March Madness: Les prospects à suivre, leur match au premier tour

March Madness: Les prospects à suivre, leur match au premier tour

C’est parti pour la March Madness! Alors que l’édition de cette année paraît plus ouverte que jamais, que les upsets ont été légion durant ce premier tour et qu’aucun favori clair ne se détache, Basket-infos vous propose une petite review des joueurs à surveiller durant le tournoi en vue de la prochaine draft. Le tournoi revêt une importance particulière pour les  prospects, qui peuvent espérer voir leur cote monter en flèche au fil des rencontres. Une éviction prématurée du tableau n’est pas toujours un mal car, si elle empêche le joueur de se montrer un peu plus dans un contexte de match crucial, elle évite aussi de fouler à nouveau les parquets sous les yeux des scouts et de risquer de passer à côté de matchs déterminants pour le futur. Bref, après un premier tour fou fou fou, un point sur les joueurs les plus attendus, et leur chance de grimper dans la hiérarchie au fur et à mesure de la March Madness:

 

On commence par Elfrid Payton (Meneur, Louisiana Lafayette). Un joueur très prometteur évoluant pour une petite fac, qui avait donc tout à gagner lors de ce tournoi universitaire. Problème: son équipe, qui faisait sa première apparition dans le tournoi depuis 2000, est tombée sur une team de Creighton qui n’a pas vraiment le profil d’une équipe sortie prématurément. Résultat, une défaite honorable 76-66, qui aura quand même permis à Elfrid Payton de montrer sa domination physique, son adresse et sa polyvalence: 24 points à 9/20, 8 rebonds, 3 assists, 3 steals et 2 contres, avec un petit dunk ligne de fond en prime. Pressenti autour du 15ème choix, Payton a montré qu’il savait un peu tout faire et que ses skills offensives étaient réelles. Mais il pourrait redescendre un peu dans les mocks au fur et à mesure des performances de ses concurrents.

L’un de ses concurrents directs pour les spots 10 à 15 évoluait d’ailleurs dans l’équipe en face. Doug McDermott (Ailier shooteur, Creighton), l’une des sensations de l’année en NCAA, qui a porté sa fac de Creighton jusqu’à un 3ème seed dans le tournoi. 30 points à 13/23 hier, en plus de 12 rebonds. On sait McDermott capable de faire sauter la banque, mais sa March Madness sera scrutée de très près. Pour un shooteur comme lui, les scouts ne pardonneront pas l’irrégularité et la moindre baisse de régime devra être compensée par une mise au service du collectif. Ses 12 rebonds de cette nuit semblent aller dans ce sens, mais on attendra le match face à Baylor ce soir, et surtout la confrontation attendue face à Wisconsin, #2 seed dans la région Ouest, pour avoir une vraie idée du répondant de McDermott dans les matchs au couteau. L’un de ceux dont la cote pourrait encore grimper.

Eugene Teague, Doug McDermott
Doug McDermott

 

Zach LaVine était également sur le pont pour ce premier tour. LaVine (Meneur/Arrière, UCLA dont vous pouvez retrouver le profil ici) est un joueur qui fait avant tout saliver du fait de ses qualités physiques façon Russell Westbrook. Néanmoins, il est capable de prendre feu derrière l’arc et d’enchaîner les shoots. Les scouts regarderont donc de près son parcours durant le tournoi, pour comprendre si le meneur peut ou non se montrer régulier et occuper un vrai rôle au plus haut niveau. A 1/5 au shoot et 0/3 à trois points hier, LaVine n’a clairement pas impressionné. D’autant qu’il ne bénéficie pas d’un grand temps de jeu, ses apparitions sur le parquet étant très liées à sa productivité une fois dans le match. 4 rebonds quand même, pas négligeable pour un meneur/arrière, et surtout, une victoire tranquille de UCLA qui lui offrira une nouvelle opportunité de se montrer au tour suivant. Si Florida (numéro 1 au Sud) et UCLA l’emportent lors de leur prochain match, LaVine aura alors une opportunité énorme de prouver qu’il peut faire la différence lors de chocs sous pression.

Kyle Anderson (Ailier Shooteur, UCLA), l’autre gros prospect de UCLA, a connu un match intéressant face à Tulsa. Maladroit au shoot (3/11), ce joueur qui pourrait évoluer arrière en cas de draft a trouvé le moyen de se rendre utile autrement: 6 rebonds, 6 passes, 4 interceptions et deux blocks pour lui. Son seul trois points du match est intervenu à un moment important et a permis à UCLA de se remettre en ordre de marche après un léger retour de Tulsa. S’il veut faire monter sa cote au sein d’une génération très attendue, il devra néanmoins prouver qu’il est capable de scorer dans ce tournoi. Ses deux prochains matchs seront cruciaux: d’un joueur attendu dans le top 10 de la draft, les scouts peuvent pardonner un raté au shoot, surtout s’il est bien compensé par une adaptation du joueur. Mais deux ou trois matchs manqués dans un tournoi où chaque rencontre est une finale pourrait clairement faire baisser la côte du coéquipier de LaVine. Attention donc, notamment si la rencontre UCLA-Florida a bien lieu.

