Duos All-Stars de la Loose
Nous sommes en train de vivre une époque incroyable ! Et c’est sûrement en partie à cause des Golden « All-Stars » Warriors. Une franchise amassant tous les records et qui semble intouchable jusqu’au jour où les JO se poseront à Paris. On parle d’une équipe qui aligne un cinq majeur de All-Stars lors de Finales NBA avec Stephen Curry (4*), Klay Thompson (3*), Andre Iguodala (1*), Kevin Durant (8*) et Draymond Green (2*) ! Cela ressemble plus à un roster modelé façon MyGM sur 2K, et pourtant c’est bien réel.
Une domination qui incite les autres franchises du pays à choisir entre deux voies, celle du tanking et de laisser le temps avoir raison des Warriors ou bien celle de se frotter à cette équipe de légende en mettant le maximum d’atouts de son côté. Et cette deuxième solution a été choisie par plusieurs franchises (surtout à l’Ouest), en nous offrant une intersaison 2017 bien plus passionnante que les Playoffs 2017. Les Timberwolves vont associer Jimmy Butler aux jeunes loups Andrew Wiggins et Karl-Anthony Towns, le Thunder récupère Paul George, les Rockets ont obtenu Chris Paul avec un « sign and trade », les Nuggets choisissent la taille avec Paul Millsap et Nikola Jokic, même stratégie pour les Pelicans avec « Boogie » Cousins et Anthony Davis en février dernier.
Accueillir une nouvelle star dans son équipe est toujours excitant pour la ville, le propriétaire, le GM, le coach, les joueurs et surtout pour les supporters. Néanmoins, il n’y a qu’une seule équipe récompensée en fin de saison, et de nombreuses associations de stars, bien que prometteuses, se sont révélées être un échec.
Voici trois situations qui feront naître des regrets éternels.

Anfernee « Penny » Hardaway et Jason Kidd, Phoenix Suns 1999-2001
Penny ne voulait plus d’Orlando et Orlando souhaitait tourner la page Penny. Ce dernier a acquis une réputation de « coach killer » qui ne le caractérisait pas fondamentalement mais qui le blessa. Malgré le souhait du nouveau coach du Magic, Doc Rivers, de le conserver, le meneur de 2,01m, qui fût comparé à Magic Johnson, profita d’un « sign and trade » pour filer à Phoenix. En échange, le Magic récupéra Danny Manning, Pat Garrity ainsi que deux premier choix de Draft.
Avec Hardaway et Kidd, Phoenix possède deux arrières de grande taille, et vision de jeu allant jusqu’en Sibérie. On parle alors d’un backourt qui pouvait rivaliser avec les meilleurs de tous les temps. Kidd est d’ailleurs enchanté d’avoir le quadruple All-Star à ses côtés.
« Je suis vraiment enthousiaste d’avoir Penny pour la prochaine saison pour former la meilleure ligne d’arrières en 2000 et la meilleure ligne d’arrières dans l’histoire de la NBA » annonce Kidd. « C’est ce que nous allons essayer de faire et cela va être fun de le faire ».
Un sentiment fort se propage en Arizona, celui de voir une équipe bâtie pour les sommets.
Des débuts poussifs, qui provoqueront le départ de Danny Ainge. Ce dernier sera remplacé par Scott Skiles qui apportera une rigueur défensive telle qu’aucun fan de Phoenix n’en n’a connu auparavant. Une deuxième partie de saison réussie et les Suns vont finir avec 53 victoires pour 29 défaites et une 5e place à l’ouest. Hardaway n’a pas réussi à se débarrasser de ses pépins physiques. Son corps le limita à 60 matchs tandis que Kidd participa à 67 matches. Les playoffs seront à moitié réussis. Une série gagnée en 4 matchs face aux Spurs, champions en titre, mais privés de Tim Duncan. Puis une élimination sèche en 5 manches contre les Lakers avec Shaquille O’Neal et Kobe Bryant, les futurs champions, et ce malgré une belle série de la part de Penny Hardaway.
