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Les meilleurs joueurs non draftés : les ailiers forts

Streeter Lecka/Getty Images

Une soixantaine de places pour une petite centaine de noms, chaque année la draft laisse par la force des choses une poignée de jeunes universitaires pleins d’espoirs sur le carreau.  Et d’autant plus sur une draft comme celle que l’on vient de vivre, pleine en surprises et autres rebondissements inattendus. Alors, parmi les recalés, y a-t-il moyen de trouver le futur Ben Wallace, John Starks ou Bruce Bowen ? Petit tour d’horizon, après les meneurs de jeu, les arrières et les ailiers, place aux ailiers forts.

Guillaume (@GuillaumeBInfos)

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Jackie Carmichael – Illinois State (Senior)

17.4 pts – 9.3 rbs – 0.8 ast – 1 stl – 2 blk – 2.3 tov (52% FG, 68% FT)

Pourquoi n’a-t-il pas été drafté ?

On ne va pas se mentir, difficile de trouver de raisons évidentes qui justifieraient la non selection de Jackie Carmichael, une des plus grandes surprises de la draft. Ce n’est pas que le garçon est un parfait basketteur, simplement c’est un  joueur accompli qui n’a pas vraiment d’énorme faiblesse dans son jeu.

En premier lieu, peut être le fait qu’à 23 ans, Carmichael n’est pas considéré comme ayant une énorme marge de progression, quand des Européens ou autres freshman présentent un potentiel toujours plus intéressant et donc plus méritant de dépenser un tour de draft dessus. En attaque, on peut citer une palette de moves au poste pas encore gigantesque, ou son incapacité à pouvoir shooter de très loin, mais rien de scandaleux quand on prend en compte son registre et son profil d’intérieur.

Pourquoi a-t-il une chance de raccrocher les Summer Leagues et/ou une équipe NBA ?

Jamie Rhodes-USA TODAY Sports

En revanche, des qualités, et des raisons pour lesquelles Jackie Carmichael pourrait se faire une place en NBA sont plus nombreuses. D’un point de vue physique, il est sans doute un des joueurs les plus NBA-ready à s’être inscrits à la draft cette saison : après quatre années à Illinois State il a atteint une maturité certaine, et tant sa force, ses capacités athlétiques que sa solidité sont impressionnantes. Une carrure imposante qui lui sert notamment beaucoup sur du jeu dos au panier, et comme on l’a dit plus tôt même s’il manque de contres moves et de variétés dans son arsenal, il se bat extrêmement bien pour obtenir de belles positions sous le panier. Et il s’est montré efficace grâce à un hook shot un turnaround shot des plus intéressants.

De même, c’est un fantastique finisseur près du cercle, possédant un joli touché de balle, de très bonnes mains et bien sûr capable de conclure agressivement. Il n’y avait pas à Illinois State des arrières assez talentueux pour jouer correctement le pick & roll, mais étant donné ses qualités athlétiques, sa puissance et son timing, il y a un vrai potentiel chez Carmichael pour briller dans ce registre là. Il n’hésite d’ailleurs pas a aller au contact (8.1 lancers francs tentés par 40 minutes, un superbe total), et a démontré de belles qualités de passeur pour un intérieur. De plus, même s’il a du mal à shooter de très loin, il est très efficace dans son registre, grâce à une belle mécanique et un bon touché là aussi. Carmichael était aussi un des meilleurs rebondeurs de NCAA, de par ses qualités athlétiques mais aussi de par de bons fondamentaux et une belle volonté. Enfin c’est aussi un défenseur très solide qui protège bien le cercle sans commettre beaucoup de fautes, et qui utilise bien sa puissance pour défendre le poste également.

En somme, un ailier fort très classique comme on en voit plus énormément finalement, pas très shooteur mais très solide en défense, au poste et au rebond. Toutes ces qualités, en plus de sa maturité physique devraient sans doute lui offrir un ticket pour la NBA. Même s’il ressemble déjà beaucoup à ce qu’il sera à terme, c’est tout de même un package très alléchant. Quand on pense que c’est Miami qui l’a invité aux Summer Leagues, et manque justement de joueur de ce profil, on se dit qu’encore une fois le Heat a les moyens de faire une très belle affaire. A suivre de très près.

