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[A Lire] Blake Griffin: les haters avaient raison

Il y a quelques semaines Blake Griffin a inscrit un tir à trois points victorieux au buzzer face aux Suns. Un shoot chanceux mais qui est venu en quelque sorte valider le travail effectué par Griffin pour améliorer son shoot. Un shoot qu’il utilise de plus en plus et qui a fait évoluer son jeu pour l’écarter du cercle et malheureusement nous priver de quelques highlights. Sur l’excellent site Players Tribune il évoque justement le travail effectué sur son shoot. On vous a traduit ça en quasi intégralité

Ca me fait mal. Oui ça me fait mal quand vous dites que je ne l’ai pas fait volontairement (son shoot face à Phoenix). Regardez moi sortir du regroupement avec deux secondes restantes au chrono. Vous pouvez voir le plan de jeu sur mon visage genre ‘Oui, je vais reculer sur la ligne à trois points, attraper le ballon dos au panier, faire une feinte de passe à CP3, me retourner derrière la ligne à trois points avec un peit saut et balancer le trois points avant de tomber sur les premiers rangs.

Est-ce que j’ai voulu que le ballon rebondisse devant l’arceau de façon à ce que ça ait l’air d’une brique avant de gentiment embrasser le haut du panneau et rentrer ? Dites moi ?

Je ne comprends pas pourquoi tout le monde était si surpris quand c’est rentré.

Ca fait mal.

Sérieusement, ce shoot était énorme pour moi personnellement. Est-ce que j’aime dunker ? Bien sûr. Je le fais pour les enfants mais honnêtement il n’y a rien de plus satisfaisant que de mettre un jump shot. Les gens me disent que je ne peux pas shooter depuis que je suis arrivé dans cette ligue. Je me rappelle que lorsque j’ai été drafté Skip Bayless a même dit que je ne serais jamais mieux qu’un Dennis Rodman du pauvre.

Honnêtement ils avaient raison. Lors de mes premières années dans la ligue je m’appuyais sur mes qualités athlétiques parce que c’est cela qui m’a permis d’arriver en NBA. Le problème avec ça c’est que vous finissez par être vraiment, vraiment fatigué dès le mois de février. Lors de mon année rookie un jour de road trip à la fin de la saison j’ai essayé de sortir du lit et je me suis dit ‘Est-ce que je suis physiquement capable de marcher ?’ Je suis allé jouer ce soir là et j’ai couru d’un côté à l’autre du terrain en tentant d’avoir l’air d’être un véritable humain.

Donc vous haters aviez raison. Vous êtes devenus ma source de motivation. J’avais besoin de travailler mon shoot à mi-distance.

Il y a deux ans, ou même un an, je n’aurais pas pris de shoot à trois points au buzzer. Je n’avais pas la confiance pour. J’ai lu des articles qui parlaient de comment j’avais changé mon shoot cette année. Ce n’est pas aussi simple. En fait je travaille sur un changement de technique depuis environ trois ans. Quand la mémoire de vos muscles a enregistré une façon de shooter, cela prend des années pour modifier le geste.

J’ai pris plus de 250 000 shoots avec mon shooting coach Bob Thate lors des trois dernières années pour reprogrammer mon cerveau. Cela fait environ 300 shoots par jour uniquement à mi-distance. Bob a l’habitude de dire ‘Comment construit-on une maison ? Brique par brique’. C’est un peu comme ça que Apple sort des nouvelles versions de l’iPhone. Chaque année nous avons travaillé et encore travaillé pour pouvoir ajouter autre chose à mon shoot.

La première chose et la plus difficile pour moi c’était de relâcher le ballon au sommet de mon tir et ne pas tirer en retombant. C’est crucial quand vous jouez contre un joueur avec une grande envergure comme Anthony Davis ou Tyson Chandler. Pour vous donner une idée, un joueur moyen en NBA, même un intérieur, peut marquer environ 80% de ses jumpers à l’entraînement quand personne ne défend sur lui. Mais quand vous avez un gars comme Tyson qui conteste votre tir c’est une autre histoire. Vous devez partir en arrière bizarrement ou alors relâcher le ballon au point le plus haut pour pouvoir shooter. C’était si difficile de s’y habituer. Quand nous avons commencé à travailler j’avais l’impression que j’allais shooter à chaque fois au-dessus de la planche.