Des promesses donc, pour cette équipe qui a vu naître un potentiel All-Star en Shawn Marion mais aussi des inquiétudes concernant la fragilité de ses joueurs vedettes.
Ces inquiétudes seront confirmées la saison suivante. Seulement quatre petits matches et deux opérations du genou gauche pour Penny Hardaway, qui le priva des terrains le reste de la saison. Les Suns arrivent tout de même à se hisser en Playoffs mais se font éliminer en 4 matchs contre les Kings de Peja Stojakovic et Chris Webber.
L’espoir n’est plus permis du côté des Suns, qui enverront Kidd à New Jersey en échange de Stephon Marbury le 28 juin 2001. Un trade que Phoenix regrettera plus tard et qui annoncera la fin prématurée et frustrante d’un backourt de rêve.

Tracy McGrady et Grant Hill, Orlando Magic 2000-2004
Après avoir formé l’un des duos les plus bondissants de la fin des 90’s avec son cousin Vince Carter, T-Mac souhaita quitter Toronto pour obtenir plus de temps de jeu et responsabilités. C’est tout naturellement qu’il a orienté son attention vers sa Floride natale. Il hésita entre Miami et Orlando. Bien que les offres du Heat étaient plus alléchantes pour les Raptors, l’ailier de 21 ans, à l’époque, désirait atterrir à Orlando.
« Mon cœur est ici. Il n’y a pas d’endroit comme chez soi. J’ai pris ma décision […] ». révéla McGrady.
Le 3 août 2000, McGrady est devenu pour le pire et surtout pour le meilleur un joueur du Magic.
C’est à la même date que la franchise floridienne réalisa un sign and trade pour Grant Hill en provenance des Detroit Pistons. Hill possède un CV plus reluisant que celui de McGrady de part son statut de Rookie of the year en 1995 et quintuple All-Star à l’époque.
Doc Rivers, coach du Magic ne cache pas ses ambitions,
« Tout cela est gratifiant, mais nous n’avons pas terminé. Maintenant nous devons jouer et gagner». Rivers
Deux ailiers dans la force de l’âge et sans perdre beaucoup en contre partie, le Magic apparaît comme l’un des grands vainqueurs de l’intersaison 2000. Si seulement ils avaient pu harponner Tim Duncan, si seulement…
Malheureusement, l’histoire retiendra que le Magic a oublié de recruter un staff médical spécial pour Grant Hill qui ne jouera que 47 matchs sur 516 possibles lors des quatre saisons avec McGrady à cause d’une cheville fragile. Le positif reste l’évolution de l’ancien Raptor, qui s’est mué en un joueur offensif agréable à voir jouer. Il faut voir avec quelle facilité cet ailier de 2,03m effaçait son défenseur balle en main pour claquer un dunk sur la trombine des intérieurs de l’époque. Ses 4 premiers All-Star games, 2 fois meilleur scoreur de la ligue, des récompenses individuelles qui ont forcément compté pour son intégration au Hall Of Fame en 2017.
Côté collectif, il n’y a pas grand chose à retenir. Trois apparitions au 1er tour en Playoffs dont une élimination traumatisante contre les Detroit Pistons en 2003 alors que le Magic menait sa série 3-1.
« Cela fait du bien d’être au second tour ». Annonça McGrady de manière prématurée.
La saison suivante, toujours avec un Hill out, Orlando sombra dans les bas fonds des classements ce qui poussera T-Mac à filer vers des horizons plus ensoleillés à Houston en 2004, avec un Steve Francis qui fera le chemin inverse. C’est la fin du duo prometteur et alléchant qui devait ramener Orlando vers les Finales
Le plus frustrant dans cette histoire est de se demander ce qu’aurait donné un duo T-Mac-Dwight Howard avec un Grant Hill qui se remettra petit à petit des ses pépins à la cheville, redevenant même All-Star en 2005.

