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Les meilleurs joueurs non draftés : les ailiers

Elsa/Getty Images

Une soixantaine de places pour une petite centaine de noms, chaque année la draft laisse par la force des choses une poignée de jeunes universitaires pleins d’espoirs sur le carreau.  Et d’autant plus sur une draft comme celle que l’on vient de vivre, pleine en surprises et autres rebondissements inattendus. Alors, parmi les recalés, y a-t-il moyen de trouver le futur Ben Wallace, John Starks ou Bruce Bowen ? Petit tour d’horizon, après les meneurs de jeu et les arrières, voyons ensemble les ailiers.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

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Adonis Thomas – Memphis (Sophomore)

11.7 pts – 4.5 rbs – 1.9 ast – 1.6 tov (40% FG, 29% 3PT, 75% FT)

Pourquoi n’a-t-il pas été drafté ?

Il ne faut pas aller chercher loin pour comprendre pourquoi Thomas n’a pas été drafté : il était tout simplement nul. Un niveau de jeu en-dessous de tout, une production limite scandaleuse… La seule raison pour laquelle on l’a considéré pour la draft (et également la raison pour laquelle on est aussi sévère avec lui), c’est parce que le garçon était un des tous meilleurs lycéens du pays, classé 8e par ESPN. Problème, cette recrue de premier choix n’a jamais répondu aux attentes au niveau supérieur.

Sa saison sophomore fut même pire que sa saison freshman, de quoi mettre encore plus le doute dans l’esprit des équipes NBA. Sur le plan de ses aptitudes basket, Thomas n’a tout simplement progressé d’un iota en deux ans depuis son arrivé sur le campus de Memphis. Très mauvais dribbleur pour un poste 3, incapable de créer offensivement que ce soit pour lui ou pour ses coéquipiers, un jump shot loin d’être solide ou satisfaisant, une production très pauvre au rebond malgré son physique fait pour. Sans même compter son manque de concentration et de fondamentaux en défense, malgré encore une fois tous les atouts physiques présents pour réussir. Le fait qu’il n’ait pas progressé en deux ans et presque aussi inquiétant que le fait qu’il ait encore un jeu sous développé.

Pourquoi a-t-il une chance de raccrocher les Summer Leagues et/ou une équipe NBA ?

Kevin Jairaj-US PRESSWIRE

Et pourtant, les raisons d’être déçus sont aussi les raisons pour lesquelles on peut avoir un peu d’espoir. En effet, on ne peut évidement pas tout mettre là-dessus et le garçon a sans doute beaucoup de tort également, mais force est de constater que Adonis Thomas ne s’épanouissait pas à Memphis. Un contexte défavorable dans lequel il n’a pas su grandir, mais rien ne dit que dans un autre environnement il ne pourrait pas enfin commencer à progresser.

Ce genre de joueurs, même quand ils déçoivent, ils demeurent intrigants, parce qu’au milieu de centaines, voir de milliers de jeunes basketteurs partout dans le pays, on ne devient pas le 8e meilleur lycéen des States sans raisons. En l’occurrence, il n’a pas su développer son jeu mais reste quand même un athlète d’exception comme on en trouve peu à cet âge là. Bonne taille et excellente carrure pour le poste, très solide, capable de décoller du sol spectaculairement, énorme envergure de bras, etc. Tous les ingrédients sont là, il ne manque plus que les qualités basket rattrapent ces aptitudes physiques bien au-dessus du lot.

C’est sans doute un travail de fond qu’il va falloir faire avec Thomas. Apprendre les fondamentaux, bosser sur du jump shot, l’encourager à attaquer le cercle plus que ça (en apprenant à mieux manier le ballon) pour exploiter cet avantage physique. Au final, deux petites saisons à galérer ce n’est pas grand chose, vraiment pas, même s’il a indéniablement pris du retard dans sa progression. Mais sans doute que dans un environnement pro, une franchise parviendra à en faire quelque chose de bien, voire de très bien. Et si ce n’est pas pour lui apprendre à devenir un scoreur dominant dans la grande ligue, au moins un excellent défenseur, étant donné que le potentiel est là avec ce physique d’exception. Invité par les Hawks pour les Summer League, indéniablement un des joueurs à suivre de près.

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Robert Convington – Tennesse State (Senior)

15.8 pts – 7.5 rbs – 1.3 rbs – 2.1 stl – 1.8 blk – 2.6 tov (41% FG, 37% 3PT, 83% FT)

Pourquoi n’a-t-il pas été drafté ?

La principale raison pour laquelle Convington n’a sans doute pas été drafté est le fait qu’il ne semble pas posséder de position clairement définie pour le niveau NBA. Le garçon évoluait au poste 4 l’an passé, mais ses aptitudes physiques ne laissent pas entrevoir cela comme une évidence : listé à 6’7 (2m01), c’est une bonne taille pour un ailier mais un peu petit pour un ailier fort. Son énorme envergure de 7’2 (2m18) l’aide évidement beaucoup pour aller se frotter à des intérieurs, mais il lui manque tout de même un peu de poids et de force pour réellement se projeter sur le long terme en tant que poste 4. De même, il manque de mobilité et de qualités athlétiques pour le poste 3, de quoi vraiment se poser des questions.