On continue avec Rodney Hood (Ailier Shooteur, Duke). Lui n’a clairement pas marqué de points lors de cette première journée. Absent au shoot (2/10), il a quand même trouvé le moyen de se trouver productif avec 6 rebonds et 5 passes. Mais incapable de gérer ses fautes (il sera exclu après sa 5ème), il s’est montré nerveux et impuissant pour tenter d’aider Duke au moment où la star, Jabari Parker, lui aussi en foul trouble, est sortie. Les sautes de concentration mémorables de l’équipe dans les moments chauds durant le match, défensivement surtout, ne vont pas rassurer les scouts. Annoncé dans le top 10, cette défaite risque en tout cas de lui coûter cher car les prospects derrière lui, McDermott notamment, pourraient grimper durant ce mois de mars. Décrié pour son habitude de très peu driver et de beaucoup shooter, le fait qu’il ait continué d’arroser plutôt que de tenter de s’adapter est inquiétant. L’un des grands perdants de ce premier tour.

On s’attaque maintenant à un joueur très intéressant: Gary Harris (Arrière, Michigan State). Michigan State est une équipe taillée pour le Final Four qui a connu de nombreuses blessures cette saison. Mais son « Big 4 », Harris, Appling, Dawson et Payne vaut le détour et est à présent parfaitement rétabli. Annoncé « big-game » player, capable de prendre feu dans les moments chauds, Gary Harris est évidemment très attendu: la March Madness semble taillée pour lui permettre de  briller et de faire monter sa cote. Ce ne sera pas pour cette fois puisque, pendant ce premier tour, c’est son coéquipier, l’ailier fort Adreian Payne, INARRETABLE, qui s’est montré aux yeux de tous. 41 points à 17/17 aux lancers-francs, 4/5 à 3, 8 rebonds et un show monumental, avec une perf offensive plus vue depuis Steph Curry. Au final, une victoire de 15 points des Spartans sur Delaware, 10 points à 4/9 au shoot pour Harris, mais, pour en savoir plus, on attendra que Payne refroidisse.

Michigan State Spartans head coach Tom Izzo talks to Michigan State Spartans guard Gary Harris (14
Gary Harris

 

On entre maintenant dans la caste resserrée des joueurs qui pourraient terminer dans le top 5 de la prochaine draft. On débute avec Julius Randle (Ailier Fort, Kentucky), dont vous pouvez retrouver le profil ici. L’intérieur a outrageusement dominé la saison régulière de Kentucky, au point d’éclipser les jumeaux Harrison pourtant annoncés comme de potentiels lottery-picks. Dans un match que l’on attendait serré contre Kansas State (#8 contre #9 dans la région Midwest), Randle a planté un gros double-double qui a dû plaire aux scouts. Bien que ceux-ci soient conscients qu’il domine avant tout physiquement, ce qui ne sera plus autant le cas en NBA, la ligne impressionne: 19 points à 7/12 au shoot, 15 rebonds. Petit bémol, il a toujours tendance à prendre des 3 points alors qu’il est bien plus efficace dans la peinture. Josh Smith va demander des royalties, mais en attendant, Randle voit sa cote grimper et pourrait encore monter dans les mocks en cas d’upset face à Wichita State (numéro 1 de la région) au prochain match.

On vous en parle parce qu’il sera, s’il le décide ce qui est loin d’être évident, en NBA l’an prochain mais Noah Vonleh (Indiana, Ailier Fort), n’est pas de la March Madness cette année. Son équipe, comme le Kentucky de Nerlens Noel l’an passé, n’a pas été retenue pour la grande messe du basket universitaire. Vous pouvez quand même retrouver leprofil de ce spécimen physique dont l’éthique de travail fait saliver les franchises.

Idem pour Dante Exum, annoncé pour le moment dans le top 5. Lui bosse tranquille à l’INSEP australien et est arrivé sur le sol américain depuis peu, et il aura intérêt à perfer pendant les workouts s’il veut conserver sa place. Lui et Vonleh sont à la merci de la hype entourant le tournoi universitaire et qui pourrait faire grimper certains joueurs dans les mock-drafts. Mais au moins ne risquent-ils pas de se décrédibiliser auprès des scouts, particulièrement pour Dante Exum que peu de gens ont vu jouer en dehors des championnats internationaux pour jeunes, et qui bénéficie d’un vrai intérêt de plusieurs franchises.