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Trevor Mbakwe – Minnesota (Senior)

10 pts – 8.7 rbs – 1.1 ast – 1.4 blk – 2.1 tov (56% FG, 61% FT)

Pourquoi n’a-t-il pas été drafté ?

Ici aussi, que Mbakwe n’ait pas été drafté constitue une petite surprise en soit, même si on peut plus facilement trouver des raisons à cette non sélection. Premièrement, sans doute que son âge des plus avancés laisse penser qu’il ne va pas énormément progresser à l’avenir (il était l’an passé en tant que senior dans sa 6e année à l’université). Une vilaine blessure au genou l’a privé entièrement de la saison 2011-2012, et pour un joueur dont le jeu repose autant sur l’explosivité on peut comprendre les inquiétudes des différentes franchises.

De plus, Mbakwe est tout de même un joueur assez limité qui n’impressionne pas par la multitudes de choses qu’il peut faire sur un terrain de basket. Tout d’abord, il est petit pour le poste 4 (listé à 2m03), et manque de solidité et de puissance en défense par exemple, une tendance qui devrait être accentuée une fois en NBA. Mais surtout, sa palette offensive laisse à désirer, puisqu’il ne possède pas un jump shot solide du tout, et n’est pas non plus efficace sur du jeu au poste, difficile pour un ailier fort de ne posséder aucun de ces deux attributs essentiels.

Pourquoi a-t-il une chance de raccrocher les Summer Leagues et/ou une équipe NBA ?

US Presswire

Pourtant, Mbakwe a de solides chances d’accrocher un job chez les pros, du fait de ses incroyables capacités physiques. Petit pour le poste, son envergure a en revanche été mesurée à 2m23, soit autant que Nerlens Noel, Alex Len, Steven Adams ou Gorgui Dieng ! De très longs bras qui, combinés à une superbe explosivité, une excellente détente et d’extraordinaires qualités athlétiques, en font un sacré phénomène qui ne passera sans doute pas inaperçu durant les Summer Leagues.

Son jeu offensif est limité, mais il est très efficace sur du jeu sans ballon, catch & finish ou sur rebond offensif, et ce n’est pas pour rien que beaucoup le comparent depuis un moment déjà à Kenneth Faried, l’intérieur bondissant lui aussi des Denver Nuggets. Enfin, Mbakwe demeure très prometteur sur le plan défensif, du fait également de son potentiel physique totalement adapté pour le jeu NBA. Reste à voir désormais s’il arrivera faire oublier ses faiblesses et séduire les scouts durant les Summer Leagues (invité par Philadelphie).

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CJ Leslie – NC State (Junior)

15.1 pts – 7.4 rbs – 1.5 ast – 1.0 stl – 1.2 blk – 3.0 tov (51% FG, 61% FT)

(Signé par New York juste après la draft)

Pourquoi n’a-t-il pas été drafté ?

Une nouvelle fois, quelle ne fut pas notre surprise de voir CJ Leslie, attendu au début du second tour à l’image de Carmichael, être finalement laissé sur le carreau. Alors évidement, des faiblesses dans son jeu, c’est certain qu’il en possède plus d’une, mais on s’était laissés penser que le cocktail de qualités qu’il pouvait apporter suffirait à entendre son nom prononcé par Adam Silver.

Une des principales raisons pourrait être le fait qu’on ne sait pas vraiment quelle position Leslie jouera une fois chez les pros : taillé dans un corps d’ailier, il évoluait pourtant sur le poste 4 à NC State pour des résultats plutôt satisfaisants, mais le fait que la concurrence en NBA devrait être bien plus solide change la donne. D’un côté on peut se dire qu’il ferait sans doute mieux de glisser sur le poste 3, ne pouvant clairement pas contenir les ailiers forts surpuissants que l’on peut trouver en NBA. D’un autre, on peut aussi penser que le garçon a appris le métier sur le poste 4, et qu’il pourrait conserver ses fondamentaux et ses avantages de vitesse et mobilité sur son vis à vis, même chez les pros. Une incertitude qui pourrait en avoir décourager plus d’un.