De plus, Covington évoluait dans une petite conférence, et non seulement d’avoir assez mal joué dès qu’il a rencontré de meilleures équipes, son jeu est loin d’être développé ou accompli. Ce n’est pas un CJ McCollum ou un Mike Muscala, eux aussi pointés du doigt pour n’avoir jamais évolué dans une conférence majeure, mais qui à l’inverse se faisaient plaisir en démontrant tout un tas de qualités dans leur petite Patriot League. Convington n’est pas un excellent finisseur au cercle, pas très efficace sur du jeu dos au panier, et pas un gros rebondeur malgré un physique approprié. Avouez que ça fait beaucoup, si vraiment une équipe est intéressée elle sait de toute façon qu’elle pourra aller le chercher pendant les Summer Leagues.

Pourquoi a-t-il une chance de raccrocher les Summer Leagues et/ou une équipe NBA ?

JIM MCAULEY/Daily Herald

Néanmoins, malgré ses limites et le fait qu’il n’ait pas su parfaire son jeu en quatre ans de fac, Convington possède tout de même quelques qualités intéressantes. En premier lieu, son jump shot, indéniablement sa meilleure arme. Sa mécanique de tir est peu académique mais très efficace dans les faits (c’est d’ailleurs également un bon tireur de lancers francs, 83%).

Il peut dégainer sur pull up (tir en sortie de dribble), ou sur spot up (tir en réception de tir), et sa capacité à étirer les défenses par son tir extérieur devrait être sa meilleure carte à jouer pour intégrer un effectif pro. De plus, il ne conclu pas bien ses actions au panier (49% de réussite) mais peut aller au panier avec une belle aisance grâce à un premier pas très rapide. S’il parvient à améliorer sa finition au cercle, il pourrait bien devenir un slasher intéressant en plus d’un bon shooteur.

Egalement, même s’il manque de mobilité comme on l’a dit plus tôt pour réellement bien défendre sur des postes 3, il a fait preuve d’une belle combativité de ce côté là du terrain, essayant toujours de rester impliqué et de se rattraper même après avoir été mis dans le vent. Ses grands bras l’aident aussi beaucoup pour se montrer productif et avoir un réel impact (2.1 interceptions et 1.8 contres par rencontre). Les Houston Rockets l’ont invité à leur Summer League, et il faut avouer que son profil collerait finalement assez bien avec la mentalité et le jeu de l’équipe.

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James Southerland – Syracuse (Senior)

13.3 pts – 5.2 rbs – 1.1 ast – 1.5 stl – 1.2 tov (45% FG, 39% 3PT, 78% FT)

Pourquoi n’a-t-il pas été drafté ?

Tout simplement, parce qu’il ne mérite pas qu’on dépense un tour de draft sur lui. Non pas que le garçon ne soit pas intéressant, loin de là, mais il a déjà 23 ans, pas des masses de qualités, et son jeu demeure trop unidimensionnel. Le genre de joueur que l’on peut aller chercher en tant que free agent après la draft en gros, histoire de dépenser un second tour de draft sur un Européen qui pourrait bien devenir un bon joueur à terme, ou même un joueur bien plus jeune et prometteur dont la cote aurait chuté.

Comme je le disais donc, Southerland est encore trop unidimensionnel, et plus encore il ne devrait pas devenir plus que ce qu’il n’est actuellement, même sur du long terme. Cantonné à un rôle de spécialiste à trois points à Syracuse, et n’a jamais eu à jouer le pick & roll ou l’isolation. Il possède un physique imposant mais n’est pas réellement athlétique, ce qui ajouté au fait qu’on ne l’a jamais vu évolué que dans la zone défensive des Oranges, apporte quelques sérieux doutes quant à quelle position il va pouvoir défendre en NBA et s’il pourra bien le faire.

Pourquoi a-t-il une chance de raccrocher les Summer Leagues et/ou une équipe NBA ?

US Presswire

Et pourtant, il ne fait pas beaucoup de choses, mais ce qu’il fait il le fait bien, et pourrait avoir un impact immédiat dans n’importe quelle franchise NBA. En effet, Southerland est un véritable shooteur, et c’est peu de le dire : la quasi totalité de ses tirs tentés sont des jump shots (214/280 sur jeu placé pour être tout à fait précis), dont une grande partie derrière la ligne des trois points (6.2 tirs tentés par match). Et l’adaptation à la plus grande distance NBA ne devrait pas poser de problèmes, le garçon pouvant déjà dégainer d’assez loin, parfois bien au-delà de la ligne à trois points NCAA. Il se déplace très bien et de par sa taille et sa mécanique de tir il est difficile à contrer. Mais le plus remarquable chez lui ce sont ses fantastiques prises d’appuis au moment de s’élever pour le tir, diverses et variées, qui expliquent en grande partie sa réussite dans de nombreux registres (catch & shoot, spot up, pull up, sortie d’écran, etc).