Marcus Smart (Meneur, Oklahoma State) et sa team sont passés à la trappe hier, vaincus par une équipe de Gonzaga dans un duel équilibré (#8 contre #9). Vaincus 77-85, Smart et ses coéquipiers ont été incapables de réaliser l’upset tant attendu par les scouts. Smart ne jouait de toute façon pas grand chose durant cette période. Lui a prouvé son niveau au cours de deux années pleines à Oklahoma State, a montré sa maturité en refusant la draft l’an passé pour bosser son jeu. Un match moyen quand même hier. S’il a beaucoup provoqué (19 lancers francs shootés), il s’est montré maladroit (seulement 12 marqué, 5/14 au shoot, 6 turnovers) mais énergique (13 rebonds, 6 passes, 6 steals). Un peu nerveux, il a pris des fautes bêtes qui l’ont handicapé sur la fin du match, l’obligeant à aller s’asseoir à 3 minutes de la fin de la rencontre avant de revenir. Cette nervosité pourrait commencer à inquiéter les scouts, après son altercation avec un fan il y a quelques mois.

On entre dans le top 3 potentiel de la prochaine draft. Un mot d’abord sur Joel Embiid (Pivot, Kansas, profil ici). Le pivot de Kansas, qui réalise une saison majuscule malgré un temps de jeu réduit, souffre d’un problème sévère au dos qui inquiète les scouts et remet en cause la première place qui lui paraissait promise il y a quelques semaines. Indisponible et sans date de retour pour le moment, les scouts connaissent les précédents, plusieurs grands intérieurs ne s’étant jamais remis de tels problèmes. Inquiétude donc pour le protégé de Bill Self, alors même que le camerounais avait effectué des progrès qui lui promettaient d’entrer en NBA avec l’étiquette de successeur d’Hakeem Olajuwon.

Jabari Parker (Ailier Shooteur, Duke, son profil), annoncé numéro 1 de la draft 2014 depuis la déclaration des problèmes de dos d’Embiid, a sans doute perdu gros lors de la défaite de Duke face à la petite fac de Mercer. Incapable de prendre les choses en main, auteur d’un 4/14 au shoot, le match a surtout mis en évidence un problème de faute qui s’était déjà déclaré lors du match face au Kansas d’Andrew Wiggins. Le manque d’explosivité de Parker est déjà criant à la fac et c’est de là que viennent plusieurs de ses fautes. Les scouts considéreront-ils que Parker peut compenser ses manques défensifs par un apport offensif, façon Carmelo Anthony? De plus, Parker s’est montré incapable de s’adapter à sa méforme au shoot: s’il a un peu provoqué dans la raquette (un bon 6/7 aux lancers), il ne réalise pas une assist du match, alors même qu’on attendait qu’il occupe un rôle façon LeBron avec Duke. Il prend quand même 7 rebonds. Il n’aura en tout cas plus l’occasion de prouver durant cette March Madness qui lui laisse un goût d’inachevé. De là à rester une année de plus à Duke?

Pendant ce temps là, l’ami Andrew Wiggins (Arrière, Kansas, son profil ici) continue son bonhomme de chemin. Sans Embiid, Kansas s’est qualifié pour la suite de la compétition, victoire 80-69 face à Eastern Kentucky. 19 points à 7/13 au shoot, 4 rebonds et deux blocks pour le canadien, auteur de 15 points en deuxième mi-temps. Wiggins, comme l’ensemble de son équipe, a eu l’intelligence de s’adapter et d’aller chercher les points à l’intérieur en voyant que les shoots extérieurs ne rentraient pas. Il travaille bien en défense et est rarement pris à défaut. Chose notable, il effectue un bon boulot avant même que son joueur ne réceptionne le ballon, ce qui est rarement le cas chez les joueurs de cet âge qui aiment trop la confrontation pour sevrer ainsi l’adversaire. Du bon boulot donc pour Wiggins, qui devra quand même en montrer plus à la création pour franchir un palier auprès des scouts. Il n’a fait aucune assist hier et a du mal à créer des décalages face aux défenses de zones, très présentes en NCAA. En cas de victoire face à Stanford, Kansas pourrait retrouver Syracuse dans un match très délicat qui officiera comme un révélateur pour Andrew Wiggins. Une bonne March Madness pourrait en effet le replacer sur la plus haute marche de la draft 2014.

 

4 Comments

  1. Wiggins sera numéro 1. Le mec est freshman et il progresse semaine après semaine. Ses qualités physiques et son jeune âge vont faire le reste.

    1. J'aimerai bien aussi, mais Jabari Parker a une cote énorme. Et si le dos d'Embiid se remet bien, il sera aussi dur à aller chercher. Evidemment ca dépend aussi fortement de l'équipe qui aura le premier choix

  2. Très bon article, mais ou est passé aaron gordon ? Encore bon hier avec arizona, coéquipier parfait, athlète hors norme…

    1. C'est un choix de ma part… Il est pas super bien classé dans les mocks parce que considéré comme un joueur entre deux postes qui aura du mal à se faire une vraie place en NBA. Le dernier qui avait un peu ce profil est derrick williams et on sait ce que ca a donné derrière. Mais maintenant que pas mal de joueus sont sortis, j'en parlerai sûrement après le deuxième tour =)

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