Allen Iverson et Carmelo Anthony, Denver Nuggets 2006-2008
19 Décembre 2006, tremblement de terre dans le monde de la NBA. Allen Iverson, le joueur emblématique des Sixers est transféré chez les Denver Nuggets afin de soulager Carmelo Anthony au scoring. La rumeur du transfert de The Answer courait déjà depuis quelques semaines,
« Nous allons le trader. A un certain moment, vous devez faire face au fait que cela ne marche pas. Il veut partir et nous sommes prêts à satisfaire sa demande. » avait prévenu le président des Sixers Ed Snider après un match télévisé sur ESPN.
Voilà qui est fait. En échange les Sixers ont récupéré Andre Miller, Joe Smith et deux premier choix de Draft. Avec seulement Melo, Nene et JR Smith comme atouts offensifs, Denver souhaitait ajouter une force de frappe supplémentaire et pas n’importe laquelle. Plus encore, les dirigeants et le coach George Karl ambitionnaient de se mêler à la course pour le titre de la conférence ouest!
Cela fait trois saisons de syute que les Nuggets se font sortir au 1er tour des Playoffs mais Anthony n’a jamais été aussi fort. Après une saison 2005-06 réussie individuellement, il n’y a pas meilleur moment pour améliorer la qualité du roster. A la fin de la saison 2006-07, Iverson et ses nouveaux coéquipiers ont terminé à la 6e place de la conférence et ont obtenu leur pass pour affronter les Spurs. Une série qui tourna court et à l’avantage des Spurs en 5 manches. Collectivement, les Nuggets ont déçu et Iverson proposa une moyenne de 22 points par match avec une adresse globale à 37% et 29% à 3pts et ce sur 45′ de temps de jeu !
La défaite digérée, il se dit du côté des Rocheuses que le temps permettra aux Nuggets de former une alchimie et le binôme d’All-Stars n’en sera que plus dévastateur. La saison suivante ressemble sans surprise à la précédente. Les croqueurs engloutissaient tous les tickets shoot bien que George Karl demanda plus de jeu collectif,
« Quand nos deux tops scoreurs passent le ballon, cela donne de l’amplitude à notre jeu. »
Bien essayé coach Karl ! Iverson et Melo finiront respectivement 3e et 4e meilleurs scoreurs du championnat. Qualifiés pour les Playoffs avec le 8e spot dans une conférence ouest déjà bien relevée. Mission impossible face aux Lakers de Kobe Bryant et Pau Gasol. La sentence est tombée, c’est un sweep. Le souhait de Karl de voir un Iverson plus passeur était utopique, l’arrière est tombé à seulement 4,5 passes décisives en Playoffs. Ensuite, l’intersaison des Nuggets est marquée par les départs de Marcus Camby (LA Clippers) mais Iverson tient toujours sa place malgré un contrat expirant à 33 ans. La saison 2007-08 démarre et seulement après 3 matchs, Iverson est envoyé à Detroit en échange de Chauncey Billups. Le changement de trop qui va achever la carrière du génial arrière de Georgetown. Le pire dans cette histoire, est que Denver est sorti gagnant de ce trade en atteignant les finales de conférence cette année-là avec un Chauncey Billups plus généreux à la mène tandis qu’Iverson ne participera même pas à la post-saison des Pistons.
La greffe Melo-Iverson a moyennement fonctionné. La franchise du Colorado détenait bien un monstre à deux têtes capable de cartons offensifs, mais incapable d’emmener l’équipe plus loin que le 1er tour.
Les duos de stars remplissent les salles, animent nos highlights matinaux et activent les forums de fans NBA, mais peuvent aussi contribuer à l’apparition de regrets et de remords lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous et que l’union des deux stars tourne court.
Sources :
Basket Ball Reference; AZdailysun, NBA Trades
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