De plus, il a démontré de très belles capacités en transition. Extrêmement solide, même lourd, pour son poste, il n’en demeure pas moins mobile et se montre efficace pour marquer en contre attaque, du fait notamment de  sa très belle capacité à claquer un dunk ou conclure avec agressivité quand il le faut. Rebondeur correct, il est en plus le meilleur passeur de cette cuvée de poste 3 (devant Otto Porter même) avec 3.7 passes par 40 minutes. Pourtant, il a rarement la responsabilité du ballon, ou le devoir de créer quelque chose lui-même, mais possède un très bon sens et une belle intelligence de jeu. Il trouve ses coéquipiers ouverts, toujours prêt à faire l’extra pass et notamment si la défense le muselle bien en sortie d’écran, à l’image de Tony Snell en fait. Un joueur intelligent, avec de superbes certitudes, conscient de ses forces et faiblesses, et mature physiquement pour la NBA, Southerland pourrait bien devenir un bon role player dans la grande ligue dès l’an prochain. Philadelphie l’a en tout cas invité à ses Summer Leagues.

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Rodney Williams – Minnesota (Senior)

10.1 pts – 5.0 rbs – 1.7 ast – 1.3 blk – 1.6 tov (46% FG, 20% 3PT, 63% FT)

(Signé par les Philadelphia Sixers après la draft)

Pourquoi n’a-t-il pas été drafté ?

En parlant de lycéen au physique phénoménal qui n’a pas percé, en voilà un autre. Même si Thomas fut classé 8e meilleur lycéen de son année et Williams seulement 43e, le fait est que les deux ont des remarquables aptitudes athlétiques qui les caractérisent plus que leurs véritables qualités basket. La différence, c’est qu’en quittant Memphis au bout de deux saisons, Adonis Thomas laisse encore le doute sur son véritable potentiel, et on peut encore parler de marge de progression ou de mauvais environnement qui auraient contribué à sa décevante carrière universitaire. Rodney Williams, lui est allé au bout de son cursus plutôt que de surfer sur l’incertitude de la notion du potentiel. Et aujourd’hui, peu pensent encore qu’il va pouvoir exploser au plus haut niveau, en atteste sa non sélection durant la draft.

Shooteur assez médiocre (33% sur jump shot, 20% sur 1.3 tentatives à trois points), il ne semble vraiment pas à l’aise dans l’exercice, son touché étant assez rustre et sa mécanique encore beaucoup trop inconstante. C’est également un dribbleur très moyen, qui ne peut pas se créer son tir, ou changer efficacement de direction en face d’un défenseur. Et surtout ne peut pas en conséquence exploiter au maximum son excellente explosivité et son redoutable premier pas en attaquant le panier.

Pourquoi a-t-il une chance de raccrocher les Summer Leagues et/ou une équipe NBA ?

US Presswire

Néanmoins, ses incroyables aptitudes physiques permettent d’entretenir quelques espoirs, et c’est sans doute pourquoi les Sixers ont fondu sur lui à l’issue de la draft. Jouant fréquemment sur le poste 4, Williams a démontré de belles aptitudes au poste bas sur du jeu dos au panier, sans doute un domaine du jeu où il ferait bien d’insister. Plus généralement, c’est sur du jeu sans ballon qu’il excelle bien évidement : superbe sur contre-attaque, coupant vers le panier sur jeu placé, allant chercher des rebonds offensifs, etc. Il est très mobile et possède un excellent second jump qui lui permet de convertir bon nombre de secondes chances.

De plus, s’il n’a pas encore réussi à développer un jeu offensif à la hauteur de son physique, en défense il a enfin réussi dans sa saison senior à prendre d’avantage de ses forces. Ses superbes qualités athlétiques laissent en tout cas entrevoir un très bon potentiel, et c’est ce qui pourrait bien être son gagne pain dans la grande ligue. Reste à savoir ce que Philadelphie voudra en faire, mais rappelons également qu’il n’a que 21 ans, ce qui reste vraiment jeune pour un senior, et est définitivement prêt pour la NBA d’un point de vue physique.

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Mais aussi :

DJ Stephens, qui très grossièrement pourrait être décrit comme un Rodney Williams au jeu offensif moins développé. Et encore, ça ne serait qu’un euphémisme. Lui aussi est un fantastique athlète qui est en revanche loin d’avoir développé un jeu correct. Malgré son petit 6’5 (1m95), Stephens évoluait en tant qu’ailier fort à Memphis (difficile à croire quand certains arrières voir meneurs de jeu font la même taille) grâce justement à ses qualités athlétiques hors du commun. Gros rebondeur, défenseur très polyvalent (4.2 contres/40 minutes, incroyable pour un joueur de 6’5), il devrait cependant prendre le chemin de la DLeague et réellement travailler sur son jeu avant de prétendre à quoi que ce soit chez les pros.

 

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