Un vrai combo forward en somme, mais qui malheureusement n’en possède pas toutes les qualités. C’est par exemple son manque de jump shot solide qui lui fait défaut, quand on sait qu’en général les ailiers pouvant évoluer sur les deux postes sont de bons shooteurs. Leslie lui est loin d’être performant dans l’exercice, possédant une mécanique de tir bien trop inconstante, avec un touché trop rustre et n’ayant pas tout le temps un bon équilibre pendant le tir. De même, le trois points est quasiment absent de son jeu (seulement 13 tirs réussis en 3 ans de carrière). Encore une fois, quand on pense que les ailiers forts sont de plus en plus appelés à shooter à longue distance en NBA, qu’un poste 4 et à fortiori un combo forward ne puisse pas le faire, avouez que ça fait tâche. Quand on rajoute ça aux doutes quant à sa capacité à défendre chez les pros, on comprend mieux pourquoi il a été laissé de coté.

Pourquoi a-t-il une chance de raccrocher les Summer Leagues et/ou une équipe NBA ?

US Presswire

Et pourtant, même en sachant tout cela, on attendait tout de même CJ Leslie bien plus haut que ça. En ligne de mire, un physique et des qualités athlétiques tout simplement extraordinaires, bien au-dessus de la moyenne. Leslie est un véritable athlète, explosif, même s’il n’est pas encore arrivé à bien développer son jeu pour exploiter au maximum ce potentiel physique.

A l’aise poste bas, même s’il ne possède pas vraiment d’instincts de scoreur sur cette zone du terrain, il se montre efficace de par ses qualités athlétiques et sa belle détente qui aide beaucoup sur chacun de ses hook shot. Mais c’est au poste haut qu’il brille réellement : plus mobile que la moyenne des ailiers forts universitaire, Leslie possède un premier pas dévastateur qui fait immédiatement la différence, pour partir sur la gauche comme sur la droite, et est tout à fait capable d’exploser au cercle ou d’aller au contact (un excellent 7.8 lancers francs tentés par 40 minutes). Il n’a pas un touché fantastique ni d’excellentes mains pour finir de différentes manières au cercle, mais son avantage physique suffit généralement pour faire le boulot. De plus, il excelle sur du jeu sans ballon (pour couper vers le panier, rebonds offensifs, jeu en transition) ce qui devrait beaucoup l’aider en vue de son adaptation en NBA.

En défense, comme on l’a dit plus tôt il manque de force et de solidité pour contenir des intérieurs plus costauds, même au niveau NCAA, mais il excelle en revanche pour venir aider en défense dans la raquette du fait de ses fantastiques attributs physiques. Là encore, quelque chose qui pourrait l’aider une fois chez les pros à conforter son job. Signé par les Knicks immédiatement après la draft, ce sera curieux de voir comment ils souhaitent l’utiliser dès les Summer Leagues, sur quelle poste et avec quel rôle.

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Kenny Kadji – Miami (Senior)

12.9 pts – 6.8 rbs – 0.8 ast – 1.3 blk – 1.8 tov (47% FG, 35% 3PT, 66% FT)

Pourquoi n’a-t-il pas été drafté ?

Ce sont principalement le manque de qualités athlétiques qui ont pénalisé Kenny Kadji selon toute vraisemblance. Le garçon est solide, mais ce n’est pas un véritable athlète, il n’a pas des capacités hors du commun comme peuvent l’avoir de très nombreux joueurs pros, et c’est pour cela que certains doutes persistent à son sujet.

Que ce soit en attaque comme en défense, cela va sans doute le pénaliser au moment de faire la transition jusqu’à la NBA : son jeu au posté était tout ce qu’il y a de plus correct, mais il manque clairement de force, de dureté même pour réellement s’imposer sous les paniers. Il n’aime d’ailleurs pas tant que ça aller au contact et provoquer la faute, et n’est vraiment pas un très bon rebondeur, ce qui demeure assez problématique pour un poste 4. De même, en défense là aussi son manque de puissance, mais aussi de mobilité et de détente limitent son impact défensif, et quand on sait que la concurrence en NBA devrait être beaucoup plus costaude, il y a de quoi être sceptique.

Pourquoi a-t-il une chance de raccrocher les Summer Leagues et/ou une équipe NBA ?