La seconde chose c’était que j’amenais le ballon trop loin derrière ma tête. Je ne sais pas trop d’où ça venait. Vous façonnez votre shoot en étant enfant et vous commencez à prendre de mauvaises habitudes. Au lycée je jouais la plupart du temps au poste et à la fac je n’ai pas vraiment bossé pour perfectionner mon shoot.

La troisième chose c’est que je tombais en arrière au lieu de sauter droit. La quatrième chose c’est que je ne finissais pas mon geste assez haut pour donner assez d’angle au tir.

J’adore Bob mais nous avons pris tellement de shoots ensemble que quelques fois quand j’allais me couchais et que je fermais les yeux je l’attendais dire ‘les pieds resserrés, finis haut’. Il ne regardait même pas si le ballon rentrait. Il regardait juste la forme du shoot et c’est perturbant.

Voilà ce que ça donne avant et après

Désormais nous sommes dans la version 5 de mon shoot et encore quelques fois quand je me réveille je me dis que je suis un mauvais joueur de basket. Je ne peux pas shooter comme un joueur professionnel. Mais cela m’a aidé à tirer profit de ce que les défenses me donnent. Mais ce n’est pas comme si j’abordais chaque match en me disant ‘si j’en shoote 17 ce soir j’ai besoin d’en mettre 40% d’entre eux à mi-distance’. Je n’essaye pas de prouver quelque chose. La question c’est de faire en sorte que les défenses me respectent peu importe où je me trouve sur le terrain.

Vous entendez toujours dire qu’un joueur a besoin de corriger son shoot ou s’améliorer en défense mais ce que certaines personnes ne comprennent pas c’est que cela demande des centaines d’heures pour faire une petite différence à ce niveau. Pourquoi ? Parce que les autres joueurs passent des heures à travailler quelque chose pour essayer de vous arrêter. Quand je shoote avec Bob, Tyson Chandler est dans une salle quelque part à essayer de contester mieux les shoots et à me rendre triste. Avec notre calendrier, il n’y a pas beaucoup d’heures pour travailler.

Pendant longtemps tout ce que j’ai entendu dire c’est ‘Les Clippers ne gagneront jamais parce qu’ils n’ont pas un intérieur qui peut mettre des shoots à mi-distance’ Et vous savez ce qui me rend fou ? Je ne pense pas que je me préoccuperais autant de ça si les gens critiquaient mon jeu et que je ne travaillais pas aussi dur que j’essaye de le faire. Quelques fois je me dis ‘Pour quoi je travaille ? Les gens veulent juste me voir claquer un alley-oop’

Mais il y a quelques années j’étais dans la maison de mes parents et j’ai trouvé quelque chose dans mon ancienne chambre qui m’a vraiment motivé. C’était un article du  Daily Oklahoman sur la routine de travail d’Adrian Peterson lorsqu’il était avec les Sooners. Quand j’étais un freshman à OU mon coach me l’avait donné. J’ai accroché l’article sur le mur de ma chambre sur le campus. C’est la première chose que je voyais le matin quand mon alarme sonnait. Vous savez ce que ça disait ? Peterson avait l’habitude de faire tous les exercices de conditionnement physique, ceux qui font craquer la plupart des gens en pleurs, en portant une veste lestée.

Tout le monde voit les highlights mais ils ne voient pas forcément comment la sauce est faite. Quand les gens disent ‘ce mec est un monstre’, ils devraient plutôt dire ‘ce gars bosse comme un monstre’.

Malgré tous les changements techniques effectués sur mon shoot pour l’améliorer lors des dernières années, le plus gros défi est toujours mental. La partie la plus difficile au basket est de m’entraîner à avoir une mémoire à court terme de façon à oublier le shoot que je viens de manquer. Même si ça tape le haut de la planche il faut croire que le prochain va rentrer. Il y a une citation que j’aime bien qui décrit le mental dont vous avez besoin dans cette ligue pour rester en bonne santé mentale. ‘Le succès n’est pas définitif , l’échec n’est pas fatal. C’est le courage de continuer qui compte’

Brique par Brique les gars.

 

 

4 réflexions sur “[A Lire] Blake Griffin: les haters avaient raison

  • aquilatail

    merci pour cette article :)

  • Basket InfosAuteur de l’article

    De rien, il faut remercier Griffin de l'avoir écrit :D

  • TheGriffiKnicks #32

    Merci pour la traduction Basket Infos, excellente article !

  • Basket InfosAuteur de l’article

    :D

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