin en forme, il va falloir aller les chercher les secondes opportunités face à West, Hibbert& cie. Woodson serait sans doute inspiré de s’essayer lui aussi à un lineup plus grand que le very small ball du premier tour, pour plus de rebonds donc, mais aussi plus de densité à l’intérieur pour gêner les pénétrations multiples des Pacers et les points au poste ou dans la raquette.

– Le facteur X : Raymond Felton Inutile de préciser qu’il faudra un grand Carmelo Anthony pour passer l’obstacle des Pacers, tout le monde le sait. Mais même avec un Melo très à l’aise au scoring, Indiana est quand même capable de défaire les Knicks, et il faudra pour éviter cela une autre option offensive solide, pour que cette bonne défense ne se focalise pas sur qu’un seul joueur. Pas loin d’être le meilleur joueur des Knicks sur le premier tour, Felton devra continuer sur ce rythme, à jouer juste, à être très agressif, puisque ça lui réussit et ça a bien fonctionné pour New York. De plus, JR Smith devrait lui aussi être un facteur important, mais il présente un profil similaire à Melo, ce sera donc intéressant d’avoir un joueur en forme capable d’apporter des qualités différences. A surveiller, son efficacité à longue distance, toujours significative de son état de forme.

Les Clés de la série pour Indiana

Ron Hoskins/NBAE via Getty Images

– S’imposer à l’intérieur : On l’a dit, c’est la force de ces Pacers, une très grosse raquette, solide en défense comme en attaque, mais aussi la faiblesse des Knicks. New York avait en début de saison compté sur quelques vétérans pour assurer la rotation derrière Chandler et au moins apporter du muscle et une présence dans la peinture. Quelques mois plus tard, Rasheed Wallace est à la retraite, Kurt Thomas a dû mettre un terme à sa carrière pour cause de blessure, et Marcus Camby n’a pas pu s’illustrer souvent, lui aussi embêté par des pépins physiques. Dans le jeu en triangle des Pacers, Frank Vogel offre souvent de bonnes position au poste ou en tête de raquette à David West et Roy Hibbert, en l’occurrence, contre des Knicks qui sont plus à l’aise à jouer small, ça pourrait ne pas être une si mauvaise idée que d’appuyer dans ce domaine. Surtout que West comme Hibbert sont capables de prendre leurs responsabilités en attaque.

– Ne pas paniquer en attaque : Comme on l’a dit, autant ils peuvent apparaître comme une défense imprenable sur certaines séquences, autant c’est parfois beaucoup plus compliqué de l’autre coté du terrain. Le vrai challenge pour les Pacers sera donc de ne pas paniquer, et d’avoir confiance en leurs qualités. Lorsqu’ils ont le contrôle du match, tout va bien, mais une fois dos au mur ça devient plus compliqué, et on les a d’ailleurs vus complètement perdre pied lors des matchs 3 et 4 lorsque Atlanta avait pris une sérieuse option. Garder confiance, rester agressif également, ne pas se contenter d’accumuler les tirs extérieurs, et aller chercher les points sur lancers francs.

– Le facteur X : David West. Le vétéran a un peu galéré au début du premier tour, beaucoup perturbé par les fautes, et heureusement Tyler Hansbrough avait assuré en le remplaçant. Et au moment où Atlanta a inversé la dynamique de la série et où Paul George n’était plus aussi à l’aise dans le jeu, West avait élevé son niveau de jeu au G5, pris ses responsabilités, et fait mal à ces Hawks. Sans doute un des tous meilleurs poste 4 de NBA cette saison, il apporte du leadership et de la défense, mais aussi se montre très performant sur pick & roll. Que ce soit dans la défense du pick & roll, où il demeure le meilleur intérieur de la ligue dans le domaine, ou dans l’exécution du pick & roll en attaque, avec un shoot à mi-distance très solide et une belle capacité à finir au cercle. Encore une fois, face à des petits Knicks, David West peut faire mal.