US Presswire

Et pourtant, Kenny Kadji a beau ne pas être un athlète d’exception, il était sans doute un des scoreurs les plus polyvalent de NCAA l’an passé : du shoot, du jeu au poste, de la pénétration, etc. Sa plus grande caractéristique demeure sans doute son jump shot, d’une efficacité incroyable pour un intérieur. Excellente mécanique de tir, très bon touché et difficilement contrable de par sa taille et le fait qu’il déclenche son tir assez haut. Kadji est un shooteur fiable, qui peut dégainer sur catch & shoot ou en tant que seconde option sur pick & roll. Nul doute que c’est une qualité qui intéressera les scouts et autres franchises NBA.

De plus, il manque de puissance mais s’est montré efficace dans les faits sur du jeu au poste, au niveau universitaire du moins. La encore, il a démontré un excellent touché de balle, et compense bien les kilos de muscles qu’il n’a pas par de très longs bras qui rendent son turnaround jumper et son hook shoot des plus redoutables. De plus, il est assez bon dribbleur pour attaquer le panier balle en main, qui manque d’explosivité mais possède un très bon floater dans la raquette. De même, il a fait preuve d’un excellent timing sur les contres, et parvient bien à défendre au poste de par sa solidité et ses très longs bras. Invité par Cleveland pour les Summer League, là aussi un joueur à suivre de près.

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Christian Watford – Indiana (Senior)

12.3 pts – 6.3 rbs – 0.9 ast – 0.5 blk – 1.6 tov (43% FG, 48% 3PT, 81% FT)

Pourquoi n’a-t-il pas été drafté ?

Voilà quelqu’un que l’on attendait pas du tout pendant la draft, et il a en effet été laissé de coté, mais qui sera très intéressant à suivre durant les Summer League. Christian Watford, le partenaire de Cody Zeller dans la raquette d’Indiana l’an passé, est un joueur du profil de James Southerland que nous vous présentions précédemment, mais avec quelques défauts en plus.

C’est un shooteur avant tout, mais malheureusement il ne possède pas grand chose mis à part ça dans son répertoire offensif. On a vu quelques fulgurances au poste, mais avec une efficacité assez exécrable dans les faits (0.68 points par possession). Il n’est pas un super dribbleur, pas un excellent finisseur au cercle, pas non plus très enclin à provoquer des fautes pour aller sur la ligne des lancers, c’est clair et net que l’uni-dimensionnalité de Watford lui a coûté une place à la draft. De plus, c’est un combo forward, qui jouait 4 en fac mais qui ne jouera pas forcément sur le même poste en NCAA, la faute à un physique assez limité pour les standards. Watford est un bon athlète, mais pour le poste d’ailier. En tant qu’ailier fort, il manque clairement de force (et de beaucoup) mais aussi de mobilité pour défendre dans le périmètre, ce qui laisse penser que même sur le poste 3 il pourrait galérer en défense.

Pourquoi a-t-il une chance de raccrocher les Summer Leagues et/ou une équipe NBA ?

US Presswire

Grossièrement, Watford ne sait faire qu’une seule chose, c’est shooter, mais il le fait extrêmement bien.  Seulement 41% de réussite générale au tir, témoin d’un jeu offensif limité comme on l’a dit précédemment, mais son 48% à trois points en presque 4 tentatives par match est incroyable. Excellente et très rapide mécanique de tir, il a besoin de très peu d’espace pour dégainer, il peut en plus shooter en mouvement, en sortie d’écran, sur transition, et a même démontré un step back jumper assez intéressant.

Si des Steve Novak et Matt Bonner ont réussi à faire leur trou en NBA, Watford, bien plus athlétique et polyvalent, pourrait également trouver un job dans une franchise qui aimerait beaucoup l’utiliser en spécialiste à trois points. D’autant que c’est un rebondeur des plus corrects, pas fameux pour un ailier fort mais très bon pour le poste 3 où il devrait être repositionné. Invité par Dallas et Indiana durant les Summer League, on ne s’attend pas à ce qu’il en soit le MVP, mais arriver à claquer quelques belles performances au tir pourrait lui permettre de taper dans l’œil d’une équipe NBA.

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