[Interview] Damien Inglis: “Dans un an Giannis sera inarrêtable” 

[Interview] Damien Inglis: “Dans un an Giannis sera inarrêtable” 

Si les Milwaukee Bucks font une saison décevante, ça a tout de même été l’occasion de voir exploser le Grec Giannis Antetokounmpo, qui a pris une nouvelle dimension. Jason Kidd lui a donné les clés de l’équipe durant la saison mais aussi le ballon dans les mains. Il semble s’être naturellement imposé comme le futur franchise player. Nous avons justement pu discuter avec lui mais aussi avec Damien Inglis à son sujet. En attendant son interview, voici Damien qui nous parle de lui.

Une grosse saison de la part de Giannis Antetokounmpo, toi qui est dans l’équipe, qu’est-ce tu peux nous dire sur lui ?

Oui c’est vrai il a bien progressé. Maintenant c’est son équipe, le coach lui a donné les clefs. En plus c’est un joueur qui travaille dur, il progresse tout le temps et le coach le récompense en quelque sorte. Il est dans une situation parfaite ici, parce ce que maintenant c’est son équipe et il a la pleine confiance de tout le monde. Après ce qui est le plus impressionnant, c’est à la vitesse à laquelle il évolue, et ça donne envie. J’ai commencé avec lui, j’ai vu où il était l’année dernière, et je vois où il est maintenant, c’est impressionnant.

Toi qui l’a vu progresser, qu’est-ce qui t’impressionne le plus chez lui au jour d’aujourd’hui?

 En fait, il n’y a pas beaucoup de joueurs qui arrivent à défendre sur lui, parce qu’ils ne savent tout simplement pas comment défendre sur Giannis. Et c’est compliqué parce qu’il est très long. Certaines équipes ont su le stopper comme Charlotte avec Nicolas Batum, mais c’est parce que Nico lui il sait que Giannis, il a un style de jeu à l’européenne. Chaque semaine il progresse, il rajoute quelque chose à son jeu et les équipes ne savent pas comment défendre sur lui. Par exemple, à Boston vendredi dernier, il sort un 4/5 à 3 points et ça c’est quelque chose par exemple qu’il n’était pas capable de faire avant.

C’est lui qui joue meneur de jeu pour la fin de saison chez les Bucks, c’est du jamais vu d’avoir un meneur aussi grand, aussi long que lui …

Ce n’est pas vraiment un meneur de jeu, c’est une sorte de « point forward ». C’est un peu comme à l’époque des Bulls avec Scottie Pippen. Scottie il prenait le ballon et il remontait tout le terrain. C’est ce que Giannis fait ici, mais en plus de ça, c’est lui qui annonce les systèmes. C’est pour cela qu’on dit « meneur de jeu » mais finalement ce n’est pas vraiment ça. Ce qu’il fait lui, c’est qu’il monte la balle, et comme il a une bonne qualité de passe, on se sert beaucoup de ça pour déséquilibrer les défenses adverses. Dès qu’il remonte le ballon toutes les équipes se resserrent parce qu’elles ont peur et en plus de ça il trouve les passes. C’est impressionnant parce qu’il est grand mais en même temps il manie très bien la balle. Moi je défends sur lui quasiment tous les jours donc ça va, je commence un peu à le connaître maintenant et je lui rends la vie dure à l’entraînement.

Mais finalement, s’en remettre à Giannis Antetokounmpo, 21 ans, qui n’a pas beaucoup d’expérience à ce poste de meneur de jeu, pour remonter la balle et annoncer les systèmes, ça ne traduit pas aussi une des grandes faiblesses des Bucks à l’heure actuelle ?

Non parce qu’on pourrait tous le faire ça de remonter le ballon et d’annoncer les systèmes, à part le pivot évidement (rires). On se sert de Giannis pour faire ce travail parce que c’est le meilleur playmaker de l’équipe. Il crée beaucoup de « plays » pour tout le monde.

Tu m’as dit que maintenant c’était son équipe à lui, tu as senti ces derniers temps un changement dans son leadership plus particulièrement au niveau de la voix ?

Il parle un peu plus mais ce n’est pas encore un leader vocal. D’ailleurs c’est ce qu’il manque dans cette équipe, on n’a pas de leader vocal. On n’a pas encore ce mec, ce vétéran, qui va venir et qui va apporter son expérience et sa sérénité à l’équipe. Giannis a évidemment pris de l’ampleur et de l’importance mais ce n’est pas encore un leader vocal. Il n’a d’ailleurs jamais été comme ça et donc je ne sais pas s’il le sera un jour.

Certains observateurs pensent que son plus gros défaut pour le moment reste son shoot…

Oui mais il progresse, là il met des tirs et de plus en plus. C’est un défaut certes mais il travaille beaucoup et donc d’ici un an, il sera inarrêtable.

Propos recueillis par Arthur Heuzard à Philadelphie

1 Comment

  1. Heureusement que le gars rate ses shoots sinon il serait vraiment relou a jouer !
    A part ca, il n'a que 21 ans, quand il aura 26 ans y a des chances qu'il soit un des visages de la league comme wiggins.

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