Les Matchups à suivre

Ron Hoskins/NBAE via Getty Images

– George Hill vs Raymond Felton : Plutôt en grande forme comme on l’a déjà dit, Felton va devoir faire face au sobre mais efficace George Hill. Qui ne force rien en attaque, mais qui se montre précieux en défense, étant un élément à part entière de cette défense de périmètre qui a perturbé tant d’équipes cette saison. Hill rend néanmoins à Felton quelques kilos, et ce sera au meneur New Yorkais, plus costaud, d’aller profiter de cet avantage, que ce soit en pénétration, ou pour se créer de l’espace. A suivre aussi, la capacité ou non de Hill d’aller perturber suffisamment Felton pour le déranger et l’empêcher de distribuer aussi bien qu’il ne l’a fait au tour précédent.

– Carmelo Anthony vs Paul George ou David West : C’est sans doute là que va se jouer 80% de la série, quel décision va prendre chaque coach à propos de ça, et quels ajustements vont-ils être capables de faire pendant les matchs. La première option, c’est de voir un affrontement direct entre Melo et Paul George. Le MIP 2013 a l’envergure suffisante pour au moins contester Melo sur ses jump shots, mais n’est clairement pas assez costaud pour contenir un gabarit comme lui au poste (et ça s’est vérifié contre Josh Smith). Mais dans le même temps ce match up entre George (poste 3) et Melo (poste 4) offre à David West un avantage contre un plus petit joueur, en l’occurrence Iman Shupert à priori. Seconde option, poste pour poste, West contre Melo, et là encore West possède clairement l’avantage physique sur lui, avec en plus un Shumpert qui défendrait sur George, pas idéal non plus. Ou alors, Woodson décide de changer complètement son cinq (Felton, Prigioni, Shumpert, Melo, Chandler), mais en prenant donc le risque de perturber une rotation qui fonctionne plutôt bien. De plus, New York n’a pas forcément beaucoup de Big Men à insérer dans le cinq : Marcus Camby, qui ne pourra pas donner 40 ni même 30 minutes par match, ou Chris Copeland, assez catastrophique en défense…Et même si Amar’e revient, il ne devrait pas avoir beaucoup d’influence tout de suite. D’où l’intérêt comme on l’a dit plus tôt pour Indiana de vraiment insister à l’intérieur.

– Le duel des bancs : Si il y a bien un domaine où New York peut, et doit briller, c’est l’apport du banc. Le cinq d’Indiana est très compétitif, mais les remplaçants ne sont sans doute pas aussi bons. Tyler Hansbrough ne manque pas d’énergie, mais est souvent hors de contrôle à vouloir faire trop, trop bien en trop peu de temps, Ian Mahinmi n’apporte que défensivement, DJ Augustin demeure assez irrégulier, et pour le reste ça manque tout simplement de talent. A l’inverse, JR Smith peut prendre feu et faire pencher la balance, Jason Kidd reste un fantastique joker, par son intelligence de jeu et son tir à longue distance. Plus Kenyon Martin, energizer en sortie de banc, ou encore Steve Novak. A ce banc de se montrer à la hauteur et d’apporter de précieux points face à une second unit des Pacers à priori plus faible.

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Bilan

Spike Lee sera évidement là, à faire le show au premier rang, mais Reggie Miller, Patrick Ewing ou John Starks ne le seront pas. Il n’empêche qu’on devrait retrouver des matchs d’une bonne intensité, et pourquoi pas faire revivre cette rivalité qui avait passionné le monde de la balle orange il y a un peu moins de 20 ans de cela.

Pour Indiana, c’est l’occasion de confirmer une belle montée en puissance depuis quelques années, et de valider un processus de reconstruction très intéressant qui a fait d’eux une des meilleures équipes de la Conférence Est. Quant à New York, on a cette impression, pour les Knicks comme pour Melo, que c’est l’année ou jamais. Sans doute que la NBA rêve déjà pour ses droits TV et ses ventes de maillots d’un affrontement entre Knicks et Heat en Finale de Conférence, reste à Indiana de déjouer ces pronostics et d’aller chercher une qualification qui serait loin d’être volée.

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Le programme de la série:

  • Game 1 à New York: dimanche 5 mai à 21h30
  • Game 2 à New York: mercredi 8 mai à 1h
  • Game 3 à Indianapolis: dimanche 12 mai à 2h
  • Game 4 à Indianapolis
  • Game 5 à New York
  • Game 6 à Indianapolis
  • Game 7 à New York

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